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Monographie des communes du Brionnais

Jeune fille brionnaise

Source : Monographie des communes du Charollais et du Brionnais, volume II,
par le Frère Maxime Dubois (1904) - Photos de l'ouvrage - Original sur BNF/Gallica
Autre monographie : Monographie des communes du Charolais

MARCIGNY Anzy-le-Duc Artaix Baugy
Bourg-le-Comte Céron Chambilly Chenay-le-Châtel
Melay-outre-Loire Montceau-l'Étoile St-Martin-du-Lac Vindecy
SEMUR-EN-BRIONNAIS Briant Fleury-la-Montagne Iguerande
Ligny-en-Brionnais Mailly Oyé Saint-Bonnet-de-Cray
St-Christophe-en-Brionnais St-Didier-en-Brionnais Ste-Foy St-Julien-de-Jonzy
Sarry Varenne-l'Arconce    


Avant-propos

Dans le précédent volume, il a été question, des communes se rattachant directement au Charollais. Dans celui-ci nous nous occuperons spécialement du territoire qu'on est convenu aujourd'hui d'appeler le Brionnais.

Autrefois, ce canton habité par les Brannovii, dont Briant et Briennon (Loire) paraissent avoir conservé le nom, était bien plus étendu qu'il ne l'est actuellement. Au moyen âge Charlieu en faisait partie, selon Papyre Masson. On voit des reprises de fief faites au baron de Semur par les seigneurs du Mont (St-Nizier-sous-Charlieu) et d'autres vassaux voisins. Un certain nombre de paroisses rattachées depuis au Mâconnais portent encore un nom d'origine brionnaise, telles que Saint-Laurent-en-Brionnais, Colombier-en-Brionnais, etc.

Selon Courtépée, le Brionnais s'étendait jadis sur les deux rives de la Loire depuis Briennon jusqu'à Digoin, en comprenant la vallée du Sornin et partie de celle de l'Arroux, de l'Arconce, de la Bourbince et de la Semence.

L'Assemblée constituante en forma les cantons de Marcigny et de Semur dont nous allons nous occuper.


Anzy-le-Duc

866 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 6 kilométres ; à 33 kilomètres de Charolles. Superficie : 2506 hectares, dont 1590 en prairies, 800 en céréales et cultures, 66 en bois et 50 en vignes. Riches prés d'embouche. Vin ordinaire. Commerce de bétail gras. Carrières de pierre, moulins, tissage de la soie. Étang du Lac, 1 hectare. Église romane du XI° siècle. Châteaux du Bourg (ancienne résidence du prieur), du Lac et de Précy.

Le surnom d'Anzy lui vint dès qu'il fut possédé par les ducs de Bourguignons de la première race. Letbalde et Aspasie, sa femme, seigneurs du lieu, fondèrent un prieuré en 880, sous la juridiction de l'abbaye de St-Martin-d'Autun. Hugon de Poitiers, 1er prieur y mourut en odeur de sainteté en 930. La translation de son corps se fit en 1001 et ses reliques furent portées par les religieux au concile d'Anse, en Lyonnais. Le prince protestant Casimir s'empara d'Anzy en 1576, brisa le tombeau et brûla les ossements de saint Hugon. Le 30 juillet, il y avait grand nombre de pèlerins pour vénérer les reliques des saints martys Abdon et Sennen que le prieur Henri de Castille avait fait venir de Rome en 1644. Le prieuré tombé en comntende tomba peu à près en décadence. Courtépée n'y trouva plus que deux religieux vers la fin du XVIII° siècle. Le cardinal Rolin se fit confier ce bénéfice en 1451 par l'abbé Petitjean. Antoine du Buisson, évêque de Bethléem était prieur en 1453. Louis du Lac renouvela le service en 1513. Puis vinrent les prieurs Prudence de Mypont en 1533, Charles Ailliboust qui devint abbé de Sept-Fonds en 1570 et ensuite évêque d'Autun. Philippe Bourbon de Chamilly, doyen de la Sainte-Chapelle, prieur commendataire en 1636, répara l'église et le clocher brûlé par la foudre en 1644. Les autres prieurs furent Henri Jannin de Castille, Jacques Le Gendre, Gilbert de La Souche, Philibert Carpentier de Crécy, François de Chalon d'Andreville. Le prieur était patron de huit cures. Le bourg appartint d'abord aux rois de France, puis vint aux ducs de Bourgogne. Le roi Louis IV nomme Anzy dans une charte de 944, « Cellula que votatur Enziacus » et le donna à l'abbé de St-Martin. Le duc Robert en cédant le Charollais en 1279 se réserva Anzy et Montcenis, car la châtellenie d'Anzy relevait en fief de Semur qui faisait partie de la Bourgogne. Anzy souffrit beaucoup de l'invasion des Reîtres en 1576. Le prieuré fut pris et pillé par le royaliste d'Amanzé, le 18 juin 1594. De nouveau, ce couvent fut ruiné avec le château par Desprès, ligueur, capitaine d'Arcy, le 5 août 1594. Anzy était la deuxième baronnie du Brionnais. Trois fiefs relevaient du prieuré, savoir : 1° Chevigny avec Castel, qui en 1630 appartenait à Jos de St-Rigaud, seigneur de Maupas ; il vint ensuite aux Grégaine. 2° Tours, jadis aux Bénédictines de Paray qui l'inféodèrent à prix d'argent employé à réparer leur maison ; 3° Le Lac d'Anzy. Sormain était jadis un petit village dont on voit un seigneur Hugues de Sormain, en 1108. Aux Augères, on trouve des traces d'une voie gallo-romaine.

Église et prieuré d'Anzy-le-Duc : L'emplacemement de l'église prieurale, aujourd'hui paroissiale d'Anzy était, à la fin du XI° siècle occupé par la riche villa d'un leude du comte d'Autun, Heccard, ou chevalier Lethbald, viguier (vicarius) de Semur en-Brionnais. (Pérard, cartulaire de Verrecy). À cette époque, l'abbaye de Saint-Martin-d'Autun venait, grâce aux bienfaits de Charlesle Chauve, d'être rendue à sa primitive splendeur du VI° siècle du temps de la reine Brunehilde, sa fondatrice ; et son illustration lui valait entre autres donations, celle de cette villa d'Anzy que Lethbald et son épouse Aspasie lui offraient en 876 pour y fonder une colonie bénédictine. Bien que rendu célèbre par la réputation et les miracles de son premier prieur saint Hugon de Poitiers qui, d'abord oblat de Saint Savin, était devenu maître des novices à Saint-Martin-d'Autun, le nouvel établissement n'apparaît durant tout le X° siècle que comme un lieu de pèlerinage, comme une petite celle de pièces contigüe à la modeste cellule où saint Hugon avait vécu et où il avait été enseveli. On sait que cet ermite s'enferma durant les trois dernières années de sa vie dans une cellule comme dans une prison volontaire. Aussi bien nos moines d'Anzy partageant l'effroyable attente de la dissolution générale prédite pour l'an mil, ne pouvaient songer alors à compléter la transformation monumentale de la résidence de Lethbald, mais au lendemain de la date fatale, lorsque suivant les expressions de Raoul Glaber [R. Glaber, Du renouvellement des églises dans le monde entier, livre 11.] « l'humanité surprise, secouant ses anciens vêtements, se prit à revêtir la blanche robe de la jeunesse », on vit notre petit monastère s'empresser de prendre part à l'élan de reconstruction universelle. La translation en 1001, au concile d'Anse, des ossement de saint Hugon, mort en 930, vint à propos favoriser ces résolutions. À cette occasion l'enthousiasme populaire fut immense, comme en témoigne le récit détaillé du moine du XI° siècle, biographe de saint Hugon, et l'affluence croissante des pèlerins rendit nécessaire l'édification d un temple digne d'abriter le tombeau du saint Bénédictin. Ce temple est toujours debout après neuf siècles d'existence. Il a été dévasté en 1368 par les Anglais du Prince Noir, en 1576 par les Huguenots, en 1594 par les Ligueurs, au XVII° siècle par la foudre et l'incendie. Il a été classé en 1852 sur les instances de H. de Montalembert, au nombre des monuments historiques de France. L'église d'Anzy, orientée, est dédiée à la Trinité indivisible, à la sainte Croix et à la vierge Marie, comme le montre une inscription trouvée sous les marches du sanctuaire et remontant au XII° siècle sinon à la fin du XI° siècle. Le plan est en forme de croix latine terminée par une abside et quatre absidioles. L'abside en hémicycle offre un prolongement formant une cinquième absidiole, disposition rare et curieuse. L'église est à trois nefs divisées en cinq travées. Longueur totale de 40 mètres 35, largeur 14 mètres 26, hauteur sous doubleaux 11 mètres 40. La nef, fait rare en Brionnais, est voûtée d'arêtes sur doubleaux en plein cintre et redoublé ; les doubleaux sont simples dans les bas-côtés. Toute l'ossature du monument est portée par des piliers cantonnés sur trois faces, de deux dosserets superposés, ceux de dessus étant en forme de colonne engagée et sur la face des bas-côtés, d'un, dosseret simple continuant le doubleau du voutage. Le carré du transept présente, portée sur quatre forts doubleaux et quatre trompes coniques, une coupole à huit pans qui devient sphérique dans sa montée et que surmonté la haute tour du clocher. Les absidioles sont voûtées en cul de four sphérique. La façade du monument n'est qu'un mur de pignon en grand appareil, garni de quatre contreforts carrés. Le portail est à trois voussures cintrées et deux colonnes d'angle. Sur son linteau sont figurés les douze apôtres. Sur le tympan, le christ un livre à la main est assis dans une amande mystique supportée par deux anges debout. Sur le bandeau de la première archivolte sont sculptés les vingt quatre vieillards de la vision de saint Jean. Chacun d'eux porte la coupe d'or pleine de parfums et la cithare figurée ici par la citole en usage au XII° siècle. La plupart de ces figures sont malheureusement brisées. Les flancs de l'église présentent un aspect simple et robuste. Les tablettes des corniches sont portées par des modillons qui sont historiés de têtes plates ou d'animaux, fait rare en Brioimais. L'un d'eux représente un guerrier revêtu de la broigne et coiffé du casque conique à nasal qui se montre dans le costume militaire vers la fin du XI° siècle et disparait sous Philippe Auguste. Le chevet est au point de vue monumental, la partie intéressante de l'église. D'une belle ordonnance, il est entièrement construit en maçonnerie ordinaire ; il contraste absolument avec les nefs, avec l'absence de pierres taillées pour le percement et l'absence des contreforts aux absides. Par une fantaisie des plus rares, le dessous des tablettes de corniche de l'abside majeure est décoré de sculptures représentant les signes du zodiaque, une des allégories du temps. La crypte sert de cave ; elle communiquait avec l'intérieur de l'église au moyen de deux escaliers. Le clocher d'Anzy est célèbre en Brionnais. De forme octogonale et à faces inégales, il est couronné à 26 mètres 77 au dessus du sol par une toiture très obtuse en pavillon à huit pans. Il se divise en trois étages séparés par des cordons de pierre. Chacun des compartiments est rempli par une archivolte en plein cintre sous laquelle sont percées deux baies jumelles séparées par deux colonnettes. C'est à l'ensemble de ces 24 baies ainsi distribuées que la tour doit son élégance malgré sa masse considérable, car elle mesure six mètres de diamètre. Suivant l'usage roman, on monte à la tour par une échelle mobile placée à l'extérieur. Belle cloche de 1513 aux armes du prieur Louis du Lac qui avait succédé à Ant. du Buisson, évêque de Bethléem ; il eut pour successeur Prudence de Mypont en 1533. L'œuvre iconographique sculptée de l'église d'Anzy a une grande valeure archéologique. Les vingt-huit chapiteaux disséminés dans la nef, le carré et le cœur accusent l'école clunisienne du XII° siècle. La plupart sont historiés soit d'animaux monstrueux, soit d'oiseaux ou de lions affrontés, soit d'allégories et de scènes symboliques ou grotesques. Ici deux enfants nus se bouchent les oreilles, pour ne pas écouter les conseils pervers donnés par deux bêtes immondes : c'est la tentation. Plus loin un homme nu renversé est mordu par deux dragons aux queues dressées en spirale c'est la chute ou le péché. Dans la deuxième travée se trouve une scène curieuse. La face principale de la corbeille est occupée par un personnage à deux bustes réunis sur un seul corps, par le bas. Un joueur de flûte les précède. À gauche un animal diabolique à crinière s'efforce d'entrainer un jeune homme assis qu'il tire par les mains. À droite un homme nu est renversé. On a voulu voir l'image de l'impureté dans cette représentation. Sur un chapiteau de la dernière travée, deux hommes sont aux prises s'arrachant la barbe, deux autres s'embrassent. Tout à côté le démon est terrassé par saint Michel armé du long et étroit bouclier rond en haut et pointu par le bas ; il apparaît dans la fin du XI° siècle pour remplacer la rondache carolingienne. D'anciennes peintures murales ont été découvertes vers 1850. Elles étaient recouvertes d'un badigeon. Après avoir avoir été mises au four, elles ont été restaurées par le peintre forézien M. J.-F. Maurice. Ces peintures, dont le principal sujet représente l'Ascension et où figurent les quatre évangélistes ainsi que les patrons des donateurs, paraissent dater, d'après les costumes, du milieu du XIII° siècle, tandis que les détails architectoniques et décoratifs de l'église la font remonter aux dernières années du XI° siècle ou même aux premières années du XII° siècle. De tous les bâtiments du prieuré de l'époque romane, il ne reste qu'un fragment de la haute et épaisse muraille d'enceinte et les deux portails d'entrée dont la valeur artistique témoigne de la richesse monumentale du prieuré au XII° siècle. La première place dans l'ordre chronologique revient à la curieuse porte encore en place sur le même côté sud du prieuré. Cette construction est du même âge que l'église. Malheureusement l'incendie en rend l'intelligence peu facile. Sur le tympan sont représentés la chute originelle et la Rédemption, par la désobéissance d'Adam et l'Adoration des Mages. Le linteau porte sur sa frise la scène du Jugement. D'un côté les justes se dirigent vers la Jérusalem céleste, de l'autre un serpent monstrueux cache en partie quatre personnages enchaînés par le cou. L'entrée principale du prieuré était située au couchant, près de l'église. Cette partie démolie en 1791 a été remise en place à l'une des extrémités près du parc d'Arcy, commune de Vindecy. Elle est actuellement au Hiéron de Paray. L'archivolte décoré sur l'angle d'un tore feuillu repose sur deux colonnes dont les chapiteaux sont surmontés de tailloirs rectilignes ; sur le tympan le Christ enseignant est soutenu par deux anges. Une vierge mère assise occupe le milieu du linteau. À sa droite sont les quatre évangélistes, à sa gauche quatre saintes femmes. Les deux anges traités presque en ronde bosse témoignent par la hardiesse de pose, de la science du moine statuaire. Le jet des ailes est superbe et rappelle les anges du tympan de Charlieu. C'est l'œuvre probable du même artiste dans le second quart du XII° siècle. [L'Art roman en Brionnais.]

