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La Généalogie et les Alliances de la Maison d'Amanzé au Comté de Mâconnais dans le Gouvernement du Duché de Bourgogne

Généalogie et alliances de la maison d'Amanzé par d'Hozier et Palliot

Dressée sur Titres, Histoires, Registres du Chapitre de l'Église Métropolitaine & Primatiale de Saint Jean de Lyon, & autres bonnes preuves, par le sieur d'Hozier, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, généalogiste de sa majesté, & juge général des armes de France. Avec les preuves et quelques additions mises par Pierre Palliot, parisien, imprimeur du roi, du révérentissime évêque & duc de Langres, de messieurs les élus des états de Bourgogne & de la ville de Dijon, marchand libraire, graveur en taille douce, maître orfèvre à Paris, résidant audit Dijon. A Dijon chez ledit Palliot, à la Reine de Paix, devant le palais (1659). [Source : Google Livres]

A Monsieur le comte d'Amanzé

Monsieur,

C'est un grand avantage à un homme d'avoir tiré sa naissance d'une famille qui soit noble : Un sang illustre est tout rempli de semences de vertu, & l'âme y trouve une parfaite disposition à y faire éclore beaucoup d'actions glorieuses. A cause de cela, plusieurs qui n'ont pas le bonheur d'être nés gentilshommes, s'efforcent de gagner ce titre dans l'opinion de tout le monde, comme si l'on ne pouvait croire que rien de généreux put être fait par ceux qui ne sont pas de cette condition-là. Il y en a eu autrefois qui lui ont souhaité quelque chose, à savoir des biens de fortune, pour le tenir occupé dans les exercices qui lui conviennent, pour ce que la vaillance n'est pas la seule vertu quelle doive pratiquer, & que la grandeur décourage ne parait pas moins durant la paix que dedans la guerre. On se peut montrer entilhomme à tous rencontres, & la preuve la plus expresse que l'on en puisse donner, et de faire voir qu'on est d'une nature bienfaisante. Or, Monsieur, cette qualité qui est si naturelle à votre âme, confirme avantageusement celle de votre noblesse, si bien que ceux qui ne savent pas l'ancienneté de votre race, le nombre de ses illustres alliances, & le glorieux mélange quelle a avec la maison de nos rois, n'en peuvent douter, lorsqu'ils considèrent & admirent tout ensemble, cette humeur douce & obligeante, qui vous fait même prévenir ceux qui ont besoin de votre faveur ; & ce louable & magnifique usage des biens qu'il a plu à Dieu de vous départir. C'est donc ce rare mérite, & toutes ces excellentes qualités que vous possédez, qui m'ont fait naitre l'envie de vous consacrer mon service. Et pour ce que je n'ai pas cru que rien vous du être plus agréable, que de voir comme en un tableau raccourci, tous ceux qui d'âge en âge ont formé le lustre de votre maison, & transmis à votre personne toutes les vertus dont ils se sont signalés. Je me suis avisé de vous présenter votre Généalogie, que ma curiosité, en telle matière, ma fait fort soigneusement rechercher, afin que pouvant, par manière de dire, voir & entretenir a toute heure, tous ces fameux personnages, dont vous descendez, soit du coté de feu Monsieur votre père soit de celui de feue Madame votre mère, où de toutes parts vous n'y trouverez que de l'éclat, de la lumière, & de la gloire, ce vous soit un perpétuel objet d'admiration & de joie, & une marque infaillible du désir que j'ai d'être toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

D'Hozier.

Remarques sommaires sur la maison d'Amanzé.

Comme le duché de Bourgogne est un pays d'une ample étendue, aussi est-il rempli abondamment d'une généreuse noblesse, & l'on peut dire avec vérité, qu'entre les maisons qui tiennent des premiers rangs dans cette province, celle d'AMANZÉ, honorée du titre de vicomté, qui est située dans la châtellenie du Bois Sainte Marie au comté de Mâconnais, & dont les seigneurs & barons de Chauffailles (Choffailles), sont sortis puinés, est l'une des plus considérables, soit que l'on ait égard à son antiquité qui est telle, que bien que le temps ait presque effacé, & comme enseveli la suite des meilleures & plus anciennes races de ce royaume : celle-ci se peut vanter sur beaucoup d'autres, qu'elle s'est conservée dans la mémoire des hommes au delà de quatre siècles : soit aussi pour avoir produit plusieurs personnages pleins de mérite & de valeur, qui ont dignement servi les ducs de Bourgogne de la première & de la seconde branche, pendant qu'ils ont été sous leur domination, & après nos rois & l'État, depuis la réunion du duché à la couronne, ayant d'ailleurs eu d'autant plus de moyen d'entretenir le lustre, & la splendeur de leur maison, qu'ils ont possédé, & possèdent encore, plusieurs belles & riches terres & seigneuries. Et comme les hautes alliances ne sont pas comptées entre les moindres honneurs qui ont accoutumé de décorer les familles, cet avantage leur est encore demeuré, que jusqu'à présent ils n'ont jamais pris femmes qu'en des maisons illustres & renommées, de quoi on ne saurait rendre une plus certaine preuve, ni un témoignage plus assuré, que celui qui se tire des registres des archives du chapitre de l'Église de St. Jean de Lyon, dont le roi est le premier chanoine, & où par une prérogative unique & singulière, il y a eu jusqu'à onze du nom d'AMANZÉ, qui en divers temps y ont été chanoines & comtes, qui y font deux qualités inséparables, comme chacun sait, & même la plupart d'iceux, y ayant été honorées des principales dignités, ainsi qu'on verra par la généalogie ci-après représentée.

Mais pour ne rien omettre de tout ce qui peut au surplus rendre une famille recommandable, jusqu'aux premiers degrés, il est encore à propos de remarquer, que celle d'AMANZÉ reçoit un autre accroissement de gloire, par le mélange qu'elle a fort proche avec l'auguste & royale maison de France, puisque le seigneur comte d'AMANZÉ aujourd'hui vivant, a cet honneur insigne d'être issu légitimement par la ligne des femmes, & par Isabeau de Bourbon sa bisaïeule maternelle, de Robert de France, comte de Clermont, grand chambrier de France, & de Beatrix de Bourgogne, dame de Bourbon son épouse, & par conséquent du sang du roi St Louis, & de Marguerite de Provence sa femme, desquels ce prince était cinquième fils. Ce que pour entendre plus facilement & plus intelligiblement nous le montrerons par la Table Généalogique mise ci-après, & dressée sur l'Histoire Généalogique qui en a été faite par messieurs de Sainte Marthe, frères, historiographes du roi.

Les seize quartiers ou lignes paternelles, et les seize quartiers ou lignes maternelles de Gaspard d'AMANZÉ, comte d'Amanzé

Figures

Table généalogique par laquelle on voit que Mr le comte d'Amanzé descend par la ligne des femmes, de la maison royale de France, & qu'il attouche de parenté du septième au huitième degré, au roi à présent régnant.

1. SAINT LOUIS IX du nom, roi de France, épousa MARGUERITE de Provence.

2. PHILIPPE le Hardi, roi de France, tige des autres rois.
2. ROBERT de France, comte de Clermont, épousa BEATRIX de Bourgogne, dame de Bourbon.

3. LOUIS I duc de Bourbon, épousa MARIE de Hainaut.

4. PIERRE I duc de Bourbon, duquel sortirent les autres ducs de Bourbon.
4. JACQUES de Bourbon, comte de la Marche, épousa JEANNE de Châtillon, dite de St. Paul.

5. JEAN de Bourbon, comte de la Marche, épousa CATHERINE, comtesse de Vendôme.

6. LOUIS de Bourbon, comte de Vendôme, épousa JEANNE de Laval.
7. JEAN de Bourbon II du nom, comte de Vendôme, épousa Isabeau de Beauvau.
8. FRANCOIS de Bourbon, comte de Vendôme, épousa Marie de Luxembourg.
9. CHARLES de Bourbon, premier duc de Vendôme, épousa FRANÇOISE d'Alençon.
10. ANTOINE de Bourbon, roi de Navarre, épousa JEANNE d'Albret, reine de Navarre.
11. HENRI le Grand, roi de France & de Navarre, épousa MARIE de Médicis.
12. LOUIS le Juste, XIII du nom, roi de France & de Navarre, épousa ANNE d'Autriche.
13. LOUIS XIV roi de France et de Navarre.

6. JEAN de Bourbon, seigneur de Carency, épousa JEANNE de Vendômois.
7. JACQUES de Bourbon, seigneur d'Aubigny, puis de Carency, épousa ANTOINETTE de la Tour-d'Oliergues.
8. CHARLES de Bourbon seigneur de Carency, épousa l'an 1493, CATHERINE d'Alegre.
9. ISABEAU de Bourbon, dame de Carency, épousa l'an 1516, FRANÇOIS d'Escars, seigneur de la Vauguyon.
10. JEAN d'Escars, seigneur de la Vauguyon, épousa ANNE de Clermont.
11. ISABEAU d'Escars, dame de Combles, épousa JEAN baron d'Amanzé.
12. GASPARD comte d'Amanzé.

Table des maisons alliées par le mariage en celle d'AMANZÉ

L'Aubespin, Balorre, Bayard, Bouloigne, La Bussière, Busseul (ou Beuxeul), Chandieu, Chantemerle, Chauvirey, Coligny-Saligny, Damas la Bazolle, Damas-Digoine, Damas-Estieugues, Dio (ou Diou), Escars-Vauguyon, Des Gouttes (voir Raquin), La Guiche, Jacquot-Mypont, Marcilly, Mitte-Chevrières, Montjournal, Moncoquier, Montchanin, Raquin-des-Goutes, Semur, Traves-Dracy, Du Verney-la Garde, Villon.

Les branches de la maison d'Amanzé traitées en cette généalogie

Les seigneurs, barons, puis vicomte d'Amanzé aînés de la famille, page 1 & suivante. Les seigneurs barons de Choffailles & d'Estieugues, page 61 & suivantes.

Table généalogique de la maison d'Amanzé

1er degré :

PIERRE d'Amanzé, seigneur d'Amanzé, vivait les années 1268 & 1290. Il épousa ISABEAU de Dio.

2ème degré :

JEAN d'Amanzé, seigneur d'Amanzé, premier du nom, épousa MARGUERITE de la Bussière, puis JEANNE de Marcilly, sans enfants.
HUGUES d'Amanzé, religieux à Cluny.
ALIX, JEANNETTE, MARGUERITE & ISABELLE d'Amanzé, religieuses de Saint Menoulph.

3ème degré :

GUILLAUME d'Amanzé, fils de Jean, seigneur d'Amanzé, premier du nom, épousa MARGUERITE de Busseul.
MARGUERITE d'Amanzé, épousa JEAN de Busseul seigneur de Saint Saturny.
Deux autres filles, dont les noms sont ignorés.

4ème degré :

JEAN d'Amanzé, fils de Guillaume, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, vivait en l'an 1386, & épousa ANTOINETTE de Villon.
MARIE d'Amanzé fut mariée avec JEAN de Chauvirey, seigneur de Chauvirey.

5ème degré :

GUILLAUME d'Amanzé, fils de Jean, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, épousa MARGUERITE de Semur.
JEAN d'Amanzé, chanoine de Saint Jean de Lyon, & chamarier.
BERAUD d'Amanzé, chanoine de Lyon, doyen de Chalon.
PIERRE d'Amanzé, chanoine & sacristain de St. Jean de Lyon.
RENAUD d'Amanzé, chanoine de Lyon, & maître de chœur.

6ème degré :

GUILLAUME d'Amanzé n'eut enfants de Marie Damas.
JEAN, PIERRE & GAUGUIN d'Amanzé, morts sans être pourvus.
JEAN d'Amanzé, chanoine & chamarier de Lyon.
JACQUES d'Amanzé, fils de Guillaume, seigneur d'Amanzé épousa ESTIENNETTE de Chantemerle, puis PHILIPPE Damas.
ANTOINE d'Amanzé, chanoine de Lyon.
JEANNE d'Amanzé.

7ème degré :

JEAN d'Amanzé, fils de Jacques, troisième du nom, seigneur d'Amanzé, du premier lit, épousa BEATRIX MITTE dite de Chevrières.
FRANÇOISE d'Amanzé, du premier lit, & épousa JEAN de Chandieu, seigneur de Chandieu et autres lieux.
FRANÇOIS d'Amanzé, du deuxième lit, seigneur de Chauffailles, duquel sont issu les autres seigneurs de Chauffailles, page 61.

8ème degré :

JACQUES d'Amanzé, mort à Pavie, l'an 1525.
CLAUDE d'Amanzé, comte & doyen de Lyon.
GUILLAUME d'Amanzé, mort à Renty, 1554.
PIERRE d'Amanzé, fils de Jean, II du nom, épousa ANTOINETTE de Coligny, dite de Saligny.
CHARLES d'Amanzé, chevalier de Malte.
JEAN d'Amanzé, mort à St Quentin, 1557.
Cinq filles dont une mariée, & quatre religieuses.

9ème degré :

JEAN d'Amanzé, fils de Pierre, baron, puis vicomte d'Amanzé, deuxième du nom épousa ISABEAU d'Escars, puis ANTOINETTE de l'Aubespin, de laquelle il n'eut enfants.
LOUISE d'Amanzé épousa ANTOINE de Montjournal, seigneur de Sindré,
MARIE d'Amanzé femme de CLAUDE de Balorre, seigneur dudit lieu.
ISABEAU d'Amanzé, mariée à FRANÇOIS de Bouloigne, seigneur de Salles.
ESTHER d'Amanzé, alliée à FRANÇOIS de Moncoquier, seigneur de Moncoquier.

10ème degré :

GASPARD, fils de Jean, comte d'Amanzé, baron de Combles, a épousé FRANCOISE-JAQUOT de Mypont.
ANTOINE d'Amanzé, décédé en bas âge.
FRANÇOIS d'Amanzé, seigneur de St. Germain, mort en jeunesse.

11ème degré :

HENRI d'Amanzé en bas âge.
JEAN-JACQUES d'Amanzé, comte d'Amanzé, mort en bas âge.
LOUIS d'Amanzé, baron d'Amanzé.
JOSEPH d'Amanzé.
BERNARD d'Amanzé décédé.
LOUISE d'Amanzé, religieuse.
MAGDELAINE d'Amanzé.
FRANÇOISE ANNE, et MARIE, d'Amanzé, religieuses.
CLAUDE GABRIELLE, & DIANE d'Amanzé, décédées.


Terres et seigneuries possédées de temps en temps, par ceux de la maison d'Amanzé

Amanzé (baronnie puis vicomté), Arcinges, les Bastis, Beaurepaire, Belmont, Biere, Boisdumont, Bourgerot, Carron, Chazeul, Cheminot, Chauffailles, Combles (baronnie), Corcelles, Corcheval, Cour, Cros de Vaux, Ecoche, Esserot, Estenevins, Estieugues, les Feuillées, la Font, Laugères, Lessartot, le Montet, Mypont, la Place, Ponthion, Prisy, Prusilly, Puligny, Rochy, Saint Ambroise, Saint Germain la Montagne, Thiracou, Toulesie, Tramay, Turrant, la Vaux, la Vallée, Visy, Virey.

Des armes, supports et cimier de la maison d'AMANZÉ

Ceux de la maison d'AMANZÉ, portent pour armes, un écu de gueules à trois coquilles d'or.
Supports ou tenants deux levrettes d'argent, accolées de gueule, bordé, cloué, et bouclé d'or.
Cimier, une levrette naissante d'argent, accolée de gueules, bordé, cloué & bouclé d'or.
Pennaches ou hachements, communément appelés lambrequins ou lamequins, des metail & couleur de l'écu à savoir d'or & de gueules.

Généalogie et alliances de la maison d'Amanzé

I. PIERRE D'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, est le plus ancien de cette maison dont la mémoire est parvenue jusqu'à nous. Il vivait sous le règne de St. Louis, & de Philippe le Hardi son fils, rois de France, ès années 1268 & 1290. Le temps n'a laissé aucune mémoire de ses actions, sinon qu'il se trouve nommé, comme l'un des hommes liges du comte de Mâcon & l'un des principaux seigneurs du pays de Mâconnais, dans un livre des fiefs du même comte, rapporté par Pierre de Saint Julien Balleure dans ces écrits ; ce qui rend un évident témoignage du rang qu'il tenait en ce temps-là. Et de plus il parait par un titre de l'an 1323 qu'il portait la qualité de chevalier, & qu'il avait été marié avec une dame appelée Isabeau de Dio (que le vulgaire nomme Diou) sœur de Jean & de Dalmas de Dio, chevalier, de l'un desquels sont vraisemblablement descendus les Palatins de Dio, seigneurs de Saint Beurry & de Montperroux, alliés aux meilleures & plus anciennes familles du duché de Bourgogne. Quoi qu'il en soit, il est certain que de Pierre d'Amanzé ci-dessus, & d'Isabeau de Dio sa femme, sortirent deux fils & quatre filles, mentionnés ci-dessous.

Enfants de PIERRE D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, & D'ISABEAU DE DIO.

II. Jean d'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, qui continua la lignée.
II. Hugues d'Amanzé, qui embrassa l'état monastique, & fut religieux en l'abbaye de Cluny.
II. Alix d'AMANZÉ,
II. Jeannette d'Amanzé,
II. Marguerite d'Amanzé, &
II. Isabelle d'Amanzé, prirent le voile de religieuses en l'abbaye de St. Menoulph (St Menoux) en Bourbonnais.

II. JEAN D'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, premier du nom, fils & successeur de Pierre, seigneur d'Amanzé, aussi chevalier, & de dame Isabeau de Dio son épouse, fut marié deux fois. En première noces il épousa damoiselle Marguerite de la BUSSIERE, fille de Jean de la Bussière, chevalier, seigneur de la Motte, & d'Edeline de Saint Aubin sa femme. Le traité de ce mariage fut fait le jeudi trentième jour de septembre, fête de Saint Michel Archange, l'an 1323 auquel assistèrent de la part dudit Jean d'Amanzé, Jean & Dalmas de Dio ses oncles maternels, qui furent cautions de ses conventions matrimoniales : & de la part d'Edeline de Saint Aubin, Guillaume de Saint Aubin son frère, Jean de Morchamp, & Louis de Charlieu, damoiseaux, qui se constituèrent aussi cautions pour la même Edeline de Saint Aubin, fille de Beatrix de Marigny : Ce qui s'apprend du susdit traité de mariage, par lequel il parait aussi, que Agnette de la Motte était mère de Jean de la Bussière susnommé, père de Marguerite de la Bussière, qui de Jean d'Amanzé son mari, procréa un fils & deux filles. Puis elle étant décédée, il reprit une seconde alliance avec Jeanne de Marcilly, veuve de Guillaume de Busseul, dit le Mouton, seigneur de Saint Saturny, communément nommé Saint Sernin, sœur de Marguerite de Marcilly, femme de Guillaume de Montravel, seigneur de la Faye, & fille d'Antoine de Marcilly, seigneur de Chalmazel & de la Ferrière, & d'Audis de Saint Priest. Les cérémonies de ce mariage se firent dans l'Église de Saint Philibert à Charolles le lundi avant la fête de Toussaint, l'an 1338 en présence de Jean de Marcilly, chevalier, seigneur de Chalmazel, frère de Jeanne de Marcilly ci-dessus : Et par le même contrat il fut convenu, que Marguerite de Busseul sa fille, & de Guillaume de Busseul son premier mari, épouserait Guillaume d'Amanzé, fils du susdit Jean d'Amanzé, & de Marguerite de Bussière sa première femme, & Marguerite d'Amanzé prendrait en mariage Jean de Busseul, frère de Marguerite de Busseul, faisant par ainsi une double alliance : ce qui fut peu de temps après accompli & exécuté comme nous verrons ensuite.

Enfants de JEAN D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, premier du nom, & de MARGUERITE DE LA BUSSIERE sa première femme.

III. GUILLAUME d'AMANZÉ, premier du nom, seigneur d'Amanzé, qui a continué la lignée.
III. Marguerite d'AMANZÉ, suivant l'accord fait ci-dessus l'an 1338 fut à quelque temps de là mariée avec JEAN de BUSSEUL, dit le Mouton, seigneur de S. Saturny : & de ce mariage sont successivement descendus les autres seigneurs de St. Saturny ou de St. Sernin jusqu'à maintenant, un desquels nommé Laurent de Busseul, aussi seigneur de St. Sernin, fils de Charles de Busseul, & d'Antoinette de Gorrevod, s'est du depuis encore allié pour la seconde fois en la même maison d'Amanzé, ayant épousé Diane d'Amanzé, de la branche de Chauffailles, comme nous remarquerons ci-après en son lieu.
III. Deux autres filles de Jean, seigneur d'Amanzé, & de Marguerite de la Bussière, desquelles les noms sont ignorés, & qui furent religieuses.

