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Association de sauvegarde de la chapelle de Montmegin

Chapelle de Montmegin Chapelle de Montmegin en 2010 Chapelle de Montmegin en 2000

Février 2013 : La restauration de la chapelle de Montmegin s’achève

Août 2009 : Sauvegarde de la chapelle de Montmegin, la fête du 23 août se prépare

Historique de la sauvegarde de la chapelle de Montmegin

Il était une fois une très vieille chapelle sur la colline de Montmegin où les hommes, depuis huit siècles, sont venus apporter leurs joies et se réfugier dans leurs malheurs ... Désertée par son saint patron (Saint Fiacre : patron des jardiniers), il y a fort longtemps, seulement visitée par les derniers habitants du hameau réfractaires à l'exode rural, l'outrage du temps aidant, un jour de 1970 le clocher s'effondra. Il entraina dans sa chute une partie du toit et brisa le mobilier et la cloche.

La lente et inexorable agonie se poursuit jusqu'en 1996. Une équipe de jeunes scouts, bravant les ronces et les vipères, s'est investie à défricher et à nettoyer l'intérieur et l'extérieur de ce monument. Prise de conscience des habitants du hameau qui lentement se repeuple, de nostalgiques de la chapelle glorieuse et d'amoureux des sentiers de la forêt toute proche : une association de sauvegarde se créé fin 1996 et des travaux d'étayage de la voûte sont effectuées en mars 1997.

Les bénéfices des repas champêtres organisés chaque année en août nous ont permis de ceinturer la totalité de l'abside et de la nef par des chaînages invisibles en béton armé. Les parties de murs Est et Ouest effondrées furent reconstruites à l'identique. Une dalle de béton armé de 12 cm d'épaisseur recouvre maintenant l'abside reliant de ce fait les murs du pourtour et rendant ainsi à l'édifice sa robustesse d'antan. Le déblaiement des contreforts disgracieux devenus inutiles, le chaînage du pignon Sud et la remise en place de la Croix furent l'objet des travaux de l'année 1999.

En février 2000, notre équipe de bénévoles devient orpheline, Pierre Dru notre compagnon de la première heure et animateur sans relâche de notre chantier, nous quitte. Merci Pierre ...

L'élévation du cintre de la nef, la ceinture du pignon sud, la taille et la pose des pierres sous sablières représentent nos travaux de l'an 2000.

Août 2001, le cintre de la nef est terminé avec au centre le piédestal prêt à recevoir le clocher. Nous avons pris soin de relier à la voûte de l'abside le clocher par un linteau en béton armé qui est invisible. Nous pensions réutiliser la majeure partie des pierres fracturées du campanile mises en dépôt par un bénévole. Le très mauvais état de ces matériaux gélifs nous oblige à commander la taille d'un clocher neuf en pierre de Jeumont chez le tailleur de pierre local Gérard Bonin de Poisson.

16 février 2002, les échafaudages prêtés par Jean Marc Pommier de Vindecy sont élevés de part et d'autre du cintre. Le clocher divisé en six blocs d'un poids total de cinq tonnes est hissé sur la voûte à l'aide d'une grue routière aimablement prêtée par Jean Pierre Labarge de Poisson. Les cloches dont l'histoire est retracée par ailleurs prennent possession du campanile. Juin à novembre 2002, les travaux de charpente et de couverture sont entrepris par l'entreprise Labarge aidée par des bénévoles ; la chapelle dépourvue de toiture depuis 33 ans retrouve désormais son visage d'antan.

Remerciant les familles Dru et Bourson de leur compréhension, des espaces d'évolution autour de l'édifice et de la structure d'accueil des bénévoles sont aménagés.