Le B. Hugues de Poitiers : Son père, illustre par sa naissance, ses richesses, et sa mère, remarquable par ses belles qualités habitaient Poitiers lieu de leur commune origine. Ses parents voyant les heureuses dispositions de leur fils Hugues le placèrent dès l'âge de 7 ans au monastère de Saint-Savin, en Poitou. Ses mérites éminents engagèrent le supérieur du couvent à le faire élever au ministère des Saints Ordres. Le royaume de France était alors gouverné par le roi Charles le Chauve et par la reine Richilde, son épouse. À la cour vivait un seigneur nommé Badillon, originaire d'Aquitaine. Riche et pieux, il consacrait sa fortune en bonnes œuvres. Il entreprit de relever de ses ruines le monastère de Saint-Martin près d'Autun, jadis édifié avec gloire et magnificence par la reine Brunehaut. Après l'avoir rebâti et achevé l'église, il voulut le peupler de vrais serviteurs de Dieu. Le souvenir du couvent de St-Savin lui vint en pensée. Il y court et en ramène dix-huit moines, ayant à leur tête notre vénérable Hugues. Leur premier soin fut de se choisir un père. Dom Arnulphe fut élu abbé et Hugues fut choisi comme coadjuteur avec la charge de maître des novices. Par les conseils de Hugues, Badillon et son neveu, du même nom, embrassèrent la vie monastique dans ce couvent. De toutes parts les monastères envoyaient supplier humblement qu'on voulût bien leur accorder pour les gouverner et les réformer quelques moines du monastère d'Autun. Odon, un des compagnons de Hugues avait été vu par ses frères élevé de trois coudées au dessus du sol, ravi, en extase. Pendant une heure l'image de J. C. attaché a la croix, avait paru s'incliner vers l'homme de Dieu. Tous ces prodiges augmentaient la réputation de sainteté du monastère de Saint-Martin. Le monastère de Beaume demanda à être réformé. Bernon fut choisi avec notre B. Hugues pour faire, refleurir dans ce couvent les vertus monastiques. En ce temps vivait Guillaume duc d'Auvergne et d'Aquitaine. Les chevaliers de sa maison poussaient souvent des excursions jusqu'au monastère de Beaume. De retour auprès de leur prince, ils aimaient à lui raconter tout ce qu'ils avaient remarqué de vertus, et de sainteté. Guillaume touché de la grâce de Dieu voulut voir Bernon. Celui-ci accompagné de Hugues se mit en marche pour aller au devant de lui. La rencontre eut lieu dans un endroit appelé Cluny. Apres les premiers saluts, Guillaume s'ouvrit à nos deux personnages sur le dessein où il était de fonder un monastère, si telle était la volonté de Dieu. On convint de part et d'autre que le lieu où ils étaient serait affecté à un monastère. Bientôt après, en effet, Cluny était fondé et devenait la plus célèbre abbaye de l'Église. Peu de temps après ces événements et du vivant encore d'Arnulf, il y avait au diocèse d'Autun un personnage illustre du nom de Théobald ou Letbald dont l'épouse s'appelait Altasie ou Aspasie. Tous deux craignaient Dieu. Touchés de l'amour divin ils vinrent au monastère de St-Martin-d'Autun et lui donnèrent tout ce qu'ils possédaient au lieu nommé Anzy. On choisit dom Hugues pour aller établir ce nouveau monastère. Or celui-ci est situé à deux milles de la Loire et à quarante milles d'Autun. Bientôt une grande multitude de peuple accourut en foule à Anzy demander au saint religieux quelques paroles de consolation, implorant le secours de ses prières. Ses conseils étaient regardés comme des oracles. Il dissipait les orages avec le signe de la croix, un peu d'eau bénite suffisait au Bienheureux pour faire cesser toute douleur ou faire disparaître les infirmités de ceux qui venaient le consulter, Malgré son grand âge, il redoublait ses austérités sentant sa fin prochaine. Trois ans avant sa mort, il garda une rigoureuse clôture, partageant son temps entre les larmes et la prière. Il mourut entouré de l'admiration universelle le 18 avril, environ l'an 930. Voilà en résumé ce que les Bollandistes nous apprennent de la vie du B. Hugues de Poitiers. Après la mort du bienheureux Hugues, il se produisit plusieurs miracles à son tombeau. Un homme agité de mouvements convulsifs se rendit à Anzy traîné sur un char à bœufs, mais l'Arconce ayant débordé il envoya un des siens porter au tombeau un cierge de la hauteur de son corps. Il fut guéri aussitôt que le serviteur eut rempli son message. Vers le même temps un nommé Théobert, habitant d'Anzy ayant une doloire à la main coupait du bois en tenant le pied posé sur le tombeau du saint. Invité à changer de place par respect pour le saint, il répondit en blasphémant contre le pouvoir du saint. En même temps, il abattait sa doloire sur la main gauche ; il se blessa cruellement. Cet homme ne guérit que par l'intercession du saint. Le sacristain de l'église, Adhémar, moine d'Anzy chargé du luminaire éteignait par avarice les cierges offerts au saint. II fut frappé de cécité pendant un an ; il ne recouvra la vue que par le pouvoir de saint Hugues. Une femme de Bassège, possédée du démon, éprouva aussi la douce influence du Bienheureux, Cette femme ne fut pas plutôt arrivée à son tombeau que le démon la quitta sur le champ. Translation du corps du Bienheureux Hugues. Vers l'an 1000, sous l'abbé Hildegrin, vivait au monastère d'Anzy un moine nommé Evrard. Il avait fait le pélerinage de Jérusalem. Il était souvent honoré de la visite de saint Hugues. Une année après l'office divin de Noël, les moines allèrent prendre leur repas. Quelle ne fut pas leur surprise de voir l'église illuminée, les portes fermées à clef. Peu après Evrard venant au tombeau de son saint ami vit, ainsi que tous ses frères, la pierre tombale suspendue à un pied et demi au-dessus du tombeau. Le bruit s'en répandit partout dans la province. À cette nouvelle Gauthier ou Valtère, évêque d'Autun, assisté d'Hildegrin, abbé de Saint-Martin d'Autun, résolurent de faire la levée des ossements du saint et de les déposer dans un tombeau plus digne pour les recevoir. À Anse, près de Villefranche, dans le diocèse de Lyon devait se tenir un concile. Comme c'était l'habitude, on y apporta de nombreuses reliques afin que le peuple pût participer au fruit des mérites et des prières des saints. Le corps de saint Hugues s'y trouva. De nombreuses guérisons eurent lieu devant ses reliques, on rapporte même qu'un homme prosterné, devant saint Hugues lui demanda la grâce de mourir en présence de son corps ce qui lui fut accordé. Après la conclusion du concile, on rapporta à Anzy les ossements de saint Hugues où il continua à faire de nombreux miracles.

Le prieuré : Letbald, le bienfaiteur et fondateur du prieuré, appartenait à l'illustre maison de Semur-en-Brionnais. Il construisit le château d'Anzy, mais privé d'héritiers naturels et de concert avec son épouse, il le donna à l'église. Letbald parait être le jeune frère de Frioland de Chambilly, chef d'une ancienne branche de Semur. Cluny avait été fondé le 11 septembre 908 ; le prieuré d'Anzy lui est postérieur de cinq ans, il fut fondé vers l'an 913. Les premières années du monastère sont ensevelies dans l'humilité et la retraite de ceux qui l'habitent. Le prieuré d'Anzy a partagé les destinées de l'illustre abbaye de Saint Martin d'Autun, à laquelle il payait chaque année une redevance de 40 écus de patronage [Courtépée, Description du Duché de Bourgogne, t IV, p. 195, 1ère édition]. Le prieur d'Anzy avait un droit de patronage sur les églises de Sainte-Marie d'Anzy, d'Avrilly, du Bouchot ou Busseul de Durbize, de Chenay, de Saint-Martin-du-Lac, de Saint-Martin-la-Vallée, de Vindecy, de Montceau, de Bragny, de Clessy, de Chassy et de Uzellis. En 1223, Eudes de Sully, chanoine d'Autun, partant avec les croisés de Philippe Auguste, donna au prieuré d'Anzy, pour son anniversaire, le quart de ses vignes de Chaumoys et d'un meix appelé d'Aragne [Essais historiques, t. II, p. 64.]. Parmi les prieurs d'Anzy, il faut mentionner : 1° Humbert qui était en même temps abbé de St-Martin, en 949 [Essais Historiques, t. II, p. 28.] ; 2° Guy qui fut des quatre commissaires nommés pour le règlement des dettes de l'abbaye de Saint-Martin-d'Autun en 1336 ; 3° Guillaume Poteret en 1437 ; 4° Le cardinal Rollin, en sa qualité d'abbé commendataire de Saint-Martin en 1451 ; 5° Antoine du Buisson, évêque de Bethléem. Cet évêché n'était qu'un hôpital fondé en 1147 par Guillaume III, comte de Nevers et donné par Guillaume IV, à l'évêque titulaire et effectif de Bethléem en Palestine pour lui servir de retraite au cas qu'il fût chassé de son siège par les Musulmans, ce qui arriva en 1188 ; 6° Louis du Lac, en 1513 ; 7° Prudence de Mypont, en 1533 ; 8° Charles Ailliboust, qui fut abbé de Septfond en 1570, puis évêque d'Autun en 1572. Son père était médecin du roi François Ier ; 9° Claude Ailliboust neveu du précédent ; 10° Philippe Bouton, des comtes de Chamilly, doyen de la sainte Chapelle de Dijon en 1636. Il répara l'église et le clocher d'Anzy après l'incendie de la flèche par le feu du ciel en 1652. Il laissa par testament « 300 livres pour achever le chœur de l'église de son prieuré ». Comme ses prédécesseurs et comme ceux qui l'ont suivi, Philippe Bouton prenait le titre de prieur et baron d'Anzy ; 11° Henri Jeannin de Castille ; 12° François Legendre, conseiller du roi, docteur de Sorbonne et chanoine de l'église de Paris, seigneur prieur et baron d'Anzy-le-Duc, reçoit le 7 juillet 1673, de Marc de Saint-Georges, le dénombrement de la seigneurie du Lac-les-Anzy ; 13° Gilbert de la Souche en 1724 ; 14° Philibert Carpentier de Crécy ; 15° François de Chalon d'Andreville en 1744, on le trouve encore en 1778 ; 16° Roch Étienne de Vichy, depuis aumônier de Madame la Dauphine, évêque d'Autun, pair de France et conseiller d'État, mort le 3 avril 1829. Ce prélat, pour rappeler le souvenir du prieuré d'Anzy dont il a été le dernier titulaire, a fondé, par, acte du 28 septembre 1824, autorisé par ordonnance royale du 15 décembre 1824, en faveur des desservants successifs d'Anzy une rente de 200 fr. sur l'État à la charge de célébrer chaque annnée dans leur église cinquante deux messes aux intentions du fondateur. Le prieuré d'Anzy, pendant les 900 ans de son existence, a eu à subir bien des épreuves. En 1368, les bandes anglaises, sous la conduite du prince de Galle, dit le Prince Noir, l'avaient dévasté [Ragut, Statistique, t. II, p. 14 ]. En 1576, les reîtres, commandés par le prince Casimir s'étaient livrés à Anzy à toutes les fureurs du protestantisme. Le tombeau de saint Hugues fut violé et ses ossements livrés aux flammes. Le 14 juin 1594, le capitaine royaliste d'Amanzé entrait au prieuré en vainqueur et le rançonnait rudement. Le 3 août suivant, le Ligueur Després, gouverneur d'Arcy, le reprenait aux royalistes. Il « abattit les portes du prieuré d'Anzy et fit brèche aux murailles, de crainte que quelqu'un du parti contraire ne s'en emparât pour faire la guerre ». Cette brèche n'a plus été réparée depuis. Plus tard on y éleva un simple mur de clôture. L'année 1791 fit plus. Les religieux furent expulsés et leurs biens confisqués et vendus au profit de la nation. Le 11 avril 1791, M. de Champagny qui fut depuis duc de Cadore, acheta le prieuré et ses dépendances. Par acte du 20 janvier 1835, cette belle propriété passait à Mr Thomas, d'Anzy. Quand les biens du prieuré d'Anzy et le prieuré lui-même furent vendus, l'église ne fut point comprise dans la vente et resta dans la catégorie des biens dits nationaux. À l'époque du concordat, personne n'eut l'idée de transférer l'exercice du culte de l'église paroissiale à l'église prieurale. Celle-ci demeura abandonnée ; On y jouait, on y faisait le négoce ; dans plusieurs endroits on avait établit des alambics pour la distillation du vin. Pour sauver l'édifice de sa ruine, MM. Georges Marie Grizard, Laurent Thomas, Antoine Bachelet, Emery Saulnier l'acquirent au prix de 2800 francs, le 3 mars 1808. Le 27 septembre 1818, la commune devint propriétaire de l'église prieurale en donnant aux quatre sociétaires pour indemnité les matériaux de l'ancienne église et du vieux presbytère. Les peintures de l'église d'Anzy reproduisent, en huit scènes superposées deux à deux et formant ensemble deux grands tableaux séparés par la fenêtre, l'histoire du martyre de saint Jean-Baptiste. Celles du sanctuaire nous retracent des sujets tirés de la vie de saint Benoit et de saint Maur, et celles de la chapelle nord paraissent s'appliquer à l'apôtre saint Jacques le Majeur. L'autel est consacré aux saints martyrs persans Abdon et Sennen. Anzy a vu naître Louis-François Perrin de Précy, le fidèle défenseur de la famille royale dans la sanglante journée du 10 août 1791. Échappé comme par miracle à cet affreux massacre, Perrin de Précy affronta une seconde fois la mort, en acceptant de diriger la lutte contre la démagogie qui voulait perpétuer à Lyon les horreurs et les crimes de l'infâme Chalier. Avec six mille combattants improvisés, le brave et intrépide commandant lutta 63 jours contre une armée de 60.000 hommes envoyée par la Convention. En 1812, le général Précy vint se fixer à Marcigny et mourut en cette ville le 25 août 1820. Le corps du vaillant et fidèle Précy fut transporté à Lyon en 1821 et inhumé dans le monument élevé en l'honneur des victimes du siège, sur le terrain même où le plus grand nombre avaient été fusillés. (Voir Feller). Un neveu du général Précy, Gilbert-Claude Montcolon, né à Marcigny le 13 juillet 1769, aide de camp de son oncle, fut fait prisonnier par les troupes conventionnelles durant les derniers combats. Le jeune homme fut condamné à mort le 12 brumaire an II (2 novembre 1793). Un autre neveu du même général, Jean Loreton du Montat, né à Versailles, passa aussi en jugement et fut acquitté le 30 pluviôse, an II (18 février 1794). [F. Cucherat]


Artaix

754 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 4 kilomètres, à 33 kilomètres de Charolles. Superficie : 2.177 hectares, dont 930 en prairies, 736 en céréales et cultures, 429 en bois et 82 en vignes. Vins assez bons, soutout ceux de Michoyers et des Pérates. Commerce de bétail gras et de grains. Tissage de la soie. Village situé sur une petite éminence près de la rive gauche de la Loire. Territoire traversé par le canal de Roanne à Digoin. Château moderne des Sagets. Église nouvelle.