III. GUILLAUME D'AMANZÉ, chevalier, premier du nom, seigneur d'Amanzé, fils de Jean seigneur d'Amanzé, aussi premier du nom, & de Marguerite de la Bussière sa première femme, lequel Jean seigneur d'Amanzé son père, en épousant Jeanne de Marcilly en secondes noces, l'an 1338 arrêtât le mariage du même Guillaume d'Amanzé avec Marguerite de Busseul, fille de la susdite Jeanne de Marcilly, & de Guillaume de Busseul, dit le Mouton, chevalier & seigneur de Saint Saturny son premier mari, ayant aussi d'ailleurs fait un autre mariage de Jean de Busseul, frère de Marguerite susnommée, avec Marguerite d'Amanzé, sœur de Guillaume d'Amanzé, ainsi que nous avons déjà dit ci-dessus. La maison de Busseul où il s'allia, a de tout temps été fort connue & renommée dans la province de Bourgogne. Elle a été divisée en deux branches, savoir en celle des seigneurs de Moulins sur la Reconce, & de St. Sernin, anciennement dit St. Saturny. Charles de Busseul issu par plusieurs degrés de générations de Jean de Busseul, seigneur de St. Saturny, & de Marguerite d'Amanzé, fut seigneur de St. Sernin. Il épousa une fille de Veré, proche parente de Jean de Veré, dit la Mouche, seigneur de Germolles, qui vivait du temps de l'empereur Charles Quint, & d'elle il eut Philibert de Busseul, chevalier, seigneur de Saint Sernin, marié avec Magdeleine de Sercy, sœur de Claude de Sercy, seigneur d'Huxelles, & d'eux naquit Charles de Busseul, seigneur des lieux susdits, qui d'Antoinette de Gorrevod son épouse, laissa Laurens de Busseul, aussi seigneur de Saint Sernin, qui pour la troisième fois s'allia en la maison d'Amanzé, en le mariant avec Diane d'Amanzé, fille de François d'Amanzé, seigneur de Chauffailles, & de Catherine de Semur. De ce mariage sont issus deux fils, dont l'un est Marc Antoine de Busseul, seigneur de Saint Sernin, qui a pour femme Gabrielle des Serpens, fille du seigneur de Gondras, & l'autre est chanoine à St. Pierre de Mâcon, collège de gentilshommes. Mais pour revenir à Guillaume d'Amanzé susmentionné, & à Marguerite de Busseul, ils eurent de leur mariage un fils & une fille.

Enfant de GUILLAUME d'AMANZÉ.

IV. Jean d'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé qui suit.
IV. Marie d'AMANZÉ, fut conjointe par mariage avec Jean de Chauvirey, dit le Grand, seigneur de Chauvirey au comté de Bourgogne, dont naquit Vautier de Chauvirey, seigneur dudit lieu & de Châteauvillain, lequel, de Beatrix de Nanton sa femme, eut entre autres enfants un fils nommé Guillaume de Chauvirey, premièrement chanoine d'Autun, puis chanoine & comte en l'Église de Saint Jean de Lyon, où il fut reçu l'an 1412. Il fut après archidiacre de la même Église, & prieur de Saint Hyrinier les Lyon.

IV. JEAN D'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, fils de Guillaume, premier du nom, seigneur d'Amanzé, & de Marguerite de Busseul son épouse, vivait sous Charles VI roi de France, l'an 1386 & peu après il fut marié avec une dame nommée Antoinette de Villon, issue d'une bonne & noble famille de ce temps-là : ce qui se recueille d'un livre manuscrit conservé dans les archives du chapitre de l'illustre & célèbre Église de Saint Jean de Lyon, côté numéro VI, page CXVIII auquel lieu personne ne peut entrer & être reçu chanoine & comte, qu'il ne fasse preuve de noblesse, & ne soit gentilhomme de nom & d'armes, tant du côté paternel que maternel. Par le même registre il se voit que Antoinette de Villon était fille unique & héritière de Jacquet de Villon, chevalier, seigneur dudit lieu, & de la fille de Guillaume de Malleyo, chevalier, & que de Jean d'Amanzé son mari, elle eut plusieurs enfants, quatre desquels furent chanoines en la même Église de Lyon, ainsi que nous dirons encore ci-après.

Enfants de JEAN D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, & d'ANTOINETTE DE VILLON.

V. Guillaume d'Amanzé, deuxième du nom, seigneur d'Amanzé, duquel fera fait mention ci-après & sa postérité amplement déduite.
V. Jean D'AMANZÉ, second fils de Jean d'Amanzé, & d'Antoinette de Villon, ayant été destiné à l'Église avec Béraud, Pierre, & Renaud d'Amanzé ses frères, fut premièrement pourvu de la chapellenie de Saint Eloi, fondée en l'Église & prieuré de Saint Pierre de Mâcon, & puis d'un canonicat & prébende en l'Église de Saint Jean de Lyon, par permutation de sa chapelle Saint Eloy, avec Etienne de Semur (de Sinemuro) chanoine & comte dudit Lyon. Ceux qui procédèrent à sa réception, capitulairement assemblés, furent Pierre de Montjeu (de Monteioco), doyen, Huguenin (Hugoninus) de Talaru, précenteur, Amédée de Talaru, chantre, Gilles ou Gillet d'Albon (Giletus de Albone), Offroy (offredus) de Farnay, Geoffroy (Gauffridus) de Theliz, Louis de Dortans (de Dortanco), Henry d'Albon, & Huguenin de Propus chanoines, qui lui donnèrent rang parmi les comtes, au côté gauche de cette auguste Église, & au chapitre, après avoir entendu les dépositions de nobles & puissants seigneurs le Palatin de Dio, seigneur de Dio ; Amphor ... Amphorium de Sancto Habundo, chevaliers (Milites) nobles Jean de Busseul dit le Mouton, Guichard Raffin, Henry de Piseys, Beraud de Syen, & Jean de Verye, damoiseaux, témoins produits pour déposer de sa naissance en mariage légitime, & de sa noblesse du côté paternel & maternel, sans mélange de condition roturière, plébéienne, ni de bourgeoise, ainsi qu'il appert par l'acte de sa réception donné au chapitre le lundi XIII février M.CCCC.I. en présence d'Antoine Mathey, Pierre de Aurillac, licencié ès Lois, Pierre Tissot, notaire, & Humbert Eguiton, bedeau de ladite Église, signé François Humbert, clerc, citoyen de Lyon, notaire par autorité apostolique & impériale, & secrétaire dudit chapitre. Depuis cette réception, il parvint aux dignités & charges qu'il porta, que son savoir, son honnête concertation, & la sainteté de sa vie, qui le rendirent recommandable, lui firent mériter : étant d'un très doux entretien, avait beaucoup voyagé (dit son éloge faite après sa mort) & était d'une vie très exemplaire. La dignité qu'il eut, fut celle de chamarier, qui est une des huit qu'il y a en cette église, sans compter le maître du chœur, savoir, le doyen, l'archidiacre, le précenteur, le chantre, le chamarier, le sacristain, le custode, & le prévôt. La charge, fut celle de vicaire général au spirituel & temporel de Charles de Bourbon, archevêque comte de Lyon, & primat des Gaules : en laquelle il ne se contenta pas de donner des marques de sa vertu, mais encore il voulut laisser à la postérité celles de sa dévotion, fondant le XXVII novembre M.CCCC.LXVII. pour le salut de son âme, & de ses prédécesseurs, une messe quotidienne, en la chapelle de la Croix de la dite Église de St. Jean sa mère, qui l'avait élue chanoine, & après chamarier ; & pendant son temps avait nourri & élue quelque uns de ses frères, savoir, Pierre, sacristain, & Renaud, maître du chœur ; comme aussi quelque uns de ses neveux Jean & Antoine, de même nom, & mêmes armes, élevés chanoines en ladite Église, tous lesquels il avait vu passer de cette vie caduque à la vie bienheureuse, laquelle messe il veut qu'elle soit célébrée par jour ou par semaine, incontinent après la grande messe, par deux prébendiers, par lui nommés & institués, & par la fondation ordonne que le prébendier qui manquera à cette heure-là, perde six blancs de roi, monnaie courante au temps du manquement, & l'autre prébendier tenu de la célébrer, s'il n'est point dommadier : & s'il avait dit la messe, ou qu'il ne fut pas disposé pour la dire, la fera dire par un autre prêtre, qui aura quatre blancs desdits six blancs, & le chantre du matin (Manequantans) & les petits clercs du nombre des douze enfants de chœur étant actuellement en ladite Église, percevront les deux blancs restants : car les susdits prébendiers par grâce spéciale accordée par le chapitre audit fondateur, sont privilégiés & censés servants au chœur, ou du nombre de ceux qui doivent être payés de leurs palettes (de suis paletis) & autres distributions du chœur, qui pourraient perdre pendant la célébration de ladite messe. Donne pour cette fondation six livres ou environ de cens annuel & perpétuel, portant lots & ventes, reconnaissances & autres droits de domaine, d'une acquisition par lui faite, rière la paroisse de Sociac, de noble Ambert de la Chapelle, seigneur de Lecheroux, diocèse de Limoges, & d'Isabelle de Lanieux sa femme, avec tous autres droits, revenus & émoluments qu'il avait accoutumé de prendre & lever en ladite paroisse. Huit florins à lui dus annuellement par les doyen, comtes, & chapitre, assignée sur leur obédiencerie de Briandes & Messimieu, à cause des transports par lui faits audit chapitre, des droits & revenus qu'il avait acquis à l'utilité de ladite obédiencerie, de Philippe de Fanarieux, veuve de noble Barthelemy Mochon, & depuis d'Antoine de Talaru ; de Jeanne fille de ladite Philippe, & d'Antoine de Foliac damoiseau, donataire universel de ladite Philippe, au prix de six vingt écus d'or ; comme encore quelques terres & prés rière ledit Briandes, par lui acquis des héritiers de Gaspard de Banne, prêtre : Quinze florins, monnaie royale, à lui aussi dues par lesdits doyen, comtes & chapitre, à cause d'acquittement par lui fait à leur décharge de dix florins d'or de rente, envers les dames prieure, & religieuses de Bruyères, proche St. Bernard; & cinq florins aussi de rente, envers les dames prieure & religieuses de Brianne, près Anse, moyennant le prix de 300 florins. La dime dite du Richard, pareillement acquise par lui pour le prix de sept vingt livres. Nomme pour faire la déserte Durand Maures, prêtre, & Barthélémy de Fontuillaine, sous-diacre, se réservant le droit de nomination pendant sa vie, après laquelle il veut que le droit de nommer, ensemble celui de pourvoir, appartienne à celui de son sang, de son nom, & de ses armes, qui se trouvera chanoine de ladite Église, & son plus proche parent, & à faute d'icelui, au seigneur d'Amanzé son neveu, & à ses successeurs à l'infini, seigneurs du dit lieu d'Amanzé, qui ne pourront nommer que des prêtres, ou clercs habitués & rendants actuellement en ladite Église, du nombre des douze, & qui dans l'année suivante prennent l'ordre de prêtrise, à faute de quoi la nomination demeurera de nul effet, & dévolue pour cette fois au chamarier. Laquelle fondation fut approuvée & ratifiée par Claude Gaston (Gastonis) doyen, Jean de Montmartin, archidiacre, Claude de Feugere (de Feugeriis) précenteur, Humbert de Groslé, sacristain, Guillaume de Chauvirey (de Chauireyo) maître du chœur, Jean de Groslé, & Mathieu de Talaru, chanoines de ladite Église, assemblés au chapitre. Ce droit de nomination & présentation a été confirmé par arrêt du parlement de Paris du XIII juillet M.DC.XXXIV. à Gaspard à présent comte d'Amanzé, qui avait présenté François Petit, prêtre perpétuel en ladite Église, qui fut maintenu & mis en possession, contre Thomas Mechatin la Faye, chanoine & chamarier, & Claude Monard prêtre, pourvu par mort en Cour de Rome. Outre cette fondation il en a fait trois autres, par la première il ordonne deux livrées de pain être faites aux chanoines incorporés en ladite Église, & aux impies personnes, les jours & fêtes de St. Vincent martyr, & de St. Just confesseur, qui assisteront aux grandes messes desdites fêtes, jusqu'à l'Agnus Dei, savoir aux chanoines une miche de pain du poids de quatre livres, & une simaise de vin, & aux simples personnes un florin de monnaie courante, & la distribution faite le jour St. Vincent, par les deux prébendiers de la chapelle de la Croix, & le jour de St. Just par deux obédienciers de Briandes. Par la seconde, il fonde un anniversaire perpétuel, dans le chœur de ladite église, de huit florins, distribués par lesdits deux prébendiers, moitié aux matines des morts, & l'autre à la messe dudit anniversaire, à la fin de laquelle tout le collège est obligé d'aller processionnellement sur son tombeau, chantant le Libera, versets, suffrages & oraisons accoutumées. Par le troisième, il ordonne tous les lundis de l'année, une procession des morts sur son dit tombeau, pour chanter le Libera, avec les versets & oraisons De nobis, & Fidelium, par le prébendier de la Croix qui aura dit la messe haute, par le chantre du matin, par les petits Clercs, & par le Septimier (Septimarium) de la messe fondée autrefois par Gauffredi de Monte camito, doyen de ladite Église, auxquels sera distribué outre leur portion, savoir au prébendier 9 deniers, au chantre du matin 6 deniers, au septimier 3 deniers, & à chacun des petits clercs, & à ceux qui diront les versets, 2 deniers. Enfin après avoir fait plusieurs autres biens, & ayant vieilli dans le service de l'Église de Lyon, durant septante sept ans, onze mois, & quelques jours, il mourut le XXI janvier M.CCC.LXXIX (1499), fut inhumé en ladite chapelle de la Croix, avec ses frères Pierre & Renaud d'Amanzé, dont est parlé ci-après, qui moururent devant lui, ou sur la tombe qui couvre leur sépulture est gravé leurs effigies revêtues de chasubles & de mitres, au dessous leurs armoires d'un écu d'Amanzé, & autour de ladite tombe est écrit :

Hic jacent Viri Domini Ioannes de Amanziaco Camerarius, Petrus de Amanziaco Sacrista & R. de Amanziaco Magister Choti Ecclesia Lugdunensis qui obierunt scilicet dictus Camerarius die XXI. mensis lanuary M.CCCC.LXXIX. dictus Sacrista die XX. mensis Novembris M.CCCC.LXI. & Magister die XX. mensis Septembris M.CCCC.LXV. Anime requiescant in pace.

V. BERAUD D'AMANZÉ, troisième fils de Jean d'Amanzé, & d'Antoinette de Villon, fut aussi comme son frère, chanoine & comte de Lyon, & tint la première dignité du chapitre de l'Église cathédrale de St Vincent de Chalon sur Saône, en laquelle il fut doyen.
V. Pierre d'Amanzé, quatrième fils de Jean d'Amanzé, & d'Antoinette Villon, eut pareillement une place de comte & chanoine de Lyon. Il fut sacristain de la même église, & de celle de Saint Nizier, mourut le XX novembre M.CCCC.LXI. & inhumé en la chapelle de la Croix.
V. Renaud d'Amanzé, cinquième fils de Jean d'Amanzé, & d'Antoinette de Villon, entra dans le train de l'Église comme ses frères, Jean, Béraud, & Pierre d'Amanzé, & ayant été reçu chanoine et comte dudit & Saint de Lyon, il y eut depuis la dignité de maître de chœur ; il décéda le XX septembre M.CCCC.LXV. & inhumé au tombeau de son frère Pierre, comme il est porté par l'épitaphe ci-dessus.

V. Guillaume D'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, fils aîné de Jean, deuxième du nom, seigneur d'Amanzé, & d'Antoinette de Villon, épousa Marguerite de Semur, alors veuve de Jean de Neufville, dont elle avait un fils appelé Amblard de Neufville : elle était sœur d'Etienne de Semur, comte & chanoine de Lyon, & doyen de Chalon sur Saône, & fille de Gauguin de Semur, chevalier, seigneur de St. Seny, autrement Sencenier, & de Jeanne de Sercy : Ce qui s'apprend par un acte passé par devant Etienne Seplandial, notaire en date du vingt-troisième juin l'an 1409 par lequel elle confesse avoir reçu de Philiberte de Semur sa sœur, femme de Guichard d'Albon, seigneur de St. Forgeul, la somme de deux cents livres, pour & en déduction de plus grande somme due, pour raison de l'accord fait entre elles, touchant la succession des biens à elles advenus, par la mort & trépas du susdit Gauguin de Semur leur père. Puis à quelques années de là, cette dame étant décédée, Guillaume d'Amanzé son mari, comme tuteur & administrateur de Guillaume, Jean, autre Jean, Pierre, Gauguin, Jacques, Antoine, & Jeanne d'Amanzé ses enfants & d'elle, fit partage avec Amblard de Neufville, frère utérin de sa feue femme, & dame Philiberte de Semur, femme de noble seigneur Guichard d'Albon, chevalier, de la maison forte de Savigny, et autres biens à eux échus de la succession de défunte noble dame Jeanne de Sercy, femme de Gauguin de Semur, père & mère desdites Marguerite & Philiberte de Semur, qui tiraient leur origine d'un puiné des anciens seigneurs de Semur en Auxois, dont le lustre était déjà fort grand, il y a près de cinq cents ans. Car le sieur du Chesne en son Histoire de la maison de Vergy, livre 2. chap. 3. pages 69 & 70, & en celle des ducs de Bourgogne, page 10, remarque entre autres choses, que Aremburge de Vergy, fille de Gérard de Vergy, comte en Bourgogne, & d'Elizabeth de Chalon sa femme, fut mariée à Dalmacius, seigneur de Semur en Auxois, qualifié par divers historiens de l'abbaye de Cluny, prince illustre, & seigneur consulaire, qui veut dire extrait de race des comtes ; & que de ce mariage sortirent plusieurs enfants, à savoir,
Geoffroy seigneur de Semur, qui continua la lignée.
Hugues de Semur, abbé de Cluny, l'an 1049, décédé l'an 1109 & mis au nombre des Saints après sa mort.
Renaud de Semur, abbé de Vézelay, puis archevêque de Lyon.
Dalmacius de Semur, seigneur de Montagu, père entre autres enfants de
Hugues de Semur, évêque d'Auxerre, & de
Hélie de Semur, femme de Robert de France premier du nom, surnommé le Vieil, duc de Bourgogne, frère de Henri I fils de Robert & petit-fils de Hugues Capet, rois de France ; duquel Robert sont successivement descendus les autres ducs de Bourgogne, & par iceux en ligne féminine, par divers degrés de générations, le roi Louis XIV aujourd'hui régnant. L'auteur allégué ci-dessus, rapporte au même endroit, que
Geoffroy seigneur de Semur, susnommé, épousa Alix de Guines, fille de Baudouin I, comte de Guines, & qu'il fonda l'abbaye de Marcilly, dont il fut depuis prieur, ayant pris sur son vieil âge l'habit de religieux à Cluny, avec un sien fils, & laissa la seigneurie de Semur à
Geoffroy II du nom son aîné, qui fut tenu pour un des plus vaillants chevaliers de toute la Bourgogne. Mais la suite des autres seigneurs de Semur, qui furent depuis, ne s'y retrouve pas, seulement on sait que cette maison se maintint en deux branches, qui ont subsisté jusques à notre temps, dont l'une fut celle des seigneurs de Saint Seny, autrement Sencenier, & de Tresmont ; l'autre, celle des seigneurs de Lestang, & de Laubespin, & afin d'en rapporter quelque chose de plus particulier, voici ce qui se trouve de la branche de Saint Seny. Dès l'an 1300, fleurissait
Gérard de Semur, seigneur de Saint Seny, marié avec une dame, dite de Nanton Marguerite de Nanton, fille de Aldoin de Nanton, seigneur de Crusilles, & d'Isabel de Brancion : duquel mariage sortit
Thomas de Semur, seigneur de Saint Seny, qui épousa Jeannette d'Hyrillies : & deux descendirent deux fils, le premier fut
Gauguin de Semur, seigneur de Saint Seny, qui comme nous avons dit ci-devant, de Jeanne de Sercy sa femme, eut
Etienne de Semur, chanoine & comte de Lyon,
Marguerite de Semur, dame d'Amanzé, &
Philiberte de Semur, dame de Saint Forgeul. Le deuxième fils de Thomas de Semur, & frère de Gauguin, fut
Claude de Semur, qui épousa Jeannette de Vernay, dame de Tresmont, fille de Louis de Vernay, seigneur de Tresmont, & de Aennor ou Leonor de Lestang.
De cette alliance vinrent
Jean de Semur, seigneur de Tresmont, & de Sancenier, qui continua la lignée,
Jacques &
Pierre de Semur, chanoines de Saint Jean de Lyon, dont l'un fut chantre, & l'autre custode.
Jean de Semur, susmentionné, épousa Marie de Villers la Faye, fille d'Antoine de Villers, seigneur de Huchisy, & du Chesnay, & de Philippe de Hautcours : D'elle il eut sus mentionné Claude de Semur, seigneur de Tresmont, ci-après : sus mentionné Philippes de Semur, chanoine de Lyon, & sus mentionné Claude de Semur, mariée avec Laurent de Gorrevod, comte du Pont de Vaux, chevalier de l'ordre de la Toison, & gouverneur de Bresse.
Claude de Semur, seigneur de Tresmont & de Sancenier, susdit, eut à femme Françoise de Belletruche, fille de François Louis de Belletruche, & de Marguerite d'Albon, leurs enfants furent
Antoine de Semur, qui suit,
Claude de Semur, femme de Jean, seigneur de Gorrevod, &
Marguerite de Semur, femme de Geoffroy de Thenay, seigneur de Saint Christophe.
Antoine de Semur, seigneur de Tresmont & de Sencenier, chevalier de l'ordre du roi, & gouverneur de Mâcon, se maria avec Jacqueline de Sercy, sœur de Catherine de Sercy, femme de Pétrarque du Blé, seigneur de Cormatain, & fille de Claude de Sercy, seigneur d'Huxelles, de Bussy & du Sauvement, & d'Anne de Groslée : d'eux sortirent deux fils & deux filles : l'aîné des fils nommé
Claude de Semur comme son aïeul, sera mentionna ci-après. Le second,
René de Semur, seigneur de Chambaud, qui de Marguerite d'Apchon son épouse, ne laissa que
Antoinette &
Claude de Semur, non mariés. La première des filles d'Antoine de Semur, & de Jacqueline de Sercy, dite
Minerve de Semur, épousa premièrement Hierosme de la Garde, seigneur de Chassigny, & de Banain ; puis Jean de Chanlecy, seigneur dudit lieu, & de Tremolles, gouverneur de Tallant. La seconde, Louise de Semur, fut mariée avec Antoine de Henin-Lietard, dit de Cuvellié, seigneur de Roche. De ladite Minerve, messieurs de Pluvaut, de Commune, & de Chanlecy, frères, sont issus. Et de Louise, le sieur de Roche, à présent lieutenant au gouvernement de la ville & citadelle de Chalon.
Claude de Semur, ci-dessus, seigneur de Tresmont, de Sencenier, & de Sercy, s'allia avec Claude Damas, fille de Claude Damas, baron de Marcilly, frère aîné du baron de Thianges, de laquelle il eut
Antoine de Semur, mort en jeunesse.
Léonard de Semur, seigneur de Trésmont, gouverneur de Mâcon, décédé l'an 1625 sans laisser enfants de sa femme nommée dame Anne de Rochefort, fille de René de Rochefort, seigneur de Pluvaut, & de Françoise de Livron ; en lui finissant le nom & armes de la maison de Semur dont il ne reste plus aucun mâle ; sa sœur
Jeanne de Semur lui a succédé, & fut mariée avec Gérard Jaquot, seigneur de Maigny, Courcelles &c. duquel elle a eu des enfants. Quant à l'autre branche de Semur qui a possédé les terres de Lestang & de Laubespin, il se trouve que
Hugues ou Huet de Semur, chevalier, seigneur de Lestang, épousa Guichardes des Roches, dame de Combes, dont il eut un fils,
Robert de Semur, aussi seigneur de Lestang, marié avec Anne d'Alenay, fille de Philibert d'Alenay, seigneur de Fougères. Ils eurent deux enfants, l'aîné
Gérard de Semur, sera mentionné ci-après : le puiné fut
Guyot de Semur, seigneur de Champenay, ou Champagny, qui d'Alix de la Villeneuve, fille de Louis de la Villeneuve, seigneur dudit lieu en Nivernais, eut un fils nommé
Charles de Semur, chanoine & comte de St Jean de Lyon, reçu l'an 1492.
Gérard de Semur ci-dessus, fut seigneur de Lestang, & de Louise de Lorgue sa femme, dame de Laubespin, fille de Louis de Lorgue, seigneur de Laubespin, il engendra
Rolin de Semur, chanoine & chantre de Lyon, l'an 1482.
Charles de Semur, seigneur de Laubespin duquel nous parlerons ci-après, &
Louis de Semur, seigneur de Lestang, qui de Jeanne de Sugny, sœur de Louise de Sugny, femme de Charles de Semur son frère aîné, eut une fille dite
Catherine de Semur, mariée avec François d'Amanzé, seigneur de Chauffailles, ainsi qu'il sera encore vu ci-après en la branche des seigneurs de Chauffailles.
Charles de Semur susnommé, seigneur de Laubespin, épousa Louise de Sugny, fille d'Antoine de Sugny, seigneur de Chevalard, & de Jeanne de Morel. De cette alliance vinrent
Rolin &
Jean de Semur, chanoines & comtes de St. Jean de Lyon, reçus l'an 1607 & sacristains de la même Église, l'un après l'autre. Et
Gérard de Semur qui était l'aîné, fut seigneur de Laubespin, & de Lestang, se conjoignit avec Gilberte de Busseul, fille de Gilbert de Busseul, sieur de la Sarrie, & de Jeanne de Rougemont : & d'eux issurent Jean, & autre Jean de Semur, morts en guerre sans avoir été mariés ;
Rolin de Semur, chanoine & sacristain de St. Jean de Lyon, reçu l'an 1558.
Claude de Semur, qui devint héritière de ses frères, des terres & seigneuries de Laubespin & de Fougères, qu'elle porta en mariage à Jacques de Sainte Colombe, chevalier, seigneur de Piney, Villette & Thorigny, fils de Georges de Sainte Colombe, seigneur des mêmes lieux ; & de Gabrielle de Galles. De ce Jacques de Sainte Colombe, & de Claude de Semur, naquit Rolin de Sainte Colombe, chevalier seigneur & baron de Laubespin, Sarrie, St. Just, & autres lieux : Il prit à femme Marguerite Bourgeois Moleron, & de lui sont issus six enfants mâles, à savoir Charles Philibert de St. Colombe, seigneur & baron des lieux que dessus ; Jacob de Sainte Colombe doyen de Thellan, Guillaume de Sainte de Colombe, grand célérier en l'abbaye royale de Savigny, François de Sainte Colombe chevalier de Malte ; Hilaire de St. Colombe, seigneur de Groisel ; & Palamède de Sainte Colombe, seigneur de Thorigny, qui est tout ce que nous avons pu apprendre de la maison de Semur, ne restant plus rien à dire, sinon que du mariage de Guillaume d'Amanzé, seigneur dudit lieu, & de Marguerite de Semur son épouse, sortirent sept fils & une fille.

