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Le château de Chamron (ou Champrond) à Ligny-en-Brionnais

Emplacement du château de Chamron sur le cadastre de 1825 de St-Julien-de-Cray Emplacement du château de Chamron sur le cadastre de 1825 de Ligny

[Source : Fiche de repérage établie par Mme Oursel en 1972 (AD71, 5FI 259/1).]

"La seigneurie de Ligny avait été donnée en récompense à Damas de Vichy, par le roi St-Louis qu'il avait accompagné à la 7e Croisade (1248)" ; elle fut conservée par cette famille jusqu'à la Révolution.

Un premier château ou maison forte fut, selon toute vraisemblance, implanté à Chamron, reconstruit au XVe siècle par Antoine de Vichy, chevalier, seigneur de Champrond et Chevenizet (Charollais), Luzillat et Vandègre (Auvergne), peut-être à l'occasion de son mariage, en 1475, avec Germaine de Montagny, fille de Jean, baron de Montagny, gouverneur de Mézières, et d'Isabeau de St-Priest.

La demeure seigneuriale était pourvue d'une tour octogone creusée d'une porte au tympan armorié (Vichy-Montagny), cartouche aujourd'hui conservé au Musée de Marcigny. Elle fut reconstruite en 1738 par Gaspard de Vichy, comte de Champrond : logis central quadrangulaire, haut de trois étages, flanqué de deux pavillons couverts de toits à la Mansart ; "la Société des Amis des Arts de Charlieu conserve de nombreux plans et devis dressés par Jérémie de la Rue, maître charpentier en cette ville, au temps du comte Gaspard de Vichy, pour son château de Chamron". Le cartouche armorié du XVe siècle "servit de fronton à une jacobine d'un petit bâtiment élevé aux abords du nouveau château", tandis que ce dernier était timbré d'un cartouche aux armes des Vichy "de vair plein" et de la devise "Tantum valet, quantum sonat", ainsi que de l'année de la reconstruction : AED. A. 1738 (Aedificavit anno 1738), année qui précéda celle du mariage du comte de Chamron, Gaspard III de Vichy, avec Diane d'Albon.

Le château de Champrond vendu comme bien national à la Révolution, le 2 vendémiaire an III, fut acquis par un nommé Chevalier, natif de Marcigny, pour la somme de 106.000 livres, tandis que les meubles étaient vendus séparément et produisaient la somme de 48.141 livres ; le marquis de Vichy avait été exécuté à Lyon le 15 octobre 1793.

Plus rien ne subsiste aujourd'hui du château des Vichy-Chamron à l'emplacement duquel s'élève un bâtiment d'exploitation agricole ayant réemployé quelques fragments sculptés ; des pâtures recouvrent les deux grandes terrasses Nord et Sud, les parterres, les "deux longues allées de charmilles, dont l'une conduisait à la route de Saint-Julien à Ligny, l'autre à la petite chapelle Notre-Dame de Pitié" ; seule continue à serpenter la petite rivière du Suppléon.

Chapelles seigneuriales :

Selon les procès verbaux de visites pastorales de 1746, les chapelles de l'Étoile et du château de Chamron n'existaient plus à cette date ; seule figure la chapelle rurale Notre-Dame de Bonnes Nouvelles : "longue de 20 pieds sur 14 de large, carrelée en carreaux de terre, éclairée de 8 vitraux ... voûtée en voûte forte et bien blanchie, les murs intérieur et extérieur sont en fort bon état, la couverture à tuiles est entretenue avec soin ; il y a un petit campanier de pierre sans cloches" ; cette chapelle appartient à M. le comte de Chamron ; Gaspard de Vichy y avait fondé 12 messes le 3 novembre 1645. (Visites pastorales de l'archiprêtré de Charlieu, p. 253)

Le château de Chamron qui fut la propriété de la famille de Vichy de 1373 à la Révolution, n'existe plus aujourd'hui ; sur son emplacement s'élève une construction banale, à usage de remise, qui a réemployé un cartouche de 1738 ; ce bâtiment rectangulaire, allongé et bas, divisé par un bandeau de pierre horizontal saillant, est creusé d'ouvertures cintrées ; outre le cartouche armorié et daté se voient encore, noyés dans la maçonnerie, deux volutes et un masque sculptés.

La Société des Amis des Arts de Charlieu conserverait de nombreux plans et devis du château "dressés par Jérémie de la Rue, maître charpentier en cette ville au temps du comte Gaspard de Vichy, pour son château de Chamron".

Une carte de la seigneurie de Chamron, dressée vers 1785, est conservée au musée de Marcigny ; on y remarque une vue du château de Chamron et une autre du château de l'Étang aujourd'hui disparu (l'Étang à 1,0 km E-N-E de St-Julien-de-Jonzy).

"Chamron évoque le souvenir de deux femmes célèbres dont la renommée fut grande au XVIIIe siècle : Marie de Vichy, marquise du Deffand et Julie de Lespinasse. Madame du Deffand faisait de fréquentes apparitions à Chamron, berceau de sa famille et sa nièce Julie de Lespinasse y vécut quatre années, après la mort de sa mère, de 1748 à 1752, année où elle va rejoindre, à Paris, Madame du Deffand" (F. Ginet-Donati).

Documentation :

- SANDRE (J.), Maison de Vichy, dans A.A.M., t. XX, 1916, p. 445 et suiv.
- GINET-DONATI (F.) dans Bull. de la Soc. d'Ét. du Brionnais, 1929, p. 381-383.
- F. GINET-DONATI, Notes épigraphiques, dans : Soc. d'Ét. du Brionnais, déc. 1927.
- Archives de Saône-et-Loire :
- B 1255, B1494, E 603,
- Archives de l'abbaye de St-Rigaud : H 142, 147, 145, 149, 159, H 163,
- H 163 (1620-1636) : Vente par Laurent Gaspard du Sou, abbé commendataire de St-Rigaud, le 25 septembre 1633, pour 2600 livres, de "toutes les rentes, cens, servis, corvées, mainmortes, justice haulte, moyenne et basse, et aultres droictz seignoriaulx qui compettent et appartiennent au dict seigneur abbé et couvent de Sainct-Rigaud, en l'esglize, cymétier, la place de la danse, maison curiale et village de Ligny, à la réserve neanlmoings du droict de patronnage de ladicte esglize", à Gaspard de Vichy, chevalier, seigneur de Chamron, Chevenizet et autres lieux.

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