La « ville » d'Artaix et la terre de Chenay étaient situées sur les confins du Forez et de la vicomté du Mâconnais. Cette situation fit leur malheur, parce, que non seulement leurs seigneurs les accablèrent d'impôts sous prétexte de construction et d'entretien des fortifications, mais encore parce que suivant la fortune des armes, ou la fantaisie de leurs seigneurs, ceux-ci durent prêter hommage tantôt au comte de Forez, tantôt au duc de Bourbon ou de Bourgogne et payer beaux deniers à ses suzerains sans préjudice du simple hommage dû au seigneur de Luzy. Les titres du XIII° siècle, époque des petites guerres féodales, fournissent trop souvent des échos de ces difficultés ainsi que des plaintes et de la misère des habitants. Artaix possédait un port sur la Loire. Les crues du fleuve l'ont fait disparaître depuis longtemps. Le port a été remplacé par un bac aujourd'hui très fréquenté. Artaix en Duché était du bailliage de Semur et de la justice de Maulevrier et formait les trois quarts de la paroisse. Artaix en Royauté dépendait du bailliage de Mâcon, et de la justice de Marcigny. Le prieur de Marcigny nommait à la cure. La prévoté de Marbau fut donnée au XII° siècle par Béatrix de Marbau au prieur de Marcigny ; elle comprenait : 1 Foretille, les Ramiers, le Port, les Brénons, les Bois. Par arrêt du Grand Conseil, en 1577, pour finir les contestations entre les seigneurs d'Artaix et la prieure de Marcigny, Henri Groslat, conseiller commissaire, envoyé sur les lieux, fit planter des bornes aux armes des deux seigneurs. Celui d'Artaix et de Maulevrier était, en 1500, Philibert de l'Espinasse. Odette Belle, sa veuve, se pourvut en 1506, pour la reprise de ses droits, contre Anne de Pressen duchesse d'Etampes, donataire d'Aymard de l'Espinasse, héritier de ces terres. Le port d'Artaix était un péage très onéreux. Le Roi, par un arrêt de son conseil du 28 février 1730, maintint son droit de bac et de péage et de deux sous six deniers sur chaque bateau montant ou descendant la Loire et supprima tous les droits de péage. J. de Châteauvilain, fils du fondateur du chapitre de Semur, affecta la rente de 20 livres donnée aux chanoines, sur le port d'Artaix, dépendant de la baronnie. Ils en jouirent jusqu'à leur suppression en 1776.


Baugy

402 habitans. Poste et gare de Marcigny, à 3 kilomètres, à 27 kilomètres de Charolles. Superficie : 1.242 hectares, tant 649 en pairies, 569 en céréales et cultures et 24 en vignes. Vins de peu de durée. Commerce de bétail et de céréales. Village sur le bord de la Loire.

À Baugy affleure le terrain jurassique riche en fossiles et en minéraux. Le coteau de Chenoux, formé de marnes argileuses et de bancs de calcaire entroque, contient des ammonites et des pectens . On y a même trouvé d'énormes vertèbres de gigantesques sauriens du terrain secondaire. Église du XI° siècle. Bac sur la Loire. Un chemin ferré ou voie romaine traverse le territoire de l'est à l'ouest, partant du hameau de la Touche et aboutissant à celui de la Roche, en passant, vis à vis le hameau de Bessuye et du bois Chaussin. La cure était à la nomination de la prieure de Marcigny. Les hameaux des Tuileries, Chailloux, Reffie, Bessuye, Arques et La Roche étaient réglés par le droit écrit. Baugy fut donné au prieuré de Marcigny en 1088, par Geoffroy de Semur. L'ancien manoir de Châteauvert, sur le penchant de la colline qui descend à la Loire, a disparu depuis longtemps. À l'est de la route de Marcigny à Digoin était le Bois Dieu ancienne forêt d'Arcy.


Bourg-le-Comte

467 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 6 kilomètres, et à 34 kilomètres de Charolles. Superficie : 1.159 hectares dont 8é7 en céréales et cultures, 301 en prairies, 28 en vignes, 3 en bois. Petit vin ordinaire. Commerce de céréales, de bétail. Tuilerie. Foires très importantes. Territoire traversé par le canal de Roanne à Digoin. Village sur un coteau, rive gauche de la Loire. Châteaux modernes du Bas-Bonis et des Belins.

Sur la limite de Bourg-le-Comte et de Chambilly on a trouvé plusieurs haches de pierre. On a reconnu une voie romaine qui tendait de Mâcon à Montaiguet. Elle passait à Suin et à Semur, traversait la Loire passait au Bas du Ris, suivait la colline en se dirigeant sur le Bouchaud et Montaiguet pour aller rejoindre la grande voie de Roanne à Varenne-sur-Allier. Le territoire traversé par cette route a rendu des tuiles à rebords, des fragments de poteries et de nombreuses monnaies romaines. Près de cette voie antique, au-dessus de Bourg-le-Comte, on voit encore une Motte portant le nom « du Château ». M. Bulliot qui a visité cette Motte alors, qu'elle était encore entourée de fossés en eau avec vestiges de pont-levis croit que ce n'était qu'un refuge de nuit. Il est fait mention de Bourg-le-Comte dans un acte du XIII° siècle. En 1232, le lendemain de Pâques (12 avril) « apud Montemoissium » (Montenoison) Guigue, comte de Nivernais et de Forez et Mathilde, sa femme, assignent à leur amé et féal chambellan, Foulcher Guerry, et à ses hoirs en foi et hommage, douze livrés de terre sur leurs tâches (taschas) de Bourg (Bor) et sur leurs prés sis au même lieu. (Bibl. nat., n° 154. Fond Huilhard-Bréholles). En 1366, Isabeau de Valois, duchesse douairière du Bourbonnais, cède au duc Louis, son fils, la ville et châtellenie de Souvigny, le château et la ville de Neuville-en-Hez, etc., en échange à titre viager, les titres et prévôté de Malicorne et la châtellenie de Chaveroche, à la réserve des prévôtés de Bourg-le-Comte et de Céron. Sur la fin du XIV° sièele, on voit Jean de la Garde, damoiseau, paroissien de Saint Martin-du-Lac qui vend à Louis, duc de Bourbonnais, pour le prix de 200 francs d'or le quart de la justice, terre et seigneurie qu'il avait acquis d'un nommé Chaureçon dans la paroisse et prévôté de Bourg-le-Comte. Le 12 mai 1452 Jean Gontier, receveur de BorleConte et Céron, notifie aux gens des comptes du duc de Bourbonnais, les voyages et démarches faits par Jean Ménier, sergent du roi à Bourg-le-Comte, pour constater les entreprises tentées par les officiers du duc de Bourgogne à Mâcon, contre les droits du duc de Bourbonnais. Sur la fin du XV° siècle, la châtellenie de Bourg-le-Comte est érigée en baronnie, ainsi qu'on peut le voir dans un titre de la Bibliothèque nationale, n° 7.094 [Notes de M. Château]


Céron

902 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 9 kilomètres et à 37 kilomètres de Charolles. Superficie : 2.325 hectares dont 1.234 en céréales et cultures, 700 en prairies, 325 en bois et 66 en vignes. Vins ordinaires. Commerce de bétail, de céréales et de fourrages.

Le territoire de cette commune est formé de coteaux peu élevés couverts de fertiles terres à culture, de riches vignobles et d'excellentes prairies. L'embouche est la principale richesse du pays. En 1301, Antoine de Marcilly, damoiseau, vendit à Girard de Paray (de Paredo), chevalier, pour le prix de 275 livres tournois petits, la moitié par indivis de toutes les tâches qu'il avait dans les paroisses de Bourg-le-Comte, de Chambilly de Céron (Saron) et quelques autres cens et rentes sis dans les mêmes lieux. (Fonds Huilard Bréholles. Bibl. Nat., n° l.066.)


Chambilly

830 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 2 kilomètres, et à 31 kilomètres de Charolles. Superficie : 1.397 hectares, dont 846 en céréales et cultures, 386 en prairies, 113 en bois et 52 en vignes. Petit vin rouge. On cite les crus des Blanchardières et de Montgrailloux. Tissage de la soie. Fours à chaux, tuileries. Village situé entre la Loire, rive gauche, et le canal de Roanne à Digoin. Châteaux des Coteaux, de Champvigny.

Cette paroisse était régie par le droit écrit. La prieure de Marcigny nommait à la cure depuis 1090. Diocèse d'Autun. La châtellenie était sous la juridiction du bailli de Marcigny qui tous les ans allait tenir ses assises, le 12 août, sur le port de la Loire. Chambilly était jadis un apanage des puînés de la maison de Semur. Friolan en était seigneur vers 1030. Cette terre, fut donnée, en 1090, au prieuré, de Marcigny. Le fief de Montcollon dont le terrier fut renouvelé en 1538 par Didier, bailli de la Charmaye ; en 1543, par Humbert de la Rozière ; en 1598 par Jacqueline de Chaugy, passa aux Saligny. Apporté en dot par Françoise de la Guiche à Philibert Dupuy de Falcons, il vint à Fr. Cudel, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Penthièvre. La Révolution abolit tous les fiefs. Les protestants y établirent un prêche peu de temps après l'introduction de la Réforme en France. Le pont suspendu sur la Loire a été livré à la circulation le 17 septembre 1838. Courtépée avait remarqué la belle situation du château de Champvigny ainsi que celle des Coteaux. Chambilly et les paroisses voisines furent souvent mises à contribution pour payer les frais des innombrables procès de pêche qui s'élevèrent entre les gens du duc de Bourgogne et ceux du duc de Bourbon. C'est ainsi que vers l'an 1450, Jean Gontier, receveur des deniers du duc de Bourbon, vient déclarer aux gens de Chambilly et paroisses voisines qu'ils doivent un arriéré en raison de la dette contractée pour payer le voyage et les démarches de Jean Ménier, sergent d'armes du roi, qui a dû se transporter à Mâcon pour constater les entreprises des officiers du duc de Bourgogne et défendre les intérêts desdits habitants. Au fond cette querelle intéressait peu les habitants de Chambilly et lieux voisins, puisque le droit de pêche était réservé au seigneur qui l'affermait contre argent comptant et levait de plus une redevance assez forte sur le produit de la pêche. Mais autrefois, comme aujourd'hui, les gros bonnets jouissaient des avantages que les petits payaient, comme l'indique le vieux proverbe toujours vrai : « Aux gueux la besace ».


Chenay-le-Châtel

1.171 habitants. Poste de Marcigny à 13 kilomètres ; gare de Lapacaudière à 10 kilomètres, à 40 kilomètres de Charolles. Superficie : 3.217 hectares, dont 1.924 en céréales et cultures, 704 en prairies, 450 en bois et 139 en vignes. Vins tendres de bonne couleur. Les meilleurs crûs sont ceux de Grattechèvre, des Coches et des Rouis. Commerce de céréales. Centre d'élevage de bestiaux. Territoire ondulé.

Situé, dans un vallon agréable, Chenay est arrosé, par l'Arcon qui descend des montagnes de St-Martin-d'Estreaux. Son sol argileux amendé par le chaulage produit un froment renommé. Le surnom de ce village lui vient d'un vieux château situé au nord de la commune. Il a complètement disparu [1]. Courtépée en vit encore une tour et des vestiges de fossés, Chenay s'est appelé durant le moyen âge, l'Hôpital-de-Chenay, car au hameau de l'Hôpital, il exista un établissement d'hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem uni à la commanderie de Beugnay. L'Hôpital était paroisse avant le Concordat. L'église de Chenay dépendait du prieuré d'Anzy. Sa construction date du XI° siècle. Le plein cintre domine dans toutes les arcatures. Les chapiteaux des colonnes sont ornés de feuilles d'acanthe et de fleurs appartenant à la flore locale. Quelques-unes représentent diverses scènes empruntées à l'Ancien et au Nouveau Testament. Cette église fut donnée à l'abbaye de Saint-Martin. Le pape Alexandre III confirma cette donation en 1164.

[1] La seigneurie de Chenay appartint à la famille des Chaugy, de Sail en Forez.


Melay-outre-Loire

1746 habitants. Poste de la localité, à 6 kilomètres de la gare d'Iguerande, à 10 kilomètres de Marcigny et à 38 kilomètres de Charolles. Courrier de Marcigny à Melay. Superficie 3542 h. dont 2266 en céréales et cultures, 663 en prairies. 425 en bois et 188 en vignes. Vin ordinaire, de bon goût. Commerce de céréales, de vins, de volailles. Tissage de la soie. Territoire accidenté traversé par le canal de Roanne à Digoin, rive gauche de la Loire. Clocher du XII° siècle.

Cette commune doit son surnom à sa position ; il sert en outre à la distinguer d'un autre Melay, situé dans la Marne. Le port des Galands a été détruit par les inondations de la Loire. Avant la Révolution française, Melay était du diocèse de Lyon et de l'archiprétré de Roanne. Melay faisait partie du bailliage de Semur et de la généralité de Dijon et de la province du Brionnais. La paroisse comptait 850 communiants (Courtépée). L'ancienne église qui avait pour patrons alternatifs l'abbé de Saint-Rigaud de Ligny et le prieur d'Anzy-le-Duc a dû être construite au XI° siècle. Une donation d'un meix fait à l'église par un nommé Étienne Dumoulin remonte en l'an 1000 (archives de Saint-Rigaud). L'église resta dans son état primitif jusqu'en 1691, époque où M. Gilbert Bailly, curé de Melay, fit terminer la chapelle de la Sainte Vierge, dédiée à Notre-Dame du scapulaire, ainsi qu'une grande sacristie, comme en font foi deux inscriptions lapidaires ; ce qui agrandissait l'église du côté nord de la longueur de l'édifice et de la largeur d'une petite nef. Plusieurs chapiteaux conservés de cette superbe construction prouvent que l'église était du style roman. On trouve dans les registres de la paroisse qui datent de 1605, la mention suivante : « En 1733 a été finie la réparation du clocher qui consistait à refaire les murs du côté de levant et le soir, les deux arc boutants du côté du midi, à refaire les voûtes du chœur et du clocher : le tout aux dépens de Mme l'Abesse de la Bénisson-Dieu et de Moy, curé Bardet ». L'abbesse était Marie de Thiard de Bragny. En 1856, l'église devenue insuffisante pour la population fut démolie, reconstruite et agrandie dans le cimetière, côté nord. Le clocher seul fut conservé. En 1877-78 elle fut encore agrandie de deux travées, la grande porte transportée d'occident en orient, ce qui a nécessité la construction du perron actuel, bâti en 1901 par les soins de M. l'abbé Gauthier.