Enfants de GUILLAUME d'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé & de MARGUERITE DE SEMUR.

VI. Guillaume d'AMANZÉ, leur fils aîné, fut marié avec damoiselle Marie Damas, fille de feu Philibert Damas, seigneur de la Bazolle en Mâconnais & de Catherine de Chaugy : Les conventions furent arrêtées au lieu de la Bazolle, le lendemain de St. Luc le XVIII octobre l'an 1450 en présence & du consentement de Guillaume d'Amanzé son père, de Catherine de Chaugy, mère d'icelle Marie Damas, de messire George de Chaugy, chevalier, seigneur de Chaugy & de Durbise, d'Antoine de Chaugy, seigneur de Chesnay, & de Michel de Chaugy, seigneur de Chesy, & de Vilers, ses frères, de messire Robert Damas, seigneur de Beaudeduit & de Clessy, son cousin, de noble & puissant seigneur Louis de Chantemerle, seigneur dudit lieu & de la Clayette, bailli de Mâcon, de Claude de Semur, seigneur de St. Seny, de Pierre de Veré, seigneur de Germolles : & de Jean d'Amanzé, chantre de St. Jean de Lyon, oncle de Guillaume d'AMANZÉ ci-dessus, lequel n'eut aucuns enfants de cette Marie Damas : & après sa mort Jacques d'AMANZÉ son frère, qui avait été destiné pour être chanoine de Saint Jean de Lyon, lui succéda.
VI. Jean d'AMANZÉ,
VI. Pierre d'AMANZÉ, &
VI. Gauguin d'AMANZÉ, morts sans être pourvus.
VI. Jean d'AMANZÉ le jeune, fut chanoine & comte de St. Jean de Lyon, & depuis chamarier au même lieu. Les témoins, qui furent présentés, pour être ouïs, pour déposer qu'il est de la qualité requise, furent Mathieu de Talaru, seigneur de Nuailly, & Antoine de Luys.
VI. Jacques d'AMANZÉ, dit Jacquelin, seigneur d'Amanzé après Guillaume son frère, duquel & de sa postérité nous ferons mention plus ample ci-après.
VI. Antoine d'AMANZÉ, septième fils de Guillaume d'Amanzé de Marguerite de Semur, entra dans l'Église ainsi que Jean d'Amanzé son frère, ci-dessus, & fut comme lui chanoine & comte de Lyon ayant eu pour témoins déposants de sa naissance, & de sa noblesse, les mêmes gentilshommes que son frère.
VI. Jeanne d'AMANZÉ, de laquelle je n'ai trouvé l'alliance.

VI. Jacques D'AMANZÉ dit Jacquelin, seigneur d'Amanzé & de Chauffailles, sixième fils de Guillaume d'Amanzé, seigneur d'Amanzé, & de Marguerite de Semur, avait été destiné pour suivre la profession ecclésiastique, & être chanoine & comte de Lyon, & même il y avait été reçu avec Jean & Antoine d'Amanzé ses frères. Mais Guillaume d'Amanzé son frère aîné, qui avait épousé Marie Damas, ainsi que nous avons dit ci-dessus, est décédé sans enfants, & n'y ayant plus de la famille de mâles que lui en état de se marier, il prit alliance en la maison de Chantemerle, en épousant environ l'an 1468 Etiennette de Chantemerle, fille de Louis de Chantemerle, chevalier, seigneur dudit lieu de Chantemerle en Bourbonnais, & de la Clayette en Mâconnais, bailli de Mâcon, & de Françoise de Chastelus. Cette maison de Chantemerle, qui a pris son nom d'un lieu ainsi appelé, situé en Bourbonnais, est fort ancienne, & n'a pas eu en son temps moins de réputation que de noblesse & de biens. On tient qu'elle descend d'un puiné de l'illustre maison de Mello, de laquelle était Dreux de Mello, seigneur de Chastillon sur Indre, connétable de France, sous le roi Philippe Auguste : & en effet la conformité des armes de ces deux familles, jointe à la tradition, en est une preuve assez favorable. Tant y a que les vieux enseignements de cette maison, & le sieur de Saint Julien en ses Origines des Bourguignons, font foi que
Pierre de Chantemerle fit le partage avec une sœur qu'il avait, qu'il lui donna la terre de Chateauperroux, & qu'il se réserva celle de Chantemerle, dont il portait le nom, & qui lui venait de son père ; & de ses prédécesseurs. Ce Pierre fut marié avec Jeanne de Lespinace, fille du seigneur de la Clayette. De lui vint
Philibert de Chantemerle, seigneur dudit lieu, puis de la Clayette, qu'il gagna par procès contre le seigneur de Lespinace son tuteur, à qui elle appartenait : il fut sénéchal de Bourbonnais et chambellan du roi Charles VI puis fut au service de Jean duc de Bourgogne, en qualité de gouverneur de Philippe son fils, depuis duc de Bourgogne.
Louis de Chantemerle fut fils de ce Philibert, & fut seigneur de la Clayette, & bailli de Mâcon : il épousa Françoise de Chastelus, de l'illustre maison de Chastelus en Bourgogne, laquelle a produit un amiral & maréchal de France, des lieutenants généraux d'armées, & des gouverneurs de provinces. De ce mariage sortirent
Hugues de Chantemerle mentionné ci-dessous.
Etiennette de Chantemerle, femme de Jacques d'Amanzé, susnommé, &
Françoise de Chantemerle, femme de Jean de Malain baron de Lux, puis du sieur de Perrigny.
Hugues de Chantemerle, seigneur dudit lieu, & de la Clayette, sommelier du corps, qui est à dire premier gentilhomme de la chambre du duc de Bourgogne, épousa Marie de St. Pris, fille de Louis Richard de St. Pris, seigneur de St. Pris en Dauphiné, & d'Anne de Bourbon, dont il eut trois fils, & deux filles ; l'aîné fut
Humbert Chantemerle, dont nous parlerons ci-après. Le deuxième
Philippe de Chantemerle, seigneur de Voulgi, Nay, & Montpresentin : il fut enseigne de cinquante hommes d'armes & de l'une des compagnies des cent gentilshommes de la maison du roi, sous le seigneur de Boisy, & ne laissa que deux enfants, morts sans hoirs de leurs corps. Le troisième fils fut
Jacques de Chantemerle, religieux de Cluny, puis abbé de Rigny près Vermanton.
Françoise &
Renée de Chantemerle leurs sœurs, furent religieuses, l'une à la Voine, & l'autre à Marcigny.
Humbert de Chantemerle ci-dessus, seigneur de la Clayette, fut aux guerres d'Italie, sous le seigneur de Ravastein, & fut aussi maître d'hôtel du roi Louis XII & François I. Il épousa Anne de Bellenave, fille de Louis Jean seigneur de Bellenave, & de Magdelene d'Anjou, d'où procéda
Marc de Chantemerle ci-après.
Antoine de Chantemerle, seigneur de Montpresentin, mort sans lignée.
Jean de Chantemerle tué devant la ville de Dinan, lors qu'elle fut prise par le roi Henri II.
Pierre de Chantemerle, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, dit de Malte, mourut en Sicile, en expédition de guerre pour le service de sa religion.
Louise de Chantemerle épousa Jean Palatin de Dio, dont eut deux filles, nous en ferons mention ci-dessous, &
Jeanne de Chantemerle, qui fut femme du capitaine du bourg de Forez.
Marc dit Emar de Chantemerle, fils aîné d'Humbert, & d'Anne de Bellenave, fut seigneur de la Clayette après son père, & fait chevalier de l'ordre de St. Michel, par le roi Charles IX & gouverneur pour sa majesté du pays de Charolais. Il épousa en premières noces, l'an 1546 Cicile de Boucart, fille d'Antoine, seigneur de Boucart, & de Jeanne de l'Hospital, sans enfants & en seconde, Claude Damas, dame du Cheslar en Vivarais, fille de Jean Damas, baron de Digoine en Charolais, & de Jeanne de Chalençon. De ce mariage furent engendrés
Claude de Chantemerle, dit de Molle, baron de la Clayette, trépassé sans lignée de sa femme Leonor de Dio, sa cousine germaine, fille de Jean le Palatin de Dio, & de Louise de Chantemerle ci-dessus : laquelle Leonor avait deux sœurs ; l'une, Anne de Dio, mariée à Jacques de Boucé, seigneur de Ponsenat ; & l'autre, Françoise de Dio, qui épousa François Damas, baron de Thianges, dont elle a eu plusieurs enfants : l'aîné desquels a été, Charles Damas, comte de Thianges, chevalier des ordres de St. Michel, & du St. Esprit, lieutenant général pour le roi, du gouvernement de Bourgogne, comté de Charolais, haute & basse Bresse, Bugey, Varromey, & Gex, maréchal de camp ès armées de sa majesté, qui a laissé des enfants de sa femme Jeanne de la Chambre. Les frères de ce Charles, sont Jacques Damas, baron de Chalencey, mort sans lignée ; Claude Damas, comte de St. Jean de Lyon, & ses sœurs : la première, Leonor Damas, femme de Jacques Palatin de Dio, seigneur de Montperroux. Gabrielle, & autre Gabrielle Damas, mariées, l'une à Jean de la Palu, seigneur de Bouligneux, & l'autre à Marin François de Montjouvent, baron dudit lieu ; autre Leonor Damas, dame de Remiremont, & quatre autres religieuses : Tellement que Claude de Chantemerle susnommé baron de la Clayette.
Philiberte de Chantemerle, seigneur d'Arnay, &
Jean de Chantemerle ses frères étant décédés sans postérité, aussi bien que
Minerve,
Peronne, &
Alix de Chantemerle leurs sœurs ; cette maison est à présent éteinte, & les biens sont entrés en partie, en celle de Damas.
Du mariage de Jacques d'Amanzé, dit Jacquelin, seigneur d'Amanzé, & de Chauffailles, & d'Etiennette de Chantemerle son épouse, ne vint qu'un fils, & une fille ; & étant décédée, il reprit une seconde alliance avec Philippe Damas, veuve de messire Charles Damas, seigneur de Crux, de Brèves, de Morasches, & de Tannay, & fille de Robert Damas, chevalier, seigneur de Digoine, & de Catherine de la Guiche, fille de Girard de la Guiche, seigneur de la Guiche, & de Marie de Poquiere. Le traité de ce mariage fut fait à Mâcon, le dernier décembre, l'an 1477, en présence de messire Jean Damas, seigneur de Digoine, & de Clessy, gouverneur de Mâconnais, chevalier de l'ordre de la Toison d'or, frère de ladite damoiselle Philippe Damas ; & de Louis du Bois, seigneur du Pressi, Jacques d'Amanzé promettant de faire ratifier le contrat par ses oncles & frères. Robert Damas ci-dessus, était fils de Philibert Damas, seigneur de Montagu, & de Marguerite de Crux, & frère puiné de Jean Damas, seigneur de Montagu, de qui les seigneurs de Brenes portant le nom de Damas, étaient descendus. Philibert Damas susdit, avait eu pour père Robert Damas, seigneur de Marcilly, & vicomte de Chalon, & pour mère Jeanne de Montagu, issue en ligne masculine des anciens ducs de Bourgogne, lequel Robert Damas outre ce Philibert Damas avait un autre fils, qui était son aîné, nommé Hugues Damas, aussi seigneur de Marcilly, de qui sont sortis les autres seigneurs de Marcilly, de Thianges, & d'Anlezy, jusqu'à présent. Et quant à Robert Damas, Guy Damas, seigneur de Marcilly, vivant en l'an M.CC.XLVII. qui avait épousé Dauphine de Saint Bonnet, était son bisaïeul, & Jean Damas, seigneur de Digoine, & de Clessy, que nous avons dit ci-dessus, avoir été frère de Philippe Damas, dame d'Amanzé, fut mariée avec Claude de St. Amour, d'où vint François Damas, seigneur de Digoine, qui de Jeanne de Saint Palais, eut Jean Damas, deuxième du nom, seigneur de Digoine, marié en premier lit avec Jeanne de Chalençon, & en second avec Catherine de Levis ; ayant eu de celle-là Claude Damas, femme de Marc de Chantemerle, seigneur de la Clayette & de Molle : & de celle-ci Antoine Damas, seigneur & baron de Digoine, cet Antoine épousa Philiberte de Bernaud, dame de Montmor, fille de Jean de Bernaud, seigneur de Montmor, & de Charmoilles, & de Françoise du Choul, & d'elle il eut entre autres enfants, Théophile Damas, baron de Digoine, qui de Marie de la Tour Saint Vidal, a laissé Charles François Antoine Damas, baron de Digoine, vivant en M.DC.XLIV. & marié. Bref du mariage de Jacques d'Amanzé, & de Philippe Damas sa seconde femme, vint un seul fils, comme il sera dit ci-dessous.

Enfant de Jacques d'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, & de Chauffailles, & d'Etiennette DE CHANTEMERLE sa première femme.

VII. Jean d'AMANZÉ, troisième du nom, seigneur d'Amanzé, qui continua la lignée aînée.
VII. Françoise d'AMANZÉ fut conjointe par mariage avec Jean de CHANDIEU, chevalier, seigneur de Chandieu, de Pourprières, & de Polle en Mâconnais, fils d'Antoine de Chandieu, seigneur des mêmes lieux, & de Jeanne de la Guiche ; duquel mariage sortirent plusieurs enfants, tant fils que filles, dont l'une nommée Ancelis de Chandieu fut mariée au seigneur de Saint Point en Mâconnais, d'où sont venus par femmes, les barons de Bordeaux en Savoie, de la maison de Seyssel, & l'autre, dite Françoise de Chandieu, au seigneur de l'Estoille Fougères au même pays de Mâconnais ; Milles de Chandieu, seigneur de Chandieu leur frère, épousa Claude de Molard, & eut Antoine de Chandieu allié avec Françoise de Félines de la maison de Bantelu au Vexin. François d'où est né Jean de Chandieu, seigneur de Chandieu & de Polle, qui a épousé Marie de Terrières, fille du seigneur de Chappes.

Fils de Jacques D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, & de Philippe DAMAS sa seconde femme.

