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Les Chemins du Roman

Sur les chemins du roman

Série d'articles rédigés par le CEP et parus dans le Journal de Saône-et-Loire (JSL) en 2004

Anzy-le-Duc Baugy Bois-Sainte-Marie
Briant Curbigny Iguerande
Ligny-en-Brionnais Montceaux-l'Étoile Oyé
Saint-Bonnet-de-Cray Saint-Laurent-en-Brionnais Saint-Martin-du-Lac
Saint-Martin-la-Vallée Saint-Maurice-lès-Châteauneuf Saint-Prix
Saint-Racho (Chapelle de Dun) Vareilles Varenne-l'Arconce
Vauban (Saint-Sernin) Saint-Julien-de-Jonzy Semur-en-Brionnais
Saint-Germain-en-Brionnais    


Anzy-le-Duc, l'art roman dans un écrin de verdure Photos

Enlevez l'église et la rivière, l'Arconce, à Anzy-le-Duc, et vous ôtez deux des plus grands charmes de ce village du Brionnais tout proche de Marcigny. C'est à Anzy que l'Arconce a son plus long parcours autour d'un village. Il l'entoure dans un grand « V ». On peut passer d'une rive à l'autre par des passerelles qui servaient autrefois de gué. Une fête traditionnelle, remontant à la nuit des temps, permet de pêcher le lendemain de la fête patronale, à mains nues, entre deux boucles de l'Arconce, du poisson qui sera tranché et grillé dans le sous-bois voisin pour les villageois, dont certains ne manqueraient pour rien au monde cette manifestation. Anzy-le-Duc ne peut être conté sans parler de la campagne qui le borde, avec le bocage, la colline de Mont. Anzy, c'est aussi sa magnifique église romane, l'un des joyaux architecturaux avec son clocher octogonal, son prieuré. Elle est animée, l'espace d'un été par un fabuleux festival de musique classique. Le bourg compte quant à lui de splendides maisons anciennes, d'un bel ocre pâle. On remarque dans la campagne immédiate et faisant partie du bourg- celle-ci, avec sa tour, ses décrochements, située sur la colline de Mont, cette autre, de guingois, évocatrice d'un temps révolu. Proche de cette dernière, un chemin permet d'accéder à l'une des passerelles de l'Arconce, au-delà, on peut apercevoir l'ensemble de l'église et du prieuré vus de loin. C'est là une vision moins habituelle. Dans le bourg, on peut emprunter le chemin descendant à gauche de l'église l'ancienne cour de justice. Cette maison, avec son escalier extérieur, est une des plus typiques du Brionnais. Elle est remarquable par son ensemble de toits aigus et de toits plats, montrant déjà un aspect méditerranéen (nous sommes à une région frontalière). C'est là de la très belle architecture brionnaise du XVIIIe siècle. Et puis, celle-ci, à droite du prieuré, en cours de rénovation. Il faut aller la voir et se retourner pour admirer la dentelle de pierre du portail sud rénové depuis peu et admirablement mis en valeur. En se promenant à Anzy-le-Duc, on va d'émerveillements en émerveillements.

L'église d'Anzy-le-Duc a été édifiée à la fin du XIème siècle et achevée, semble-t-il, au début du XIIème siècle. Elle est la plus belle des églises romanes du Brionnais et l'une des plus intéressantes de la Bourgogne romane, par l'harmonie de ses proportions et la qualité du décor sculpté. Classée monument historique en 1852, elle est aujourd'hui placée sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption.
Une longue histoire : La fondation du monastère d'Anzy-le-Duc remonte à l'époque carolingienne. En 876, un noble du nom de Letbald et sa femme Altasie firent donation de leur villa d'Enziacum à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun. L'un des premiers prieurs de ce monastère, le moine Hugues de Poitiers, mourut en odeur de sainteté vers 930. Son tombeau devint l'objet d'une grande vénération et un lieu de pélerinage pour les voyageurs qui empruntaient la grande route de la Loire. Il semble qu'au XIème siècle, l'affluence croissante des pélerins à Anzy ait rendu nécessaire l'édification d'une église plus vaste et plus digne d'abriter les reliques du saint.
La crypte : Des fouilles récentes ont fait redécouvrir la crypte d'Anzy-le-Duc, en dégageant un escalier de passage, à partir du croisillon nord. Cette crypte qui peut être datée du XIème siècle a servi de lieu de sépulture au bienheureux Hugues de Poitiers. Elle est l'un des sanctuaires chrétiens conservés parmi les plus anciens de tout le pays brionnais.
L'harmonie des volumes : L'église est régulièrement orientée. Le plan au sol reproduit exactement celui de l'église de Charlieu et rappelle les liens entre les deux monastères fondés à l'époque carolingienne. Le grand corps de la nef et des collatéraux est coupé par un transept fortement saillant, formant la croix latine. Le chœur et les bras du transept sont couronnées par une série de cinq absidioles en retrait. Ce plan au sol offre une image parfaite, dans sa simplicité et dans la justesse des proportions. La même simplicité harmonieuse se retrouve dans les lignes architecturales. Le système de voûtement témoigne également d'un savoir-faire maîtrisé. Les travées de la nef portent des oûtés d'arêtes séparées par des arcs doubleaux. Ce dispositif simple et efficace semble avoir fait école en d'autres églises romanes de la Bourgogne, notamment à Vézelay. La différence des maçonneries du chevet et du transept, par rapport à celles de la nef, rappelle que l'église d'Anzy-le-Duc a été réalisée en deux campagnes, entre le milieu du XIème et le début du XIIème siècles. L'harmonie des proportions se retrouve dans l'ordonnance extérieure de l'édifice. Le clocher, d'une rare élégance, est, sans conteste, le plus beau des clochers romans du Brionnais. Sa haute silhouette donne de l'élancement à l'ensemble du monument. Cette construction, de plan octogonal, ornée d'arcatures lombardes, fait penser aux clochers romans d'Italie du Nord.
Richesse du décor sculpté : Le décor sculpté forme un ensemble homogène d'une grande valeur esthétique et archéologique. A l'intérieur de l'église, on compte pas moins de 40 chapiteaux sculptés, la plupert ornés de motifs végétaux ou animaux. Les chapiteaux historiés, aux piliers de la nef, sont les plus intéressants. Ils annoncent l'épanouissement de la sculpture clunisienne au XIIème siècle. La richesse du décor sculpté est surprenante : les modillons qui supportent l'entablement des corniches, sur le flanc sud de l'église, sont presque tous sculptés. Le plus beau morceau est au portail occidental dont le tympan figure le Christ en gloire, dans une mandorle soutenue délicatement par deux anges aux ailes déployées. Au linteau est représenté la scène de l'Ascension où le mouvement s'insère dans une composition hiératique. Sur l'archivolte enveloppante, très endommagée, on aperçoit les vieillards de l'Apocalypse qui célèbrent la gloire du Christ ressuscité. Au portail sud du prieuré, dans un style beaucoup plus fruste, est racontée l'histoire du salut de l'humanité.

Anzy-le-Duc sous la double influence d'Autun et de Cluny : A l'échelle du village, l'emprise de l'église d'Anzy-le-Duc est monumentale par ses dimensions et son architecture. Elle traduit en fait la querelle, il y a 10 siècles, entre les évêques d'Autun et l'influent Hugues de Semur, fondateur de Cluny III. Les conférences sur le patrimoine connaissent un vrai succès en Brionnais. Le talent des orateurs régulièrement invités à raconter l'histoire locale y contribue. Exemple, la semaine dernière, avec la soirée consacrée au prieuré d'Anzy-le-Duc autour du conférencier Nicolas Reveyron. Fondée au Xe siècle par un ermite venu du Poitou, Anzy-le-Duc était un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, dépendance occupée par un petit nombre de moines. Reconstruite au XIe (sanctuaire et transept) et au XIIe siècle (nef), son église possède la seule crypte du Brionnais, destinée à conserver les reliques de cet ermite, saint Hugues d'Anzy.
Le pouvoir d'Autun dans un Brionnais sous influence clunisienne : L'église d'Anzy est un édifice exceptionnel. En la construisant, les évêques d'Autun ont voulu affirmer leur pouvoir sur la région convoitée par Cluny qui y possède de nombreuses églises : Varenne-l'Arconce, Iguerande, Saint-Martin-du-Lac, Charlieu ... Originaire du Brionnais, Hugues de Semur, le constructeur de Cluny III, fonde le monastère de Marcigny. Pour s'opposer à cette expansion clunisienne, les évêques d'Autun revivifient le pèlerinage à saint Hugues d'Anzy, font reconstruire l'église avec des dimensions vraiment monumentales et, plus à l'est, créent à St-Germain-en-Brionnais un établissement de chanoines pauvres, qui prennent soin des paysans de la région. L'histoire passionnante de ces monuments -les étapes de construction, les aménagements et transformations, les restaurations- nous est révélée par l'archéologie du bâti qui permet de «lire» le bâtiment comme un livre. Le conférencier prend pour exemple des traces d'outils sur les pierres de l'église, les fractures dans les murs, les changement de pierre, les portes bouchées, les sols remontés ...
Autun réhabilite le pélerinage à Anzy : Prenons l'exemple du pèlerinage. Le transept de l'église comporte deux portes à l'ouest, une dans le bras nord, l'autre dans le bras sud : les pélerins devaient rentrer dans le transept par la porte sud, sans déranger les moines installés au début de la nef, puis descendre dans la crypte par un escalier aujourd'hui bouché (on en voit les premières marches dans la crypte), faire leurs prières sur les reliques de saint Hugues d'Anzy, remonter par l'escalier nord - celui qu'on utilise encore aujourd'hui -, et enfin, sortir à l'extérieur par la porte nord du transept. Aujourd'hui, ces portes semblent beaucoup trop basses pour servir de passage à des fidèles ; les deux absidioles qui se trouvent en face paraissent aussi anormalement basses. En fait, au moment où la nef a été reconstruite, au XIIe siècle, le transept a été remblayé sur une hauteur d'1,20 m et les portes condamnées. Les fouilles menées dans le bras nord du transept ont déblayé cette partie de l'église et rétabli l'état du XIe siècle. Au XIe siècle, donc, la nef qui a précédé celle que l'on voit aujourd'hui devant être plus basse de 1,20 m, comme le transept. De la nef, on voyait donc un mur de même hauteur (le mur qui ferait la crypte) et l'autel situé 1,20 plus haut que la nef, comme une grande estrade ! Cette disposition très rare dans nos régions était beaucoup plus fréquente au XIe-XIIe siècle dans l'ouest de la France, région d'où est venu l'ermite Hugues justement : a-t-on voulu rappeler cela en construisant une crypte hors norme, sans doute creusée de toutes pièces bien après la construction de l'église elle-même ? Article rédigé par Fabienne Croze, Le JSL 13 avril 2009.