Bagneaux. Le Château. Maulevrier : Le château de Bagneaux situé sur les rives de la Loire (qui aujourd'hui en est à un kilomètre) était un château fort très ancien : en 1441, le châtelain de Bagneaux correspondait ayee le roi Charles VII, au sujet des alluvions de la Loire. Démoli partiellement pendant les guerres de religion ; tombé de vétusté vers 1740 ; encore habité en 1715 ; acheté par Hector Andrault de Langeron en 1650. Aujourd'hui, ruines encore recommandables. Bagneaux est situé au matin. Le Château a donné son nom à un village, situé au midi. Rien de précis sur ce manoir ; on prétend que c'était un rendez-vous de chasse des seigneurs de Lespinasse. Probablement détruit pendant la guerre de cent ans. On reconnaît encore les fossés d'enceinte. Les armoiries des Lespinasse étaient fascé d'argent et de gueules. Quand on quitte le bourg de Melay et qu'on s'engage, en la remontant, dans la vallée de la petite rivière qui prend sa source dans les bois de Maulevrier, on se trouve, à la distance d'environ deux kilomètres, en présence d'une vieille résidence seigneuriale qui se signale de fort loin par le dôme de verdure que forment autour de lui de vieux marronniers séculaires et de grandes forêts de chênes. C'est le château de Maulevrier. Il se compose d'un corps central très peu allongé, percé de deux rangs de fenêtres à linteaux, légèrement cintrés, et accosté de deux pavillons rectangulaires assez développés, faisant retour à ses extrémités. Cependant malgré sa masse encore imposante, ses fossés et sa terrasse, Maulevrier ne fut jamais un château fort. Rien n'indique cette destination. Ses dimensions primitives restreintes, sa position dans un pays boisé, en face du site magnifique de la Loire, des coteaux vignobles du Brionnais, tout porte à croire que les seigneurs de Lespinasse le construisirent pour en faire un rendez-vous de chasse, Cette terre fut possédée au XI° siècle par l'abbaye de Saint-Rigaud et de Ligny ; au XII° par la famille des Lespinasse entre les mains de laquelle elle est restée jusqu'en 1502, époque où Étienne de Lespinasse, seigneur de Lespinasse, Changy et Maulevrier, maria sa fille Jeanne à Jean de Damas, seigneur de Brève (ou Brèves). C'est à cette époque très probablement que fut commencée l'aile droite du château actuel. Philippe de Damas, seigneur de Brève, fut assassiné dans le château au commencement des guerres de religion. II passa ensuite à Françoise de Damas (sœur du précédent), déjà mariée à Denys de Savary, deuxième fils d'Honoré de Savary. Ensuite à Marguerite de Savary, dame de Brève, Artaix et Maulevrier. Elle construisit l'aile gauche, comme l'atteste une plaque de marbre noir (encore existante) avec cette inscription : « En 1600, Marguerite Savary a fait faire ce logis ». Marguerite Savary laissa une mémoire respectée. Son neveu et héritier, François, mérite une mention à part. François de Savary, baron de Semur et d'Artaix, naquit à Maulevrier en 1560. Jeune encore, il suivit à Constantinople son oncle, Jacques de Savary-Lancosme, ambassadeur d'Henri III, et lui succéda dans ses fonctions de 1591 à 1606. Il sut posséder la confiance des sultans Amurath III, Mahomet III et Achmet Ier. Il obtint de ce dernier, pour Henri IV, le célèbre traité de 1604 qui assurait à la France de grands avantages. Plus tard, sur les instances de François de Savary, Henri IV s'adressa directement au Sultan de Constantinople et lui demanda la délivrance des chrétiens réduits en esclavage par les beys d'Alger et de Tunis. Le Sultan accéda à sa demande, mais lui laissa le soin de la faire valoir. Le seigneur de Brève fit alors au roi l'offre de se rendre lui-même, au péril de sa vie, sur les côtes d'Afrique, pour assurer l'exécution des ordres d'Achmet. Il parvint, malgré les menaces de mort du bey de Tunis, à ramener les prisonniers en triomphe, le 24 août 1605. Il revint en France après avoir visité la Palestine, l'Égypte et l'Archipel. Devenu, en 1607, conseiller d'État et gentilhomme à la Chambre, il fut envoyé à Rome comme ambassadeur et sut y contrebalancer l'influence espagnole. Après la mort d'Henri IV il devint gouverneur de Gaston d'Orléans frère de Louis XIII. Le connétable de Luynes parvint à lui faire enlever cette charge. Mais bientôt après la reine-mère le nomma son écuyer et plus tard, en 1625, sa terre de Brève fut érigée en comté et celle de Maulevrier en marquisat. Depuis 1595, il était commandeur de l'ordre du Saint Esprit. Il mourut à Paris en 1628. Le comte de Brève était instruit et fort lettré. Il rapporta d'Orient plus de cent volumes turcs et persans et d'autres manuscrits que possède aujourd'hui la Bibliothèque nationale. Il a laissé lui même des Mémoires dont d'Artigny fait grand éloge. En 1638, le marquisat de Maulevrier passa entre les mains d'Hector Andrault de Langeron, baron d'Anzy et d'Artaix, lequel transmit ses biens à François Andrault de Langeron, époux en premières noces de Madeleine de Bourbon-Busset et en deuxièmes noces de Françoise de Laveuhe. Leur fils, héritier du château, fut Jean Baptiste-Louis Andrault de Langeron, marquis de Maulevrier, comte de Bausin et de Chevrières, baron d'Oyé. Grâce au crédit de son oncle, l'abbé de Maulevrier, plus tard nommé à l'évêché d'Autun. Jean Baptiste Andrault de Langeron, devint ambassadeur d'Espagne, maréchal de France en 1745 (avant, en 1722, chevalier de la Toison d'Or). Il avait épousé Mme Thérèse-Élisabeth-Louise Le Camus. Après sa mort, le château eut pour possesseur Claude Charles Andrault, marquis de Langeron, lieutenant-général des armées du roi, colonel du régiment de Condé. Il mourut au commencement de la révolution, laissant pour héritières ses deux filles : Adélaïde-Geneviève Andrault de Langeron et Aglaë-Marie-Louise. Pour sauver les biens de sa famille de la tourmente révolutionnaire, Mme Adélaïde, épouse de Louis-Stanislas-Kostka de la Trémouille, resta courageusement à Paris pendant la Terreur. Emprisonnée à la Conciergerie, elle resta trois jours sans manger. Un oubli la sauva, on ouvrit enfin les portes de sa prison. Elle fit héritière de ses biens ses deux petits-neveux : Charles-Louis, comte de Voguë, et l'académicien actuel, marquis de Voguë, père de madame la comtesse de Nicolay, à qui appartient actuellement le château. Armoiries des Langeron : Écartelé au 1er et 4° d'azur à trois étoiles d'argent, au 2° et 3° d'argent à trois fasces armées de geules. Famille des de Lespinasse : Riche et puissante à l'humeur batailleuse. Famille des de Langeron : Aimée de leurs vassaux. Pendant la révolution on ne fit aucun mauvais parti ni à leurs régisseurs, ni à eux-mêmes. Une des ailes du château de Maulevrier fut détruite en 1493 [1]. La charpente passe pour un chef d'œuvre.

[1] Notes dues à l'obligeance de MM. les abbés Gauthier et Cucherat


Montceau-l'Étoile

470 habitants. Poste de Marcigny, à 9 kilomètres ; gare de la localité, à 22 kilom. de Charolles. Superficie : 963 hectares, dont 455 en prairies, 403 en céréales et cultures, 65 en bois et 40 en vignes. Vins médiocres. Village situé sur une éminence en bas de laquelle coule l'Arconce. Territoire ondulé. Église du XII° siècle, monument historique.

Ancienne et belle tour faisant partie d'un ancien manoir qui a appartenu aux Vichy-Champrond. Claude de St-Georges, archevêque de Lyon, mort en 1715, naquit dans ce château. Cette commune fut érigée en chef-lieu de canton, en 1792. La cure était à la nomination du prieur d'Anzy. Le territoire de Montceau (Monticella) faisait partie du Brionnais et du Mâconnais. Le prieur était seigneur de la partie brionnaise, et le marquis de Vichy pour l'autre. L'église desservie par les moines d'Anzy était une annexe de Versaugues. Le château de Montceau fut possédé par les Dyo, les de Fougères qui étant aussi seigneur de l'Étoile donnèrent à Montceau ce surnom. Les de Saint-Georges, ancienne maison de la Marche, acquirent cette terre en 1752 ; elle passa ensuite aux de Vichy Champrond. La bibliothèque du château possédait de précieux manuscrits, au dire de Courtépée, entre autres des Heures en vélin écrites en 1407 et paraissant avoir appartenu au duc Jean. Jeannez, dans l'Art roman en Brionnais, décrit ainsi l'antique église de Montceau-l'Étoile : Vocable saint Pierre et saint Paul, orientée, bâtie en moyen appareil. Nef unique de 12 mètres de longueur, voûtée en berceau cintré. Le chœur est voûté en coupole et l'abside en cul de four. Trois baies fortement ébrasées éclairent la nef sur chaque flanc. À l'extérieur, quatre contreforts à glacis épaulent le monument. Le clocher-chœur est carré avec deux étages. L'étage inférieur est percé de deux baies jumelles inscrites sous une archivolte enveloppante, À l'étage du beffroi, les baies sont surmontées d'une arcature lombarde. Les modilions du chœur sont sculptés de têtes d'animaux et de petits hommes. La façade est cachée par un vestibule moderne. Deux colonnes à bases ornées de rinceaux feuillus, surmontés de chapiteaux historiés avec tailloir rectiligne portent l'archivolte dont un tore est curieusement sculpté de petits sachets creux. Sur la grande dalle qui forme à la fois le linteau et le tympan est figurée l'Ascension. C'est un groupe de quatorze personnages savamment étagés. Cette composition élégante n'a rien du hiératisme et de l'immobilité bysantine, elle appartient sans nul doute à la Renaissance artistique qui au XII° siècle nous a donné le porche de Charlieu. Les corbeaux sont sculptés l'un d'un oiseau à tête humaine, l'autre du démon terrassé par saint Michel. L'archange est coiffé du casque conique à nasal par dessus le capuchon, d'une broigne à manches. Ce vêtement défensif est la tunique couverte d'écailles et laissant le bras à découvert, adoptée dès le temps de Charlemagne. Mais ce n'est que vers la fin du XI° siècle qu'elle est pourvue d'un capuchon et de manches. L'armement se complète d'une épée à large et courte lame, et du bouclier carolingien rond et à umbo qui précisément, à la même époque, est remplacé par le gand écu étroit et pointu de la chevalerie. Ces détails d'armement offrent la transition du costume militaire carolingien à celui de la tapisserie de Bayeux. La décoration sculptée du portail de Montceau parait dater de la fin du XI° ou du commencement du XII° siècle.


Saint-Martin-du-Lac

420 habitants. Poste et gare de Marcigny, à 3 kilomètres, à 31 kilomètres de Charolles. Superficie ; 1.451 hectares, dont 768 en céréales et cultures, 461 en prairies, 170 en bois, 52 en vignes. Bons vins rouges ; on cite les crus des Collerettes, des Petites Layes et des Grandes Layes. Commerce de bétail, de vin et de bois. Territoire situé dans la vallée de la Loire. Église romane ancienne. Château de la Garde.

Le surnom du Lac provient des étangs formés par les débordements de la Loire. Le prieur nommait à la cure. Dalmace de Semur céda la moitié de la dime à la prieure de Marcigny en partant pour la croisade. Ildin de Glaine céda au prieuré de Marcigny toutes ses terres du Lac, en 1116, en considération de son épouse qui avait pris le voile à Marcigny. L'ancien château de Champseaux (de Campo Celato) est aujourd'hui détruit. J. de Chandon en était seigneur en 1530 ; Marguerite Damas, sa veuve, en 1564 ; Blaise de Patural, en 1625 ; Charles Dupujy en 1663. Il fut ruiné pendant les guerres de la Ligue, ainsi que ceux de la Garde, de Glaine, et de Maupas. Le château de Champseaux fut investi par la Nocle-Beauvais en 1594 avec 500 hommes, Il était défendu par le portugais La Rivière. Battu de deux pièces d'artillerie, il fut pris et ruiné. De Thianges, quatre mois auparavant, s'en était saisi et l'avait fait réparer.


Vindecy

425 habitants. Gare de la localité ; poste de Marcigny, à 10 kilomètres, et à 25 kilomètres de Charolles. Superficie : 1.632 hectares, dont 915 en prairies, 692 en céréales et cultures, 25 en bois. Commerce de bétail, froment et pommes de terre. Commune sur la rive droite de la Loire qui la sépare de l'Allier. Territoire en plaine sujet aux inondations. Église romane avec chapelle ogivale ayant servi aux seigneurs d'Arcy de la fin du XV° siècle. Château d'Arcy.

La cure était à la nomination du prieur d'Anzy. Vindecy relevait de la justice d'Arcy. Charles Aliboust, depuis évêque d'Autun ; Hugues, sou neveu, grand-chantre de la cathédrale ; Charles Pigenat, aussi grand-chantre, ont été curés de Vindecy. Il y avait alors quatre mépartistes fondés par les anciens seigneurs ; ils recevaient 20 livres de rente chacun. La Motte-Noble était un fief dont le château fut ruiné du temps de la Ligue. Pierre de Semur, sire d'Arcy acquit, en 1387, la terre de Fourneau, un des hameaux de Vindecy, mouvant du duc de Bourgogne. N'ayant pas fait l'hommage, elle fut saisie et ne fut remise qu'en 1399, à cause des services rendus au duc Pierre qui était son chambellan.

Arcy : C'est une ancienne forteresse souvent attaquée et prise du temps de la Ligue. Després y commandait au nom de Mayenne. Il se rendit sur les instances de son frère, royaliste, quand Marcigny se soumit au roi. La reddition de cette place, en 1594, entrdina celle de Paray qu'elle couvrait. Ce château fut longtemps possédé par une branche des barons de Semur. Pierre en était seigneur en 1350 ; son fils Pierre II épousa, en 1390, Béatrix de Rochebaron, d'une ancienne famille du Forez. Cette terre passa à Louis Lavieu de Poncins ; il en était seigneur en 1420. Claude, fille de Jean Leviste, la porta en dot à Geoffroy de Balzac, en 1503, et à son deuxième mari J.-C. de Chabanne, frère du maréchal de la Palice, en 1516. On ne sait comment Arcy passa à Tristan l'Hermite, puis à Paul de Guillard, petit tyran, au dire de Courtépée, qui faisait de la fausse monnaie durant la Ligue. De Valadoux vendit cette terre à M. l'Archer, en 1712, qui la céda à la marquise de Fontenille.


Briant

592 habitants. Poste de Saint-Christophe-en-Brionnais, à 5 kilomètres, à 9 kilomètres de Semur, à 12 kilomètres de la gare de Marcigny et à 23 kilomètres de Charolles. Superficie : 1350 hectares, dont 1085 en prairies, 154 en céréales et cultures ; 62 en vignes et 49 en bois. Vins tendres. Commerce de bœufs gras. Riches prés d'embouche. Village sur un coteau.

Branovium, Brianeum, Brienna sont les noms qui, dans les anciennes chartes, désignent Briant. Ce lieu parait être le berceau des Branovii, premiers habitants du pays, dont parle César. L'église de Briant fut donnée à Cluny pour le prieuré de Marcigny par Ilion de Semur, en 1103. Le patronage fut consenti par Humbert, évêque de Semur, mais confirmé par Innocent II et depuis par Célestin II, en 1144. Au XI° siècle, la seigneurie se partageait entre la maison de Semur et celle de la Barge dont le nom s'est conservé dans le village du même nom. Girard de la Barge signa une charte avec Geoffroy de Semur ainsi que Hugues de la Vallée. Tout ce qui appartenait au baron de Semur fut cédé au prieuré de Marcigny. Josserand de Saint-Alban et Hugues, son neveu, lui cédèrent aussi ce qu'ils y possédaient en fief. Hugues et Geoffroy d'Essertines cédèrent au prieuré de Marcigny leurs dîmes de Briant. Jean de Fautrières, seigneur du Petit-Bois et de la Grange, les imita. Le château du seigneur J. de Tennay de Saint-Christophe, ainsi que le presbytère, furent détruits pendant les guerres de religion, en 1576.