VII. François d'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles : de lui ont pris origine les autres seigneurs de Chauffailles du nom d'Amanzé qui seront représentés en la seconde partie de cette généalogie.
VII. Jean D'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, troisième du nom, fils de Jacques d'Amanzé dit Jacquelin, seigneur d'Amanzé, & d'Etiennette de Chantemerle sa première femme, fit partage avec François d'Amanzé son frère, fils du même Jacques d'Amanzé & de Philippe Damas sa seconde femme ; à Jean comme aîné advint la terre d'Amanzé, & à François échut Chauffailles. Ce Jean d'Amanzé assista à la preuve de Jacques de Saint Priest, comte & chanoine de Lyon, l'an 1513 en qualité de témoin, avec Natal de St. Nectaire, prieur de St. Sauveur, Pierre de la Rouë, & Jacques seigneur de Chazelles. Il contracta mariage avec Beatrix MITTE dite de CHEVRIÈRES, sœur de Jean Mitte dit de Cuzieu, chanoine, comte, & doyen de Lyon, & de Louis Mitte, seigneur de Chevrières, & fille puinée de Jean Mitte, chevalier, seigneur de Chevrières, Celz, vicomte de Tallart, baron de St. André, Chappeuerce, Charneil en Royans & de Jeanne de Layre, dame de Cuzieu. Et d'autant que la maison des mêmes seigneurs de Chevrières portants le surnom de Mitte, est sans contredit l'une des plus nobles & illustres de ce royaume dans le pays de Lyonnais, & des mieux alliée, & honorée de deux chevaliers du Saint Esprit, nous rapporterons ici succinctement ce que les titres domestiques de cette maison, les Archives de Saint Jean de Lyon, & les Histoires nous en ont appris. Il est donc constant, que
Olger Mitte, chevalier, seigneur de Mons, fils de Monsieur le ailli du Vellay, fut grand écuyer & gouverneur du Dauphiné l'an 1277, le nom de la femme qu'il épousa est ignoré, mais on sait que d'elle il eut :
Bertrand Mitte, seigneur de Mons, ci-après, &
Guillemette Mitte, mariée à Pierre, dit Guerric, seigneur de Saint Marcel.
Bertrand Mitte, seigneur de Mons, fut aussi baron de Rochebelaire, chambellan de Humbert, dauphin de Viennois & maréchal de Dauphiné, en 1290 et 1301. Il s'allia avec Alix de Linieres, donc il eut
Pierre Mitte qui continua la lignée :
Guillaume Mitte, chef de l'ordre de St. Antoine de Viennois, mon l'an 1342.
Pierre Mitte, comte & précenteur de Lyon, chanoine du Puy & de Viennois, abbé de St. Antoine de Viennois, crée cardinal, en 1374 après avoir été élu archevêque & patriarche de Bourges, & primat d'Aquitaine.
Aymery Mitte, évêque de Poitiers, conseiller & aumônier des rois Charles V & VI &
Bertrand Mitte, prieur de Grazat en Velay.
Pierre Mitte susnommé, chevalier, seigneur de Mons, fut chef du conseil de Jean Comte de Forez, puis du comte Guy son fils, & bailli & gouverneur du même pays de Forez ; sa femme fut Audette de la Mastre, dame de la Bastie, & d'Andaure en Vivarais, d'où issue
Guillaume Mitte, ainé,
Bertrand Mitte, commandeur de Revel en Piémont, puis commandeur de St. Antoine de Viennois, décédé en 1389.
Ponce Mitte, commandeur général de la Pouille.
Pierre Mitte, chanoine, & chantre du Puy, & chanoine de Vienne, Alix Mitte, mariée à Hugues seigneur de Lode,
Vierne Mitte, femme de Hugues, seigneur de Châteauneuf, & de Rochebonne,
Poitevine Mitte, conjointe avec Eudes seigneur de Seneret en Velay,
Clémence Mitte qui épousa Geoffroy de Meolhon, seigneur de Châteauneuf, & de Galaure en Dauphiné.
Guillaume Mitte, ci-dessus mentionné, fils aîné de Pierre Mitte, & d'Audette de la Mastre, fut seigneur de Mons, & mourut du vivant de son père, l'an 1350 ayant été marié avec Catherine Mauvoisin, dame de Chevrières, morte en 1379 fille de Hugues Mauvoisin, chevalier, seigneur de Chevrières : d'elle il eut
Pierre Mitte ainé, deuxième du nom,
Guillaume Mitte, dit Guinet, chambellan de Louis duc de Bourbon, mort en Afrique, en 1391, autre
Pierre Mitte, dit Ponce, chanoine du Puy, prieur d'Arnay, près Villefranche, décédé en 1395,
Odette Mitte, femme de Girard de Saint Bonnet, seigneur de Buffières.
Arthaude Mitte, mariée à Artaud de Nespo, seigneur de Chalmont en Dauphiné,
Alix Mitte à François d'sserand : &
Marguerite Mitte à François d'Augerais, seigneur de St. Bonnet-les-Olles.
Pierre Mitte deuxième du nom susdit, chevalier, seigneur de Mons par son père, & de Chevrières par sa mère, Grezieu & Laval, en 1391 épousa Marguerite de Seveyrac, dont naquit
Jean Mitte, dit Mitton, & deux filles,
Daufine, &
Jeanne Mitte ; l'une mariée au sieur de la Faye, & l'autre au sieur de la Chaux en Bourgogne.
Jean Mitte, dit Mitton, seigneur de Chevrières, eut pour femme Agnès Allemand, fille de Guichard Allemand des seigneurs d'Uriage en Dauphiné, & de Beatrix de Roussillon, & laissa trois fils,
Jean Mitte deuxième du nom ci-après,
Robert Mitte, seigneur des Fayes, tué à la bataille d'Azincourt, l'an 1415 combattant près le duc de Bourbon qui y fut pris : &
Jacques Mitte abbé d'Ambournay en Savoie, & de la Chassaigne en Bresse.
Jean Mitte deuxième du nom, seigneur de Chevrières, Mons, Grézieu, Laval, & Cels, fut chambellan & premier écuyer de Jean de France, duc de Berry, fils, frère, & oncle de roi, & colonel de l'infanterie de Berry, mourut, l'an 1416 ayant été marié à Isabeau de Montagny, fille du seigneur de Montagny, un des premiers barons de Lyonnais. De ce mariage vinrent aussi quatre fils, savoir,
Louis Mitte,
Guillaume Mitte, dit Guillot, seigneur de Mons,
Laval Mitte, décédé sans enfants de sa femme Catherine de Rivoire, &
Pierre Mitte de l'ordre de Saint Antoine en Viennois, & commandeur de Meminghem en Allemagne, l'an 1452.
Louis Mitte, susnommé, chevalier, seigneur de Chevrières, maréchal & sénéchal de Bourbonnais, chambellan de Charles duc de Bourbon, & l'un des cent gentilshommes de la maison du roi Louis XI mourut à Chevrières l'an 1459 ayant été marié l'an 1459 avec Françoise de Miolans, sortie de par son père d'une des premières maisons de Savoie, & de par sa mère d'une des plus célèbres de Dauphiné, car elle était fille de Jacques, seigneur de Miolans, & de Marie de Sassenage, fille d'Antoine de Sassenage, vicomte de Tallart, & d'Anne de Trion ; & petite fille de Jean de Miolans, seigneur du même lieu, & d'Agnès de Roussillon, issue des seigneurs du Bouchage, dont les biens sont entrés en la maison de Baternay, puis en celle de Joyeuse dont Madame de Guise est descendue. La même Françoise de Miolans ci-dessus, dame de Chevrières avait un frère appelle Anterme, seigneur de Miolans, qui a laissé postérité fondue en la maison des barons de Cardé, portants le surnom de Saluces, & une sœur entre autres qui épousa Jean de Vergy, seigneur de Champvans au comté de Bourgogne, dont les comtes de Champlite au même pays sont issus, & les princes d'Espiney au Pays-Bas, du surnom de Melun. Pour retourner à Louis Mitte & à Françoise de Miolans sa femme, ils eurent
Jean Mitte III du nom, seigneur de Chevrières, seul fils mentionné ci-dessous, & trois filles mariées, savoir est, Jeanne Mitte à Guillaume de Rochefort, seigneur de Rochefort, & de la Vallette en Forez, Claude Mitte à Charles de Chevrières, seigneur de Montlians en Dauphiné, & Isabeau Mitte, à Jean, seigneur de Toizieu.
Jean Mitte troisième du nom, seigneur de Chevrières, fut comme nous avons déjà dit ci-dessus au commencement de cette article, marié avec Jeanne de Layre, héritière de Cuzieu, Chaignon & Oysieu, fille de Louis de Layre, seigneur desdits lieux, & d'Agnès de Chalus, née de Jacques de Chalus, seigneur dudit lieu en Auvergne, & d'Agnès de Murol, & Louis de Layre, fils de Guillaume de Layre, seigneur de Cuzieu, d'Isabeau & d'Aubiere : de cette Jeanne de Layre, Jean Mitte son mari eut les enfants suivants,
Louis Mitte chef de la famille ci-dessous,
Pierre Mitte, seigneur de Cuzieu, mort sans lignée, de Péronne de Saint Germain son épouse.
Jean Mitte, protonotaire du Saint Siège Apostolique, abbé de Cleyrac en Gascogne, comte & doyen de Lyon, décédé l'an 1533.
Jacques Mitte, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de Verrières & de Chazelles en Forez, mort en Italie au retour de la prise de Rhodes, l'an 1524.
Marguerite Mitte, femme de Hugues de Merzé, seigneur de Belleroche :
Beatrix Mitte, promise au baron de Sassenage, puis mariée à Jean seigneur d'Amanzé sus mentionné :
Louise Mitte qui épousa Zacharie de Saint Simphorian, seigneur de Chamoufit, &
Bénigne Mitte, abbesse de Chassault, & prieure de l'Argentière, morte l'an 1537.
Louis Mitte, chevalier, fils aîné de Jean Mitte & de Jeanne de Layre, fut seigneur de Chevrières, Cels, chambellan ordinaire du roi, capitaine de six-vingts archers de la garde française du corps de sa majesté, bailli de Mâcon & de Gévaudan, & sénéchal de Lyon & de Bourbonnais, décéda l'an 1529 ayant été marié avec Magdeleine de Crussol, fille de Jean baron de Crussol, de Levis, & de Fleurensac, & de Simonne, vicomtesse d'Uzès. Leurs enfants furent :
Jean Mitte, dit de Miolans, qui suit ;
Antoine Mitte, seigneur de Cuzieu, trépassa sans hoirs de Anne de S. Chaumont, & de S. Michelle de Bayencourt ses deux femmes :
Gaspard Mitte, comte de St Jean de Lyon
Claude Mitte conjointe avec Louis de Talaru, seigneur de Chamazel, &
Jeanne Mitte avec Philibert de Nagu, seigneur de Varennes en Beaujolais, baron de Lurcy, desquelles deux filles messieurs de Chalmazel & de Varennes sont issus.
Jean Mitte, dit de Miolans, susdit, seigneur de Chevrières, prit à femme Françoise Maréchal, fille de Jacques Maréchal, seigneur du Parc, & de Senousan, & laissa de ce mariage Jacques Mitte de Miolans, qui suit.
Catherine Mitte de Miolans, mariée deux fois ; la première avec Jean de Saint Priest, seigneur dudit lieu, & la seconde avec Gaspard de Simiane, seigneur d'Evenes, duquel sont sortis messieurs de Moncha, d'Evenes, & monsieur de Simiane chanoine & archidiacre de l'Église de Lyon, & une fille mariée au seigneur de Champrond & de Cheveniset, de la maison de Vichy.
Jacques Mitte de Miolans, fils de Jean, ainsi que nous venons de dire, fut seigneur de Chevrières, chevalier des deux ordres de Saint Michel & du Saint Esprit, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances, & lieutenant pour le roi au gouvernement de Lyon, Lyonnais, Forez, & Beaujolais : il eut deux femmes, la première, Gabrielle de Saint Chaumont fille & héritière de Christophe de Saint Chaumont, chevalier, seigneur dudit lieu, de laquelle il eut un fils & une fille, le fils est
Melchior Mitte de Miolans, ci-après, & la fille
Gasparde Mitte de Miolans, mariée premièrement à Jean Timoleon de Beaufort, marquis de Canillac ; secondement à Guillaume de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf; & en troisième noces avec Henry de la Chastre, comte de Nançay, n'ayant eu enfants de ces deux derniers, mais seulement du premier, un fils nommé Jacques Timoleon de Beaufort, à présent marquis de Canillac. La seconde femme de Jacques Mitte de Miolans, ci-dessus, fut Gabrielle de Gadagne, fille de Guillaume de Gadagne, seigneur de Bothéon, chevalier des deux ordres, dont il eut un seul fils
Jean-François Mitte de Miolans, baron d'Anjou en Dauphiné, mort en jeunesse, sans avoir été marié.
Melchior Mitte de Miolans, marquis de Saint Chaumont, seigneur de Chevrières, chevalier des ordres, & ambassadeur extraordinaire pour le roi auprès de notre Saint Père le pape Urbain VIII. épousa Isabeau de Tournon, fille de Juste Louys seigneur de Tournon, & comte de Roussillon, & de Magdeleine de la Rochefoucaud : & deux sont provenus cinq fils & deux filles qui sont :
Louis Mitte de Miolans, marquis de Saint Chaumont, mort à marier l'an M.DC.XL.
Lyon François Mitte de Miolans, abbé de Soraisse,
Henry Mitte comte de Miolans qui a épousé Suzanne Charlotte de Gramone, fille d'Antoine de Gramont, & comte de Gramone, chevalier des deux ordres, gouverneur de Bayonne, & de Claude de Montmorency sa première femme,
François Mitte de Miolans, chanoine & comte de Saint Jean de Lyon,
Armand Mitte de Miolans, seigneur de Chevrières,
Françoise Mitte de Miolans, religieuse aux Filles de Sainte Marie à Lyon : &
Marie Isabeau Mitte de Miolans, mariée à Louis de Cardaillac, comte de Bioulle.

Enfin de l'alliance de Jean, seigneur d'Amanzé, & de Beatrix Mitte de Chevrières son épouse (de laquelle maison nous avons rapporté la Généalogie, & tous ceux avec lesquels elle était apparentée) sortit une grande lignée, savoir, vingt et un enfants, tant fils que filles.

Enfants de JEAN D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, troisième du nom, & de BEATRIX MITTE DE CHEVRIÈRES.

VIII. Jacques d'AMANZÉ, suivit le roi François premier en Italie, & se trouva avec lui à la bataille de Pavie, l'an 1525 & y fut tué n'ayant été marié.
VIII. Claude d'Amanzé, comte & chanoine de Saint Jean de Lyon, où il fut reçu l'an 1515 comme il se voit par l'acte de sa preuve insérée aux registres du chapitre cotés n°274. & 275. Il fut ensuite doyen de la même Église, & prieur de Saint Romain en Jarez.
VIII. Guillaume d'AMANZÉ, étant lieutenant de la compagnie d'ordonnance de Charles de la Rochefoucaud, comte de Randan, fut tué combattant valeureusement pour le service du roi, à la bataille de Renty, donnée & gagnée par le roi Henri II contre l'empereur Charles Quint, le XIII d'août l'an 1554 sans avoir alliance de mariage.
VIII. Pierre d'AMANZÉ, deuxième du nom, quatrième fils de Jean, seigneur d'Amanzé, troisième du nom, & de Béatrix Mitte dite de Chevrières, duquel & de la postérité, nous parlerons plus amplement ci-après.
VIII. Charles d'Amanzé, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, dit de Malte, mourut esclave en Afrique entre les mains des Turcs, environ l'an 1560 ayant été fait prisonnier combattant pour sa religion, à la reprise du fort de Gelbe.
VIII. Jean d'AMANZÉ étant enseigne colonnelle au régiment de Piémont, fut tué pour le service du roi Henri II à la bataille de Saint Quentin, donnée le jour Saint Laurent, dixième août, l'an 1557.
VIII. Jeanne d'Amanzé, prit le voile de religieuse en l'abbaye de Soyon en Vivarais, & y ayant fait profession, elle y fut enfin abbesse.
VIII. Les noms des autres enfants au nombre de quatorze, aussi bien que leur vocation, si d'Église, si mort en bas âge ou autrement, sont ignorés.

VIII. PIERRE D'AMANZÉ, deuxième du nom, chevalier, seigneur d'Amanzé, les Feuillées, la Vaux, & le Montet, lieutenant d'une compagnie de gendarmes des ordonnances du roi, sous la charge de Gaspard de Coligny, seigneur de Chastillon, amiral de France, était quatrième fils de Jean d'Amanzé, troisième du nom, seigneur dudit lieu, & de Béatrix Mitte, dite de Chevrières son épouse ; il avait été destiné par son père pour être comte & chanoine de Saint Jean de Lyon, comme son frère Claude d'Amanzé, mais Jacques & Guillaume d'Amanzé ses autres frères étant décédés sans alliance, & ayant succédé tant à la seigneurie d'Amanzé, qu'aux autres terres possédées par ses devanciers, il se maria le premier jour d'avril, l'an 1555 avec Antoinette de Coligny, dite de Saligny, seconde fille de Renaud de Coligny, dit Lourdin, seigneur de Saligny, de la Motte Saint Jean, & du Rousset, chevalier de l'ordre du roi, & chambellan de sa majesté, & de Jacqueline de Monboissier son épouse ; laquelle Antoinette de Coligny, qui était cousine issue germaine, ou au troisième degré avec le susdit seigneur amiral de Chastillon, était sortie d'une maison, qui véritablement n'est pas moins ancienne qu'elle est illustre, ayant produit plusieurs grands personnages, qui ont possédé des principales charges de la couronne, & eu plusieurs autres avantages, qui sont particulièrement remarqués en la généalogie qui en a été exactement & fidèlement dressée, sur bon nombre de chartres, histoires, & autres preuves irréprochables, qui rendent témoignage de sa grandeur & de son antiquité, par le sieur du Bouchet, chevalier de l'ordre du roi, & un de ses gentilshommes servants, qui s'est acquis une connaissance parfaite & une intelligence incomparable en l'Histoire, même généalogique, dont il a des lumières, merveilleuses, ce qui m'empêchera d'en faire ici une fort ample déduction, je me contenterai seulement de rapporter brièvement ce qui suit, tiré de la Table Généalogique qu'il en a publié, l'an M.DC.XL. en attendant l'histoire entière, savoir que
Humbert, seigneur de Coligny, & du pays de Revermont, suivit l'empereur Conrard III au voyage de la Terre Sainte, & fonda l'abbaye du Mireur en Bresse, l'an M.C.XXXI. du consentement de sa femme, de
Guerric,
Guillaume, & de
Humbert de Coligny ses enfants, en présence de Guillaume comte de Mâcon,
de Guerric, sire de Coligny, & du pays de Revermont, & d'Ide de Vienne, ou de Mâcon sa femme, fille de Girard comte de Vienne, & de Mâcon, & de la fille de Gaucher, sire de Salins, ici plusieurs enfants & entre autres
Humbert de Coligny, puiné, qui fut seigneur d'Andelot, & qui mourut, l'an 1211 celui-ci laissa
Ame deuxième, sire de Coligny, & du pays de Revermont, marié à une dame nommée Alix, qui lui procréa
Etienne de Coligny, premier du nom, seigneur d'Andelot, & de Coligny, conjoint avec Isabeau de Forcarquier, fille de Pierre de Forcarquier, seigneur de Crecia, sorti d'un puiné des comtes de Toulouse, & d'Agnès de Mont Saint Jean. D'elle il eut
Jean de Coligny, premier du nom, seigneur d'Andelot, qui épousa, l'an 1298 dame de la Roche de Vaneau, fille de Hugues, seigneur du même lieu, d'où vint
Etienne deuxième sire de Coligny & d'Andelot, marié avec Leonor de Villars, fille de Humbert de Toire, deuxième sire de Villars, & de Beatrix de Savoie, il fut père de
Jean deuxième, sire de Coligny & d'Andelot, chevalier, allié l'an M.CCC.LVII. avec Marie de Vergy, fille de Jean de Vergy, deuxième du nom, seigneur de Fonuens, & de Gilles de Vienne : D'eux naquit Jacques de Coligny, premier du nom, sire de Coligny, & d'Andelot, surnommé Jacquemard qui prit a femme Huguette de la Baume, fille de Humbert de la Baume, seigneur de Fourmentes, de même maison que les comtes de Montrevel, et de Catherine de Lurieux : elle lui engendra plusieurs enfants. L'ainé fut
Guillaume de Coligny, premier du nom, sire de Coligny, d'Andelot & de Crecia, chevalier, lequel épousa l'an 1437 Catherine de Saligny, seule fille & héritière de Lourdin, sire de Saligny, prince de Tarente, comte de Cencerre, connétable des royaumes de Naples & de Sicile, & de Anne Braque, dame de Chastillon sur Loing, qui avait pris naissance de Blanchet Braque, chevalier, seigneur du même lieu, et Saint Maurice sur Laveron, conseiller du roi, bailli de Sens et d'Auxerre, & de Jeanne de Chastillon. De Guillaume, sire de Coligny, & de Catherine de Saligny sortit trois fils entre autres, qui firent trois branches séparées : Le premier fut
Jean quatrième, sire de Coligny qui suit, le deuxième fut Jacques de Coligny, dit Lourdin, seigneur de Saligny, dont la postérité sera déduite après celle de son frère ainé : & le troisième Antoine de Coligny, tige des seigneurs de Crecia, qui seront représentées ci-après en leur lieu.
Jean quatrième, sire de Coligny, d'Andelot, de Fourmentes, & de Chastillon sur Loing, épousa Leonor de Courcelles : Leurs enfants furent :
Jacques de Coligny, sire de Coligny, prévôt de Paris, mort d'une blessure qu'il reçut à la bataille de Ravenne, l'an M.D.XII. sans laisser lignée de deux femmes qu'il épousa. Et
Gaspard de Coligny, seigneur de Fourmentes, puis de Coligny, ayant succédé à son frère Jacques, il fut maréchal de France, & fut marié par contrat du vendredi premier jour de décembre M.D.XIV. avec Louise de Montmorency, dame d'honneur de la Reine Anne de Bretagne, veuve de Ferry de Mailly, baron de Conty, fille de Guillaume, baron de Montmorancy, & d'Anne Pot, & sœur d'Anne duc de Montmorancy, connétable de France : il mourut en 1522 ayant eu quatre fils
Pierre de Coligny qui mourut jeune,
Odet de Coligny, cardinal de Chastillon, archevêque de Toulouse & évêque & comte de Beauvais, pair de France,
Gaspard de Coligny, mentionné ci-dessous, &
François de Coligny, seigneur d'Andelot, colonel de l'Infanterie Française, dont la postérité est finie.
Gaspard de Coligny, son frère, deuxième du nom, comte de Coligny, seigneur de Chastillon, amiral de France, & gouverneur de Picardie, & de l'Ile de France, eut pour première femme, Charlotte de Laval, fille de Guy seizième comte de Laval, & d'Antoinette de Daillon ; puis Jacqueline d'Antremont. Du premier lit provinrent
François comte de Coligny, ci-dessous,
Charles de Coligny, marquis d'Andelot, chevalier des deux ordres du roi, qui a laissé quelques enfants : &
Louise de Coligny, quatrième femme de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, dont elle a eu Henri de Nassau, à présent prince d'Orange.
François comte de Coligny, seigneur de Chastillon, amiral de Guienne, de Marguerite d'Ailly son épouse, fille de Charles d'Ailly, vidame d'Amiens, & baron de Piqueny, laissa
Gaspard troisième comte de Coligny, seigneur de Chastillon, amiral de Guienne, & maréchal de France, mort au mois de janvier 1646 marié avec Anne de Polignac, dont il eut
Maurice, comte de Coligny, mort l'an M.DC.XL. sans être pourvu, Gaspard de Coligny, seigneur d'Andelot,
Henriette de Coligny femme de Thomas Hamilton, comte de Hadington en Ecosse, &
Anne de Coligny.