Photographies en noir et blanc de l'église Notre-Dame de l'Assomption d'Anzy-le-Duc

L'église de Baugy est une des plus anciennes du Brionnais

L'église paroissiale, dédiée à Saint Pons, a probablement été construite au milieu du XIe siècle. Elle est, sans doute, l'une des églises romanes les plus anciennes conservées en Pays Brionnais.
Historique : le nom de Baugy provient d'un nom d'origine celtique désignant un terrain marécageux. La localité est mentionnée, pour la première fois, dans une charte du monastère de Saint-Benoît-sur-Loire, à propos d'un échange de biens entre le prieuré de Perrecy-lès-Forges et l'abbaye de Saint-Martin d'Autun. Elle aurait été réunie ensuite au prieuré voisin d'Anzy-le-Duc et finalement donnée, en 1088 au prieuré clunisien des dames de Marcigny par Geoffray de Semur.
Un édifice archaïque : l'église de Baugy, robuste et trapue, est un exemple particulièrement intéressant d'une église paroissiale du premier art roman. Le plan au sol est simple : une nef unique, une travée de chœur et une abside en hémicycle, construits en petit appareil calcaire assez régulier, autre signe d'ancienneté. Les fenêtres en plein cintre éclairant la nef sont aussi de facture archaïque, très étroites et profondément ébrasées à l'intérieur. Le puissant clocher, de plan carré, est surmonté d'une haute flèche en ardoises à quatre pans. Au niveau du beffroi, il est percé, sur chaque face, de deux baies dont les fenêtres géminées sont encadrées par une archivolte enveloppante en plein cintre, de style brionnais.
Éléments décoratifs : l'église de Baugy présente des éléments décoratifs intéressants, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Le portail occidental est surmonté d'un tympan nu encadré par une simple archivolte en plein cintre retombant sur deux colonnes latérales ornées de chapiteaux sculptés décorés de feuillages et d'animaux, notamment d'animaux musiciens. A l'intérieur, la travée de chœur communique avec la nef et l'abside par deux grandes arcades en plein cintre à double rouleau retombant sur des dosserets. Pour contenir les poussées du clocher, les murs nord et sud sont renforcés par des arcs de décharge. L'abside est voûtée d'un cul-de-four en plein cintre. Elle est percée de cinq fenêtres encadrées par une série de sept arcatures retombant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés.

Restauration et photos de l'église de Baugy

L'église de Bois-Sainte-Marie sauvée de la ruine Photos

L'église de Bois-Sainte-Marie, édifiée au XIIe siècle, est sous le vocable de la Nativité de la Sainte Vierge.
Les origines : l'ancien nom de Bois-Sainte-Marie, " Sancta Maria de Bosco " (selon Courtepée), rappelle que ce bourg se trouvait autrefois dans une zone fortement boisée. Le nom " Bois-Sainte-Marie " apparaît pour la première fois en 998, dans une charte du cartulaire de Cluny. A l'origine, il y avait un prieuré de moines bénédictins qui fut détruit au XVIe siècle, lors des guerres de religions. L'église actuelle assurait le service paroissial, confié à un clergé séculier. Au Moyen-Âge, grandeur et décadence : à l'époque médiévale, la ville de Bois-Sainte-Marie était entourée d'un rempart percé de trois portes. Sa population, importante, avait augmenté à la suite de la destruction de la citadelle de Dun en 1181. Bois-Sainte-Marie était alors le siège d'une châtellenie royale et le centre d'un archiprêtré de 32 paroisses ; elle possédait un hôtel des monnaies et une prévôté. La petite ville a subi de terribles ravages de la part des Armagnacs, en 1420, et des Calvinistes en 1567. Concurrencée par le bourg voisin de La Clayette, à partir du XVe siècle, elle est tombée peu à peu en décadence et n'a conservé que l'église comme témoin de son ancienne prospérité.
Un monument sauvé de la ruine : au milieu du XIXe siècle, l'édifice était au bord de la ruine, il fut restauré de fond en comble par les soins de l'architecte Millet, disciple de Viollet-le-Duc, et classé monument historique en 1862. L'église comporte trois nefs orientées, un transept non saillant, une abside semi-circulaire entourée d'une colonnade très harmonieuse et d'un déambulatoire comme à Paray-le-Monial. Les arcs en plein cintre voisinent avec les arcs brisés qui témoignent de l'influence clunisienne. La sculpture des chapiteaux, parfois assez fruste, est souvent d'une grande force expressive, elle illustre l'éternel affrontement entre les forces du Bien et du Mal. Bien que fortement restaurée, l'église de Bois-Sainte-Marie reste un monument de grande valeur dont la beauté invite au recueillement.

Photographies en noir et blanc de l'église Notre-Dame de Bois-Sainte-Marie

L'église de Briant entre roman et néo-gothique Photos

L'église de Briant est en partie romane : le transept, l'abside et le clocher remontent à la première moitié du XIIe siècle. La nef actuelle a été refaite au XIXe siècle. L'église est placée sous le vocable de Saint Nazaire et Saint Celse.
Historique : Du point de vue étymologique, le nom de Briant semble dériver d'un nom commun gaulois " Briga " qui désigne la montagne. Le village de Briant (" branovium ", " brienna ", selon Courtépée) pourrait avoir donné son nom au pays du Brionnais. Le double vocable de Saint Nazaire et Saint Celse, martyrs du Ier siècle, semble indiquer une haute antiquité de la paroisse. L'église de Briant est entrée dans l'orbite clunisienne en 1103, à la suite d'une donation d'Ilion de Semur au prieuré de Marcigny. Au XIe siècle, les droits seigneuraux étaient partagés entre la maison de Semur et celle de la Barge. Avant la Révolution Française, Jean de Tenay, marquis de Saint-Christophe, y exerçait la haute justice.
Description de l'intérieur : L'église de Briant comporte une vaste nef de cinq travées flanquée de deux collatéraux qui se prolongent par des absidioles semi-circulaires. Dans la partie romane, entourée d'épaisses murailles, la croisée du transept précède la travée de chœur et l'abside en hémicycle. La nef communique avec les collatéraux par des grandes arcades en plein cintre qui retombent sur de lourds piliers ronds surmontés de chapiteaux ornés de motifs végétaux. Le voûtement de la nef et des bas-côtés est de style néo-gothique. Les nervures s'y entrecroisent sans clef, chacune des travées de la nef est délimitée par de grands arcs en cintre brisé qui retombent sur les piliers, par l'intermédiaire de pilastres cannelés, reliés entre eux par une corniche moulurée. Dans la partie romane, la croisée du transept est délimitée par de grands arcs brisés à double rouleau et surmontée par une belle coupole octogonale sur trompes. Le cul-de-four de l'abside, de forme brisée, repose sur un cordon décoré de perles. L'église de Briant est assez lumineuse, éclairée à chaque travée par des fenêtres en plein cintre, notamment les fenêtres hautes situées juste sous la voûte. Une rosace, de style néo-gothique, est placée au-dessus de l'entrée principale. Dans l'abside romane, la lumière est donnée par trois fenêtres fortement ébrasées. A l'extérieur on distingue aisément la partie romane de celle reconstruite au XIXe siècle. Le portail néo-roman est d'une grande simplicité, surmonté d'un tympan nu encadré par une lourde archivolte en plein cintre retombant sur des colonnettes ornées de chapiteaux sculptés. La partie centrale, légèrement saillante, se termine par un pignon décoré d'arcatures lombardes, comme dans certaines églises romanes du voisinage. Le clocher, au-dessus de la coupole, comporte deux niveaux : le soubassement carré est percé de quatre petites fenêtres sans ornement. A l'étage supérieur, chacune des faces est ajourée par deux baies géminées avec une double voussure en plein cintre retombant sur deux colonnettes médianes. En haut du clocher et de la façade principale, on peut découvrir, tournées vers l'ouest, d'étranges sculptures (dragons, entrelacs et têtes humaines).
Le mobilier : Parmi la statuaire en plâtre polychrome de style Saint Sulpice, on découvre Saint Celse habillé en romain et tenant la palme du martyr, et Saint Christophe portant l'Enfant Jésus sur ses épaules, tenant un grand bâton qui a miraculeusement fleuri. Les autels latéraux, dans les absidioles, sont dédiés à la Vierge Marie et à Saint Nazaire, l'un des deux saints patrons de la paroisse. Ce sont des statues en bois doré, dans le style XVIIIe siècle. A l'entrée de l'église, sur la gauche, se trouve une statue en bois polychrome du XVe siècle qui représente l'apôtre Saint Jean.