Fleury-la-Montagne

1.146 habitants. Poste et gare d'Iguerande, à 4 kilomètres ; 13 kilomètres de Semur et 34 kilomètres de Charolles. Superficie : 875 hectares, dont 368 en vignes, 235 en céréales, 212 en prairies, 60 en bois. Bons vins rouges de conserve ; crus : Bois du Lac, Fongrain, Corbey. Commerce de vins, fourrages et bétail. Territoire accidenté. Châteaux : d'Escreux, de Dinechin.

Fleury s'appelait autrefois Fleurie-sur-Loire. L'église actuelle a des parties fort anciennes, notamment la principale porte qui parait être du XI° siècle. Ses archivoltes ne sont que des moulures toriques en retraite ; elles portent sur des pieds droits à arêtes vives abritant deux colonnettes dont les chapiteaux représentent du coté droit le combat de David avec Goliath, et du côté gauche un animal cornu jouant du violon et deux autres également musiciens. Le linteau figure l'Adoration des Mages. La Vierge est représentée entourée d'un nimbe circulaire à fond de damier ; le personnage qui lui fait pendant est entouré de la même auréole. Le tympan représente la Résurection du Christ. À côté sont deux personnages assis sur des escabeaux ornés de sculptures romanes. À l'entrée de la cure, se voient deux chapiteaux couronnant les pieds droits de la porte d'entrée de la cour. Sur l'un d'eux est sculptée la tentation d'Adam et d'Ève ; l'autre est difficile à déchiffrer, les personnages étant trop mutilés. Ils proviennent de l'ancienne église. Le sanctuaire primitif était voûté en berceau et l'abside en cul de four. Le clocher est implanté au milieu du transept. Il comprend deux étages. Le percement du beffroi consiste, pour chaque face et chaque étage, en un rang de deux fenêtres géminées à plein cintre. Le clocher a conservé ses anciennes colonnettes du XI° siècle, et le cordon mouliné qui sépare le premier étage du second. L'abside a encore ses anciens modillons, mais un affreux badigeonnage et un maladroit plâtrage lui ont enlevé, à l'intérieur de l'église, son caractère du XI° siècle. Cinq châteaux ont existé sur la commune de Fleury, trois ont disparu. C'étaient ceux de l'Hirondelle, à la hauteur de Fongrain, de Floresse et de Beaulieu. Les deux autres encore debout, sont ceux d'Escreux et de Dinechin. Le château d'Escreux a successivement appartenu aux de Foudras, aux Chantois de la Mure, aux de la Martinière, aux Devilleroi, aux Séveyrac, aux Jacquet Duchailloux et en dernier lieu aux Dugas de Saint-Sigolaine. Le château de Dinechin devrait son nom (dîner de chiens) à sa primitive destination ; il servait de rendez-vous de chasse. La terre de Dinechin-en-Brionnais fut confisquée en 1473, par Charles le Téméraire sur les seigneurs Poulion et Jouly « tenant le party des Françoys nos ennemis », et donnée à Eymard et Guillaume de Fautrières (archives de Corcheval). Au XVI° siècle, cette seigneurie appartenait à noble Philibert Dupont, conseiller du roi et lieutenant en l'élection de Roanne. La famille Dupont était connue à Charlieu dès le XIII° siècle. Dinechin passa ensuite à Gaspard Dupont, frère du précédent, seigneur de Liesme, lequel fit foi et hommage au roi en la Chambre des Comptes de Dijon pour la terre et seigneurie de Dinechin. Ce château appartient toujours à la famille Dupont.

Chapelles rurales et chapelles domestiques : Il n'existe qu'une chapelle rurale dite de Saint-Claude, au hameau de la Barnaudière. En 1669, le sieur Laronzière de la Douze y fit une fondation de messes pour sa famille. Elle a été réparée en 1822. La plus ancienne des chapelles domestiques est celle du château de Dinechin. Elle fut bâtie en 1664 et dédiée à saint Roch.

Curés de Fleury : Le plus anciennement connu est M. Thévenay, en 1615 ; puis vinrent : Huillard, vers 1645-1671 ; Langueron, neveu du précédent, en 1674-1720 ; Moulis ou Molis, en 1720-1734 ; Louis Manoury, en 1734-1775 ; Louis Lamarre, 1775-1801 ; Ducray, 1802-1804 ; Em. Beauchamp, 1804-1806 ; J.-P. Barruel, ancien prieur de Charlieu, curé de Fleury, 1806-1813 ; Ph. Samoël, dernier bénédictin de Charlieu, 1815-1844 ; J. Renard, 1844-1890 ; M. Paperin, 1890-... Cette paroisse ayant caché plusieurs prêtres pendant la Révolution fut condamnée à payer une amende de 60.000 francs et dut subir la présence de nombreux garnisaires envoyés de Paray pour surveiller les mouvements des curés cachés dans les environs.

Royauté : De temps immémorial, l'usage voulait qu'on fit, au jour des fêtes du Saint Sacrement, de la Saint-Barthélémy, de saint Vincent, de saint Roch et du Rosaire, des offrandes de cire à l'église de Fleury. Les donateurs prenaient le nom de Roi, de Reine, de Dauphin et de Dauphine. Cela s'appelait la Royauté. Les fabriciens remettaient des bouquets aux plus offrants. Ces enchères de bouquets se faisaient à la porte de l'église. Cet usage a subsisté à Fleury jusqu'en 1832.

Complément : L'église romane de Fleury-la-Montagne par Antoine Bodin, Bulletin de la Diana, tome XLIII (1974).


Iguerande

1642 habitants. Poste et gare de la localité, à 13 kilomètres de Marcigny et à 36 kilomètres de Charolles. Superficie : 2146 hectares, dont 1022 en céréales et cultures, 415 en vignes, 510 en prairies et 199 en bois. Bon vin ; les meilleurs sont à la Rivière, à Charancy, aux Perrières. Commerce de vins, de bestiaux, de chaux et de pierres à bâtir. Tissage de la soie. Fours à chaux. Huilerie. La commune est traversée par la Loire et le canal de Roanne à Digoin. Beau pont de pierre sur la Loire. Église du XII° siècle. Ruines du château de Troncy sur la Montagne de Fleuriot détruit au XV° siècle.

Iguerande (Aqua Grandis), est bâti sur une épaisse couche de terrain diluvien qui atteint jusqu'à dix mètres de profondeur. Lors de l'établissement de la voie ferrée, l'excavateur en a extrait deux défenses de mammouth (Elephas Primigenius) et plusieurs dents, de ce mammifère, dont une, seule a pesé plus de sept kilos. Les défenses reconstituées auraient une longueur dépassant trois mètres. Le même terrain a rendu des ossements et des bois de cervidés, un d'eux est même taillé de main d'homme. Une hache polie en porphyre vert a été trouvée à peu de distance de la gare, à Pesselle. Cette région baignée par un grand fleuve dut être recouverte d'une végétation luxuriante et animée par des troupeaux de bêtes aux formes gigantesques. Nos ancêtres y établirent probablement leurs demeures. Les Romains attirés par la beauté du site et la fertilité du terrain y fondèrent de nombreuses villas. Les déblais des travaux du chemin de fer ont rendu beaucoup de médailles en argent et en bronze de Vespasien, d'Antonin-le-Pieux, etc., ainsi que des vases et des poteries sigillées. [L. Perdu. Découvertes archéologiques sur la ligne de Roanne à Paray. Bul. Diana, t. VIII.] Dans cette localité, trois châteaux y subsistaient au XIV° siècle. On n'en connaît plus l'emplacement. Ces châteaux portaient les noms de : La Motte-Crau, Montfornier et la Forêt. Celui du Palais fut brûlé par les Reîtres en 1676. Le Palais est appelé Châteaufort en 1396. Il releva de Marcigny en 1280, puis du roi comme baron de Semur au XVIII° siècle. Pierre de Luzy, bâtard d'Oyé, ayant épousé Antoinette du Palais, avait été seigneur du lieu en 1418. Il devint panetier du duc Philippe le Bon en 1419. Au bas du village était le château occupé par les religieux Bénédictins et qu'on nomme encore aujourd'hui le prieuré.

[Compléments : Arrêt du conseil d'État du 4 janvier 1729 qui confirme la dame de Tronchy dans le droit de bac sur la Loire au port d'Iguerande, en Bourgogne, Enquête sur Iguerande en 1666 par l'intendant de Bourgogne Claude Bouchu]

Église d'Iguerande : Le territoire d'Iguerande est situé sur les anciennes limites du Forez et du Brionnais. Au X° siècle, il parait avoir fait partie du comté de Forez, de même que Saint-Julien-de-Cray [Ragut. Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, app. p. XVI]. On sait d'ailleurs combien les limites de ces deux circonscriptions étaient mal déterminées à l'origine et l'on connaît les différends qui surgirent à ce sujet entre les comtes de Forez et les barons de Semur. La prieure de Marcigny, dit Courtépée, était dame du clocher de Saint-André d'Iguerande, depuis l'échange qu'elle en fit à la fin du XI° siècle avec saint Hugues contre la seigneurie de Bergé-la-Ville. Cette église était celle d'un petit prieuré de moines Bénédictins, déjà détruit à l'époque de la Révolution. Courtépée signale à Iguerande une autre chapelle, dédiée à saint Marcel et qui aurait été l'ancienne église paroissiale ; elle a été détruite au commencement de ce siècle. La première mention de l'église d'Iguerande date du début du XI° siècle [Cartulaire C. de l'abbaye de Cluny, fol. 24, col. 2]. Le plan de Saint-André d'Iguerande est celui d'une église à trois nefs, interrompues par un transept faisant saillie à l'extérieur. La nef centrale se termine par une abside en hémicycle, les nefs collatérales par des absidioles. Le clocher s'élève au-dessus de la croisée du transept. La nef centrale voûtée, à plein cintre, renforcée d'arcs doubleaux, communique avec les collatéraux par des arcades séparées par arcs doubleaux plein cintre. L'aspect de l'église est massif, trapu. La nef est divisée en trois travées, par deux rangées de piliers carrés dont chaque face est contournée d'une colonne engagée. Des pilastres appliqués contre le mur reçoivent les retombées des arcs doubleaux. Les chapiteaux des colonnes paraissent dater de la fin du XIII° siècle. La croisée du transept est voûtée par une belle coupole octogonale sur trompes en cul de four. Les croisillons sont voûtés en berceau plein cintre. L'abside est éclairée par trois larges fenêtres, plein cintre ébrasées. Les absidioles n'ont qu'une ouverture. Une seule toiture à deux rampants posée directement sur les reins des trois voûtes de l'église recouvre les trois nefs, peu différentes de hauteur. Au centre de la façade est percée une baie plein cintre. Elle est amortie d'un linteau qui supporte un tympan appareillé. Les pieds droits qui supportent le linteau sont des demi-colonnes engagées, comme à la porte de la façade de Châteauneuf. Les motifs qui décorent les chapiteaux sont empruntés au règne végétal et paraissent dater du XI° siècle. La sculpture est plutôt en creux qu'en relief. Au-dessus de cette porte, est une longue baie en plein cintre fortement ébrasée. Trois énormes contreforts en talus ont été ajoutés, au XIX° siècle, à l'église. La corniche du toit est soutenue par des modillons très simples non sculptés. Celle de l'abside possède des modillons dont les sculptures sont des têtes d'hommes ou d'animaux grimaçants et des motifs de feuillage. Le clocher carré, massif et trapu est divisé en deux étages. Le premier étage est percé de deux fenêtres plein cintre au nord et au sud. L'étage supérieur est orné sur chaque face de doubles baies jumelles amorties en plein cintre dont les retombées portent sur des colonnettes. Chacune de ces baies géminées divisée par un système de deux colonnettes placées l'une derrière l'autre, s'ouvre dans un encadrement, en plein cintre doublé dont les archivoltes sont ornées de gros tores. La toiture est une pyramide à quatre jours. La construction de l'église d'Iguerande, faite en grand appareil ne présenta pas les arcatures lombardes des édifices du Brionnais. Elle parait dater de la fin du XI° siècle ainsi que le prouve l'absence au fond du chœur d'une décoration d'arcature retombant sur des pilastres ou des colonnettes.


Ligny-en-Brionnais

1.036 habitants. Poste de Semur à 10 kilomètres ; gare de Saint-Maurice-lès-Châteauneuf à 6 kilom. et à 29 kilom. de Charolles. Superficie : 1,649 hectares, dont 752 en prairies, 550 en céréales et cultures, 344 en bois, 3 en vigne. Embouche et commerce de bétail. Tissage de la soie. Village sur la pente d'une montagne. Église du XII° siècle. Château de Mont-Cellis bâti vers 1800. Au village de Saint-Rigaud, ruines de l'abbaye de ce nom.

Le pays a jadis été couvert de forteresses ou abris dont il reste encore des vestiges. La Brosse avait une tour avec des constructions qui servaient d'abris aux laboureurs. La vallée de Burlon avait le château Gaillard dont le nom seul existe. Il reste quelques ruines de la tour de Fromentalet qui a appartenu aux sires de l'Étoile et puis aux moines de Saint-Rigaud et aux de Vichy. Elle défendait la vallée du Suppléon (Saint-Nicolas actuellement). Les prairies appelées aujourd'hui les Étangs formaient autrefois de grands marécages. Le château de l'Étoile, perché comme un nid d'aigle, commandait la vallée du Suppléon ; il fut reconstruit vers 1680. La chapelle castrale était sous le vocable de saint Amable. Il ne reste rien de cet antique manoir. Le Suppléon prend sa source au-dessus de Fougères, commune de Vauban, arrose les communes de Saint-Christophe, de Ligny et de Saint Bonnet et se jette dans le Sornin au-dessus de Charlieu. Des trois moulins que faisait tourner cette rivière, il ne reste que celui de Champron. Cette rivière a porté le nom de Bèze ; à Charlieu, elle est connue sous le nom de Saint-Nicolas. La partie du territoire de la commune qui regarde Saint-Maurice est formée de terrains fangeux, autrefois drainés par les moines de l'abbaye de Saint-Rigaud. À cette époque, ces religieux entretenaient de nombreux étangs destinés à leur fournir du poisson. Ligny est à une altitude de 610 mètres ; les point les plus élevés sont : Mussy de Vauban, à 620 mètres ; le Grand-Poirier, à 512 mètres ; les Places de Ligny à 498 mètres ; Saint-Rigaud n'est qu'à 366 mètres. [Notes de M. l'abbé Jean Raquin.] Sur le territoire de cette commune se trouvait l'abbaye de Saint-Rigaud dont l'histoire, que nous abrégeons, a été écrite par M. F. Cucherat.