Pour reprendre la branche de Saligny, de laquelle Antoinette de Coligny, dame d'Amanzé, était descendue
Jacques de Coligny, auteur d'icelle, était le second fils de Guillaume, sire de Coligny, d'Andelot, & de Crecia, premier du nom, & de Catherine de Saligny, il fut surnommé Lourdin, & fut seigneur de Saligny, la Motte Saint Jean, & le Rousset, & prit le nom & armes de Saligny, suivant le vouloir de son aïeul maternel, l'ayant ainsi ordonné par son testament, dès l'an M.CCCC.LXXV. Il épousa Isabeau de Ternant, fille de Charles de Ternant, & de Jeanne de Vienne, fille de Jean de Vienne, seigneur de Ruffey, & de Catherine de Beaufort, & petite fille de Philippes, seigneur de Ternant, & de la Mothe, chevalier de l'ordre de la Toison d'or ; les enfants qui vinrent de ce mariage furent,
Renaud de Coligny, dit Lourdin, seigneur de Saligny, duquel sera fait mention ci-après,
Claude de Coligny, seigneur de Crecia, & du Rousset, mort sans enfants de Louise Girard sa femme,
Jean de Coligny, prieur de Drompvans
Marguerite de Coligny, mariée à Charles, seigneur de Sallians, & de Ris : &
Philippe, femme de Guillaume de Malain, seigneur d'Antigny le Château, puis d'Antoine de Lugny, seigneur d'Igié
Renaud de Coligny, dit Lourdin, seigneur de Saligny, de la Motte Saint Jean, & du Rousset, épousa comme nous avons déjà remarqué ci-dessus, Jacqueline de Montboissier, qui était fille de Jean, seigneur de Montboissier, & de Marguerite de Vienne, à cause de quoi ils étaient parents en degré si proche qu'ils eurent dispense pour se marier. De cette alliance sortirent
Marc de Coligny, qui continua la postérité.
Jacqueline de Coligny, femme de Gilbert de Lanjeat, seigneur de Thuret, & après de Jean de Durat, seigneur de Portes
Antoinette de Coligny, épouse de notre Pierre, seigneur d'Amanzé, & Anne de Coligny, religieuse.
Marc de Coligny, dit Lourdin, seigneur de Saligny, & de la Motte Saint Jean, fut marié, l'an M.D.XLIX. avec Gabrielle Loup, fille de Louis Loup, seigneur de Pierre Brune : D'elle il eut
Gaspard de Coligny, qui suit,
Louis de Coligny, mort jeune,
Anne de Coligny,
Françoise de Coligny,
Jacqueline de Coligny, &
Jeanne de Coligny, religieuses : &
Eleonor de Coligny, femme de Jean d'Anlezy, seigneur de Dunsdun,
Gaspard de Coligny, premier du nom, seigneur de Saligny, conseiller du roi en ses conseils, & lieutenant général pour sa majesté au gouvernement de Bourbonnais, épousa Françoise de la Guiche, sœur de Jean François de la Guiche, seigneur de S. Gerand, maréchal de France : De laquelle il eut quatre fils & huit filles ; donc sept nommées,
Diane, Isabeau, Anne, Susanne, Jacqueline, Antoinette, Hilaire, & Marie de Coligny sont religieuses ; & l'aînée appelée Leonor de Coligny, a été mariée à Gaspard de Gadaigne, seigneur de Beauregard. Quant aux fils
Claude de Coligny est mort sans enfants de Claude de Montjournal sa femme,
Jean, &
Jacques-Hélie de Coligny, étant chevaliers de Malte, ont été tués en guerre : & Gaspard de Coligny leur aîné, comte de Saligny, deuxième du nom, seigneur de la Motte Saint Jean, sous-lieutenant de la compagnie de gendarmes du roi, & maréchal de ses camps, & armées, mari de Jacqueline de Montmorin, fille de Gaspard de Montmorin, seigneur de Saint Héran & de Claude de Chazeron, dont sont issus.
Gaspard de Coligny, marquis d'Orne, marié l'an M.DC.XXXIX. avec Marie-Gilberte de Roquefeuil, fille d'Alexandre, marquis de Roquefeuil, & de Claude de St Aignan :
Jean de Coligny, &
Claude de Coligny, religieuse à Paray le Monial.
Reste à déduire le rameau des seigneurs de Crecia, sorti comme celui des seigneurs de Saligny, de Guillaume, sire de Coligny, d'Andelot, & de Crecia, premier du nom, & de Catherine de Saligny : car il eut un troisième fils, dit
Antoine de Coligny, seigneur de Bohan, qui avait été destiné chevalier de Rhodes, par le testament de son père, mais après la mort d'icelui, n'ayant voulu embrasser cette profession, il épousa Pasquette des Crosses, avec laquelle il vivait, l'an 1499 ayant eu d'elle
Philibert de Coligny, aussi seigneur de Bohan, puis de Crecia, qu'il acquit de Claude de Coligny, seigneur du Rousset son cousin, l'an 1515. Il fut marié trois fois, de la première femme nommée Jeanne de Vergié, il n'eut qu'une fille,
Anne de Coligny, religieuse au Paraclet, en Champagne.
De la seconde, Anne de Chasteauvieux, fille de Guy de Chasteauvieux, & de Marguerite de Brie, il laissa
Gaspard de Coligny, seigneur de Crecia qui suit,
Louise de Coligny, femme de Gaucher d'Inteuille, seigneur de Venlay,
Aymée de Coligny, mariée à François de Nancuise, seigneur de Boua &
Philiberte de Coligny, religieuse à Chasteau-chalon.
De la troisième qui fut Jeanne de Rie, il n'en eut enfants : mais d'autant que cette même Jeanne de Rie était veuve de Lancelot de Luirieux, dont elle avait eu une fille appelée Denise de Luirieux, il l'a fit épouser à
Gaspard de Coligny son fils, & de Anne de Chasteauvieux sa seconde femme ; celui-ci eut de ladite Denise de Luirieux, Charles, &
Joachim de Coligny, morts fans enfants, &
Philibert de Coligny, deuxième du nom, seigneur de Crecia, de Beaufort, & de Bohan, conjoint avec Gabrielle d'Inteuille, fille de Guillaume d'Inteuille, seigneur d'Eschenetz, & de Louise de Rochechouart, dont il eut trois fils : puis il se remaria avec Anne de Saline, fille de Jean Bonaventure de Saline, seigneur d'Eschargey, au comté de Bourgogne, & d'Antoinette de Seros, d'où naquit, Claude Marguerite de Coligny, première femme de Joachim de Bauffremont, marquis de Listenois, chef du nom & des armes de la maison de Bauffremont. Des trois fils issus du premier lit de Philibert de Coligny, seigneur de Crecia, & de Gabrielle d'Inteuille, l'aîné,
François de Coligny mourut en jeunesse : le second
Cleriadus de Coligny sera mentionné ci-après : & le troisième,
Marc de Coligny, seigneur de Dammartin, a été marié avec Catherine le Genevois, fille de Pierre le Genevois, seigneur de Blegny, & de Françoise d'Anglure, dont il a eu
Joachim de Coligny, qui prend qualité de marquis de Crecia, & Gabrielle de Coligny, qui a épousé François de Barada, seigneur de Damery, ci-devant premier écuyer du roi, & premier gentilhomme de la chambre de sa majesté.
Cleriadus de Coligny, ci-dessus nommé, seigneur de Crecia, d'Andelot & de Coligny le vieux, s'allia avec Catherine de Chasteauvieux, dame de Verjon, fille de Claude, seigneur de Chasteauvieux, & de Marie de Rochechouart, d'où sont procédés :
Joachim-René de Coligny, mort au siège de la Rochelle, l'an 1627 sans être pourvu
Joachim de Coligny, marquis de Coligny, & d'Andelot, baron de Crecia, qui a épousé Jeanne de Talaru-Chamazel.
Sabine de Coligny, morte en bas âge :
Marie de Coligny, religieuse : &
Barbe de Coligny, femme de Gilbert de Lanjeat comte de Dale.
Ayant déduit brièvement, ci-dessus la suite des prédécesseurs d'Antoinette de Coligny, dite de Saligny, femme de Pierre, seigneur d'Amanzé, avec ses principales alliances, tant du côté paternel, que du maternel, il reste à savoir qu'ils laissèrent de leur mariage un fils & quatre filles.

Enfants de PIERRE D'AMANZÉ, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, & D'ANTOINETTE DE COLIGNY, dite DE SALIGNY.

IX. Jean d'AMANZÉ, chevalier, seigneur d'Amanzé, quatrième du nom, duquel sera parlé ci-après plus au long.
IX. Louise d'AMANZÉ, fille aînée, femme d'Antoine de MONTJOURNAL, chevalier, seigneur de Sindré en Bourbonnais, qui avait eu pour bisaïeul & bisaïeule Gilbert Aubert, & Anne de Montjournal, seigneur & dames de Forilhes, pour aïeul, Jean Aubert, écuyer, seigneur de Forilhes, à qui Hugues de Monjournal, son oncle maternel, protonotaire du Saint Siège Apostolique, seigneur de Préocord, de la Mothe de Valieres, & de Sindré en partie, fit don des terres susdites, en le mariant, l'an 1501 avec Anne d'Anlezy, fille de Claude d'Anlezy, écuyer, seigneur de Menetou-Couture, & de Renée de Buz, a la charge que lui & ses descendants ne se surnommeraient plus Aubert, & prendraient le nom & armes de Montjournal. Il eut de ladite Anne d'Anlezy, entre autres enfants, un fils appelé Claude de Montjournal, qui fut seigneur de Sindré & du Til, & fut deux fois député aux Etats de Blois pour la noblesse du pays de Bourbonnais, il épousa Françoise de Laubespin, fille d'Edouard de Laubespin, seigneur de Chigy, & de Jeanne de Dio, & d'elle il eut le susdit Antoine de Montjournal, duquel le traité de mariage avec Louise d'Amanzé, fut passé au château d'Amanzé, le mardi XIX septembre, l'an 1581 en présence de messire François d'Amanzé, chevalier, seigneur de Chauffailles, son oncle & curateur, de haut et puissant seigneur messire Claude Palatin de Dio, chevalier de l'ordre du roi, seigneur de Montperroux, & de Venot ; de noble messire Antoine de Laubespin, seigneur de Clesse, custode & comte en l'Église de Lyon, de messire Louis de Montjournal, seigneur de Precord, de messire Marc Lourdin de Saligny, seigneur & baron dudit lieu de la Mothe Saint Jean, & du Rousset, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, & de noble homme Guillaume d'Amanzé, fils dudit sieur de Chauffailles : de noble Georges de Viry, seigneur de la Moussière, de noble Jean de Saint Tirie, seigneur de Champagnard, tous parents & amis des futurs conjoints, qui eurent de leur mariage trois fils, & cinq filles, savoir, Claude de Montjournal, chevalier, seigneur de Sindré, & de la Mothe de Valières, qui a épousé, l'an 1644 Hilaire Raguier, seigneur de Champmoreau, & d'Elisabeth de Piedefer, Jean de Montjournal, chevalier de Malte, mort à l'ile de Ré, commandant un vaisseau, pour le service du roi ; Pierre de Montjournal, prieur de Sauvigny, près Moulins, Antoinette, religieuse à Blesse en Auvergne, Marie religieuse à Marcigny, Jeanne à Cusset, Benoite à Moulins, & Antoinette femme d'Antoine Gontier, seigneur du Bau.

IX. Marie d'Amanzé, seconde fille de Pierre, seigneur d'Amanzé, & d'Antoinette de Coligny, épousa le VII février, l'an 1583 Claude de Balorre, seigneur dudit lieu en Bourbonnais, petit fils de Jean de Balorre, & de Catherine d'Onay, fils de Cassian de Balorre, aussi seigneur dudit lieu, & de Peronne du Gué, de Claude de Balorre, & de Marie d'Amanzé sont issus, Gaspard de Balorre, seigneur dudit lieu, qui a épousé Marie Dodieu, fille de Claude Dodieu, seigneur d'Especieux, dont plusieurs enfants ; savoir, six fils & deux filles : les fils sont François, Antoine, Charles, Gilbert, Pierre, & Gaspard de Balorre, les filles, Diane, & Louise de Balorre. Les autres enfants sont sortis de Claude de Balorre ci-dessus & de Marie d'Amanzé sont, Charles de Balorre, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, dit de Malte, Antoinette de Balorre, femme de Gilbert de Grandval, seigneur de Maupetit, Magdelaine de Balorre, mariée à François de Montjournal, seigneur du Verger, & Gabrielle de Balorre, religieuse.

IX. Isabeau d'Amanzé, troisième fille de Pierre, seigneur d'Amanzé & d'Antoinette de Coligny, dite de Saligny, fut mariée, à François de Bouloigne, écuyer, seigneur de Salles en Dauphiné, fils de Bernard de Bouloigne, aussi seigneur de Salles, & de Magdelaine de Moreton, de la maison de Chabrilhan, & petit-fils d'autre Bernard de Bouloigne, pareillement seigneur de Salles, & de Jacquette de Ville. De ce François de Bouloigne, & d'Isabeau d'Amanzé, sont provenus trois filles, mariées en Dauphiné, l'une au sieur de Salles-Bar, l'autre au sieur de la Maria Valouze, & la dernière à

IX. Ester d'Amanzé, quatrième & dernière fille de Pierre seigneur d'Amanzé, & d'Antoinette de Coligny, dite de Saligny, prit alliance de mariage, le ... juin, l'an 1595 avec François de Moncoquier, seigneur dudit lieu de Moncoquier, chevalier de l'ordre du roi, & capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances de sa majesté : lequel François de Moncoquier avait eu pour aïeul & aïeule Jean de Moncoquier & Marguerite de Poullinet, & pour père et mère, Claude de Moncoquier, seigneur de Moncoquier, & Louise de Larguin. Du mariage dudit François & d'Ester d'Amanzé, n'est sorti qu'une seule fille, nommée Gilberte de Moncoquier, qui est mariée avec Etienne de la Souche, chevalier, seigneur de St. Augustin, duquel seigneur, qui est fils de Blaise de la Souche, seigneur dudit lieu, & de Gilberte Jean de Bellenave, elle a plusieurs enfants.

IX. JEAN D'AMANZÉ, chevalier, quatrième du nom, baron d'Amanzé, seigneur du Montet les Palinges en Charolais, seul fils de Pierre, seigneur d'Amanzé, deuxième du nom, & d'Antoinette de Coligny dite de Saligny son épouse, à l'exemple de ses prédécesseurs, ayant atteint l'âge capable de porter les armes, témoigna son courage & sa valeur aux occasions qui se présentèrent pour le service du roi Henri III sous le règne duquel pendant les guerres civiles, il eut commandement sur trois cens hommes de pied, & sa majesté en reconnaissance de son mérite, le pourvu du gouvernement des ville & château de Bourbon-Lancy, après la mort duquel le feu roi Henri IV surnommé le Grand, lui ayant succédé, il lui donna une compagnie de chevaux-légers entretenue pour le service de la dite majesté, & l'honora d'un brevet de maréchal de camp, pour commander les troupes en Bourgogne.
Ce seigneur d'Amanzé a été marié deux fois, en premières noces il épousa, l'an 1595 le X septembre Isabeau d'Escars, dame de Combles, sœur de Claude d'Escars, prince de Carency, mort sans enfants, d'Anne de Caumont sa femme, héritière de Fronsac, remariée à François d'Orléans comte de St. Paul, sœur aussi de Diane D'Orléans, princesse de Carency après son frère, femme de Charles comte de Maure ; puis de Louis Stuart de Cauffade, seigneur de St. Maigrin, & fille de Jean d'Escars, seigneur de la Vauguyon, prince de Carency, seigneur de Vendat, Albret, Richefort, & St. Bonnet, chevalier des deux ordres du roi, conseiller en ses conseils, d'état & privé, capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances de sa majesté, & maréchal & sénéchal de Bourbonnais, & d'Anne de Clermont son épouse, duquel mariage sont sortis trois fils, qui se verront nommez ci-après en leur lieu.

Cette dame Isabeau d'Escars, qui attouchait de parenté proche à divers princes & seigneurs, était issue, particulièrement de deux très nobles & anciennes maisons. Car quant à celle d'Escars du pays de Limousin, & qui a fort longtemps porté le surnom de Pérusse ou Peyrusse, sans en rapporter l'origine aux anciens seigneurs de Peruge ou Perouge en Italie, comme on lit dans quelques mémoires de la famille, elle a paru toujours si illustre & relevée, que dès le temps du roi Philippe I il se trouve que

I. AIMERY DE PÉRUSSE, chevalier, vicomte de Pérusse, & seigneur d'autres terres & seigneuries, mérita d'épouser Yoland de Lesignan, peut-être sœur de Hugues le Débonnaire cinquième du nom, sire de Lesignan : d'elle il eut,
II. Robert DE PÉRUSSE, chevalier, vicomte de Pérusse, fut marié avec Jeanne d'Armagnac, dont sortit,
III. LOUIS DE PÉRUSSE, chevalier, vicomte de Pérusse, eut à femme Marie d'Albret, de laquelle il eut cinq enfants, qui partagèrent les biens de la maison également : nous ne parlerons que de l'aîné car les noms des autres sont ignorés, celui-ci fut
IV. JEAN DE PÉRUSSE, chevalier, à qui la vicomté de Pérusse & la seigneurie de Saint Bonnet échurent en partage, il s'allia avec Isabeau de Couserans, fille du comte de Conserans, d'où lui naquit.
V. CHARLES DE PÉRUSSE, chevalier, vicomte de Pérusse, épousa Anne de Malesac, autrement Mallassac, à laquelle fut donné en mariage la vicomté de la Vauguyon, à la charge que cette vicomté & celle de Pérusse demeureraient au premier hoir mâle descendant de ce mariage, & de mâle en mâle ; & au défaut des mâles de cette lignée, elles retourneraient à ceux de la maison de Malefac, le traité de ce mariage est daté de l'an 1288 & d'icelui vinrent deux fils.
6. PHILIPPE de PÉRUSSE, vicomte de Pérusse, ci-après mentionné.
6. Louis de Pérusse, seigneur de Saint Bonnet, duquel la postérité sera traitée après celle de son frère aîné.
VI. PHILIPPE DE PÉRUSSE, ci-dessus, vicomte de la Vauguyon, & seigneur d'autres terres & seigneuries, fut marié avec Marguerite de Harcourt, fille du seigneur de Harcourt, pour laquelle étant décédée avant lui, il fit une fondation en l'abbaye d'Uzerches en Limousin, l'an 1288 pour prier Dieu pour l'âme d'icelle qui lui avait procrée deux fils.
7. Jacques de Pérusse, vicomte de Pérusse, & de la Vauguyon, mort sans postérité.
7. Gautier de Pérusse, qui hérita desdits vicomtes après son frère, & ne laissa que deux filles, dont je n'ai trouvé les alliances.
VI. LOUIS DE PÉRUSSE, deuxième fils de Charles de Pérusse, vicomte dudit lieu, eut Saint Bonnet, & autres terres en partage, il épousa Laure de Chabanois, dame de la Coussière, dont vint.
VII. GEOFROY DE PÉRUSSE, chevalier, seigneur de Saint Bonnet, & de la Coussière, passa un arbitrage, l'an 1260 avec ceux de la maison de Malesac, & les filles de Gautier de Pérusse, susnommé son cousin germain, touchant lesdites vicomtés de Pérusse & de la Vauguyon, & à qui elles demeureraient : sa femme fut Jacquette, fille du seigneur de Partenay, comme on apprend de son contrat de mariage passé l'an 1256. Il eut pour fils
VIII. AUDOUIN DE PÉRUSSE, I. du nom, seigneur de Saint Bonnet, & de la Coussière, fut marié par traité de l'an 1281 avec Marguerite de Segur, fille du baron de Segur, qui lui engendra.
IX. AUDOUIN DE PÉRUSSE, II du nom, chevalier, sire d'Escars, seigneur de Saint Bonnet, de la Coussière, & autres terres : fit bâtir & construire le couvent des Jacobins de la ville de Limoges, au lieu où ils sont encore à présent, ainsi qu'il appert par les lettres de la fondation datées de l'an 1326. Il fut conjoint par mariage avec Gabrielle de Ventadour, fille du comte de Ventadour ; & d'eux sortit
X. ARNOUL DE PÉRUSSE, chevalier, sire d'Escars, & seigneur de Saint Bonnet, fut grand maréchal de l'Église, & fit rebâtir les murs de la ville d'Avignon, sous le pontificat du pape Innocent IV comme il parait par son testament daté de l'an 1367. Il prit à femme Souveraine de Pompadour, fille de Renoul, seigneur de Pompadour, & de Constance de la Marche, fille de Guillaume de la Marche, chevalier, & de Jeanne de la Moche. Le susdit Arnoul de Pérusse, l'an 1365, fit une fondation aux Jacobins de Limoges, pour prier Dieu pour l'âme de ladite Souveraine de Pompadour sa femme, de laquelle il eut
XI. AUDOUIN DE PÉRUSSE, III. du nom, sire d'Escars, la Gouffiere, la Vauguyon, & autres lieux, fut conseiller du roi Charles VI près la personne du Dauphin Charles son fils, depuis roi VII du nom, & son chambellan, comme il est témoigné par des lettres d'Etat de l'an 1421 le XX octobre M.CCC.XC il fut conjoint par mariage avec Marguerite Hélie d'où lui naquirent deux fils, auxquels par son testament daté de l'an 1435 il départit tous les biens, & les substitua l'un à l'autre.
XII. Gaultier de Pérusse, II. du nom, mentionné plus au long ci-dessus.
XII. Audouin de Pérusse, IV. du nom, qui a continué la lignée.
XII. GAULTIER DE PÉRUSSE II. du nom, chevalier, seigneur d'Escars, la Coussière, & la Vauguyon, fut conseiller & chambellan du roi Charles VII, & fut un de ceux qui assistèrent au jugement de Jean duc d'Alençon, régnant ledit Charles, comme il se lit dans du Tillet, sous l'an 1442. Il fut premièrement marié avec Jacquette de Saint Marc, dame de la Rochette en la Marche, & de Saint Marc, puis l'an 1451 avec Andrée de Montberon, fille de François de Montberon, comte de Périgord & de Mauleurier, baron de Montberon, & vicomte d'Aunay, & de Louise de Clermont ; desquelles deux femmes il n'eut enfants, & par son testament de l'an 1468 il fit partage de ses biens entre ses trois neveux, Antoine, Jean, & Gaultier de Pérusse, du consentement d'Audouin de Pérusse leur père.
XII. AUDOUIN DE PÉRUSSE, IV. du nom, chevalier, seigneur de Saint Bonnet, Allassac, Saint Ybar, & la Porte, par partage fait avec Gaultier de Pérusse son frère aîné, fut allié par mariage avec Hélène de Roquefeuil, dont il eut trois enfants qui divisèrent la maison en trois branches.
XIII. Antoine de Pérusse, dit d'Escars, chevalier, seigneur d'Escars, qui suit.
XIII. Jean de Pérusse, dit d'Escars, seigneur de Saint Bonnet, tige des seigneurs de Saint Bonnet, ci-après.
XIII. Gaultier de Pérusse, dit d'Escars, a donné origine aux seigneurs de la Vauguyon, dont la postérité sera déduite après celle de ses frères ainés.
XIII. ANTOINE DE PÉRUSSE, dit d'Escars, chevalier, seigneur d'Escars, Beaufort, Juillac, & Segur ; fut comme aîné partagé des susdites terres, à la charge & condition qu'elles demeureraient toujours à l'aîné de la maison. Il épousa Françoise de Pierre Buffière, fille du seigneur de Châteauneuf, duquel mariage vinrent deux fils, dont le premier fut
XIV. Jean de Pérusse, dit d'Escars, mort en bas âge ; & le puiné fut
XIV. GEOFROY DE PÉRUSSE, chevalier, seigneur d'Escars, Juillac, Segur, & la Tour en partie, conseiller & chambellan du roi de Navarre ; prie à femme Françoise d'Arpajon, fille de Guy, baron d'Arpajon, & de Marie d'Aubusson : leurs enfants furent
XV. Gabriel de PÉRUSSE, dit d'Escars, chevalier, seigneur d'Escars, qui épousa en premier lit Françoise de Montberon, & en second, Jeanne de la Tour, dite de Turenne, sans enfants de toutes les deux.
XV. Jacques de Pérusse, qui suit, seigneur d'Escars, après son frère.
XV. JACQUES DE PÉRUSSE, chevalier, seigneur d'Escars, Juillac & Segur, après la mort de Gabriel son frère, eut deux femmes comme lui, donc la première fut Anne Jourdain de l'Isle, dame de la Mothe Saint Sezet, Hanqueuille & Merville, dont il eut trois fils & une fille, puis il se remaria avec Françoise de Longuy, comtesse de Buzançois, veuve de Philippes Chabot, seigneur de Brion, amiral de France, & fille de Jean de Longuy, seigneur de Giury, & de Paigny, & de Jeanne d'Orléans : de cette seconde femme il eut un fils, nommé, ci-après.
XVI. François d'Escars, comte dudit lieu, ci-après mentionné.
XVI. Charles d'Ecars, évêque & duc de Langres, pair de France, conseiller du roi en son conseil d'Etat, & l'un des quatre prélats commandeurs associés à l'ordre du St. Esprit, décédé fort âgé, en l'an 1614.
XVI. Jacques d'Escars, seigneur de Merville, a fait branche, qui sera représentée, ci-après.
XVI. Françoise d'Escars, dame de Grandmont, décédée sans enfants d'Emery, baron de Moneaut.
XVI. ANNE D'ESCARS, dit de Giury, né du second lit de Jacques de Pérusse, seigneur d'Escars, & de Françoise de Longuy, fut évêque de Lisieux, & crée cardinal, l'an 1596 par le Pape Clément VIII décéda l'an 1612.
XVI. FRANÇOIS D'ESCARS, comte d'Escars, fils ainé de Jacques de Pérusse, seigneur d'Escars, & d'Anne Jourdain de l'Isle sa première femme, fut chevalier des deux ordres du roi, & capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances. Il fut comme son père marié deux fois : premièrement avec Claude de Bauffremont, fille de Claude de Bauffremont, seigneur de Sey & de Sombernon, & de Jeanne de Vienne, dont il eut deux fils & deux filles : secondement avec Isabeau de Beauville, veuve de Blaise de Monluc, maréchal de France, & d'elle il eut un fils & une fille : ceux du premier lit furent les suivants.
XVII. Jacques comte d'Escars, qui suit.
XVII. Charles d'Escars, baron d'Aix, de la Mothe Trichasteau, puis comte d'Escars, est mort sans postérité, ayant été marié avec Anne de Baissey veuve de Henri de Vienne, baron de Cheureau & fille de Jean de Baissey, baron de Trichasteau, & d'Anne de Marmier : puis avec Gabrielle du Chastellet, fille d'Erard du Chastellet, seigneur dudit lieu, maréchal de Lorraine, & de Lucrèce d'Orfan. C'est ce Charles d'Escars qui a obligé Gaspard, comte d'Amanzé, à prendre le nom d'Escars, conjointement avec celui d'Amanzé, & écarteler ses armes avec les siennes.
XVII. Louise d'Escars, née du premier lit, épousa François d'Autefort, qui a épousé Renée du Bellay, héritière de la Flotte, & d'eux sont sortis Messieurs d'Autefort & de Montignac frères, & Madame d'Autefort, dame d'atour de la reine, & autres enfants.
XVII. Claude d'Escars, aussi née du premier lit, femme de Jean de Ferrières, baron de Sauvebeuf, dont enfants.
XVII. Anne d'Escars, issu du deuxième lit, mort jeune, l'an 1601.
XVII. Susanne d'Escars, seule fille du second lit, fut mariée avec Charles de Cazillac, seigneur de Cazillac et baron de Cessac, dont est venu François de Cazillac à présent vicomte de Cessac.
XVII. JACQUES comte D'ESCARS, & de Beaufort, fils de François comte d'Escars, & de Claude de Bauffremont, sa première femme n'a laissé aucune lignée, de trois qu'il a épousé, savoir Louise Jay, dame de Boissequin, Yoland de Liuron de Bourbonne, & Olimpe Grain de Saint Marsault de Parcout, remariée à George d'Aubusson, comte de la Feuillade. Par sa mort, & celle de Charles d'Escars son frère, les armes pleines, & l'aînesse de la maison passèrent en la branche des seigneurs de Merville, qui suit.