L'église de Curbigny est partiellement romane Photos

L'église de Curbigny fait partie du groupe des églises romanes du Brionnais. Elle est sous le vocable de Saint-Pierre-aux-Liens, ce qui indique une haute ancienneté de la paroisse.
Historique : La partie romane de l'édifice (chœur, abside et clocher) peut être datée de la fin du XIe ou début du XIIe siècle. La paroisse de Curbigny était sous la dépendance de l'abbaye de Cluny, par l'intermédiaire du prieur de Paray-le-Monial qui en était le patron et avait nomination du curé ; elle faisait partie de l'archiprêtré de Bois-Sainte-Marie. Au XVIIIe siècle, elle avait pour seigneur principal le marquis de Drée qui partageait les droits de justice avec le seigneur voisin de La Clayette. La terre de la Bazole qui avait appartenu longtemps à la famille de Damas avait été achetée, en 1748, par Gilbert de Drée qui l'avait fait ériger en marquisat sous le nom de Drée, en 1769.
Une église en partie romane : l'église de Curbigny, d'apparence extérieure plutôt modeste, ne manque pas d'intérêt. Elle a été fortement remaniée à la fin du XIXe siècle. Le clocher carré, surmonté d'une pyramide couverte d'ardoises, comporte un seul étage de baies géminées surmontées par des archivoltes en plein cintre. L'église comporte une nef unique qui a été refaite en 1889, un transept saillant et une abside semi-circulaire. A l'extérieur, les murs de la nef sont épaulés de contreforts à glacis. A l'intérieur, la nef comporte quatre travées voûtées en berceau et séparées par des arcs doubleaux retombant sur de courts pilastres. La nef communique avec la travée de chœur par un arc très brisé reposant sur des dosserets avec des colonnes engagées ; la travée de chœur est recouverte d'une coupole octogonale sur trompes. L'abside, voûtée en cul-de-four, est éclairée par trois fenêtres ébrasées surmontées d'arcatures en plein cintre. Le décor sculpté témoigne d'une étonnante unité d'inspiration et de style. D'étranges petits personnages, aux corps grêles, surmontés de grosses têtes, grouillent sur les chapiteaux du chœur. On retrouve ce type de figure dans l'abside et sur les modillons extérieurs qui soutiennent la corniche. Ces sculptures grimaçantes semblent évoquer le monde païen avant sa conversion au christianisme.
Le mobilier : le mobilier est intéressant, notamment les deux autels de part et d'autre de l'entrée chœur, celui de droite dédié à la Vierge Marie, celui de gauche à Saint-Pierre-aux-Liens, patron de la paroisse. Les vitraux de l'abside qui représentent le Bon Pasteur, la Vierge, Saint Jean ont des coloris harmonieux.

Le procès entre Charlotte de Lorraine, princesse d'Armagnac et Bernard de Noblet, sieur de La Clayette en 1725 à propos des droits honorifiques de l'église de Curbigny

L'église d'Iguerande, un joyau roman édifié à la fin du XIe siècle Photos

Description de l'église d'Iguerande par Jean Virey en 1890

L'église d'Iguerande, édifiée à la fin du XIe siècle, est l'une des principales églises romanes du Brionnais. Restaurée à plusieurs reprises, elle a conservé une grande pureté de lignes. Elle est placée, aujourd'hui, sous le vocable de Saint Marcel, martyr du IIe siècle.
Historique : le nom d'Iguerande provient d'un mot gaulois « Awaranda » qui désigne un lieu frontière marqué par un fleuve important. Iguerande a pu marquer la limite de deux anciennes cités gauloises, celle des Eduens et celle des Arvernes. La construction de l'église semble remonter à la fin du XIe siècle. En 1088, elle est passée sous le patronage clunisien de la Prieure de Marcigny. Cette église était desservie par un petit prieuré de moines bénédictins qui disparaîtra avant la Révolution Française. Au Moyen Âge, Iguerande s'est trouvée en situation de pays frontière, aux limites du Brionnais et du comté de Forez et l'objet de maintes contestations. Sous l'Ancien Régime, la paroisse se trouvait toujours dans la même situation, partagée au niveau administratif entre le bailliage de Semur et la Généralité de Lyon. Elle faisait partie du diocèse de Mâcon. L'église romane servait alors d'église paroissiale, placée sous le vocable de Saint André apôtre, frère aîné de l'apôtre Pierre ; elle avait remplacé, dans la fonction paroissiale, l'ancienne chapelle Saint Marcel, laquelle fut détruite au début du XIXe siècle.
Description à l'intérieur : l'église d'Iguerande est dite « à nef obscure », comme les églises voisines de Varenne-d'Arconce et Saint-Germain-en-Brionnais qui sont dépourvues de fenêtres hautes. Cette église, de plan cruciforme, comporte une nef principale à trois travées collatérales, une abside centrale flanquée de deux absidioles semi-circulaires en retrait. Les travées de la nef sont voûtées en berceau plein cintre. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes et communiquent avec la nef par de grandes arcades en plein cintre. On retrouve le plein cintre dans les voûtes des croisillons du transept et dans les travées de chœur. Au-dessus de la croisée s'élève une belle coupole octogonale sur trompes qui soutient le lourd massif du clocher. Les piliers sont de plan carré, cantonnés de demi-colonnes engagées surmontées de chapiteaux sculptés, ornés de motifs végétaux ou de personnages fantastiques. Ce type de décoration est même répandu sur les bases des piles et témoigne de l'efflorescence de la sculpture brionnaise. La nef d'Iguerande, dépourvue de fenêtres hautes, est seulement éclairée par une grande fenêtre en plein cintre ouverte au-dessus du portail occidental. L'éclairage de l'église est fourni par une quinzaine de fenêtres en plein cintre, fortement ébrasées à l'intérieur et à l'extérieur.
Description à l'extérieur : par suite d'absence d'étagement de la nef, l'église d'Iguerande présente un aspect robuste et massif, que l'on peut observer également à Varenne-l'Arconce et Saint-Germain-en-Brionnais. La toiture de l'église est à deux rampants qui couvrent, d'un seul tenant, la nef et les bas-côtés. Le clocher, de plan carré, comporte deux étages de baies, séparés par une corniche. Le clocher couvert d'une pyramide à faible pente et à tuiles creuses offre une silhouette massive qui rappelle celle de Saint-Martin-d'Ainay à Lyon. La façade de l'église, d'une grande simplicité, présente, dans sa partie centrale, une légère saillie par rapport aux parties latérales. Ces trois parties verticales sont délimitées par quatre contreforts à glacis. Le portail occidental est surmonté d'un tympan nu, encadré par une archivolte composée essentiellement d'un gros tore retombant latéralement sur deux colonnes à bases et chapiteaux sculptés, ornés de motifs végétaux et notamment des grenades, fruits de l'immortalité. Un cordon mouluré entoure l'archivolte et se prolonge, horizontalement, jusqu'aux contreforts latéraux. L'harmonie du chevet est rompue par l'adjonction du bâtiment de la sacristie. Au sud, le mur gouttereau est renforcé par d'énormes contreforts modernes qui ont pour but d'empêcher le glissement de l'édifice.
Le mobilier : la dernière restauration de l'église d'Iguerande a entraîné la disparition du mobilier traditionnel. Une série de cinq vitraux, très colorés, représentent dans le style Saint Sulpice : l'Apparition du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite Marie, la Vierge Marie et le curé de la paroisse (de 1874 à 1899), représenté en Bon Pasteur ; deux vitraux de facture plus moderne figurent la Sainte Famille et le Christ dans son Ascension. Sous les deux premières arcades de l'abside, on peut observer deux peintures murales assez effacées représentant les apôtres Pierre et Paul.