L'abbaye de Saint-Rigaud : Le X° siècle avait été une époque de relâchement dans la discipline ecclésiastique, le XI° siècle fut un siècle de réforme générale. Saint Dominique l'Encuirassé, et saint Pierre Damien remirent en usage parmi les religieux les jeûnes rigoureux et les instruments de discipline. À Issoire, vivait un religieux nommé Eustorge, homme simple et craignant Dieu. Depuis longtemps il se sentait un attrait particulier pour la vie érémitique et la solitude absolue. La règle de saint Benoit, a prévu cette aspiration. Eustorge, muni de la permission et de la bénédiction de ses supérieurs, s'achemina, vers le Brionnais. Ayant trouvé dans la forêt d'Avaize, en la paroisse de Ligny, le lien rêvé pour y passer ses jours en paix, il en fit sa résidence. Le bruit se répandit bientôt de l'arrivée de l'homme de Dieu. Les grands le respectaient et l'évêque d'Autun, Aganon, le comptait au nombre de ses meilleurs amis. De nombreux disciples demandèrent à partager sa vie. Il fallut construire un monastère qui fut mis sous la protection de la souveraine Trinité, de la Sainte Mère de Dieu et du glorieux confesseur saint Rigaud. Dès que le monastère fut fondé, Arthaud de Néronde en Forez donna le premier titre (1065) que l'on trouve en faveur de l'abbaye. Il concéda aux moines toutes les terres, prés, forêts, etc., depuis la rivière de Suppléon (saint Nicolas) jusqu'à celle d'Osière. Sa femme promit d'y ajouter, par testament, une terre proche de celle donnée par Arthaud. La consécration de l'église eut lieu, selon Severt, le 18 décembre 1067. À cette occasion, Arthaud céda à l'abbaye ses droits sur les terres et églises de Crozan, Gibles, Matour, Melay et Saint Sornin (Vauban). Artaud étant mort, sa femme se remaria ; mais ayant négligé de tenir sa promesse, elle tomba malade et ne recouvra la santé qu'en confirmant la donation d'Arthaud et, en y ajoutant la terre de Fressy, paroisse d'Oyé. Plus tard, Landry, évêque de Mâcon approuva toutes les donations faites au monastère. Pour assurer la durée de sa fondation et pour la garantir des coupables entreprises des seigneurs usurpateurs des biens d'Église, Eustorge la plaça sous la protection du pontife romain. Le 16 mars 1071 le pape Alexandre II donna la bulle demandée ; cette bulle fut contresignée par saint Pierre Damien, cardinal de la sainte Église romaine. L'abbaye de Saint Rigaud n'eut point dans l'histoire ecclésiastique un de ces rôles brillants qui font la réputation et captivent l'admiration de la postérité. Sa mission semble avoir été d'honorer, en l'imitant, la vie cachée de la Sainte-Famille de Nazareth. En effet, Saint Rigaud nait d'un modeste ermitage, son saint patron est presque inconnu des âmes pieuses, sa juridiction ne s'étendra que sur quatre ou cinq prieurés sans nom et sans richesse. Il ne pourra offrir à son titulaire qu'un faible revenu de 1 .800 francs, alors que l'abbé commendataire de Cluny en recevra 50.000 et celui de Citeaux 120.000. [Courtépée, Description du Duché de Bourgogne, t. IV, p. 439]. Le pape Alexandre II avait adressé sa lettre apostolique « À la congrégation de Saint-Rigaud d'Avaize ». Elle n'avait pas encore d'abbé. Le saint fondateur voulant donner un exemple d'humilité à ses disciples fit si bien de son côté et les frères procédèrent avec tant de simplicité qu'ils élurent abbé le moine Hugues l'an 1072. Celui-ci reçut la consécration abbatiale dans l'église d'Ainay, des mains de l'archevêque de Lyon, car Drogon, évêque de Mâcon, était mort sur ces entrefaites. Le gouvernement de Hugues Ier se passa comme celui de Eustorge à faire le bien dans l'ombre et le silence et se termina en 1087. (Gal. Chr.) C'est sous son gouvernement, que fut faite la charte des bienfaiteurs de Saint-Rigaud. La Mure en énumère les principaux : Humbert de Bourbon ; Dalmace ; Hugues, comte de Chalon ; Guy, comte de Mâcon ; Guillaume, comte de Forez ; Geoffroy de Semur ; Humbert de Beaujeu ; Girard de Perreux ; Hugues Le Blanc ; Bourbon-Archambaud, etc. Hélas ! une telle protection ne sera pas longtemps assez efficace pour assurer à Saint-Rigaud paix et sécurité. L'histoire, dit Severt, n'a pas conservé le nom du successeur de Hugues Ier. Puis apparaissent à la fois, Étienne, abbé et Eménalde, prieur de Saint-Rigaud. Pour la consécration de l'abbé Étienne, les religieux s'adressèrent à l'évêque Landry, de Mâcon, l'an 1087. C'est l'époque des grandes tempêtes et des grandes pérégrinations, car Étienne et Eménalde nous disent eux-mêmes que, voulant d'un commun accord se soustraire au tumulte orageux des affaires de ce siècle, ils abandonnèrent leur monastère de Saint-Rigaud et allèrent s'établir, avec l'agrément de l'abbé de Cluny, sur le rocher de Cordouan, à l'embouchure de la Garonne, et plus tard sur le territoire de Grave, dépendant de la même abbaye. Que se passait-il alors dans le Brionnais ? Quelles étaient ces agitations séculières, ces contestations irritantes qui forçaient nos humbles solitaires à aller si loin chercher le repos et le silence ? Nos religieux veulent-ils faire allusion aux incursions des Normands qui, à cette époque, avaient ravagé le Brionnais? Sommes-nous en face de sanglantes querelles locales ? Car Saint-Rigaud se trouvait au point de contact des souverainetés féodales du Brionnais, du Bourbonnais, du Forez, du Beaujolais et du Mâconnais. Une autre hypothèse se présente. Cet abbé anonyme, dont parle Severt, et qui ne fit que passer, est peut-être un compétiteur ambitieux, et simoniaque de l'abbé Étienne. Il peut avoir trouvé quelque puissant appui qui aurait agité le pays et menacé le monastère de Saint-Rigaud au point d'amener les religieux pacifiques à l'extrémité qu'on vient de dire. Le triomphe temporaire du siècle ou de l'intrus expliquerait le long silence de l'histoire dans la suite des abbés de Saint-Rigaud et l'oubli où est resté le nom du premier auteur de ces calamités. Il faut remarquer que le seigneur abbé de Cluny, qui se montre si empressé à favoriser ces fervents religieux est St Hugues de Semur. Le monastère de Grave eut donc une origine toute brionnaise. Hélas la Révolution a fermé cet asile de paix et de prières. Grave n'est plus connu aujourd'hui que par les vins recherchés que produisent les coteaux jadis défrichés et plantés par ces utiles et intelligents solitaires. Tandis que Étienne et Eménalde prenaient la route, de l'Occident, un autre enfant de Saint-Rigaud, Pierre l'Ermite, s'en allait en Orient chercher la paix et la consolation au tombeau du Sauveur. Enfant de la Picardie, il avait d'abord porté les armes, puis s'était retiré dans cette abbaye. Mabillon et Ducange le disent en termes formels dans leurs Annales Bénédictines, t. V, page 324. « Pierre l'Ermite, du territoire d'Amiens, fut d'abord moine à Saint-Rigaud, en Forez. » Or, Saint Rigaud d'Avaize touche au Forez. Mabillon ajoute : « C'est de Saint-Rigaud que Pierre l'Ermite partit pour les Lieux-Saints d'où il ne revint que pour exposer leur déplorable situation au pape Urbain VIII.» Le régime intérieur de la congrégation subit, au XIII° siècle, une modification importante. À la règle de saint Benoit, on avait ajouté les rudes observances mises en honneur par saint Dominique l'Encuirassé et saint Pierre Damien. Il fallut s'arrêter dans cette voie où la nature aurait succombé. Le pape Innocent IV, par une bulle du 21 novembre 1251 permit de dispenser les religieux de saint Rigaud des austérités particulières auxquelles ils s'étaient voués, tout en leur enjoignant de garder avec fidélité la règle primitive.

Le prieur de Murard. Ordonnance de Mgr de Lingendes. Saint Rigaud tombé en commende dès le XVI° siècle eut à souffrir au XVII° siècle une grande épreuve. La dignité de prieur fut envahie par un soi-disant moine du nom de Jean-Baptiste de Murard, homme incapable qui avait surpris la confiance des supérieurs. Mgr de Lingendes, évêque de Mâcon obtint un bref d'Alexandre VIII qui l'autorisait à remédier à ce mal. Il substitua à l'indigne intrus Ennemond Germain, prieur de Joux, au diocèse de Lyon, à la condition que ce digne religieux viendrait résider et prendre le gouvernement intérieur de l'abbaye de saint Rigaud, sous l'abbé L. de Gaspard du Sou. Mgr de Tilladel, évêque de Mâcon, permit à l'abbaye de Saint Rigaud de remplir les fonctions curiales sur une partie de la paroisse de Ligny. Il leur était permis « d'administrer le sacrement de pénitence dans leur église abbatiale, de visiter les malades sur le territoire de Saint-Rigaud, de leur porter le viatique et l'extrême onction, de faire les enterrements audit St-Rigaud, d'en tenir le registre, d'en percevoir les droits de casuel, de faire le catéchisme aux enfants et de leur faire faire la première communion. La messe du dimanche était considérée comme paroissiale pour les habitants de Saint-Rigaud et le pain bénit y était offert ». Tels sont les termes du rapport de la visite pastorale de Mgr de Valras, le 21 juillet 1746. Le nombre de religieux à l'époque de cette visite était très réduit. Ils suffisaient à peine aux offices de la communauté, qui étaient ceux de grand prieur, de sacristain, de chambrier et de chantre. Le grand prieur remplaçait l'abbé commendataire. L'abbé de Saint-Rigaud avait droit de patronage sur les églises de Melay alternativement avec le prieur du Bois de Donzy, archiprêtré de Roanne ; de Croizet, archiprêtré de Néronde en Forez, et de Ligny [La Mure, Histoire ecclésiastique, diocèse de Lyon, p. 234 et 235]. Il était collateur de l'église d'Azolette ; de Notre Dame de Boisset, de Vauban [Dictionnaire chronologique du Mâconnais pour 1786]. L'ordre suivait la règle de saint Benoit. « Attendu leur petit nombre, les religieux récitaient à deux chœurs dans l'église, l'office du Bréviaire des Bénédictins de Saint-Maur, savoir : Mâtine, Laudes et Prime, sur les six heures en été et sur les sept en hiver. Leur messe conventuelle se disait tous les jours ouvrables à voix basse. Avant l'on récitait none, vêpres et complies » [Visite pastorale de Mgr de Valras, 1746]. Le reste du temps était employé à la méditation, à l'étude et au travail manuel. « Chacun avait son logement et son ménage en particulier ». Les édifices réguliers étaient fort modestes. On entrait dans une vaste cour, sur laquelle donnait, près de la porte, la maison du grand prieur ; au fond le palais abbatial ; à gauche l'église qui communiquait avec le cloître ; à droite d'autres constructions pour le service de la communauté. L'église avec ses trois nefs, son chœur spacieux et deux rangs de stalles, et la tour carrée du clocher surmontée d'une flèche octogonale sortait seule de la modestie traditionnelle de Saint Rigaud. La foudre la consumma le 18 mars 1786.

Liste des abbés de Saint-Rigaud : Eustorge, religieux de Saint Austremoine d'Issoire, vient embrasser la vie érémitique dans la forêt d'Avaise, au diocèse de Mâcon, vers 1060 ; Hugues Ier. Il reçut la bénédiction abbatiale des mains d'Humbert, archevêque de Lyon ; Hugues II est remplacé, en 1087, par un abbé dont le nom est inconnu (Chr. Hist. p. 115) ; Étienne, cet abbé avec, le prieur Enménalde, fidèle à l'esprit d'Eustorge, quittent ces contrées trop agitées et vont chercher la paix et le silence sur le rocher de Cordouan, à l'embouchure de la Gironde. Vers cette époque, Pierre l'Ermite quitte Saint-Rigaud pour prêcher la croisade ; Dalmace Ier était abbé en 1200. (Masures de l'I. B.) ; Geoffroy en 1230. Il unit par des liens spirituels ses religieux à ceux de Cluny et de l'Ile-Barbe. Cet abbé obtint, en 1252, d'Innocent IV, une bulle qui mitigeait l'austérité de la Règle ; Dalmace II, 1260, sert d'intermédiaire entre les moines de Charlieu et les habitants révoltés ; Jean Ier. Un titre conservé aux archives de Mâcon le mentionne en 1279 ; Girard de Jantes mourut en 1300 ; Guillaume du Bois, indiqué par un acte de 1303 ; Jean II du Bois, en 1306 ; Hugues II, en 1320, d'après une charte de Philippe VI de Valois, roi de France ; Jean III en 1340. Suivent dans le Laboureur deux anonymes dont le Gallia Christiana ne fait pas mention. L'un de ces deux abbés est Gérald que l'on trouve dans un titre de l'an 1532, aux archives de Mâcon ; Raoul Périère, de la famille des seigneurs du Banchet, à Châteauneuf, vers 1409 ; Thomas Périère, neveu du précédent, vers 1445 ; Claude de la Magdeleine, dès l'an 1471. Sous son gouvernement l'abbaye de St-Rigaud s'entoura de hautes murailles et de larges fossés ; Jean IV de la Madeleine de Ragny était abbé en 1507. Il devint grand prieur de Cluny, prieur de Charlieu et de la Magdeleine de Charolles. Il fut élu abbé de Cluny, en 1518. Il fut chargé par le pape Jules II, en 1506, conjointement, avec l'abbé de Saint-Allyre de Clermont, d'une mission apostolique relative anx intérêts spirituels de Cluny ; Claude II de la Magdeleine, neveu du précédent, en 1518. Il était aussi prieur de Charlieu ; Martin de Beaune, évêque du Puy, abbé commendataire, en 1540 ; Marc de Lespinasse, en 1555 ; Jean V du Mas, 1560 ; Gaspard du Vernay, dit de la Garde, 1567 ; Antoine d'Amanzé, doyen de l'église de Lyon, fils de Jean III d'Amanzé et de Béatrix de Chevrières. Il se démit de sa fonction en 1577 ; Michel de Villecourt, 1577, se démit, comme le précédent, en 1602 ; Claude III de Gaspard, 1602-1619 ; Laurent de Gaspard du Sou, neveu de Claude, n'étant que tonsuré. En 1644, il obtenait à Rome un extra tempora pour recevoir les ordres sacrés du diaconat et de la prêtrise ; Jacques de Chamarande, doyen des chanoines de St-Just à Lyon, 1674 ; Étienne du Sauzay, clerc tonsuré, nommé par Louis XIV, abbé commendataire le 23 novembre 1671. Il ne reçut l'institution canonique, des mains de l'évêque de Mâcon, qu'en 1683 ; N. de Clermont Tonnerre, abbé commendataire, fin août 1727 ; Pierre-François d'Esterno, abbé commendataire, juillet 1746 ; N. d'Espiard. Sous son gouvernement, par ordonnance de l'évêque de Mâcon, en date du 23 juillet 1767, les manses de Saint Rigaud furent unies au séminaire de Mâcon ; J. B. Deyille de Villette parait comme abbé commendataire de Saint-Rigaud, dans les années 1775-1779 ; M. Drouas du Roussey, vicaire général d'Autun, abbé commendataire le 29 avril 1784 ; Charles-Camille Circaud, vicaire général de Mâcon, puis d'Autun, dernier abbé commendataire de Saint-Rigaud.