XVI. JACQUES D'ESCARS, troisième fils de Jacques de Pérusse, seigneur d'Escars, & d'Anne Jourdain de l'Isle sa première femme, fut seigneur de Merville, & grand sénéchal de Guienne : Il épousa Catherine de Beraut, donc quatre fils & une fille, puis Jeanne d'Aubusson sans enfants. Ceux du premier lit sont :
XVII. François d'Escars, seigneur de Merville, qui suit.
XVII. Henry d'Escars, seigneur de Castelnau.
XVII. Jacques d'Escars, baron d'Availles.
XVII. François d'Escars, baron de Caubon, puis de Segur, & en après comte d'Escars, duquel sera parlé ci-après.
XVII. Catherine d'Escars, qui a épousé Honorat de Montpesat, baron de Laugnac, dont enfants.
XVII. FRANÇOIS DESCARS, seigneur de Merville, grand sénéchal de Guienne après son père, mourut l'an 1606 ayant été marié avec Rose de Montal, fille de Gilles de Montal, baron de Roquebrou, & de Catherine dOrnezans, donc il a laissé un fils & trois filles.
XVIII. François d'Escars, marquis de Merville, ci-dessous.
XVIII. Jacques d'Escars, & de Montal, baron de Merville mort.
XVIII. Catherine d'Escars, l'aînée, a épousé Bernard de Molezun, seigneur de Tagen.
XVIII. Françoise d'Escars, femme de François d'Autefort, seigneur de Saint Chamant.
XVIII. Catherine d'Escars la puinée a été mariée avec Roger de Cominge, marquis de Seguilhem, dont une fille.
XVIII. FRANÇOIS D'ESCARS, marquis de Merville, est décédé à Paris, l'an 1631 ayant épousé Magdelaine de Bourbon, fille de Henri de Bourbon, marquis de Malausse, & de Magdelaine de Chalon, dont il a eu
XIX. Charles d'Escars, marquis de Merville, mort jeune, &
XIX. Rose d'Escars.
XVIII. FRANÇOIS D'ESCARS, baron de Caubon, puis de Segur, quatrième fils de Jacques d'Escars, seigneur de Merville, & de Catherine de Berault, a pris qualité de comte d'Escars, & a épousé Françoise de Veirieres, fille du seigneur de Fonpatour, dont il a eu trois fils, & trois filles, qui sont
XVIII. Charles d'Escars, baron de la Renaudie.
XVIII. François d'Escars, seigneur de la Mothe.
XVIII. Anne d'Escars, chevalier de Malte.
XVIII. Catherine d'Escars, dame de la Curée.
XVIII. Françoise d'Escars, dite la demoiselle de Segur, fille d'honneur de la reine, 1643.
XVIII. Sara d'Escars.

XIII. JEAN DE PÉRUSSE, dit d'Escars, deuxième fils d'Audouin de Pérusse IV. du nom, seigneur de Saint Bonnet, Alaffac, Saint Ybar, & la Porte, & d'Hélène de Roquefeuil, obtint par son partage les mêmes terres de Saint Bonnet, Alaffac, Flex, Saint Ybar, Carabeuf, la Guyonnie, & la Porte. Il fut marié avec Catherine de Levis, fille d'Eustache de Levis, seigneur de Quailus, & d'Alix de Cousan : duquel mariage sortirent,
XIV. Gabriel d'Escars, seigneur de Saint Bonnet, qui suit ;
XIV. Jeanne d'Escars, femme de Jacques de Chattes, seigneur dudit lieu, dont est descendu par divers degrés Charles de Chattes, seigneur de Chattes, marquis de Charpey, gouverneur de Dombes, en 1644 premier maître d'hôtel de Madame la duchesse d'Orléans.
XIV. GABRIEL D'ESCARS, chevalier, seigneur de Saint Bonnet, Saint Ybar, & autres lieux, épousa Marie de la Tour, fille d'Anne de la Tour, baron d'Oliergues, & d'Anne de Beaufort, qui lui procréa.
XV. FRANÇOIS D'ESCARS, seigneur de Saint Bonnet & Saint Ybar, prit à femme Anne de Livron, fille de Nicolas de Livron, chevalier, seigneur de Bourbonne, conseiller & chambellan du roi, & de Marie de Ray, d'où vint,
XVII. LEONARD D'ESCARS, I. du nom, seigneur de Saint Bonnet & Saint Ybar ; s'allia avec Catherine de Joignac, héritière de Foussat, & d'elle il a laissé
XVII. LEONARD D'ESCARS, II du nom, seigneur de Saint Bonnet & Saint Ybar ; a été conjoint par mariage avec Adriane de Bordeille, fille d'André de Bordeille, baron & vicomte de Bordeille, & de Jacquette de Montberon, leurs enfants sont,
XVIII. Jacques d'Escars, seigneur de Saint Bonnet, qui suit.
XVIII. Henri d'Escars, seigneur de Saint Ybar.
XVIII. Elizabeth d'Escars, a épousé Raymond de Saillant, seigneur dudit lieu.

XVIII. JACQUES D'ESCARS, seigneur de Saint Bonnet, a pris qualité de comte d'Escars, prétendant cette comté lui avoir été donnée par Jacques comte d'Escars son cousin, ce qui lui a été contesté. Il est marié avec Jeanne de Meillars, fille de Jacques de Meillars, seigneur de la Valette, & d'Isabeau de Murant.

XIII. GAULTIER DE PÉRUSSE d'Escars, chevalier, seigneur de la Vauguyon, la Coussière, Roussines, la Tour de Bars, & le Repaire : lesquelles terres lui advinrent par partage fait avec Antoine, seigneur d'Escars, & Jean d'Escars, seigneur de Saint Bonnet ses frères, de la succession d'Audouin de Pérusse, seigneur d'Escars leur père, qui avait épousé Hélène de Roquefeuil. Ce Gaultier de Pérusse fut aussi seigneur de la baronnie & châtellenie de St. Germain sur Vienne, qu'il acquit : & fut conseiller & chambellan du roi Charles VIII ainsi qu'il est témoigné par des lettres d'état, de l'an 1483. Il fut en outre sénéchal de Périgord, & de la Marche, & premier chambellan de Pierre, duc de Bourbon, dernier du nom. Par traité du XIII jour d'octobre, l'an 1498 il fut marié avec Marie de Montberon, sœur d'Andrée de Montberon, femme de Gaultier de Pérusse, seigneur d'Escars, oncle de Gaultier, ci-dessus, & fille de Louis de Montberon, seigneur de Fontaines & de Gours, & de Radegonde de Rochechouart, dame de Chalandray, fille de Louis de Rochechouart, seigneur de Mortemart & de Jeanne Turpin, de la maison de Crissé : en faveur duquel mariage la susdite Andrée de Montberon, qui n'avait point d'enfants, donna à la susdite Marie de Montberon sa sœur, la seigneurie de Vareigne, & ses père & mère, celles d'Aigrefeuilles, & du Puy, d'Escars. De ce mariage vint un seul fils, ci dessous nommé.
XIV. FRANÇOIS D'ESCARS, chevalier, seigneur de la Vauguyon, la Coussière, la Tour de Bars, le Repaire, Vareigne, Aigrefeuilles, & Ronmamasieres, baron de Saint Germain sur Vienne, conseiller & chambellan du roi François I par lettres de l'an 1531 gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, chevalier, & premier écuyer d'Aliénor d'Autriche, seconde femme de sa majesté, & maréchal & sénéchal de Bourbonnais, & accompagna Charles duc de Bourbon, connétable de France, lors qu'il s'absenta du royaume, & qu'il se retira en Italie, l'an 1523 duquel prince il avait l'honneur d'être allié : car dès l'an 1561 le XXII jour de février, en présence, & par l'avis & commandement d'Anne de France, veuve de Pierre, duc de Bourbonnais & d'Auvergne, comte de Clermont & de Forez, & grand chambrier de France ; du susdit Charles duc de Bourbon son gendre, & de Suzanne de Bourbon, sa fille, héritière desdits duchés, il avait épousé Isabeau de Bourbon, princesse de Carency, dame d'Aubigny, Buquoy, Combles, Ais en Gouelle, Puiseul, Anual, l'Ecluse, Vendat, Surar, Baings, Saint Georges, Rochefort, le Beage, & Ternat, qui était fille unique de Charles de Bourbon, seigneur de Carency, & de Buquoy, & de Catherine d'Alegre son épouse, du consentement de laquelle elle contracta ledit mariage avec François d'Escars, seigneur de la Vauguyon, ci-dessus, qui fit son testament, l'an 1536 délaissant un fils & deux filles, nommées ci-après. Ce Charles de Bourbon, mari de Catherine d'Alegre, qui était fille de Bertrand d'Alegre, baron de Puisagut, & seigneur de Busset, & d'Isabeau de Levis, qui avait eu pour père Eustache de Levis, baron de Fleunsac, & pour mère Alix de Cousan, était issu puiné des comtes de la Marche & de Vendosme, branche puinée de la royale maison de France sortie de Robert de France, comte de Clermont, seigneur de Bourbon, chambrier de France, cinquième fils du roi Saint Louis IX du nom, & de Marguerite de Provence son épouse, ainsi que nous avons remarqué ci-devant, par la Table Généalogique qui se voit au commencement de cette Généalogie, tirée de la quatrième partie du livre XVI de l'Histoire Généalogique de la maison de France, composée par les sieurs de Sainte Marthe frères jumeaux, historiographes du roi, au traité des seigneurs de Carency, & de Duisant, depuis la page 233 jusqu'à la page 240 où la postérité d'Isabeau de Bourbon, dame de la Vauguyon, est particulièrement décrite, jusqu'à Gaspard comte d'Amanzé, aujourd'hui vivant : les enfants qu'elle eut de François d'Escars, seigneur de la Vauguyon son mari, furent les suivants, à l'aîné desquels elle commanda & ordonna de faire peindre la chapelle de Bourbon, où il est enterré, en l'église des Célestins de Vichy, fondée par Louis duc de Bourbon II du nom, & d'Anne Dauphine d'Auvergne : en exécutant la volonté de sa mère, il y fit représenter, pour l'ornement de cette chapelle, ses aïeul & aïeule, mère, oncles, & tante, comme se voit encore à présent, quoi qu'en partie gâtés & défigurés, par les religionnaires réformés : savoir, au côté droit trois princes à genoux, revêtus de manteaux ducaux, & sous chacun une inscription : sous le premier qui est un vieillard, paraissant âgé de LX ans est écrit :
Ci-gît haut & puissant seigneur, messire Charles de Bourbon, comte de la Marche, prince de Carency, Aubigny & l'Ecluse, de Bucoy, Bonigny, Efangouelle, Combles, Puisieuts, Anual, Abret, Vendat, Rochefort, Surat, Baings, Saint George, le Bearge & Ternat, qui décéda à son château d'Abret.
Sous le deuxième, portant environ un âge de trente ans.
Messire Bertrand de Bourbon son fils qui hérita desdits biens, & mourut à la bataille de Marignan, sans hoirs.
Sous le troisième duquel le visage parait d'un âge de vingt-cinq ans.
Jean de Bourbon, fils audit Charles, qui succéda auxdits biens, & mourut à Moulins, sans hoirs.

Au côté gauche de la même chapelle, pour cadrer le coté droit, y sont aussi représentés trois princesses en la même action que les princes qui leur sont opposés ; celle qui tient le premier rang, d'un âge médiocre, a au bas d'elle écrit :
Catherine d'Alegre, femme dudit haut & puissant prince messire Charles de Bourbon.
Sous la suivante, peinte avec un visage enfantin, n'a que cette inscription :
Louise de Bourbon, qui mourut sans être mariée.
Et la dernière, dont le visage marque un âge de quarante ans, a pareillement écrit pour mémoire de sa naissance : Isabeau de Bourbon, fille dudit haut & puissant prince messire Charles de Bourbon, & de ladite Catherine d'Alegre, qui succéda à tous sesdit biens, & puis fut mariée à haut & puissant seigneur messire François d'Escars, chevalier, seigneur de la Vauguyon, Varaigne, Saint Germain sur Vienne, la Coussière, la Tour de Bar, le Repère, Aigrefeuilhe, Somasière, & la Meschenie, conseiller du roi en son privé conseil, gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine de cinquante hommes de ses ordonnances, maréchal, & sénéchal de Bourbonnais, chevalier d'honneur, & premier écuyer de la reine, dont est sorti messire Jean d'Escars, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, maréchal & sénéchal de Bourbonnais, qui a succédé à ses dits père & mère auxdits biens, qui a fait peindre la présente chapelle par commandement & ordonnance de madite dame Isabeau de Bourbon sa mère.
Revenons aux enfants desdits François d'Escars, & Isabeau de Bourbon, dont l'aîné fut ledit.
XV. JEAN DESCARS, seigneur de la Vauguyon, & prince de Carency duquel nous parlerons après ses sœurs.
XV. Suzanne d'Escars, mariée en l'an 1550 avec Geoffroy de Pompadour, seigneur de Pompadour & de Laviere en Limousin, dont est né Louis, seigneur de Pompadour, qui de Peronne de la Guiche a laissé entre-autres enfants, Philibert, vicomte de Pompadour, chevalier des deux ordres ; & Jean de Pompadour, baron de Lauriere.
XV. Anne d'Escars, première femme de Jean de la Queille, deuxième du nom, seigneur de Fleurat en Auvergne, duquel elle a eu Isabeau de la Queille, mariée à Louis de Rochefort, baron de Saint Angel, & Jean de Queille, troisième du nom, seigneur de Fleurat, & de Chasteaugay, qui de Simonne du Saix, a eu Guillaume de la Queille, comte de Chasteaugay, marié avec Anne de Gadagne, fille du seigneur de Beauregard, & autres enfants.
XV. JEAN D'ESCARS, seigneur de la Vaujguyon, Abret, Vendat, Saint Bonnet, & Rochefort, prince de Carency, chevalier des ordres du roi, conseiller en ses conseils d'Etat & Privé, capitaine de cent hommes d'armes, de ses ordonnances, maréchal & sénéchal de Bourbonnais l'an 1576. Mourut le XVII mars, l'an 1595 ayant été marié avec Anne de Clermont, sœur d'Henry de Clermont, vicomte de Talart ; de Charlotte de Clermont, femme de Jean d'Amoncourt, seigneur de Montigny, puis de Jean d'O, seigneur de Manou, capitaine des gardes du corps ; & de Françoise de Clermont, femme de Jacques de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, chevalier des deux ordres, & fille d'Antoine de Clermont, comte de Clermont, vicomte de Tallart, & de Clermont en Trièves, premier baron de Dauphiné, dont il fut gouverneur, comte de Tonnerre, grand maître des Eaux & Forêts de France, & de Françoise de Poitiers, duquel mariage sont procédés un fils & deux filles.
XVI. Claude d'Escars, prince de Carency, qui suit.
XVI. Diane d'Escars, princesse de Carency après son frère, épousa l'an 1573 Charles comte de Maure, après la mort duquel elle se remaria avec Louis Stuart de Caussade, seigneur de Saint Maigrin.
XVI. Isabeau d'Escars, dame de Combles, fut mariée avec Jean, baron d'Amanzé, comme il a été déjà dit ci-devant.
XVI. CLAUDE D'ESCARS, prince de Carency, épousa Anne de Caumont, fille & unique héritière de Geoffroy de Caumont, seigneur de Fronsac & de Marguerite de Lustrac, de laquelle il n'eut enfants, ayant été tué en duel le VI mars, en l'an 1586 par Charles de Gontault, baron de Biron, depuis maréchal de France, & sa veuve se remaria quelque temps après avec François d'Orléans, comte de Saint Paul, frère puiné d'Henri d'Orléans, duc de Longueville, & en la personne de ce prince de Carency s'éteignit la branche des seigneurs de la Vauguyon, ses deux sœurs ayant été les héritières.