L'église de Ligny-en-Brionnais Photos

L'église de Ligny-en-Brionnais est en partie romane. Le chœur et l'abside sont datés de la première moitié du XIIe siècle, la nef ayant été refaite au siècle dernier. Cette église paroissiale est placée sous le vocable de Saint-Philippe et Saint-Jacques.
Historique : le toponyme de Ligny provient du latin « linius » et semble désigner la proximité d'un cours d'eau. Les noms des saints apôtres Philippe et Jacques évoquent le temps de la génération des apôtres de Jésus. Selon la tradition, Philippe est l'un des premiers à suivre le Christ, tandis que Jacques « le mineur » est à distinguer de Jacques « le majeur », frère de l'apôtre Jean ; il est considéré comme parent très proche de Jésus. Avant la Révolution Française, la paroisse de Ligny était rattachée à l'ancien évêché de Mâcon. Les droits seigneuriaux étaient partagés, pour l'essentiel, entre la famille de Vichy et celle de Vauban.
Description à l'intérieur : l'église de Ligny est à nef unique recouverte d'un plafond plat. Cette nef communique avec la travée de chœur par une grande arcade en cintre brisé, à double rouleau, qui retombe sur des colonnes engagées, ornées de chapiteaux à feuillages. Le mur sud a été ouvert, au XVe siècle, pour y aménager deux chapelles voûtées sur croisées d'ogives. On observera que le raccord entre la nef plafonnée et la partie romane est inesthétique, comme dans l'église de Vareilles, en Brionnais.
Le mobilier : On remarquera cependant une belle Vierge à l'Enfant, statue en bois du XVIIIe siècle, qui a perdu sa dorure. Dans le chœur, une statue en bois polychrome du XVIIIe siècle représente Saint Amable. Parmi les quelques vitraux historiés, on remarquera celui de Sainte Catherine tenant les attributs de son martyre et celui de Saint Benoît, père des moines d'Occident. Un tableau du XVIIIe siècle représente une Vierge à l'Enfant en compagnie de Jean-Baptiste enfant qui reconnaît « l'Agneau de Dieu ». Cette toile est inscrite à l'inventaire officiel des objets d'art sacré, de même que le bel autel, recouvert de marbre, qui trône dans l'abside, daté de 1773.

Saint-Pierre et Saint-Paul à Montceaux-l'Étoile Photos

Le nom de Montceaux provient de l'ancien français montceau, petite montagne issu du latin « Montticelli ». Le surnom de l'étoile provient de la réunion des deux seigneuries de Montceau et l'Étoile (à Ligny-en-Brionnais) pour la famille de Fougères au XVIIe siècle. Au Moyen Âge, l'église qui était desservie par les moines du prieur d'Anzy-le-Duc, n'était qu'une annexe dans la paroisse de Versauges. Elle ne devient paroissiale qu'à la fin du XVIIe siècle, toujours sous le patronage du prieur d'Ans qui partageait les droits seigneuriaux dans cette paroisse avec le marquis de Vichy. En 1777, le seigneur Abel de Vichy fit éventrer l'abside romane pour édifier une chapelle en style baroque, destinée à être le lieu de sa propre sépulture et celle de sa femme Claudine de Saint Georges, décédée en 1775.
L'église est un édifice de proportions moyennes régulièrement orienté : il comporte une nef unique, une travée de chœur peu profonde et une abside semi-circulaire. La nef couverte d'une voûte en berceau plein cintre, sans arcs doubleaux, a été refaite. A l'origine, des arcades en plein cintre retombant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés ornaient le fond de l'abside percée de fenêtres ébrasées ; il ne subsiste que les arcades latérales et une fenêtre, sur le côté droit. Le clocher, de plan carré et de belles proportions, comporte deux étages de baies délimitées par deux bandeaux moulurés. Il est coiffé d'une pyramide à quatre pans couverte de tuiles plates. Sous la corniche sommitale court une rangée d'arcatures lombardes comme au clocher voisin d'Anzy-le-Duc. Le portail est la pièce maîtresse qui était précédée autrefois par un porche dont la trace est encore visible sur le mur de la façade. Le tympan est encadré par une large archivolte à cinq voussures en plein cintre. Dans un même bloc de pierre, les sculptures du tympan et du linteau, représentant la scène de l'Ascension. Au tympan, le Christ, debout, tient une croix dans sa main droite, au centre d'une mandorle soutenue par deux anges qui montent au Ciel. Au linteau, on peut voir quatorze petits personnages debout qui représentent le groupe des apôtres, parmi lesquels on reconnaît distinctement la Vierge Marie, nimbée au centre, et Saint Pierre tenant une énorme clé. Par suite de l'évidement du tympan et de la saillie du linteau, les sculptures apparaissent en haut relief et se détachent du support de pierre. Les sculptures latérales sont de la même veine. La sculpture du portail de Montceaux-l'Étoile, qui témoigne comme celle d'Anzy-le-Duc des influences clunisiennes, peut être datée du premier quart du XIIe siècle.

L'église d'Oyé possède une caractéristique unique Photos

L'église d'Oyé est placée sur le vocable de Saint Jean-Baptiste, précurseur du Christ. Cet édifice est partiellement roman : le clocher et sa base sont du XIIe siècle, la nef actuelle ayant été édifiée au début du XIXe siècle.
Historique : Du point de vue étymologique, le nom d'Oyé proviendrait d'un nom propre gallo-romain « Audius » accompagné du suffixe « iacus ». Le toponyme actuel « Oyé » renvoie à l'ancien français « ouir » (oyez) et au latin « audire » (entendre, percevoir). Le vocable de Saint Jean-Baptiste semble indiquer également une grande ancienneté de cette paroisse, au moins d'époque mérovingienne. Avant la Révolution Française, l'église d'Oyé était placée sous le double patronage du Prieuré de Saint-Germain et de l'évêque d'Autun. Les droits seigneuriaux étaient partagés entre plusieurs seigneurs, le principal d'entre eux étant le marquis de Langeron. La seigneurie de Chaumont, rattachée administrativement aux États du Mâconnais, avait été acquise de l'abbaye de Cluny, au début du XVIIe siècle. Il se tenait, chaque année, quatre foires importantes où se faisait le commerce des bœufs gras.
Description de l'intérieur : L'église d'Oyé comporte une nef principale à trois travées, flanquée de deux bas-côtés avec un transept non saillant. La travée de chœur se prolonge par une abside à fond plat, dispositif unique parmi les églises du Brionnais. La nef communique avec les bas-côtés par de grandes arcades en plein cintre retombant sur de lourds piliers carrés. Elle est recouverte d'un plafond plat, de même que les bas-côtés. Le chœur, tourné vers l'occident, est bien éclairé par les trois verrières de l'abside.
A l'extérieur : L'ornement principal de l'église est son clocher roman, lequel comporte un seul étage de baies géminées encadrées par une double archivolte retombant sur de fines colonnettes surmontées de chapiteaux sculptés. La toiture à quatre pans repose sur une corniche ornée d'arcatures lombardes que l'on retrouve sur d'autres clochers romans du Brionnais. La position du clocher, en façade, rappelle que la nef actuelle se trouve en position inversée par rapport à l'ancienne nef romane qui a été détruite. La façade actuelle et les murs latéraux sont sans ornement.
Le mobilier : La statuaire en plâtre polychrome, de style Saint Sulpice, représente les saints les plus vénérés par la piété populaire. L'autel majeur, au fond de l'abside, montre, autour du Christ, les apôtres Pierre et Paul qui rappellent le patronage de Cluny. Les autels mineurs sont dédiés au Sacré-Chœur, à la Vierge Marie, à Saint Joseph et à Saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse. Une jolie chaire à prêcher semble dater du XVIIIe siècle. Une importante série de vitraux historiés constitue la principale décoration de cette église. Sur le mur de l'abside, le grand vitrail du Sacré-Cœur est encadré par deux autres plus petits représentant le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste et l'apparition de Notre-Dame-de-Lourdes à Bernadette Soubirous. D'autres vitraux très colorés représentent des personnages de l'histoire de l'Église : Saint Antoine de Padoue, Saint Louis de Gonzague, Sainte Claire, Sainte Jeanne de Chantal et Sainte Jeanne de Valois.

