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Le tympan d'Anzy-le-Duc (musée du Hiéron)

Tympan d'Anzy-le-Duc Tympan d'Anzy-le-Duc, musée du Hiéron

France. Brionnais, XIIe siècle, 2ème moitié. Pierre sculptée, H. 226 ; L. 251 cm. Date d'entrée, vers 1896.

Le tympan d'Anzy-le-Duc (classé Monument Historique) est l'un des derniers tympans romans sculptés du Brionnais dont l'iconographie s'apparente à celui de Charlieu. Il provient du portail ouest du prieuré d'Anzy-le-Duc aujourd'hui disparu. Il a été démantelé en 1791 pendant la Révolution Française et conservé dans le château d'Arcy, Monsieur de Fontenille en fit don au musée vers 1896. Le tympan a ensuite été remonté en 1953 dans la salle centrale du musée du Hiéron à Paray-le-Monial, tel qu'on peut le voir aujourd'hui.

Il adopte une composition simple centrée sur la figure du Christ en gloire ; la gloire est symbolisée matériellement par une mandorle (1), portée par deux anges. Le Christ en majesté est représenté assis bénissant de la main droite, et tenant l'Évangile dans la main gauche. Cette forme de représentation sert à remémorer la souveraineté du Christ.

Les deux registres du tympan sont à mettre en relation. La composition suggère une Ascension : le retour du Fils auprès du Père après son séjour terrestre évoqué, dans la partie basse, par la Vierge à l'Enfant. L'originalité du linteau provient de la représentation de la Vierge allaitant le Christ. En Occident, cette représentation n'apparaît qu'à la fin du Moyen Âge. Autour, certains apôtres et saintes femmes ont pris place, parmi lesquels saint Pierre, reconnaissable à la clé qu'il tient dans sa main gauche. Saint Etienne, représenté frontalement tenant le livre des Evangiles à l'extrême gauche du linteau, est identifiable grâce à son costume de diacre ; la dalmatique et l'étole en bandoulière. Plusieurs têtes sculptées sont postérieures, le Christ en majesté, l'enfant Jésus, une sainte femme.

Les chapiteaux latéraux agrémentés de feuillages portent chacun un personnage sculpté tenant un phylactère (2). Il pourrait s'agir de prophètes.

La restauration effectuée en 2003 a permis de retrouver quelques traces de polychromies, notamment du rouge au niveau de la tunique du Christ, du vert (ou bleu) sur le fond du tympan, des traces de vert sur les feuillages des chapiteaux. Ainsi, il faut imaginer une œuvre vivement colorée, comme de nombreuses sculptures de l'époque médiévale.

(1) La mandorle a toujours une forme d'amande.
(2) Bandeau déroulé par un personnage portant généralement une inscription.


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