Mailly

482 habitants Poste et gare d'Iguerande, à quatre kilomètres ; à neuf kil. de Semur, à 34 kilomètres de Charolles. Superficie 547 hectares, dont 235 en prairies, 173 en vignes, 92 en bois, 53 en céréales et cultures. Vins de bonne conservation. Commerce de vin et bétail. Pays accidenté formé de vallons parallèles. Ruines de l'ancien château du Palais.

La prieure de Marcigny nommait à la cure. D'après une transaction du 7 mai 1339, entre Jeanne de Châteauvillain, dame de Semur et Étienne de Pouilly, seigneur du Palais, la justice du clocher est déclarée appartenir au seigneur de Semur et le reste à celui du Palais. Le château du Palais est un démembrement de la baronnie de Semur ; elle fut vendue par Pierre du Palais en 1288, à Bernard de Pouilly aïeul de Jeanne de Pouilly dont la fille, Guyette, fut mariée en 1389 à J. de Digoine. Ce château, brûlé pendant les guerres de religion, est demeuré dans la famille de Digoine jusqu'à la Révolution. Le dernier des Digoine fut Alphonse Honoré de Digoine, marquis du Palais, né le 15 mai 1750, décédé à Versailles le 18 février 1832. Le fief de la Palu a fait surnommer Mailly, Mailly la Palu. J. de Chandon en était seigneur en 1489. Il a appartenu aussi à une branche de la Palu de Bouligneux.


Oyé

805 habitants. Poste de Saint-Christophe. 7 kilomètre de la gare de la Clayette, 12 à 14 kilomètres de Semur et à 17 kilomètres de Charolles. Superficie 1837 hectares. dont 1505 en prairies, 192 en céréales et cultures, 71 en bois, 69 en vignes. Vins de bonne conservation. L'embouche est la principale ressource du pays. Territoire ondulé. Le village est situé sur la pente d'un coteau. Église moderne avec clocher du XI° siècle. Châteaux d'Oyé (XV° siècle) ; de Daron (XIV° et XV° siècles) ; du Bourg (XVIII° siècle).

Il a été fondé à Oyé, en 1890, une vacherie modèle (*) exploitée par une société civile pour l'amélioration de la race charollaise. Cet établissement renferme 30 vaches et 2 taureaux de grands prix. Les produits sont vendus chaque année aux enchères publiques, au mois d'octobre. Oyé qui était une des quatre anciennes baronnies du Brionnais et qui faisait autrefois partie des bailliages de Semur et de Mâcon, est qualifié de ville dans un titre de 1640, où l'on parle d'une chapelle fondée en 1450, « in morto nobilis viri de Chevigny, juxta muros antiquos oppide Oyetta ». Le prieur de Saint Germain des Bois nommait à la cure. Cette baronnie fut, au XI° siècle, l'apanage d'un puîné de la maison de Semur, où il entra en 1070, par le mariage d'Hermengarde d'Oyé, avec Geoffroy IV. Pierre de Luzy en était baron en 1488. J. Breschard, fils d'une de Luzy, en 1566 ; elle fut acquise en 1636, de la marquise de Dampierre par Hector Andrault de Langeron. Les Langerons l'ont possédée jusqu'à la Révolution.

Guillaume de Digoine, protonotaire du Saint-Siège, était curé d'Oyé en 1564. Il y existait alors une société de prêtres composée de trois vicaires et de six mépartistes ou chapelains. La chapelle de Notre-Dame de Chauveton fut fondée en 1450. Courtépée croit qu'il dut y exister une maladrerie. Bernard Mammesier, curé de Vareilles, donna en 1686, un domaine de 800 livres pour marier une pauvre fille d'Oyé à la nomination du curé et des échevins. Cet usage a subsisté jusqu'en 1715. On voyait autrefois plusieurs seigneuries sur le territoire de cette commune : Chaumont, Chassignole, Orval, Tressy. Toutes ont disparu. Sancenier était un fief appartenant au marquis de Saint-Christophe. La chapelle était une annexe d'Oyé. Girard de Semur, seigneur de Sancenier et de Tremont et Marie de Villers-la-Faye, sa femme rebâtirent en 1497, le château qui avait été brûlé. Il fut achevé en 1500 et la chapelle fut bénite en 1510. Courtépée dans son Histoire de voyage en Bourgogne, signale comme de grands bourgeois enrichis par le commerce du bétail, MM. Mathieu, Circaud et Daron.

(*) Notes sur la vacherie-pépinière d'Oyé (Annales des sciences physiques et naturelles, d'agriculture et d'industrie publiées par la Société d'agriculture de Lyon, 1894).


Saint-Bonnet-de-Cray

1064 habitants. Poste de Charlieu à 8 kilomètres ; gare d'Iguerande, 7 kilomètres ; 8 kilomètres de Semur et 32 kilomètres de Charolles. Superficie 2471 hectares : 1500 en prairies ; 628 en céréales et en cultures, 160 en vignes ; 160 en bois. Bon vin rouge de conserve. Commerce de vins et de bétail. Industrie du tissage de la soie. Châteaux de Malfarat, du Pallier, de Vermont.

L'origine de la paroisse est inconnue et remonte avant le XII° siècle, comme l'attestent le chœur et le clocher de l'église.

Église de Saint-Bonnet-de-Cray : Cette église très remaniée, est surtout remarquable par la beauté et la très grande dimension de ses matériaux, ainsi, que par son clocher monumental et trapu dont les baies géminées sont séparées par des colonnettes supportant des archivoltes ornées de dents de scie. À noter la jolie proportion des ouvertures et les pilastres cannelés de l'intérieur. La nef et les collatéraux sont modernes et sans intérêt. La nef communique avec le dessous du clocher par une grande arcade brisée doublée ; des colonnes engagées supportent les retombées intérieures des arcs ; les piliers sont cantonnés de pilastres cannelés du côté de la nef et de colonnes engagées pour la retombée des grandes arcades. La travée sous le clocher est voûtée par une belle coupole sur trompes, elle communique avec le chœur par un arc triomphal en cintre brisé doublé. Le chœur se compose d'une partie droite et d'une partie en hémicycle, la partie droite est voûtée par un berceau brisé ; l'abside par un cul de four brisé. Elle est éclairée par trois petites fenêtres en plein cintre dont l'ouverture à l'intérieur est encadrée dans un système d'arcatures en plein cintre retombant sur des colonnettes. Les cordons de perles sont très employés dans l'ornementation. Le chœur et le clocher sont du milieu du XII° siècle ce dernier très trapu a conservé son vieux toit, il n'a sur chaque face qu'un seul étage de baies géminées très ébrasées, séparées par un groupe de quatre colonnettes ; les archivoltes sont moulurées et présentent de gros tores. La grande archivolte qui encadre la baie géminée sur chaque face est ornée de dents de scie. La corniche du toit est soutenue par des modillons de sculptures variées. Les contreforts du chevet sont du XII° siècle, ainsi qu'en témoignent les moulures des bases. (D'après J. Virey). La nef fut incendiée par les Huguenots entre 1569 et 1575, comme l'indique une note renfermée dans les archives de la paroisse. Ils brûlèrent en même temps les titres de l'église, et de la cure. Une épaisse couche de cendre que l'on trouve à un mètre de profondeur, près des murailles de l'église atteste le passage des religionnaires. L'abbaye de Charlieu devait pourvoir à tous les frais du culte et à l'entretien du chœur et du clocher. Le soin des nefs était à la charge des habitants. La justice était partagée entre les prieurs de Charlieu et les seigneurs de La Motte-Camp et de Champron. Le traitement du curé était assuré par les prieurs de Charlieu ; mais ces derniers acquittaient mal leur dette, de là une foule de procès dont on conserve la minute aux archives de la cure. Plusieurs châteaux existaient sur cette paroisse. Le château de Saint-Bonnet, à peu de distance du bourg, paraît avoir été construit au XV° siècle. Il n'en reste que quelques vestiges ; ce château servait de résidence en été aux prieurs de Charlieu. Au territoire de La Motte était celui de La Motte-Camp, ce manoir a totalement disparu ainsi que celui de Lyems qui lui faisait face. Paillet et Malfarat ne sont plus que des résidences de fermiers et semblent dater du XVII° siècle. Parmi les anciennes familles qui ont habité Saint Bonnet, il faut citer les de Vichy-Champron ; Monon de Sirvinge, seigneur de La Motte-Camp ; les Dupont qui possédèrent les seigneuries de Lyems et de La Motte ; les Donguy de Malfarat et la famille Magnin, alliée aux Captier et aux Pelletier.

Curés ayant administré la paroisse : Jean de la Ronziere vers 1517 ; Antoine de Sirvinge 1559 ; Bonnet Guyard 1531, vicaire puis curé ; Philibert Thévenet (1596-1646), de la famille Thévenet-Aumaître ; Messire Morestin, mort en 1660 ; Étienne Poyet (1660-1700) ; Guillaume Blanc (1700-1719) ; Jean Bardet (1719-1756) ; Étienne Deville (1756-1792). Durant la Révolution Gabriel Captier de la Mollerie, vicaire exerça le ministère ; Denis Chamborre (1801-1829) ; François Saulet (1829-1847) ; J.-M. Millier (1847-1861) ; Gonfrier (1861-...).


Saint-Christophe-en-Brionnais

1035 habitants. Poste de la localité, à 9 kilomètres de Semur, à 10 kilomètres de la gare de la Clayette, à 21 kilomètres de Charolles. Voitures pour Marcigny, La Clayette et Chauffailles. Superficie 1536 hectares, dont 1251 en prairies ; 217 en céréales et cultures ; 55 en bois ; 13 en vignes. Vins de durée ; les meilleurs sont à la Garenne, au Treuil et aux Fromentaux. Marché tous les jeudis, les plus considérables de la contrée pour les bêtes grasses, moyenne amenée, 700 chaque semaine. Riches prairies d'embouche. Source d'eau minérale ferrugineuse analogue à celle de Spa en Allemagne. Mine de plomb non exploitée. Tissage de la soie. Territoire ondulé au centre du Brionnais. Château à M. Meaudre. Les eaux appartiennent aux de Busseul.

La prieure de Marcigny nommait à la cure. Jocerand de Sartine lui donna l'église et la dîme en 1090. On voit un Jocerand de Saint-Christophe, chevalier en 1290. L'ancienne baronnie de Saint-Christophe fut possédée par les de Tenay pendant près de 400 ans. Ils l'avaient encore à la Révolution. La Bourgogne ayant été réunie à la couronne par Louis XI, on obligea sous Charles VIII tous les vassaux à lui prêter, foi et hommage. Ceux du Brionnais remontrèrent qu'ils s'étaient épuisés au service du roi et qu'en conséquence, il plairait au roi de commettre un seigneur du pays pour recevoir leur serment. Jean de Tenay, baron de St-Christophe reçut cette honorable commission en 1488. Le château des Noyers fut détruit par les Reîtres en 1576, ainsi que celui de Fougères. On voit un de Fougères chevalier au XII° siècle. Sancie de Fougères était religieux à Marcigny en 1136. Ce fief après avoir appartenu aux de Fougères, aux d'Alena, en 1380, aux d'Amanzé en 1588, aux de Busseul en 1595 rentra dans la famille de Tenay. Les seigneuries de Trelus et de Sernier, autrefois au chapitre de Semur, étaient aux marquis de Drée au XVIII° siècle. Le fief de Sully eut son château ruiné pendant les guerres de la Ligue.


Saint-Didier-en-Brionnais

363 habitants. Poste de Saint-Christophe, 6 kilomètres, à 10 kilomètres de Semur, à 9 kilomètres de la gare de Montceau-Vindecy et à 22 kilomètres de Charolles. Superficie 1134 hectares dont 778 en prairies, 192 en céréales et en cultures, 151 en bois et 13 en vignes. Vins ordinaires. Commerce de bétail gras. Excellentes prairies. Territoire dans la vallée de l'Arconce.

La prieure d'Anzy nommait à la curé. L'ancienne famille de l'Aubépin de Sainte Colombe en Forez était en possession de la seigneurie au XVIII° siècle. Les hameaux de Chérance et de Montraphon étaient des fiefs du prieuré de Marcigny depuis 1281. La Brosse du Busseul, autre fief donné à la prieure de Marcigny en 1063.


Sainte-Foye

332 habitants. Poste de Semur à 4 kilomètres, à 8 kilomètres de la gare de Marcigny, à 25 kilomètres de Charolles. Superficie : 830 hectares, dont 350 en prairies, 283 en bois, 166 en céréales et en cultures, 31 en vignes. Bon petit vin, les meilleurs sont récoltés à Launay, aux Effondrys. Commerce de bétail gras. Tissage de la soie. Territoire situé sur le plateau de Cherra à 500 mètres d'altitude, vue magnifique. Château moderne de Launay.

La prieure de Marcigny nommait à la cure. Le prieuré de Marcigny avait une Celle à Sainte-Foy en 1120. L'abbé de la Bénisson Dieu y levait la dîme. La prévôté d'Hurgues s'étendait sur cette paroisse qui avait pour seigneur au XVIII° siècle, Jean de Tenay, marquis de Saint-Christophe, à cause de son fief des Noyers. Cette terre avait appartenu à Girard de la Guiche au XV° siècle. Ce Girard tenait Sainte-Foy de son aïeule N. de Poquière. Il fut gouverneur de Savonne sous Charles VIII.


Saint-Julien-de-Jonzy

783 habitants. Poste de Semur à 5 kilomètres, à 7 kilomètres de la gare d'Iguerande et à 32 kilomètres de Charolles. Superficie 2514 hectares dont 1860 en prairies, 499 en bois, 112 en vignes, 42 en céréales et cultures. Vins de bonne qualité, on cite les crus de Gournand, des Échelles, des Theureaux. Commerce de bétail gras, de vins et de bois de chauffage. Village situé sur un plateau de 500 mètres d'altitude, territoire coupé par de petites vallées. Clocher et portail du XII° siècle. Cette commune portait le nom de Saint-Julien de-Cray avant d'être réunie à la paroisse de Jonzy qui forme une commune indépendante.

Jonzy : 245 habitants. Superficie 627 hectares dont 150 en cultures et en céréales, 104 en prairies, 71 en vignes et 302 en bois. Minerai de fer inexploité. Bonnes prairies. Village situé au sommet d'une colline. On a trouvé sur son territoire des médailles et monnaies romaines, entre autres une médaille d'argent à l'effigie d'Auguste ayant au revers la couronne de chêne entourée des mots : Ob cives servatos.

L'évêque de Mâcon nommait à la cure de Saint Julien. Au bas de la montagne sont les restes du château de l'Étang, possédé par la maison de Semur et au XVIII° siècle par le comte de Vichy Champron. À Boschevenoux était un ancien manoir. Girard, chevalier, en était seigneur en 1295. Sur ce territoire se trouvait la prévôté d'Yeurgue ou d'Hurgues, une des quatre de la châtellenie de Marcigny. La seigneurie de Chavannes a appartenu au chapitre de Semur. Fromentalet avait encore une tour en 1606. Les fourches patibulaires du seigneur de Champron étaient en haut du clos de Gournou. Sur la montagne du Cherra, Cassini fit des observations pour dresser la carte de France. Le chemin qui la traverse servait de limite au diocèse d'Autun et de Mâcon. Le ruisseau de Berry se jette dans le Suppléon (Saint-Nicolas) au-dessous de Champron. Pittoresque ruisseau appelé la Goutte d'Enfer.