L'église de Saint-Bonnet-de-Cray fut édifiée au XIIe siècle Photos

Description de l'église par Jean Virey en 1890

L'église de Saint-Bonnet-de-Cray a été édifiée au milieu du XIIe siècle. Elle n'a conservé de l'époque romane que le chœur, l'abside et le clocher. La nef a été entièrement reconstruite au XIXe siècle. Le nom de cette commune provient de Saint Bonnet, évêque de Clermont au VIIe siècle. Son culte a été très répandu dans le centre de la France.
Description à l'intérieur : l'église comporte une nef à quatre travées flanquée de deux collatéraux, un transept non saillant et une abside semi-circulaire précédée d'une courte travée de chœur. La nef communique avec les bas-côtés par de grandes arcades en cintre brisé retombant sur des piliers carrés sans tailloirs. Les travées de la nef sont voûtées en berceau brisé et séparées par des arcs doubleaux qui retombent sur des pilastres cannelés par l'intermédiaire de chapiteaux non sculptés. Les fenêtres hautes sont en plein cintre comme celles qui éclairent les bas-côtés. Ces fenêtres sont dites « à pénétration ». Le même dispositif se retrouve à Châteauneuf, Semur-en-Brionnais, et autrefois dans l'église du monastère de Charlieu. La nef communique avec la croisée du transept par une grande arcade en cintre brisé, à double rouleau. La croisée du transept, voûtée par une belle coupole sur trompes, communique avec le chœur par un arc triomphal, en cintre brisé, à double rouleau. La travée de chœur, éclairée par un oculus est également voûtée en berceau brisé. L'abside, couverte par un cul-de-four est percée de cinq fenêtres romanes en plein cintre fortement ébrasées ; elles sont encadrées de colonnettes à chapiteaux sculptés.
Description à l'extérieur : le clocher, de plan carré, qui s'élève au-dessus de la croisée du transept, peut être daté du XIIe siècle. Il est du même type que celui de Saint-Julien-de-Jonzy, mais son ornementation est moins abondante. A l'inverse de l'église voisine, il a conservé un toit plat, couvert de tuiles creuses. Il ne comporte qu'un seul étage de baies géminées, sur chaque face, séparées par un groupe de quatre colonnettes ornées de chapiteaux sculptés. Les archivoltes se composent de deux voussures fortement moulurées en forme de tores. La corniche du toit est soutenue par des modillons présentant des sculptures variées. Le portail, de style néo-roman, est d'une grande simplicité, surmonté d'un tympan nu encadré par une large archivolte en plein cintre retombant sur deux impostes saillantes. Les colonnes encadrant le portail ont disparu ; ne reste que les deux chapiteaux non sculptés.
Le mobilier : la statuaire en plâtre, de style Saint Sulpice, est sans surprise : le Sacré-Cœur, la Vierge et Saint Joseph voisinent avec le curé d'Ars, Sainte Jeanne d'Arc, Saint Antoine de Padoue et Sainte Thérèse de Lisieux. Les deux autels latéraux sont dédiés à la Vierge Marie, à gauche, et à Saint Joseph, à droite. Le cul-de-four de l'abside est orné d'une fresque très endommagée, représentant le Christ et les pèlerins d'Emmaûs. Les vitraux, très colorés, figurent des thèmes peu courants : le pape Léon arrêtant l'invasion d'Attila, les tentations de Saint Antoine ermite, la Trinité et l'Invention de la Couronne d'épines par Saint Louis. Deux oculus représentent le martyre de Saint Victor, soldat du Christ, et Saint François de Sales, évêque de Genève et fondateur de l'ordre de la Visitation.

Église de Saint-Germain-en-Brionnais Photos

L'église de Saint-Germain-en-Brionnais (autrefois Saint-Germain-des-Bois) est sous le double vocable de saint Germain, évêque d'Auxerre (+ 448) et de saint Benoît, patriarche des moines d'Occident (+ 547). D'après la tradition française les reliques de saint Benoît auraient été transportées à Fleury-sur-Loire en 703. En 1964 le pape Paul VI l'a proclamé patron de l'Europe.
Les origines connues : l'origine connue est la fondation d'un prieuré de chanoines réguliers de Saint Augustin, en 1095, par les seigneurs voisins de Dyo. La construction de l'église peut être datée de cette période.
Heurs et malheurs : Par la suite, ce prieuré a été rattaché à celui de Saint-Sernin qui suivait la même règle. Il ne reste rien des bâtiments conventuels qui ont été détruits en 1569 lors des guerres de religion. Au XIXe siècle, l'église dont la voûte s'affaissait était menacée de ruine. Malgré les efforts des habitants de la commune, encouragés par leur curé, l'administration des Beaux-Arts jugea que la restauration était trop onéreuse ; l'église considérée comme ayant peu de valeur artistique, fut déclassée comme monument historique. Il fallut attendre cinquante ans pour qu'elle soit à nouveau classée en 1930.
L'église actuelle : l'église de Saint-Germain-en-Brionnais, à l'extérieur, offre une silhouette robuste et trapue, tassée sur le sol. Le clocher, en façade, percé de meurtrières, est d'une époque postérieure à la fondation. Cette église est dite « à nef obscure », par suite de l'absence de fenêtres hautes au-dessus des grandes arcades, comme à Iguerande et à Varenne-l'Arconce. La nef centrale qui comporte quatre travées voûtées en berceau plein cintre est flanquée de collatéraux aux compartiments voûtés d'arêtes. En l'absence de transept, les trois nefs débouchent directement sur l'abside et les absidioles semi-circulaires. Dans le bas côté gauche, un gisant en pierre, de la fin du XIIIe siècle, représente Sibylle, dame de Dyo et de Sigy. Dans le bas-côté droit, un autel en pierre de style roman est percé à l'arrière d'un trou dans lequel on peut introduire la tête. Selon la tradition locale, il s'agit d'un « débeurdinoir » destiné à soulager toutes les formes de la bêtise universelle. L'église de Saint-Germain fait partie du « circuit des Églises Romanes du Brionnais » Elle est encadrée comme les autres églises romanes par deux pôles majeurs que sont la basilique romane de Paray-Le-Monial et l'abbaye de Charlieu, qui furent avec le monastère des Dames de Marcigny, les principaux relais de la puissance clunisienne, dans la région, aux XIe et XIIe siècles.

Le débeurdinoir (ou débredinoir) de St-Germain

L'église de Saint-Laurent-en-Brionnais Photos

Description de l'église de St-Laurent par Jean Virey en 1890

Fortement restaurée au XIXe siècle, l'église de Saint-Laurent-en-Brionnais a conservé de l'époque romane (début XIIe siècle), le chœur, l'abside et le clocher. La paroisse de Saint-Laurent-en-Brionnais, avant la Révolution Française, faisait partie du bailliage et du diocèse de Mâcon, de l'archiprêté de Beaujeu et de la châtellenie de Châteauneuf. Elle était à la collation des abbés de Cluny qui avaient établi un petit prieuré. L'église, classée monument historique en 1874 a été fortement restaurée dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La nef et les bas côtés, reconstruits à cette époque, comportent quatre travées, couvertes de voûtes d'arêtes et séparées par des arcs doubleaux en plein cintre. L'architecte Selmersheim, qui dirigeait les travaux, a reproduit le même système de voûtement que celui de l'église romane d'Anzy-le-Duc. Contrairement à d'autres constructions du XIXe siècle, celle-ci est parfaitement adaptée et proportionnée par rapport à la partie romane. Cette dernière comporte un transept non saillant, une abside principale en hémicycle flanquée de deux absidioles légèrement en retrait. Dans cette partie romane, les arcades sont en plein cintre. Les chapiteaux et les bases des colonnes sont abondamment sculptés de motifs végétaux, humains ou animaliers. A l'extérieur, le clocher, de plan carré ressemble aux clochers voisins de Varenne-l'Arconce et de Vareilles. Il comporte trois étages percés de baies doublées et, sur chaque face, trois demi-colonnes engagées dans la maçonnerie. Le portail occidental qui a été refait au XIXe siècle est particulièrement soigné : le tympan représente le Christ en Gloire entouré par les symboles des quatre Évangélistes ; il est encadré par trois archivoltes richement décorées qui reposent sur des colonettes à chapiteaux sculptés. Les modillons qui supportent les corniches représentent des têtes humaines qui reproduisent celles qui ornent les tailloirs des chapiteaux de chœur. Les éléments les plus intéressants du mobilier sont dans les absidioles : à gauche, l'autel de la Vierge, en marbre, supporte une Vierge à l'Enfant (statue en bois décoré du XVIIIe siècle) ; à droite, l'autel de Saint-Laurent, patron de la paroisse. Sur le côté droit, une statue de Saint Abdon, en bois doré, est une œuvre du XVIIIe siècle.