Au cours du printemps 2003 et de l'été 2003, sont réalisés les travaux des boiseries en cintre de la partie intermédiaire entre le chœur et la nef, l'installation de l'équipement électrique et la sonorisation de la chapelle, le piquage des vieux enduits et la réalisation des crépis intérieurs (opérations qui n'auraient pu être menées entièrement à leurs termes sans le prêt gracieux des échafaudages, du matériel de projection et de deux ouvriers de l'entreprise Jean Marc Pommier de Vindecy). Pendant l'hiver 2003 et au printemps 2004, les pierres tombales axiales sont recalées, un hérisson de pierre de 30 cm d'épaisseur assure l'assainissement du nouveau sol de la chapelle. Avant le coulage du béton de propreté, deux bouteilles scellées renfermant le peu d'histoire connu de ce lieu, le contenu et la périodicité des travaux entrepris, les noms et adresse des bienfaiteurs et des bénévoles sont enterrées devant la première et dernière pierre tombale. Le revêtement de pierre de Buxy est disposé de façon à laisser apparaître les quatorze stations du chemin de la Croix dans la nef et le rayonnement de l'autel ombré par les sept péchés capitaux au chœur. Une haie de charmilles délimite le pourtour de la chapelle dans l'attente d'un embellissement futur. 2005 est l'année de la lumière avec le branchement électrique. L'année 2006 assure l'embellissement de la chapelle par la réfection de la fresque et la confection des vitraux par Rachid Ben Lahoucine de Colombier-en-Brionnais. Ils représentent la nature environnante, l'eau, le pain et le vin.

Le mobilier provient de l'achat à la paroisse avec le consentement de ses fidèles, de Chandon dans la Loire, du maître autel, de la table de communion, de deux candélabres et du pupitre. Les bancs proviennent d'un don de la maison de retraite du Coteau dans la Loire. La porte d'entrée dessinée et assemblée dans le pur style du moyen âge est l'œuvre gracieuse de Paul et Gilles Labrosse ébénistes à Anzy-le-Duc aidée pour la partie ferronnerie par Jean Michel Durand d'Anzy-le-Duc souvent sollicité à notre cause. Que tous ces artisans du Brionnais fidèles aux traditions soient remerciés.

Le 29 avril 2006, fut célébré avec joie et reconnaissance, le baptême de Fanélie, premier enfant d'un couple de bénévoles et le 15 juin 2008 celui de Théo au grand bonheur de ses parents et grands-parents dévoués à notre noble cause. De mémoire d'anciens le dernier baptême donné dans cette chapelle date des années 1930.

En mai 2008, le pignon Sud présentait extérieurement des gonflements anormaux et de nombreux désordres dans l'appareillage des pierres. Le parement du mur extérieur dans sa totalité fut démonté et rebâti à l'identique, de ce fait l'éclairage naturel de la chapelle est amélioré par le vitrail symbolisant la paix. Courant octobre le jointoiement extérieur des murs Nord et Est fut effectué, la pierre commémorative scellée au dessus des fonds baptismaux et les panneaux d'affichage posés.

Scellée en clé de voûte depuis le 11 août 2003, la statue de la Sainte Vierge (issue des ancêtres de Madame Beraud), rejointe par la représentation de la Vierge en maternité posée à droite de la peinture du chœur (don de la famille Bernachon).

Quelques chiffres : La sauvegarde de la chapelle de Montmegin, ce sont d'abord environ 160 m3 de gravats triés, répertoriés, chargés manuellement et mécaniquement. Ce sont aussi 348 sacs de ciments, 56 m3 de sable et de gravier livrés gracieusement par les sablières Michel Baudoux et Jean Louis Bouhet. Ce sont également 980 Kg d'armatures et 30 m2 de coffrages divers. C'est également le clocher taillé à l'identique dans la pierre de Jeumont que vous pouvez admirer aujourd'hui. Ce sont les dépenses de fourniture de la charpente et de la toiture. Dépenses honorées principalement par la commune de Semur-en-Brionnais représentée par son conseil municipal auquel nous sommes particulièrement reconnaissants de la confiance qu'il nous apporte. Ce sont 345 sacs de chaux grasse utilisés à la réfection des enduits intérieurs. Ce sont également l'achat des dalles de pierre et le mobilier intérieur, la fresque et les vitraux confiés à l'atelier d'art de Colombier-en-Brionnais (Monsieur Rachid Ben Lahoucine). La taille et la fourniture des pierres d'angle, et de l'ouverture du pignon Sud, 80 sacs d'enduits de finition pour le jointoiement des murs Nord et Est. Ces dépenses importantes ponctionnent régulièrement la caisse de l'association.

C'est naturellement un bungalow d'accueil aménagé où nous sommes heureux de prendre les repas et vivre les instants conviviaux de nos journées de travail. Structure que nous avons plaisir à offrir à d'autres associations pour leur diverses manifestations sportives et culturelles.