Voila quant à l'extraction paternelle d'Isabeau d'Escars, dame d'Amanzé : maintenant il faut rapporter quelque chose de celle d'Anne de Clermont sa mère, dame, à vrai dire, autant recommandée en excellence & grandeur de noblesse, qu'aucune autre du Royaume : car du côté de son père elle tirait son origine de la maison de Clermont en Dauphiné, la plus illustre & relevée de toute la province, & qui dès l'an 1340 avait mérité pour les siens, en la personne d'Eynard de Clermont, vicomte de Clermont en Trièves l'office de souverain capitaine, & maître de l'hôtel des princes dauphins, famille qui non seulement a produit en France diverses branches célèbres, dont celle des comtes de Tonnerre tient aujourd'hui l'aînesse, mais s'est étendue jusqu'au royaume de Naples, où elle a possédé plusieurs grandes & riches seigneuries, & s'est trouvé plusieurs fois digne de l'alliance des maisons royales de ce pays-là, entre autres Constance de Clermont, fille de Manfroy de Clermont, amiral de Sicile, ayant épousé, l'an 1390 Ladislas d'Anjou, prince du sang royal de France, roi de Jérusalem, de Sicile, d'Hongrie, de Dalmatie & Croatie. Et pour le regard de Françoise de Poitiers sa mère, la famille dont elle descendait, n'avait pas aussi une médiocre splendeur, puisqu'elle était si célèbre, que quelques uns l'ont fait dériver des anciens comtes de Poitou, & que personne n'ignore, qu'elle a possédé bien longtemps & depuis l'an 1189 les comtés de Valentinois & Diois, & la seigneurie de Saint Valier, & autres belles grandes seigneuries au susdit pays de Dauphiné. Mais parce que le sieur du Chêne géographe du roi a traité fort amplement cette généalogie en son Histoire des ducs de Bourgogne, & des Dauphins de Viennois, imprimée l'an M.DC.XXVIII à laquelle on peut avoir recours, & qu'il serait superflu d'en faire ici mention, nous nous restreindrons à la déduction sommaire de celle de Clermont, en cette sorte.

GÉNÉALOGIE de la maison de Clermont

I. SIBAUD DE CLERMONT, deuxième du nom, seigneur de Clermont, & de Saint Geoire, à qui le Pape Calixte II de la maison de Bourgogne donna les deux clefs d'argent pour ses armes, en l'an 1120 pour les services qu'il avait rendus à l'Église, il laissa
II. Guillaume de Clermont, ci-après, &
II. Geoffroy de Clermont, qui fit bâtir en l'abbaye de Hautecombe, le quartier qu'on appelle des Claramontins.
II. GUILLAUME DE CLERMONT, seigneur dudit lieu, & de Saint-Geoire, eut
III. Aymar de Clermont, abbé de Saint Chef en Dauphiné. &
III. SIBAUD DE CLERMONT, III. du nom, seigneur de Clermont, vivant en l'an 1223 & marié avec Beatrix de Virieu, dont il eut plusieurs enfants, & entre-autres,
IV. AYMAR DE CLERMONT, seigneur dudit lieu, fit hommage, l'an 1280 à l'Église de Vienne de ses terres de Clermont, Saint Geoire & Virieu. Il vivait encore l'an 1292 ayant été marié avec Alix de Villars, dont il eut
V. GEOFFROY DE CLERMONT, baron de Clermont, fit hommage de ses terres à Jean, dauphin de Viennois le premier avril 1317. Il épousa l'an 1328 Beatrix de Savoie, fille de Louis de Savoie, baron de Vaux, frère puiné d'Amé quatrième comte de Savoie, & de Jeanne de Montfort, la grandeur de cette alliance fait voir le rang que tenait cette maison, puis qu'elle prenait des filles dans des familles souveraines. Il testa l'an 1332 & ordonna d'être enterré au monastère des Chartreux de Silve-Bénite. Il eut nombre d'enfants, tant fils que filles, l'aîné d'iceux fut,
VI. AYNARD DE CLERMONT, baron de Clermont en Viennois, & vicomte de Clermont en Trièves, duquel nous avons parlé ci-dessus, & fut fait grand maître delphinal par Humbert dauphin de Viennois, l'an 1340, sa femme fut Agathe de Poitiers, fille d'Aymar de Poitiers, VII. du nom, comte de Valentinois & Diois, & de Sibille de Baux, fille du prince d'Orange : de ce mariage vinrent deux fils,
VII. Geoffroy de Clermont, qui suit
VII. Aymar de Clermont, seigneur de Hauterive en Dauphiné, épousa Jeanne Maingot, dame de Surgeres & de Dampierre en Aunis, & d'eux est descendu à la cinquième génération Claude Catherine de Clermont, héritière de la même terre de Dampierre, qui fut marié avec Albert de Gondy, duc de Rays (Retz), pair & maréchal de France, chevalier des deux ordres.
VII. GEOFFROY DE CLERMONT, baron de Clermont en Viennois, & vicomte de Clermont en Trièves, eut à femme Isabel de Montoison, dame dudit lieu, fille de Guillaume de Montoison, seigneur dudit lieu, & de Lizene de Pierregourde, dont issus.
VIII. Aymar de Clermont, ci-après mentionné.
VIII. Antoine de Clermont, seigneur de Montoison, qui ne laissa qu'une fille : &
VIII. Charles de Clermont, seigneur de Vaulserre, Hautefort, & Saint Beron, épousa Louise de Salins, & de lui sont sortis les autres seigneurs de Saint Beron, dont la postérité est finie en deux filles mariées aux maisons de Viriville, Grolée, & de Dezimieu.
VIII. AYMAR DE CLERMONT, baron & vicomte des deux Clermonts dont il fit hommage au roi dauphin, le XX juin l'an 1411, fit partage avec ses frères, le dernier février 1392 & testa en 1392. Il épousa en première noces Louise de Bressieu, puis en seconde, l'an 1432 Alix de Seyssel, fille d'Antoine de Seyssel, seigneur d'Aix, en Savoie, de laquelle il eut
IX. Antoine de Clermont, baron de Clermont, qui a continué la lignée aînée.
IX. Claude de Clermont, seigneur de Montoison, a fait la branche des autres seigneurs de Montoison, qui subsiste encore, & de laquelle est issue Catherine de Clermont, femme de Jacques de Budos, vicomte de Portes, père & mère de Louise de Budos, seconde femme d'Henri duc de Montmorency, pair & connétable de France, qui eut de lui feu Monsieur le duc de Montmorency, & Madame la princesse sa sœur.
IX. ANTOINE DE CLERMONT, baron de Clermont, & vicomte de Clermont, s'allia avec Françoise de Sassenage, vicomtesse de Tallart, fille d'Antoine de Sassenage, chevalier, seigneur de Saint André en Royans, conseiller & chambellan du roi, & d'Anne de Trion, vicomtesse dudit Tallart : d'elle il eut
X. Louis de Clermont, baron dudit lieu, qui épousa Catherine de Montauban, dont lui naquit
XI. Antoine de Clermont, baron dudit lieu, chambellan du roi, qui d'Anne de Poitiers, sœur de Françoise de Poitiers, ci dessous, eut un fils.
XII ... de Clermont, mort sans lignée, & deux filles : l'une
XII. Anne, mariée en la maison de Beauvilliers Saint Aignan, & l'autre
XII. Philiberte, au baron de Tor du surnom d'Ancezime, puis à François, dit Armand, vicomte Polignac. Il y a eu plusieurs enfants nés de ces deux mariages.
X. Bernardin de Clermont, vicomte de Tallart, ci-après.
X. Antoine de Clermont, archevêque de Vienne.
X. BERNARDIN DE CLERMONT, vicomte de Tallart, seigneur de Saint André en Royans, & la Bastie, épousa le XXX avril 1496 Anne de Husson, comtesse de Tonnerre, fille de Charles de Husson, comte de Tonnerre, & d'Antoinette de la Trimouille, fille de Louis de la Trimouille, comte de Guines & de Benon, baron de Sully & de Craon, & de Marguerite d'Amboise, vicomtesse de Thouars : icelui Charles de Husson, petit-fils d'Olivier, seigneur de Husson, grand chambellan du roi Charles VII & de Marguerite de Chalon, qui devint héritière du comté de Tonnerre. De Bernardin de Clermont, & de la susdite Anne de Husson, naquirent quatre fils entre autres,
XI. Antoine de Clermont, vicomte de Clermont, & de Tallart, comte de Tonnerre, ci-dessous.
XI. Gabriel de Clermont, évêque de Gap en Dauphiné.
XI. Theaude de Clermont, évêque de Senez en Provence, & abbé de Saint Gilles en Languedoc.
XI. Julian de Clermont, seigneur de Toury, a donné origine aux seigneurs de Toury, dont la lignée dure encore.
XI. ANTOINE DE CLERMONT, comte de Clermont, vicomte de Tallart & de Clermont en Trièves, premier baron de Dauphiné, seigneur d'Ancy le Franc, & comte de Tonnerre, gouverneur de Dauphiné & de Savoie, fut marié en l'an 1516 avec Françoise de Poitiers, fille de Jean de Poitiers, seigneur de Saint Valier, marquis de Cotton, vicomte d'Etoille, baron de Clerieu, Serignan, Chalençon & Florac, & de Jeanne de Batarnay, fille d'Imbert de Batarnay, seigneur du Bouchage, & de Georgette de Monchenu, lequel Jean de Poitiers était né du mariage d'Aymar de Poitiers, seigneur de Saint Valier, & de Jeanne de la Tour, dite de Bolongne, fille de Bertrand de la Tour, comte de Bolongne & d'Auvergne, & de Louise de la Trimouille ; ladite Jeanne de la Tour, tante de Magdelaine de la Tour, mère de Catherine de Médicis, reine de France : & la même Françoise de Poitiers, sœur puinée de Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, femme de Louis de Brezé, comte de Maulevrier, gouverneur & grand sénéchal de Normandie ; mère de Françoise & Louise de Brezé, dont l'une fut mariée à Robert de la Marck, duc de Bouillon, prince de Sedan, maréchal de France, & l'autre à Claude de Lorraine, duc d'Aumalle, pair de France. Du susnommé Antoine de Clermont, & de Françoise de Poitiers sortirent deux fils & quatre filles.
XII. Henri de Clermont, vicomte de Tallart, qui suit.
XII. Claude de Clermont, fut tué à la bataille de Montcontour, l'an 1569.
XII. Anne de Clermont, femme de Jean d'Escars, seigneur de la Vauguyon, père & mère d'Isabeau d'Escars, dame d'Amanzé, ci-dessus.
XII. Diane de Clermont, décédée sans enfants de Flory Louis de Vaesc, seigneur de Monlor.
XII. Charlotte de Clermont, mariée à Claude d'Amoncourt, seigneur de Montigny ; puis à Jean d'O, seigneur de Manou, capitaine des gardes du corps, & en troisième noces, à Gabriel du Quesnel, seigneur de Coupigny.
XII. Françoise de Clermont, épousa Jacques de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, & chevalier des deux ordres, dont plusieurs enfants.
XIII. HENRI DE CLERMONT, vicomte de Tallart, gouverneur du Bourbonnais, & colonel de l'infanterie de Piémont, fut marié avec Diane de la Marck sa cousine, fille de Robert de la Marck, duc de Bouillon, & de Françoise de Brezé, dont il eut seulement un fils.
XIII. CHARLES-HENRI, comte de Clermont, & de Tonnerre, marquis de Crusy, premier baron, connétable & grand maître héréditaire de Dauphiné, a été marié, avec Catherine d'Escoubleau-Sourdis, dont il eut entre autres enfants les suivants,
XIV. François de Clermont, comte de Tonnerre à présent, a épousé en 1622 Marie Vignier, fille de Jacques Vignier, seigneur de Saint Liebault.
XIV. Roger de Clermont, Marquis de Crussi, marié avec Gabriel de Pernes.
XIV. Charles de Clermont, duc de Luxembourg, à cause de Marguerite Charlotte de Luxembourg sa femme, fille d'Henri de Luxembourg, prince de Tingry, & de Magdelaine de Montmorency.
XIV. Henry de Clermont, chevalier de Malte.
XIV. Isabeau de Clermont, femme de Jacques de Beauveau, seigneur du Rivau, & baron de Saint Cassien, lieutenant pour le roi au gouvernement de Poitou, duquel elle a eu plusieurs enfants.

Isabeau d'Escars, de par son père de la maison d'Escars, & du chef de sa mère de celle de Clermont, comme dit a été ci-dessus, par la brève déduction des généalogies de ces deux familles, étant décédée en décembre 1609 ayant eu seulement trois fils de Jean, baron d'Amanzé son mari. Ce seigneur épousa en secondes noces, le XXVII avril l'an 1613 Françoise de Laubespin, veuve de Charles Antoine de Busseul, seigneur de Moulins sur la Reconce, laquelle dame était fille de Jean de Laubespin, seigneur de Chigy, Greusse & Lessertot, chevalier de l'ordre du roi, & de Guillemette de Geresme, qui avait pour père Antoine de Geresme, chevalier, seigneur de Geresme, Pré de But, & May en Mulcien, & pour mère, Marguerite d'Anglure : icelui Jean de Laubespin, qui était fils d'Edouard de Laubespin, chevalier, aussi seigneur de Chigy, & de Jeanne de Dio, sorti par Guillaume de Laubespin, seigneur de Greusse son grand-père, d'un puiné des seigneurs & barons de Laubespin, au comté de Bourgogne, dont la lignée est récentement éteinte. Mais de cette dame Françoise de Laubespin, qui mourut le XVIII avril 1632 ce seigneur d'Amanzé n'a eu enfants : ceux qu'il a eu du premier lit sont ceux dont nous allons parler.

Enfants de Jean baron d'Amanzé & d'Isabeau d'Escars sa première femme.

X. GASPARD comte D'AMANZÉ, aura son éloge à la page suivante.
X. ANTOINE D'AMANZÉ décédé jeune.
X. FRANÇOIS D'AMANZÉ, seigneur de Saint Germain, mort en jeunesse.

GASPARD d'Amanzé, chevalier, comte d'Amanzé, baron de Combles en Picardie, seigneur de Prisy, Logeres, Lessartot, Puligny, Mypont, & Chasseul, conseiller ordinaire du roi en ses conseils, lieutenant général pour sa majesté au gouvernement de Bourgogne & bailliage de Dijon, comté d'Auxonne, Chastillon, & Bar sur Seine, bailli & gouverneur des ville & château de Bourbon Lancy, & chevalier d'honneur du Parlement de Dijon, fils aîné de Jean, baron d'Amanzé, & d'Isabeau d'Escars, lequel lui ayant donné dans son bas âge la première teinture de la vertu, pour le rendre capable à l'avenir de son rang & de sa naissance, commença à la pratiquer en la maison du roi Louis XIII où il fut nourri page de la chambre, sous la charge de monsieur le duc de Bellegarde, lors qu'il était premier gentilhomme de la chambre : & après avoir été élu, sa majesté l'envoya en Hollande vers le comte Maurice, pour y porter les armes sous son commandement, pour le service des Provinces unies, où après y avoir servi quelque temps il retourna en France pendant les guerres, contre ceux de la Religion, pour rendre ses services à ladite majesté, qui était pour lors au siège de Saint Jean d'Angely, où il se rendit, & ensuite l'accompagna, & l'a toujours suivi & servi en toutes les occasions qui se sont présentées, & en tous les voyages qu'elle a faits jusqu'à sa mort : à ses services qui l'ont rendu recommandable, ont succédé ses emplois, ayant premièrement été pourvu le XXVI avril M.DC.XVIII. du gouvernement des ville & château de Bourbon-Lancy par la démission de Jean d'Amanzé son père, en faveur duquel le roi érigea la terre d'Amanzé en titre de vicomté, ayant égard à l'ancienneté de sa race, au lustre de sa maison, augmentée par l'illustre alliance de celle d'Escars, de laquelle il est obligé de porter le surnom avec le lien, & d'en écarteler les armes en vertu du testament de Charles d'Escars, baron d'Aix, de la Mothe & de Trie-Chasteau son cousin au cinquième degré, du XX mars 1615 par lequel il institua son héritier aux susdites conditions : & aux services rendus par ses prédécesseurs & par lui. Et par le décès d'Henry de Saulx, marquis de Tavanes & de Mirebel, il a été pourvu des charges de premier chevalier d'honneur du Parlement, de lieutenant général au gouvernement de Bourgogne, & de bailli de Bourbon-Lancy, les XXVIII octobre, VII novembre 1653 & II janvier 1654 & reçu en icelles les dernier avril & IV mai de ladite année 1654 étant pour lors Elu de la noblesse de la Province ; dont pendant sa triennalité, qui commença au mois de mars M.DC.LIII. & finit en l'année M.DC.LVI. il s'est très dignement acquitté au contentement des trois Etats.
Il a été marié par contrat du mardi XXVIII juin 1630 avec FRANÇOISE JAQUOT DE MYPONT, fille de Palamedès Jaquot, seigneur de Mypont & de Puligny, qui mourut pourvu de la charge de président au parlement de Bourgogne, ou il était conseiller & de Magdelaine Bourgeois de Crespy, laquelle avait un frère & deux sœurs, Guillaume, Marguerite, & Rose Bourgeois.
Guillaume Bourgeois de Crespy fut baron d'Origny, seigneur de Crespy, Montachon, Cotapre, Molsey, Flée, Alerey & de Sainte Eufraisne, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, & gouverneur des ville, château & donjon de Semur en Auxois, qui de Elisabeth le Charon, fille de Pierre le Charon, seigneur de Dormeil, Plaisance, Saint Ange, Ville Saint Jacques, d'Euvry, du Plessis en Brie, & d'Orval en Normandie, conseiller du roi en ses conseils d'état & privé; & trésorier extraordinaire de la cavalerie française, eut un fils & quatre filles qui suivent.
Pierre Bourgeois, comte d'Origny, seigneur de Crespy, Montachon, Saint Legier le Foucherey, gouverneur des ville, château & donjon de Semur, maître de camp du régiment de Champagne, & maréchal de camp ès armées du roi, qui mourut au siège de Lerida, sans avoir été marié, & en lui finit les mâles de la famille de Bourgeois, ne restât que les quatre filles. Marguerite Bourgeois qui est à marier.
Marie Bourgeois, abbesse de Notre Dame de Réconfort de l'ordre de Saint Bernard.
Colombe Bourgeois, comme sa sœur aimée est à marier.
Guillemette Bourgeois, religieuse bernardine, & coadjutrice de l'abbaye de Notre dame de Beauvais.
Marguerite Bourgeois de Crespy femme de Nicolas Brulart baron de la Borde & de Mussy la Fosse, seigneur de Reuilly, Sainte Marie, Geange, Messanges & Bourguignon, & premier président au parlement de Dijon, qui de leur mariage eurent Nicolas & Françoise Brulart qui ont laissé postérité.