L'église de Saint-Martin-du-Lac, à la fois simple et harmonieuse Photos

Pendant tout le Moyen Âge, Martin a été le saint le plus vénéré dans toute la France. Ses biographies, Sulpice Sévère et Grégoire de Tours ont beaucoup contribué à sa popularité en enrichissant sa vie de nombreuses légendes. Son culte a connu une expansion extraordinaire ; encore aujourd'hui, en France, plus de 500 communes et 4.000 paroisses portent son nom. A l'image de son culte, l'iconographie de Saint Martin est prolifique : le plus souvent, il est représenté en évêque ou en cavalier romain, partageant son manteau avec un pauvre nu et grelottant. Avant la Révolution, la paroisse était sous le patronage du prieuré voisin d'Anzy-le-Duc. Le plan du sol est simple. L'édifice comporte une nef unique qui se prolonge par une travée de chœur et une abside semi-circulaire. Comme à Saint-Maurice-lès-Châteauneuf et Saint-Martin-la-Vallée, le clocher est placé sur le flanc droit de la travée de chœur. L'épaisseur des murs de l'abside et de la base du clocher signale, de manière évidente, la construction d'époque romane. La nef est voûtée en berceau cintré, de même que la travée de chœur, tandis que l'abside est voûtée en cul-de-four. La travée de chœur est délimitée par deux grandes arcades en plein cintre du côté de la nef et de l'abside. Les murs latéraux sont renforcés d'une double arcade appliquée retombant sur trois colonnettes ornées de chapiteaux et de tailloirs. L'éclairage de la nef est assuré par un oculus placé en haut de la façade et deux larges fenêtres en plein cintre sur les murs latéraux. La fenêtre axiale de l'abside a été obturée et les deux fenêtres latérales, fortement ébrasée à l'intérieur et à l'extérieur, ont été agrandies ultérieurement. L'église est un monument simple et de proportions harmonieuses. L'ornement principal est le clocher, de plan carré, qui comporte un seul étage de baies surmontées par une toiture à quatre pans faiblement inclinés couverts de tuiles creuses. La corniche repose sur de simples modillons. Chacune des faces du clocher est percée de deux couples de baies géminées dont les archivoltes retombent, au milieu, sur deux fines colonnettes à chapiteaux, unies sous un tailloir commun. La maçonnerie du clocher et de l'abside, en petit appareil irrégulier, signale une construction du XIe siècle. La façade est un simple mur pignon surmonté d'une sorte de fronton triangulaire, délimité par un bandeau mouluré qui s'interrompt de part et d'autre de l'oculus central. Le portail occidental, rectangulaire et de style post-classique, est surmonté d'un joli auvent à tuiles plates qui repose sur deux colonnes ornées de bases et chapiteaux moulurés. A Saint-Martin-du-Lac, le mobilier est très peu abondant. Hormis deux crucifix qui ornent l'entrée du chœur et le fond de l'abside, on ne trouve que deux statues en plâtre polychrome, de style Saint Sulpice, qui représentent une Vierge à l'Enfant et Saint Martin. Ces deux statues sont placées au-dessus des deux autels latéraux de part et d'autre de l'entrée du chœur. Les cinq vitraux historiés racontent les épisodes de la vie de Saint Martin, patron de la paroisse.

Saint-Martin-la-Vallée fut une ancienne église paroissiale Photos

La chapelle romane de Saint-Martin-la-Vallée, autrefois église paroissiale, a été édifiée à la fin du XIe siècle. Elle est placée sous le vocable de Saint Martin, évêque de Tours et apôtre des Gaules au IVe siècle, dont la fête est célébrée le 11 novembre.
Historique : pendant tout le Moyen Âge et une partie de l'époque moderne, Martin fut le saint le plus populaire de France. Son biographe, Grégoire de Tours, a beaucoup contribué à sa popularité en l'enrichissant de nombreuses légendes. Son culte a connu une prodigieuse diffusion ; aujourd'hui encore, plus de 500 communes et près de 4 000 paroisses portent son nom.
L'iconographie de Saint Martin est prolifique : le plus souvent, il est représenté en évêque ou en soldat romain à cheval, partageant son manteau avec un pauvre. L'église de Saint-Martin-la-Vallée a été paroissiale jusqu'au XIIIe siècle. Elle a perdu cette fonction au profit de l'église de Semur-en-Brionnais, lorsque fut fondé, en 1274, un chapitre de chanoines.
Description à l'intérieur : la chapelle de Saint-Martin-la-Vallée est un édifice à nef unique, qui se prolonge par une abside en hémicycle. Sur le flanc droit se trouve une absidiole semi-circulaire et une chapelle de plan rectangulaire de construction plus récente. La nef ouvre sur le chœur par un grand arc en plein cintre. Elle communique avec la chapelle latérale par un portail en bois, dont l'encadrement consiste en un grand arc cintré qui retombe latéralement sur des piédroits cannelés surmontés d'impostes. De la même manière, la communication entre l'abside principale et l'absidiole latérale se fait par un portail en bois, encadré par un arc de plein cintre reposant sur deux larges piédroits avec impostes. Absides et absidioles sont voûtées en cul-de-four. L'éclairage de la nef et des absides est assuré par des fenêtres étroites fortement ébrasées vers l'intérieur qui témoignent, comme à Baugy, de l'ancienneté de cette construction, datée du XIe siècle. La maçonnerie en moyen et petit appareil, qui apparaît là ou le crépi à disparu, témoigne également de l'archaïsme de l'édifice.
Description à l'extérieur : la chapelle de Saint-Martin-la-Vallée, dans un environnement champêtre, est de proportions harmonieuses. En premier lieu, on remarque la position latérale du clocher (comme à Saint-Martin-du-Lac et Saint-Maurice-lès-Châteauneuf). En façade, le portail d'entrée, de forme rectangulaire, offre un bel encadrement à double moulure, surmonté d'une croix tréfilée. Le clocher latéral, coiffé d'une pyramide à quatre pans recouverte d'ardoises, est le principal ornement extérieur de la chapelle. Il comporte, sur chacune des faces, une baie géminée encadrée par une double archivolte retombant, au centre, sur deux fines colonnettes à chapiteaux, sous un tailloir unique.
Le mobilier : cette chapelle qui fut autrefois église paroissiale, est maintenant désaffectée. Elle a perdu presque tout son mobilier. Il ne reste que l'autel majeur en bois et deux autels latéraux, en pierre, de part et d'autre de l'entrée du chœur. Il ne reste que des débris des stalles et de la chaire à prêcher. Dans le crépi, très abîmé, apparaissent des peintures à la fresque qui n'ont pas encore été datées.

Chapelle romane de Saint-Maurice-lès-Châteauneuf Photos

La vieille église de Saint-Maurice-lès-Châteauneuf est datée du XIIe siècle. La nef ayant été détruite au XIXe siècle, il ne reste plus, de cette époque, que le chœur, l'abside et le clocher.
Description : à la différence de la majorité des clochers romans de la région, celui de Saint-Maurice ne s'élève pas au-dessus de la croisée du transept ; il est bâti sur le flanc méridional de l'église, au niveau de la travée de chœur. Le clocher, simple et élégant, est surmonté par une pyramide en pierre à quatre pans, percée de petites lucarnes ; ses quatre faces, toutes semblables, présentent un seul étage de baies géminées dont les archivoltes en plein cintre retombent sur deux fines colonnettes. La travée du chœur qui se prolonge par une abside semi-circulaire, était éclairée par trois fenêtres en plein cintre qui ont été remaniées ou obturées. L'abside est voûtée en cul-de-four brisé. A l'extérieur, la corniche, autour de l'abside, fortement saillante, présente des modillons sculptés particulièrement intéressants : têtes d'animaux et figures grimaçantes assez semblables à celles de l'église voisine de Châteauneuf et typiques de la sculpture brionnaise. Bien que mutilée au XIXe siècle, cette petite église, située au milieu de l'ancien cimetière de Saint-Maurice, dans un environnement harmonieux, est une des plus élégantes de cette partie du Brionnais.

La chapelle de Saint-Prix plus ancien lieu de culte de la paroisse de Dyo Photos

La chapelle de Saint-Prix, située à la limite des communes de Dyo et de Saint-Symphorien-des-Bois, sur un terrain granitique, est sous le vocable de la Sainte Trinité.
Origines lointaines : la chapelle de Saint-Prix aurait été fondée au XIe siècle, d'après une charte du cartulaire de Cluny, à côté d'une fontaine dont la qualité des eaux est renommée. Elle semble être le lieu de culte le plus ancien de la paroisse de Dyo ; le culte de Saint Prix (ou Saint Priest, en latin « Priscus »), qui fut évêque de Clermont et martyr en 670, a pu se répandre dans cette région avant l'an 1000.
Reconstitution : cet édifice a été remanié au cours des siècles. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer la forme du portail d'entrée et certains encadrements de baies à l'extérieur. Cependant, la forme générale des fenêtres, fortement ébrasées, à l'intérieur et à l'extérieur, témoigne de construction primitive, au XIe siècle, de même que le clocher. A l'intérieur de la chapelle, la nef unique, surmontée d'une charpente, ouvre sur un chœur à chevet plat qui est voûté d'arêtes.
Le mobilier : l'utilisation de la chapelle comme lieu de sépulture est attestée par la présence de trois dalles funéraires ornées d'une croix. Lors de la réfection des toitures, dans les années 1980, on a retrouvé, à proximité de la chapelle, des ossements qui témoignent de l'existence d'un ancien cimetière très ancien.

La chapelle de Dun une authentique église romane Photos

La chapelle de Dun est située sur une montagne de 721 mètres d'altitude. Dun provient d'un nom celtique « Dunum » qui signifie lieu élevé et fortifié. C'est un lieu chargé d'histoire et de légendes qui évoque des souvenirs païens. La fontaine Saint-Jean, à quelque distance du sommet, passe pour avoir des vertus de guérison. Les habitants de la région ont continué de venir en pèlerinage à Dun, notamment les « Blancs » (anticoncordataires) les jours de Saint Pierre et de Saint Denis. La chapelle de Dun semble dater de la seconde moitié du XIIe siècle. Elle a perdu sa fonction d'église paroissiale lors de la construction de l'église de Saint-Racho, au début du XVIIIe siècle. Gravement endommagée par la foudre en 1762, elle tomba peu à peu en ruine. Elle fut reconstruite sous l'autorité de l'architecte en chef Selmersheim grâce aux libéralités du Comte de Rambuteau. Le plan de l'église est à trois nefs suivies d'un transept légèrement saillant et d'un chevet comportant une abside en hémicycle et deux absidioles ouvertes sur les croisillons. La nef principale comporte trois travées voûtées en berceau brisé. L'église est surmontée d'un clocher de deux étages coiffé par une pyramide de pierre. L'utilisation de l'arc brisé et des pilastres cannelés témoigne de l'influence clunisienne. La chapelle de Dun possède deux statues polychromes (XV-XVIe siècle), Saint Paul, dans l'abside de droite et Saint Pierre, dans celle de gauche. Lors des fouilles réalisées autour de l'église, on a retrouvé des objets et monnaies et des sarcophages de l'époque mérovingienne qui témoignent de l'ancienneté de ce lieu de culte.