Église de Saint-Julien-de-Cray : Nous empruntons la description suivante à M. Joseph Déchelette (l'Art roman en Brionnais) : Une construction moderne a remplacé l'ancienne église romane de Saint Julien-de-Jonzy, mais l'architecte a eu soin de conserver deux parties importantes du vieil édifice : le clocher et la porte principale. Oeuvre de la fin du XII° siècle, le clocher mérite d'être compté parmi les meilleurs types de clochers bourguignons. Cest une tour quadrangulaire que recouvre une pyramide en charpente. Le beffroi, ouvert par un seul rang de baies, s'élève au-dessus d'un soubassement plein et repose sur une rangée de curieuses arcatures portées par de courts pilastres à cannelures en encorbellement. Il est caractérisé par les vastes dimensions de ses percements. Sur chaque face s'ouvrent deux hautes et larges baies en plein cintre, accolées, dont le support commun est un faisceau de quatre colonnettes minces. La porte est un morceau de sculpture de très haute valeur. Les supports de cette porte sont, de chaque côté, un pilastre cannelé et une colonnette au fût grêle dont le chapiteau, corbeille d'acanthes aux profonds refouillements, plutôt ciselée que sculptée, parait emprunté au porche de Charlieu. Les deux pilastres, au contraire, s'amortissent sans chapiteaux sous le talloir qui marque la naissance des impostes ; l'extrémité de chaque cannelure abrite une pomme de pin. À ces couples de supports ne correspond aujourd'hui qu'une seule archivolte qu'ornent de larges feuilles dérivées de l'acanthe, repliées en crochets. Le tympan et le linteau pris dans un même bloc de pierre calcaire sont un des plus beaux morceaux de la sculpture bourguignonne au XII° siècle. Le linteau représente la cène et le tympan porte l'image du Christ glorieux assis sur un trône dans une auréole elliptique soutenue par deux anges. À Charlieu l'art bourguignon touche à sa plus haute perfection ; importance de l'œuvre mise à part, il serait difficile de constater une infériorité marquée dans la statutaire de Saint-Julien, tant sous le rapport de l'inspiration artistique que pour les qualités techniques de l'exécution. Ici, contrairement à ce qui existe à Charlieu, le Christ et les deux anges, ont gardé leurs têtes intactes ; le marteau huguenot ou terroriste qui a décapité les saintes images du linteau n'a pu porter ses coups assez haut pour mutiler le tympan. La tête du sauveur est médiocre, son nimbe manque d'ampleur ; mais celles des anges sont d'un ciseau énergique. Leurs cheveux retombent sur leurs épaules en boucles opulentes, mais leurs traits un peu rudes sont animés d'une mâle expression et n'ont rien de commun avec le type efféminé mis en vogue dans l'art chrétien par les Italiens. Deux caractères distinguent la sculpture du portail de St. Julien : dans la conception, la recherche manifeste du mouvement ; dans l'exécution, l'emploi d'un relief très accusé, rivalisant pour ainsi dire avec la ronde bosse. Et comme à Charlieu, la profondeur des évidements de la pierre est en effet très frappante. Le mouvement dans le geste et l'attitude atteint, avec les figures du porche de Charlieu, une énergie, une intensité qui peut difficilement être égalée. Le sculpteur de Saint-Julien, lui aussi, a su exprimer l'animation et la vie ; il marche dans une route nouvelle, hors de l'ornière bysantine ; il donne une âme aux corps inertes que ses devanciers lui ont laissés pour modèle. Sous son ciseau créateur, s'animent non seulement les êtres vivants, mais encore les vêtements, les accessoires. Voyez ces tentures dénouées qu'un souffle semble agiter, ces draperies flottantes, ces ailes brisées en replis sinueux. Les efforts manifestes de l'artiste pour lutter contre l'immobilité rigide des types traditionnels de la vieille école s'exercent avec un succès complet. Il possède maintenant l'art de draper une figure dans les plis d'une étoffe légère, d'habiller le corps humain, sans cacher les belles proportions de ses membres, sans paralyser le jeu de ses muscles. Sous ce rapport examinez les deux anges du tympan de Saint-Julien et vous vous demanderez si les sculpteurs de l'antiquité ont seul connu le secret des draperies manillées. Le linteau représente la cène. Le Christ et ses apôtres sont assis devant une table couverte de plats et d'ustensiles. C'est le poisson qui fait avec le pain l'unique nourriture des convives. À la droite de Jésus est placé saint Jean. Devant ce dernier et de l'autre côté de la table se tient agenouillé le traître Judas. La table est la même que celle de Charlieu ; soutenue par des pieds cannelés, elle est revêtue d'une nappe aux plis ; réguliers, méthodiquement disposés comme des lambrequins. À l'extrémité gauche, un serviteur prend de la main droite une amphore déposée sous une niche gallo-romaine surmontée d'un gabbe, tandis que de la main gauche, il dépose une assiette sur la table. Près de lui un convive présente sa coupe. À droite, un autre serviteur pénètre dans la salle par une porte du même style que la niche. D'une main il tient une coupe et de l'autre il soulève un pan de la nappe. Le ciseau de l'artiste se plaît aux menus détails : C'est le propre de tout art primitif. Il a besoin d'indiquer scrupuleusement l'appareil du mur de la salle et la tenture brodée qui la décore. Un second sujet complète l'ornementation du linteau et en occupe les deux extrémités : c'est le lavement des pieds. À droite, Jésus à genoux lave les pieds de Saint-Pierre qui porte les clefs ; le prince des apôtres est assis sur un siège richement orné, dont les accoudoirs sont ajourés d'arcatures. De l'autre côté, deux disciples opèrent la même ablution ». [Joseph Déchelette, L'Art Roman en Brionnais, p. 89 et s.]


Sarry

268 habitants. Poste de Saint-Christophe, à 6 kilomètres ; à 7 kilomètres de Semur, à 8 kilomètres de la gare de Marcigny et à 23 kilomètres de Charolles. Superficie 967 hectares dont 412 en prairies, 287 en céréales et cultures. 133 en bois et 35 en vignes. Commerce de bétail. Excellentes prairies. Territoire dans un vallon.

Châteaux d'Essiat, du Magny, vieux manoir à M. Neyrand, Cet ancien château a été ruiné à la Révolution. Il n'en reste qu'un corps de logis privé de tours et deux portails. Les armes de François de l'Aubépin de Sainte-Colombe-en-Forez ont été effacées par les révolutionnaires. À Chessy, on voyait une chapelle qui fut une succursale de Sarry. Boisset et Magny étaient des fiefs relevant du prieur d'Anzy. Courtépée indique à Sarry la meilleure prairie de la province ; elle appartenait au seigneur et pouvait nourrir 125 bœufs.


Varenne-l'Arconce

366 habitants. Poste de Saint-Christophe à 7 kilomètres, à 13 kilomètres de Semur, à 17 kilomètres de Charolles et à 11 kilomètres de la gare de Montceau-Vindecy. Superficie 837 hectares, dont 580 en prairies, 100 en céréales et en cultures, 37 en bois et 20 en vignes. Vins ordinaires. Commerce de bétail gras. Carrière de grès. Territoire accidenté. Église du XI° siècle, monument historique.

La prieure de Marcigny nommait à la cure depuis 1094. Saint Odilon y établit un prieuré de Bénédictins en 1045, uni depuis à Marcigny. Le prieur de ce monastère fit hommage au roi de la terre de Varenne en 1244. Cette seigneurie avait été donnée en différents temps à Marcigny. Arthaud de Briant cède l'église et la dîme en 1094 ; Constance de Semur dite de Varenne y légua des fonds ; le fief de Montrafon fut cédé par Marguerite de Marrilli, en 1281. Le fief de Forges, vendu par les Bénédictins, en 1393, à Jean du Palais, passa à Ant. de Digoine, en 1444 ; à Ant. de Vichy, en 1486 ; à Laurent de Thenay, en 1630 ; puis aux Joleaud. La maison dite la Tour Varenne, jadis aux Raquin, en 1500, passa aux Rosselin, puis à J.B. Joleaud, en 1642. Ce fief était au XVIII° siècle entre les mains de J.B. Bouthier de Rochefort. Les États du Charollais firent construire un pont sur l'Arconce en 1731. Une charte de Cluny nous apprend que, vers le milieu du XI° siècle, un seigneur nommé Artaud, et sa femme Eldeburge donnèrent au chef de l'ordre bénédictin l'église de Varenne-en-Brionnais, alors dédiée à la Vierge et à saint Pierre. » [Recueil des Chartes de l'abbaye de Cluny, Aug. Renard et Alex Bruel, tome IV, n° 2874]. D'après Courtépée, le donateur se serait nommé Artaud de Brionnais ou de Brian (Briennensis) ; il aurait cédé en 1045, l'église de Varenne à saint Odilon pour y fonder un prieuré donné ensuite, en 1094, au couvent de Marcigny. Le prieuré fut détruit pendant les guerres de la Ligue.

Varenne possède une superbe église qui est classée parmi les monuments historiques. J. Déchelette la décrit ainsi dans l'Art Roman en Brionnais : L'église de Varenne, monument d'un haut intérêt, s'est conservée intégralement jusqu'à nous. L'architecte, M. Selmersheim, inspecteur des Beaux-Arts, n'a eu qu'à consolider la vieille construction lorsque la commission des monuments historiques en a décidé la restauration. Ces travaux de réparation ont fait disparaître les traces de l'appareil défensif dont le clocher avait été muni, il y a plusieurs siècles. C'est la seule modification apportée aux dispositions anciennes de l'édifice. Les tours d'église, transformées en donjon, sont encore assez abondantes dans nos provinces ; elles subsistent comme témoins de ces époques troublées de notre histoire où l'on ne connaissait guère la sécurité dans les campagnes, alors théâtre de scènes sanglantes et meurtrières. Contrairement aux dispositions habituelles de la mise d'une église à l'état de défense, le mur de l'abside de Varenne n'avait pas été surélevé, mais au sommet du clocher on avait disposé un crénelage en maçonnerie ; de plus en murant jusqu'à mi-hauteur les fenêtres basses du beffroi, on avait obtenu un second rang de créneaux. À quelle époque doit-on faire remonter cette transformation ? Bien souvent, les moines et les habitants de Varenne ont eu l'occasion de s'armer contre des envahisseurs ou d'audacieux voleurs. Au XIV° siècle, le Charollais et le Brionnais furent ravagés par le prince de Galles, fils du roi Édouard III, qui passa la Loire à Marcigny, en 1366. Pendant les querelles meurtrières des maisons d'Orléans et de Bourgogne, sous Charles VI, les ducs de Bourbon et les comtes de Beaujeu traitèrent Semur comme pays ennemi, dit Courtépée. Au temps des guerres de religion, Poncenat, St-Aubrin et le prince Casimir, désolèrent la région brionnaise à la tête de deux bandes indisciplinées. Mais c'est probablement pendant les guerres de la Ligue que l'on eut plus particulièrement recours à ce procédé expéditif des fortifications. C'est ainsi que l'église d'Avrilly fut changée en forteresse par le capitaine Mont, en 1592, et brûlée par un châtelain d'Arcy. Courtépée nous apprend aussi que le prieuré de Varenne fut détruit pendant ces malheureuses luttes religieuses. Les créneaux du clocher n'avaient donc pas suffi à arrêter l'assaillant. Le plan de l'église est cruciforme ; il comporte une nef centrale sans étagement, bordée de collatéraux, croisée d'un transept et terminée à l'orient par une seule abside semi-circulaire, précédée dans, une courte travée de chœur. La tour est posée sur le carré du transept. Les heureuses et originales dispositions de la façade en font un modèle accompli d'ordonnance ingénieuse, obtenue par le moyen le plus simple sans le secours de la sculpture. Au rez-de chaussée s'ouvre une vaste et belle porte en plein cintre dont le haut est fermé par un tympan et un linteau sans ornementation. Les archivoltes, ne sont que de grosses moulures toriques, en retraite, encadrées d'un triple rang de billettes. Deux colonnettes servent de supports. Les chapiteaux, d'une exécution assez primitive, ont pour tailloir commun un large cordon chargé de besants qui se profilent sur toute la largeur de la porte. Pour obtenir un ébrasement plus profond et par là de plus puissantes oppositions de lumière et d'ombre, l'architecte de Varennes a fait saillir les archivoltes de la porte sur le nu du mur de la façade et pour protéger l'extrados contre les eaux de pluie, il a fait courir horizontalement un épais bandeau mouluré qui marque la naissance du premier étage. Là les contreforts cessent d'être noyés dans le massif central de la façade, mais ils se présentent sous la forme d'un dosseret à section rectangulaire auquel est adossé un pilastre cannelé, surmonté d'un talus. Au centre est percée dans le mur une baie à large ébrasement. De chaque coté de cette baie s'avance en saillie une petite colonnette effilée séparée du contrefort latéral par deux arcatures lombardes. Un bandeau couronne cet ensemble. Un pignon, évidé au centre d'une petite ouverture complète, termine la façade. Le clocher comprend un soubassement et deux étages d'ouverture, et se termine par une pyramide quadrangulaire en charpente. Sur chacune des faces sont appliquées, de haut en bas trois demi-colonnes d'une faible section ; elles se terminent sous les modillons de la corniche. Le percement du beffroi consiste, pour chaque face et à chaque étage, en un rang de deux fenêtres à plein cintre toutes pourvues de colonnettes d'angles, mais les fenêtres supérieures sont géminées, c'est-à-dire séparées en deux petites baies à colonnettes accouplées et inscrites sous une archivolte commune. Une belle porte latérale donne accès dans le bas-côté sud. Elle est rectangulaire. Sur son tympan, on voit une curieuse sculpture romane représentant l'agneau pascal ; il se dirige à gauche, portant du pied antérieur gauche une croix stationnale nimbée. Au-dessus de cette dalle est bandé un arc de décharge qui forme une large plate-bande semi-circulaire ornée de cinq roses épanouies inscrites dans des cercles. L'intérieur de l'église compte trois travées dans chaque nef. Les collatéraux sont voûtés d'arêtes, la grande nef, les croisillons, la travée du chœur, en berceau, l'abside en demi-coupole, le carré du transept en coupole sur trompes. Tous les grands arcs sont en cintre brisé, de même que les voûtes en berceau. Les piliers de la nef sont des massifs de maçonnerie quadrangulaires, contournés de demi-colonnes, remplacées sur les bas côtés par des dosserets, à forme de pilastres rectangulaires. Une arcature romane à cinq compartiments, avec colonnettes engagées, posées sur un banc continu, suit le pourtour de l'abside. Le cordon horizontal, qui marque la naissance de la demi-coupole, est relié aux chapiteaux des colonnettes par des pilastres cannelés. Sur les chapiteaux de la nef, on voit, outre la décoration végétale, des figures que les sculpteurs romans des XI° et XII° siècles ont fréquemment reproduits. La sculpture manque de fini, ce qui tient à la nature de la pierre employée, mais elle est d'un dessin énergique. [Jos. Déchelette, L'Art Roman en Brionnais, p. 91 et s.]

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