Nicolas Brulart, baron puis marquis de la Borde, seigneur de Reuilly, Rouvre sur Aube, Mussy & Arbault, & président au même parlement, qui épousa Marie Massol, & d'eux sortirent dix sept enfants, desquels il reste cinq garçons & trois filles. Nicolas Brulart marquis de la Borde, baron de Sombernon, de Couches, & de Malain, lequel après avoir été conseiller au grand conseil, a succédé à son père à la charge de président, de laquelle il est monté en celle de premier président, qu'il exerce à présent avec honneur, comme ont fait Nicolas Brulart son aïeul, & Denis Brulart son bisaïeul. Il a épousé par contrat du XIV janvier M.DC.LVII Marie Cazet Vautort, fille de François Cazet, seigneur de Vautort & de Graiz, premièrement avocat général au grand conseil, puis intendant de justice en Provence, Limousin, haute & basse Alsace, plénipotentiaire à Nuremberg, & est mort ambassadeur extraordinaire à Ratisbonne à la diète de l'Empire : & de Marie Marcel.
Noël Brulart, seigneur de Rouvre sur Aube, & conseiller au grand conseil ou il a succédé à son frère aîné
Denis Brulart, chevalier de Malte.
Jean-Baptiste Brulart.
Roger Brulart.
Charlotte Brulart, femme en première noces de Louis Frère, seigneur de Crosse, premier président au parlement de Dauphiné, dont il n'y a enfants : & en seconde noces à Jean Amelot, seigneur de Bisœuil, conseiller du roi en ses conseils & maître des requêtes de l'hôtel de sa majesté.
Françoise Brulart, religieuse aux filles Sainte Marie à Dijon. Et
Elizabeth Brulart; religieuse aux Carmélites audit Dijon.
Françoise Brulart, mariée à Claude de Saulx, comte de Tavanes, & de Beaumont, capitaine & lieutenant de la compagnie d'ordonnance de Henri de Bourbon prince de Condé, & bailli de Dijon, père et mère de,
Gaspard de Saulx de Tavanes, abbé commendataire de Sainte Marguerite.
Jacques de Saulx, comte de Tavanes & de Beaumont, marquis d'Arc sur Thille, seigneur du Pailly, Vesure & Prangey, lieutenant général ès armées de sa majesté, & son bailli de Dijon, qui a épousé Louise Henriette Potier, veuve de François d'Averton, comte de Belin, & fille de René Potier, chevalier des ordres du roi, comte & à présent duc de Tresmes & marquis de Gesure, & de Marguerite de Luxembourg.
Noël de Saulx de Tavanes, comte de Beaumont.
Nicolas de Saulx de Tavanes, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem dit de Malte.
Louis de Saulx de Tavanes, comte de Saulx.
Marie de Saulx de Tavanes, mariée au seigneur d'Auvillars, morte sans laisser d'enfants.
Charlotte de Saulx de Tavanes, dite du St Sacrement, religieuse aux Ursules à Dijon.
Magdelaine de Saulx de Tavanes, dite du Calvaire, religieuse bénédictine au monastère du Puits d'Orbe à Chastillon, Et
Rose de Saulx de Tavanes, dite des Séraphins, religieuse ursuline à Semur en Auxois.
Rose Bourgeois de Crespy, abbesse du Puits d'Orbe.
Magdelaine Bourgeois de Crespy ci devant nommée, resta veuve de Palamedès Jaquot, & convola en secondes noces avec Achilles d'Ancienville, chevalier, vicomte des Bordes, seigneur de Mairand, Saint Sulpis, Ouronnier & de Montigny aux Admognes, duquel elle eut
LOUISE d'Ancienville, mariée au marquis d'Epoisse & comte de Maligny, du nom de la Grange, neveu de François de la Grange, baron de Montigny, maréchal de France, & mère de deux filles, Louise de la Grange, & Françoise de la Grange. Elle avait avec ses frère & sœurs pour père & mère communs.
Claude Bourgeois seigneur de Crespy, Origny, Flée, Bierre, Dracy le Fort & de Saint Legier le Foucherey, & président audit parlement, & Françoise de Montholon, fille unique de Guillaume de Montholon, seigneur de Mussi la Fosse, Chassey & de Dracy, aussi président au même parlement : & pour aïeul.
Claude Bourgeois, seigneur de Crespy, du Vy de Chassenay, Menetreul, Menetoy & de Saint Legier le Foucherey, président audit parlement.
Palamedès Jaquot dont la famille est une des plus considérables & des mieux alliées de Dijon, qui a donné au parlement trois conseillers, & un avocat général, puis conseiller au grand conseil, deux premiers présidents à la chambre des comptes, des maîtres ordinaires en icelle, & autres principaux officiers, & de laquelle on pourrait faire voir une descente de six cents ans, si les titres avaient été conservés aussi bien que les lettres de noblesse, & armes accordées & données par le roi Robert, en M.VIII. le XIV juin l'an douzième de son règne, à Denis & Louis Jaquot frères, & de laquelle je me contenterai de dire seulement (puisque je n'ai pu obtenir de ceux qui y ont intérêt, de se donner la peine de chercher quelques contrats qui me manquent à beaucoup d'extraits de divers titres que j'ai recouvré, pour montrer & prouver les deux branches de cette maison) qu'il était fils de Jean Jaquot, baron de Blaisy, seigneur d'Escutigny, de Mypont & de Puligny, seul trésorier général de France en Bourgogne, & de Louise Gontier sa seconde femme ; & que du même mariage il eut deux sœurs, savoir.
Claude Jaquot, femme d'Antoine Joly, baron de Blaisy, seigneur d'Escutigny, & greffier en chef du parlement de Dijon, qui ont laissé deux fils & une fille.
LOUISE Joly, à présent veuve de Pierre le Goux, chevalier, seigneur de la Berchere, marquis de d'Inteville, comte de la Rochepot, baron de Thoisy, seigneur de Meursault, Saint Romain, Vosne, Flagey & Boncourt, conseiller du roi en ses conseils, & premier président au parlement de Bourgogne, d'où sa vertu haute & généreuse, le fit tirer du sein de sa patrie à laquelle il était affectionné, pour le porter rempli d'honneur, après un exil glorieux pour la défense & le bien de son pays sur le trône du parlement de Dauphiné, où Denis le Goux son frère, marquis de Santenay, maître des requêtes de l'hôtel de sa majesté, lui a succédé : leur contrat de mariage est du XV aout M.DC.XXVII. & dudit mariage son issus.
Marguerite le Goux de la Berchere, religieuse carmélite à Dijon, où en cette année M.DC.LVIII. elle est prieure du monastère.
Claude Catherine le Goux de la Berchere, décédée le XXII du mois d'avril, M.DC.LVII. d'un accouchement de son cinquième enfant, savoir trois fils & deux filles qu'elle a eut de Joachim d'Estaing, comte dudit Estaing, marquis de Murol, baron Danualle, seigneur de Spoy en Champagne, Muruille, & Sommelonne en Barrois, son mari.
Marie le Goux de la Berchere religieuse aux carmélites de Dijon, avec sa sœur
Louise Charlotte le Goux de la Berchere, qui a été mariée par contrat du XV mai, M.DC.LVIII. avec Jean-François le Coq, seigneur châtelain de Goupilliers, Corbeville, & Elleuille, & conseiller au parlement de Paris, où il y a eu dix conseillers de son nom depuis Oudart le Coq, qui y fut reçu en l'année M.CCC.XLIV.
Jean-Baptiste Bernard le Goux de la Berchere.
Anne le Goux de la Berchere.
Urbain Pierre le Goux de la Berchere &
Charles le Goux de la Berchere, à présent baron de Pouilly par le décès d'Antoine d'Estainville, mort au siège de Montmidy, seigneur de Couvonge, maître de camp du régiment de Lorraine, & suivant la substitution de Charles d'Estainville, baron dudit Pouilly, & seigneur de la Villeneuve, par son testament du XXV septembre M.DC.LI.
Georges Joly, baron de Blaisy, conseiller du roi en ses conseils, & président au parlement de Bourgogne, qui par contrat du XXIX janvier 1645 a épousé Elisabeth Bernardon, fille de Guillaume Bernardon, seigneur de Grosbois, & de Courcelles les Ars, conseiller au parlement de Dijon, & de Heleine de Poligny : de laquelle il a
Antoine Joly, & Guillaume Joly.
Bénigne Joly, seigneur d'Escutigny, & greffier en chef au même parlement, lequel a pris alliance en la famille des Bouhiers, qui depuis l'établissement du parlement a vu siéger sur les fleurs de lys en qualité de conseillers, neuf personnes de son nom, par son mariage contracté avec Catherine Bouhier, fille de Jean Bouhier, seigneur de Lantenay, Pasques & Savigny sous Beaune, & conseiller au parlement, & de Louise de Poligny.
Marie Jaquot, seconde sœur de Palamedès Jaquot, fut mariée par contrat du XXIII janvier M.DC.VIII. à Bénigne de Cirey, seigneur du Magny, & en partie d'Is sur Tille, & conseiller au parlement de Dijon,
Jean de Cirey, seigneur dudit Magny leur fils, y porte une charge de conseiller, & a de son mariage du XIV juin M.DC.XXXVII. avec Catherine de Chaumelis.
Benigne de Cirey
Jean-Baptiste de Cirey & Marie de Cirey.
Du mariage de Gaspard d'Amanzé, & de Françoise Jaquot de Mypont sont issus cinq garçons & sept filles.

Enfants de GASPARD comte D'AMANZÉ & de FRANÇOISE JAQUOT de Mypont.

XI. Henri d'AMANZÉ né aux Bordes, qui eut pour parrain Henri de Bourbon prince de Condé, & Marie de Gonzagues de Clèves, duchesse de Nevers, à présent reine de Pologne pour marraine. Il mourut en bas âge.
XI. Jean-Jacques d'AMANZÉ aussi mort en bas âge.
XI. Louis D'AMANZÉ qui est à présent à l'Académie, où il donne les témoignages de sa naissance, à suivre les vertus de ses père & aïeuls.
XI. Joseph d'Amanzé, destiné pour être d'Église.
XI. Bernard d'AMANZÉ, mort peu de temps après sa naissance.
XI. Louise D'Amanzé, religieuse aux filles de Sainte Marie de Nevers.
XI. Magdelaine d'AMANZÉ, qui par ses mérites donnera à la maison d'Amanzé une alliance digne du rang qu'elle tient.
XI. Françoise d'AMANZÉ, religieuse aux filles de Ste Marie de Paray le Monial.
XI. Anne d'AMANZÉ, aussi religieuse avec sa sœur Françoise.
XI. Marie d'AMANZÉ, a pris le petit habit des religieuses de Ste Marie audit Paray le Monial, pour suivre la vocation de ses sœurs.
XI. Claude-Gabrielle d'AMANZÉ décédée,
XI. Diane d'AMANZÉ morte en bas âge.

Généalogie et alliances de la Maison d'Amanzé, branche des seigneurs et barons de Chauffailles

VII. FRANÇOIS D'AMANZÉ, chevalier, seigneur de Chauffailles, fils de Jacques d'Amanzé aussi chevalier, seigneur d'Amanzé, & de Philippe Damas sa seconde femme, ainsi qu'il a été vu ci-devant, en la page 24, obtint pour sa part de la succession de son père, la terre & seigneurie de Choffailles ou Chauffailles, située en la châtellenie de Châteauneuf en Mâconnais, par partage fait avec Jean seigneur d'Amanzé son frère aîné, issu du mariage du susdit Jacques, seigneur d'Amanzé, d'Etiennette de Chantemerle sa première femme, par acte passé peu avant l'an 1490 & quelque temps après il épousa Catherine de Semur, de même maison que Marguerite de Semur son aïeule, mais d'une autre branche, car elle était fille de Louis de Semur, chevalier, seigneur de Lestang & de Laubespin, & de Jeanne de Sugny, qui avait pris naissance d'Antoine de Sugny, seigneur de Chevalard en Forez, & de Jeanne de Morel : icelui Louis de Semur, fils de Girard de Semur, seigneur de Lestang, & de Louise de Lorgues, dame de Laubespin. Du mariage de François d'Amanzé, ci-dessus, & de Catherine de Semur, vinrent entre autres enfants deux fils nommés ci-après.

Enfants de FRANÇOIS D'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles, & de CATHERINE DE SEMUR.

VIII. François d'Amanzé, seigneur de Chauffailles, mentionné plus amplement à la page 64.
VIII. Jean d'AMANZÉ, fut reçu comte & chanoine en l'Église de St Jean de Lyon, comme on apprend du XXXVIII livre des archives du chapitre de la même Église, pages 221 & 222, & les témoins qui déposèrent pour la preuve de sa noblesse, furent Jean seigneur d'AMANZÉ son oncle, Claude Damas, seigneur de Verpré, Pierre de Foudras, seigneur de la Farge, Guillaume de Nanton, seigneur de Pissey, Edouard de la Magdelaine, seigneur de Saint Didier, & Jacques de Thorigny, seigneur de Saint Marcel, tous chevaliers. Il fut depuis prieur de Riorges, & seigneur d'Arcinges.
VIII. Diane d'AMANZÉ, fille de François d'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles, & de Catherine de Semur, épousa Laurent de Busseul, chevalier, seigneur de Saint Sernin, fils de Charles de Busseul, aussi seigneur de même lieu du St Sernin & d'Antoinette de Gorrevod. Icelui Charles de Busseul descendu par divers degrés de Jean de Busseul, dit le Mouton, seigneur de Saint Saturny, appelé par corruption Saint Sernin, & de Marguerite d'Amanzé, ainsi qu'il a été vu ci-devant, à la page 4, & de ce mariage sont issus deux fils, le puiné comte & chanoine à Saint Pierre de Mâcon, & l'aîné nommé Marc Antoine de Busseul, seigneur de Saint Sernin, marié avec Gabriel des Serpent, de la maison de Gondras, dont il a eu des enfants.

VIII. FRANÇOIS D'AMANZÉ, chevalier, seigneur de Chauffailles deuxième du nom, fils de François d'Amanzé aussi seigneur de Chauffailles, & de Catherine de Semur son épouse, fut conjoint par mariage avec Françoise de Traves, sœur de Jeanne de Traves, femme de Jean de Foudras, seigneur de Courcenay ; icelles Françoise & Jeanne de Traves petites filles de Jean de Traves sorti d'un puiné de l'illustre maison de Choiseul en Champagne, qui ayant eu la terre de Traves pour son partage, en prit le nom & le transmit à sa postérité, retenant néanmoins les armes de Choiseul en y ajoutant deux billettes, & de lui issurent par succession de temps les seigneurs de la Porcheresse-Vautau, autrement Vaultour, Dracy le Fort, & Vaux de Choiseul : la femme du susdit Jean de Traves, fut Louise de Bernaud, dame de Saint Vreuge en Chalonnais, dont il eut Antoine de Traves, chevalier, seigneur de Dracy, lequel de Renée Girard son épouse, fille de Jacques Girard, seigneur de Bazauges en Poitou, & de Françoise de Blanchefort Saint Janurin, eut la susdite Françoise de Traves, qui du susnommé François d'Amanzé, seigneur de Chauffailles, laissa les enfants qui se verront ensuite.

Enfants de FRANÇOIS D'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles, deuxième du nom, & de FRANÇOISE DE TRAVES.

IX. Guillaume d'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles, qui continua la lignée.
IX. Antoine d'AMANZÉ embrassa l'état ecclésiastique comme Jean d'Amanzé son oncle, & fut ainsi que lui chanoine & comte de l'Église de Saint Jean de Lyon, où il fut reçu l'an 1558 comme il se voit au quarante-huitième registre du chapitre Saint Jean, aux pages 74 & 75. Il fut aussi abbé de Saint Rigaud.
IX. Françoise d'Amanzé fut alliée par mariage l'an 1563 avec Christophe de MONTCHANIN, écuyer, seigneur de la Garde-Marsac, fils de Claude de Montchanin, aussi seigneur de la Garde-Marsac, Thurse, & les Prés, & de Damoiselle Claude Caveau, & de ce mariage ne sortit qu'une fille nommée Jacqueline de Montchanin, son héritière, qui épousa l'an 1597 Jean Damas, seigneur d'Estieugues, d'eux vint aussi une fille unique appelée Françoise Damas, qui épousa l'an 1613 Antoine d'Amanzé, seigneur d'Estieugues, à cause d'elle, puis de Chauffailles son oncle à la mode de Bretagne, ainsi que nous dirons plus particulièrement ci-après en son lieu.
IX. Renée d'Amanzé épousa en premières, par contrat passé le XXII avril l'an 1570 Gaspard du Verney, écuyer, seigneur de la Garde, fils de Pierre du Verney, aussi écuyer, seigneur dudit lieu en Forez, & de Jeanne de Crémeaux : & de lui elle eut un fils François du Verney, seigneur de la Garde, décédé sans postérité. Après la mort du susdit Gaspard du Verney, cette Renée d'Amanzé reprit, une seconde alliance avec Antoine RAQUIN des GOUTES, chevalier, seigneur, des Goutes, fils de Leonet Raquin des Goutes, seigneur dudit lieu des Goutes, Fouchaut, & du Péage, chevalier de l'ordre du roi, & de Suzanne du Bois. De ce second lit est issu le sieur commandeur des Goutes, grand prieur d'Auvergne.
IX. Marie d'AMANZÉ, &
IX. Jeanne d'Amanzé, troisième & quatrième filles, furent ensemblement & en même temps religieuses au monastère de Marcigny en Bourgogne, sur la rivière de Loire.
IX. Marguerite D'Amanzé, cinquième & dernière fille, fut religieuse au prieuré de Chazault.


IX. GUILLAUME D'AMANZÉ, chevalier, seigneur de Chauffailles, fils aîné de François d'Amanzé, pareillement seigneur de Chauffailles, & de dame Françoise de Traves son épouse, contracta mariage l'an 1578 avec dame Françoise de la Guiche, laquelle avait cinq frères, savoir, Antoine de la Guiche, lieutenant colonel de Philippe Strozzi, colonel de l'infanterie française, & qui fut tué à l'assaut de Saint Lô en Normandie l'an 1574 sans avoir été marié ; Jean Baptiste de la Guiche, capitaine des troupes de Languedoc, sous le maréchal de Damuille, où il fut aussi tué sans alliance ; Gabriel de la Guiche, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, dit de Malte, mort en Afrique, combattant contre les Turcs ; Pierre Calais de la Guiche, comte & chanoine de Saint Jean de Lyon, & Jacques de la Guiche, seigneur de Sivignon, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, & député aux Etats de Blois, en l'an 1588 qui de Renée de Chasteauvieux a laissé Philibert de la Guiche, seigneur de Sivignon, mari de Delle de Rie de Varambon, & père de plusieurs enfants, l'aîné desquels, est Henri-François de la Guiche, comte de Sivignon, & de Martigny, baron de Communes à présent vivant : Françoise de la Guiche, dame de Chauffailles, ci-dessus, était fille de Georges de la Guiche, seigneur de la Perrière, puis de Sivignon, Nanton & Garnerans, panetier du roi, écuyer de la reine Aliénor d'Autriche, seconde femme du roi François I capitaine de Semur en Auxois, bailli de Chalon sur Saône, chevalier de l'ordre, & de dame Marguerite de Beauveau son épouse, proche parente d'Isabeau de Beauveau, femme de Jean de Bourbon, comte de Vendôme, prédécesseur paternel du roi Louis XIV aujourd'hui régnant. Le même Georges de la Guiche susnommé, était frère puiné de Gabriel, seigneur de la Guiche & de Chaumont, père de Philibert, aussi seigneur de la Guiche, grand maître de l'artillerie de France, & aïeul de Jean-François de la Guiche, seigneur de Saint Géran, maréchal de France, tous deux chevaliers du Saint Esprit. Bref nous nous étendrions davantage sur le sujet de l'antiquité de la maison de la Guiche, n'était qu'elle a été assez amplement traitée par le sieur de Saint Julien Balleure, doyen de Chalon, en ses Origines des Bourguignons alléguées ci-devant, & il suffira seulement de remarquer que les enfants procédés du mariage de Guillaume d'Amanzé, seigneur de Chauffailles, & de Françoise de la Guiche, ont été cinq fils et trois filles, desquels les noms se voient ci-dessous.

Enfants de GUILLAUME D'AMANZÉ, seigneur de Chauffailles, & de FRANÇOISE DE LA GUICHE.

X. Jean d'Amanzé l'aîné, mort jeune.
X. Claude d'Amanzé, baron de Chauffailles, mort sans avoir été marié, ayant institué son héritier en la même terre de Chauffailles François d'Amanzé son neveu, fils d'Antoine d'Amanzé son frère, par donation à lui faite.
X. Jacques d'Amanzé a eu cet honneur insigne & cet avantage particulier, qui n'a été commun à aucun autre gentilhomme du Royaume, d'être le onzième de son nom comte & chanoine en la célèbre Église de Saint Jean de Lyon ou il fut reçu, l'an 1594 comme il se voit par sa preuve de noblesse, & par le procès verbal de sa réception inséré au soixante quatrième registre des archives du chapitre, aux feuillets 392 & 393. Il est décédé.
X. Jean d'Amanzé le puiné, décédé en jeunesse.
X. Antoine d'Amanzé cinquième fils, seigneur de Corcheval, & d'Estieugues, duquel sera fait plus ample mention ci-après.
X. Marguerite d'Amanzé a été mariée avec Claude de Bayard, chevalier, seigneur de Marsat, & de Langlars, qui avait pour aïeul & aïeule, Gilbert de Bayard seigneur de la Font St Magerant, & Marguerite de Porte ; & pour père & mère, un autre Gilbert de Bayard, seigneur de Marsat, & de Langlars, & Marie du Saix de la maison de Rivoire. De son mariage avec Marguerite d'Amanzé, il a eu pour enfants Gilbert de Bayard, Jacques de Bayard, prieur de Moustier & de Jaligny, Gaspard de Bayard, seigneur de Marsat, Marguerite de Bayard, religieuse à Marcigny, Gabrielle de Bayard, religieuse à la Voine, & Diane de Bayard, religieuse au monastère de Chazault à Lyon, avec Gilberte d'Amanzé abbesse dudit monastère, sa tante maternelle.
X. Gelberge-Françoise d'Amanzé, religieuse & abbesse du monastère de Chazault à Lyon.
X. Françoise d'Amanzé, religieuse à Marcigny, &
X. Leonore d'Amanzé aussi religieuse à Marcigny.

X. ANTOINE D'AMANZÉ, chevalier, cinquième fils de Guillaume d'Amanzé, aussi chevalier, seigneur de Chauffailles, & de dame Françoise de la Guiche, sa femme, fut marié en l'an M.DC.XIII. le XIII novembre, moyennant dispense, avec dame Françoise de Damas, dame d'Estieugues, sa cousine du deuxième au troisième degré, ou autrement sa nièce à la mode de Bretagne, ainsi que nous avons dit ci-devant à la page 65 car elle était fille & unique héritière de Jean de Damas, chevalier seigneur d'Estieugues, & de Jacqueline de Montchanin, seule fille de Christophe de Montchanin, écuyer seigneur de la Garde Marsac, & de Françoise d'Amanzé, tante d'Antoine d'Amanzé ci-dessus, lequel au moyen de cette alliance prit la qualité de seigneur d'Estieugues qu'il a porté quelques années, en quittant celle de seigneur de Corcheval qui était son partage, & du depuis celle de baron de Chauffailles. Cette dame Françoise de Damas (la maison de Damas est une des plus célèbres du duché de Bourgogne, & divisée en plusieurs branches, savoir de Marcilly, de Thianges, d'Anlezy, de Digoine & autres, ainsi qu'il a été remarqué ci-devant en l'article de Guillaume & Jacques d'Amanzé frères) a eu pour aïeul Louis de Damas, seigneur d'Estieugues, & pour aïeule Françoise de Damas, fille de Jean de Damas, seigneur de Verpré & de Anne de Traves. Le père de ce Louis de Damas fut Claude de Damas, aussi seigneur d'Estieugues, & sa mère Catherine de Montdor de la maison de Chambost. Bref ledit Claude de Damas était fils d'un autre Claude de Damas, & d'Antoinette de la Vieu, dame d'Estieugues, qui est tout ce qui se trouve des prédécesseurs de ladite Françoise de Damas, dans les titres d'Estieugues. D'elle & d'Antoine d'Amanzé son mari sont nés les enfants qui suivent.

Enfants d'Antoine D'AMANZÉ, seigneur d'Estieugues, puis baron de Chauffailles, & de FRANÇOISE DE DAMAS

XI. François d'AMANZÉ, seigneur & baron de Chauffailles, par donation à lui faite par Claude d'AMANZÉ son oncle, seigneur propriétaire de ladite terre, est mort pour le service du roi, au siège de Saint Omer, après avoir été nourri page de feu monsieur le prince, Henri de Bourbon, prince de Condé.
XI. Jacques d'AMANZÉ.
XI. Jean-Baptiste d'AMANZÉ, servant volontaire dans l'armée du roi, mourut au siège de Lerida.
XI. Claude d'AMANZÉ seigneur d'Estieugues.
XI. Jean d'AMANZÉ.
XI. Basile d'AMANZÉ l'aîné.
XI. Robert d'AMANZÉ, décédé en bas âge.
XI. Basile d'AMANZÉ, puiné, mort aussi en bas âge.
XI. Françoise d'AMANZÉ, l'aînée, religieuse au monastère de Chazault à Lyon.
XI. Françoise d'AMANZÉ, décédée au prieuré de Marcigny, destinée pour y être religieuse.
XI. Leonore d'AMANZÉ, morte en jeunesse.
XI. Gabrielle d'AMANZÉ est à marier.

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