Semur-en-Brionnais Photos

Seul village de Saône-et-Loire cité dans la nouvelle édition des « Plus beaux villages de France » (1) , Semur-en-Brionnais à 30 km de Paray et 65 km de Cluny est aussi une vitrine de l'art roman. Comme l'indiquent ses monuments, Semur-en-Brionnais a un passé glorieux : le château St Hugues, la collégiale Saint Hilaire, la poterne, le chemin de ronde, la mairie du XVIIIe siècle. Saint-Hugues de Semur, célèbre abbé de la non moins célèbre abbaye de Cluny (Semur est d'ailleurs classé site clunisien) en est le phare. Classé « Plus beau village de France », Semur-en-Brionnais répond donc à trois critères : avoir une population « intra muros » inférieure ou égale à 2000 habitants, posséder un patrimoine protégé d'au moins deux sites ou immeubles, être la suite logique des délibérations du conseil municipal sollicitant le classement. Il est nécessaire pour être sélectionné de répondre à 5 critères de réalité et d'intérêt du patrimoine. Il ne faut pas moins de 27 critères pour juger de l'intensité et de la pertinence de sa mise en valeur. Semur a manifestement rassemblé tous ses critères et démontré sa volonté de promouvoir son patrimoine historique ainsi que ses savoir-faire et produits des habitants qui construisent ainsi un nouvel avenir sur la richesse de leur passé. Capitale historique du Brionnais, le village de Semur-en-Brionnais est constitué d'un vieux bourg qui occupe une butte dominée par les ruines imposantes de l'ancien château fort où est né Hugues en 1024, le grand abbé de Cluny. Le château se visite et plus particulièrement la salle consacrée à Saint-Hugues. L'association « Les Vieilles Pierres » (2) de Semur qui adhère également à la Fédération des Sites Clunisiens (3) restaure le château, mais aussi le patrimoine communal en collaboration avec la municipalité. Elle anime le site avec des visites guidées, des expositions et des concerts. Le joyau du village encore entouré par les fortifications médiévales est la collégiale Saint Hilaire, l'une des plus importantes églises romanes du département de la Saône-et-Loire. L'édifice construit en deux étapes au cours du XIIe siècle est remarquable par son architecture originale ainsi que par ses décorations abondantes. Le tout donne une impression de solidité et de sérénité. On peut également découvrir dans la salle capitulaire (XVIe siècle), la vitrine de l'art roman. Cette vitrine permanente informe sur la richesse des églises romanes en Brionnais et incite à les découvrir. Des panneaux didactiques avec photos, des schémas, des maquettes, des pièces lapidaires servent de support. Semur est fière de son passé et fait tout pour le préserver. Les amateurs d'art roman sont servis car Semur en est une véritable vitrine. Il est ainsi possible de visiter la petite église de Saint-Martin-la-Vallée qui date du XIe siècle, magnifiquement située au pied de la butte de Semur. Parmi les autres curiosités de Semur, on retrouve l'hôtel de ville du XVIIIe siècle, ancien auditoire de justice du bailliage, construit entre 1780 et 1788 et le grenier à sel (XVIe siècle) qui possède un plafond chargé d'allégories. Rien de mieux alors pour découvrir ces trésors que d'effectuer des randonnées comme l'indique l'ouvrage. Des circuits pédestres ou en VTT balisés permettent d'admirer la richesse architecturale et historique du village, un village résolument inscrit dans le paysage brionnais (Article rédigé par Fabienne Croze © Copyright Le Journal de Saône et Loire, 17.04.2005)

(1) Les plus beaux villages de France, guide officiel de l'association, sélection du Reader's Digest, 6e édition, 2005, 191 p.
(2) Association Les Vieilles Pierres, Château St-Hugues, 71110 Semur-en-Brionnais, tél. : 03.85.25.13.57, Email : chateau.semur@wanadoo.fr
(3) Les sites clunisiens : http://www.sitesclunisiens.org


Histoire de Semur : Semur-en-Brionnais, plus de 1000 ans d'histoire (F. Cucherat)

L'église de Semur-en-Brionnais, édifiée au XIIe siècle est l'une des dernières églises romanes du Brionnais. Elle est placée sous le vocable de Saint Hilaire (IVe siècle) docteur de l'église.
Historique : Semur (sinemurus : terme prélatin, senmurus en 879) est un nom ancien dont l'étymologie est incertaine. "Senemurum" semble désigner une citadelle placée sur un éperon barré qui allait devenir le chef lieu du pays brionnais. Avant l'An Mille, Semur était une châtellenie relevant des comtes de Châlon et qui eut bientôt ses propres barons. Le plus illustre représentant de la famille des sires de Semur a été Saint Hugues, le grand abbé de Cluny (1049-1109), bâtisseur de l'église abbatiale la plus grande de toute la chrétienté. Vers 1274, Semur devint le siège d'une paroisse indépendante administrée par un chapitre de chanoines. Cette église fut pillée une première fois, en 1364, par les troupes anglaises du Prince de Galles, et incendiée plus tard par les Calvinistes, en 1576. Les parties hautes de la voûte ayant été détruites, elles furent d'abord remplacées par un plafond en lambris et ensuite refaites en maçonnerie au XIXe siècle.
Description de l'intérieur : L'église de Semur-en-Brionnais comporte une nef principale à quatre travées, flanquées de deux bas-côtés, un transept légèrement saillant que prolonge une abside et deux absidioles latérales semi-circulaires, précédées d'une travée de chœur. La nef communique avec les deux bas-côtés par de grandes arcades en cintre brisé.
On retrouve l'arc brisé dans toutes les parties de l'édifice comme à Paray, à Cluny et Autun. L'influence clunisienne s'observe également dans le triple étagement de la nef : entre le niveau des grandes arcades et celui des fenêtres hautes s'ouvre un triforium qui forme, tout autour de la nef, une élégante galerie décorative, sans aucune fonction de circulation. Les piliers cruciformes sont cantonnés, du côté de la nef, de pilastres cannelés, également de style clunisien. Les croisillons sont voûtés en berceau brisé tandis que la croisée est surmontée d'une lanterne octogonale reposant sur des trompes et ornée d'arcades, sous la coupole.
Les trois premières travées de la nef sont couvertes d'une voûte en plein cintre, surbaissée, qui a été refaite au XIXe siècle. Au-dessus du portail occidental, une élégante tribune en encorbellement est la reproduction en miniature de celle, identique, de la grande abbatiale de Cluny III.
Description de l'extérieur : La façade se compose de trois registres verticaux avec un avant corps légèrement saillant percé dans sa partie supérieure d'un grand oculus. Le portail occidental, richement décoré, est surmonté par une archivolte dont les trois voussures en retrait sont ornées d'entrelacs, de torsades et de gaufrures qui retombent sur les colonnettes et les pilastres latéraux.
La sculpture du tympan, d'une facture assez lourde, représente le Christ en Gloire entouré de deux anges aux ailes repliées et par les symboles des quatre Evangélistes. Au linteau est représenté un épisode de la vie de Saint Hilaire, évêque de Poitiers, lors du Concile de Séleucie en 359. Hilaire, venu combattre l'arianisme, est représenté, assis par terre, entre les pères conciliaires juchés sur des sièges élevés. A droite est figurée la mort du pseudo-pape Léon, président du Concile et partisan de l'hérésie d'Arius qui niait la divinité du Christ.
Deux portes latérales ouvrent sur les collatéraux, celle du sud, moins importante, montre un tympan orné d'une simple croix potencée. Celle du nord, la plus belle, est surmontée d'un linteau, avec un ornement de rosaces et d'un tympan garni de trois fleurons convergents. Les voussures et pilastres qui l'encadrent sont décorés de motifs divers : torsades, oves enrubannées, billettes et rosaces.
La vue du chevet est particulièrement harmonieuse : les deux absidioles s'arrondissent autour de l'abside princiale, flanquée de deux contreforts à glacis. Le pignon du mur de décrochement qui ferme la travée de chœur, à l'Orient, est percé d'un oculus surmonté d'une double arcature.
Le clocher octogonal, au dessus de la croisée du transept, comporte deux étages de baies à l'étage inférieur, sur chacune des faces, deux baies géminées aveugle dont l'archivolte en plein cintre, moulurée, retombe sur un pilastre médian et deux colonnettes latérales.
A l'étage supérieur, les baies sont ouvertes. Une archivolte en cintre brisé se décompose en trois voussures retombant sur de fines colonnettes à chapiteaux, de part et d'autre d'une baie géminée en plein cintre.
L'église de Semur-en-Brionnais, édifiée vers le milieu du XIIe siècle, est un édifice très intéressant qui marque la transition entre l'âge roman et le gothique.

L'église Saint Hilaire de Semur, photographies anciennes en noir et blanc

L'église de Vareilles, l'un des plus beaux clochers Photos

Du point de vue étymologique, le nom de Vareilles est un dérivé de « vallis », ou « vallicula » qui signifie « petite vallée ». Sous l'Ancien Régime, la paroisse faisait partie de l'archiprêtré de Bois-Sainte-Marie. Elle avait été donnée en 1176 par l'évêque d'Autun Étienne II au chapitre d'Aigueperse qui avait la nomination du curé. Les seigneurs de Drée possédaient alors la justice dans la plus grande partie de la paroisse. L'église de Vareilles est ornée d'un des plus beaux clochers romans du Brionnais ; ce clocher, de plan carré, comporte trois étages surmontés d'une belle pyramide en pierre ; les demi-colonnes engagées, sur chaque face, se retrouvent aux clochers voisins de Saint-Laurent et de Varenne-l'Arconce. La nef unique est recouverte d'un plafond plat qui coupe malencontreusement l'arc en cintre brisé donnant accès à la travée du chœur. Cette nef fortement remaniée paraît de fondation assez ancienne (XIe siècle) lorsqu'on observe l'épaisseur des murs et le plan au sol légèrement trapézoïdal. Le mur pignon de la façade, en petit appareil régulier de calcaire, est peut-être de la même époque. Les chapiteaux des colonnes qui encadrent le portail ouest sont romans. A l'intérieur, la travée de chœur (de la fin du XIe siècle) est recouverte d'une coupole octogonale sur trompes et éclairée latéralement par deux fenêtres très étroites et profondément ébrasées. L'abside semi-circulaire est voûtée en cul-de-four et percée de trois fenêtres en plein cintre, de forme ébrasée, à l'intérieur. Le mobilier est assez abondant. De part et d'autre de l'entrée du chœur, deux autels sont consacrés à la Vierge Marie et à Saint Martin, le patron de l'église. A gauche de la nef, une chaire à prêcher, de belle facture, peut être datée du XVIIIe siècle.

Photographies en noir et blanc de l'église Saint Martin de Vareilles

L'église de Varenne-l'Arconce

L'église de Varenne-l'Arconce, entièrement romane, a été édifiée au début du XIIe siècle. Elle est placée sous le vocable de Saint Pierre-aux-liens.
Historique : étymologiquement, le mot de « Varenne » évoque un lieu probablement proche de l'eau (racine prélatine « war » = eau). Le vocable de Saint Pierre-aux-Liens indique la haute ancienneté de cette paroisse qui a du être fondée à l'époque gallo-romaine ou mérovingienne. Le nom de Varenne est cité pour la première fois en 976 ; il désigne alors une villa qui dépendait du territoire de Briant (« ager beronicensis »). D'après la charte clunisienne du XIe siècle, on sait qu'un prieuré bénédiction fut établi en 1045 par Saint Odilon, et qu'en 1094, l'église et le prieuré furent donnés au monastère de Marcigny par Artaud de Briant.
Description de l'intérieur : L'église de Varenne-l'Arconce comporte une nef principale à trois travées flanquée de deux bas-côtés, un transept fortement saillant, et une abside en hémicycle précédée d'une travée de chœur. La nef communique avec les deux bas-côtés par de grandes arcades en cintre brisé. Les piliers sont de plan cruciforme et cantonnées de demi-colonnes engagées sur trois faces. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes ; la nef, les croisillons du transept et la travée de chœur, en berceau brisé. La croisée du transept est surmontée d'une coupole sur trompes, l'abside est couverte d'un cul-de-four. Le pourtour de l'abside est orné par une série de cinq arcades en plein cintre retombant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés. Cette église, dépourvue de fenêtres hautes au-dessus des grandes arcades, est dite à nef obscure. L'éclairage est donné par les fenêtres légèrement ébrasées des bas-côtés, des bras du transept et de l'abside. Les chapiteaux de la nef et de la croisée sont de facture assez fruste.
Description de l'extérieur : L'église de Varenne-l'Arconce offre un aspect d'ensemble robuste et trapu. La façade, soigneusement composée, comporte un avant corps central légèrement saillant. Le portail est surmonté d'un tympan non sculpté, encadré par une archivolte à plusieurs voussures formées de gros tores enveloppés par une rangée de billettes. Au-dessus du portail, un deuxième registre horizontal, délimité par deux corniches saillantes, est orné de fines colonnettes et de pilastres cannelés, encadrant une fenêtre centrale fortement ébrasée. Au troisième niveau, s'ouvre une nouvelle fenêtre ébrasée qui éclaire le comble. Robuste comme le reste de l'édifice, le clocher, de plan carré, est situé au-dessus de la croisée du transept. Il se compose de deux étages de baies surmontés d'un toit à quatre pans. L'étage supérieur a été refait à la fin du XIXe siècle, en style roman, par l'architecte Selmersheim. Chacune des faces est renforcée de demi-colonnes engagées qui offrent une analogie certaine avec les clochers voisins de Paray, Vareilles et Saint-Laurent-en-Brionnais. Au tympan du portail sud on trouve une sculpture de l'agneau mystique qui rappelle la filiation clunisienne.
Le mobilier : Hormis la statuaire en plâtre, de style Saint Sulpice, on découvre de belles statues en bois polychrome : dans le bras droit du transept, un grand Christ d'allure hiératique (du XVe siècle) et une vierge en bois doré (XVIIIe siècle). Dans le bras gauche, une statue de Saint Pierre, en bois doré, est de la même époque. Au dessus de l'entrée principale, sous de petites arcades formant comme des niches, quatre statues en bois polychrome, du XVIe siècle, représentent successivement Saint Sébastien percé de flèches, Saint Roch guérisseur de la peste, Saint Denis martyr et Saint Côme, patron des médecins. Dans les bras du transept sont logés deux autels mineurs : à droite, celui de la Vierge ; à gauche, celui de Saint Pierre, patron de la paroisse. Tout proche de cet autel, une grande toile, d'un style identique, semble représenter l'apparition de la Vierge du rosaire à Saint Dominique.

Photos et compléments sur la cloche datée du XVIe siècle

Photographies en noir et blanc de l'église de Varenne-l'Arconce

L'église de Vauban, anciennement Saint-Sernin Photos

L'église de Vauban est sous le vocable de Saint-Saturnin ou Saint-Sernin, évêque de Toulouse au IIIe siècle. Restaurée au XIXe siècle, elle a conservé de l'époque romane le chœur, l'abside et la base du clocher. Une paroisse qui a changé de nom : en 1725, le roi Louis XV érigea en comté les terres et seigneuries de Saint-Sernin et Boyer sous la dénomination de comté de Vauban en faveur d'Antoine le Prestre de Vauban, Lieutenant-général des armées et neveu de l'illustre Maréchal de Vauban, issu de la branche cadette de cette maison. Il avait épousé Anne-Henriette de Busseul, fille unique de François-Gabriel de Busseul, comte de Saint-Sernin, l'une des plus anciennes maisons de Bourgogne. C'est à l'époque que la paroisse de Saint-Sernin a pris le nom de Vauban.
Une église en partie romane : l'église de Vauban a été inscrite à l'Inventaire des monuments historiques en 1950 ; le chœur et l'abside, entourés de murs épais, sont de l'époque romane (début XIIe siècle). Au milieu du XIXe siècle, la nef romane devenue trop petite pour contenir la population (875 habitants en 1839) fut démolie et reconstruite (de 1853 à 1857) selon les plans de l'architecte Berthier. La nouvelle nef comporte cinq travées ; chaque compartiment, de plan barlong, est voûté par des arcades qui s'entrecroisent, et séparé par des arcs en cintre surbaissé. La partie romane comporte deux travées de chœur, couvertes en berceau et une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four et éclairée par trois fenêtres ébrasées. Quelques chapiteaux du chœur sont ornés de feuillages et motifs historiés. A l'extérieur, le clocher carré est de style roman ; il comporte deux étages de fenêtres en plein cintre. Le portail occidental possède un tympan nu encadré par une archivolte en plein cintre retombant sur des colonnettes dont les chapiteaux sont ornés de motifs végétaux et animaux.
Le mobilier : La statuaire en plâtre polychrome de style Saint Sulpice est relativement abondante. De part et d'autre de l'entrée du chœur, on trouve l'autel du Sacré-Cœur à gauche, et l'autel de la Vierge à droite. Les manteaux de ces statues sont ornés de pierreries. Trois tableaux qui ont été donnés par la famille Lorton représentent l'apparition du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie, celle de Notre-Dame-de-Lourdes à Bernadette, et celle de Notre-Dame de la Salette aux deux jeunes bergers. Dans le vitrail de la façade, on trouve la représentation de Saint Saturnin, patron de la paroisse.

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