Travaux d'embellissement qui seront entrepris selon les moyens financiers de l'association : Jointoiement des pierres des murs extérieurs Ouest et Sud et l'embellissement des pourtours de la chapelle.

Origine de Montmegin : Il est probable que le village de Montmegin doit son implantation suite à l'abattage et au défrichage de la forêt et à l'exploitation des diverses carrières de silex par les moines vers le dixième siècle. En l'an 1896, Montmegin, village de 28 feux, abrite 71 habitants dont 28 enfants, à la lecture de l'état civil. Certains descendants habitent toujours Montmegin. Les terres sont exploitées par 16 cultivateurs et un journalier, 19 tisseuses officient à domicile, l'entretien des bâtiments d'exploitation et des maisons sont assurés par trois maçons. A 200 m, à l'ouest de la chapelle, se situe une source et un lavoir municipal réhabilités récemment. Dans la forêt environnante se trouve également les vestiges d'une ancienne forme métallique pour la fabrication du charbon de bois.

Avant la Révolution, l'église de Montmegin était annexe de Sainte-Foy. Commune en 1790, elle a été réunie à Semur-en-Brionnais en 1791.

Voici la description donnée par Courtépée en 1779 :

« Mons Medius, di Monte-Megino, Par. voc. S. Vincent, Coll. L'Év. d'Autun, deffervie par le curé de Sainte-Foy, J. Merle, Chanoine de Semur, étoit curé en même temps de Montmegin, Monceau & Verfaugues, en 1519. 10 f. 30 Comm. de la Châtellenie de Semur.
Anc. Chât. détruit, aux Sgrs. de ce nom, qui avoient la dîme, cédée depuis au curé. Jean de Montmegin Sgr. en 1400 ; Philippe vendit, en 1566, cette Terre en fimple directe, à Martin de Broux, dont les defcendans l'ont poffédée jufqu'en 1686, que Reine de Broux la porta en dot à Marc-Antoine d'Athofe Médecin, & depuis 1745 à Jean-Bapt. Potignon. La maifon feigneuriale de la Touche, arrière-fief de la Baronnie de Semur, à Jean-Bapt. Potignon fils : anc. Chât. détruit.
Ce village eft dans un lieu défert, fauvage, rempli de broffailles, couvert de cailloux. 1 moulin fur l'étang. A ½ l. de Semur. »

info Enquête sur la paroisse de Montmegin en 1666 (Enquête de l’intendant de Bourgogne Claude Bouchu, Biens et dettes des communautés, AD21, C2884, pages 305-307/513).

info Transcription de l'enquête sur la paroisse de Montmegin en 1666.

Histoire de la chapelle

Peu de documents, à notre connaissance, attestent la construction de ce monument dont l'origine se situe vers le XIIème siècle. Le choix et la qualité de la pierre environnante employée pratiquement sans liant, en font une chapelle de pauvres. Consacrée à Saint Fiacre (moine irlandais du VIème siècle, devenu le patron des jardiniers), sa nef abrite trois sépultures principales. Vraisemblablement celle des souverains des lieux au centre et celles de moines et notables sur les côtés. Beaucoup d'ossements dispersés en désordre, découverts lors de la réfection du dallage laissent à penser que ultérieurement des pillages ou des épidémies sévirent. D'autres sépultures se trouvent dans l'environnement immédiat de la chapelle. Des contreforts furent élevés à diverses époques pour essayer de maintenir la configuration et l'imbrication de la voûte de l'abside.

Histoire des cloches de la chapelle de Montmegin (16 février 2002)

En 1970, lorsque le clocher s'effondre, la plus petite des deux cloches se brise au sol. La rescapée est conduite à la mairie de Semur-en-Brionnais et rangées dans les greniers. Narguée journellement par ses consœurs de l'église Saint-Hilaire toute proche, son exil sera interrompu brièvement par un voyage au bord de la Loire à Iguerande lors du spectacle du Saumon Ligérien.

Dans le bronze, aucun poinçon, ni aucune date n'apparaissent, son diamètre est de 25 cm pour une hauteur de 22 cm.

La plus grosse cloche qui habite maintenant le clocher, nous vient de Marcigny. L'association de sauvegarde de la chapelle recherche depuis le début des travaux le remplacement de la cloche brisée, des annonces sont diffusées, des correspondances avec l'évêché d'Autun sont échangées sans résultat. L'an passé, grâce au concours d'un bénévole, nous apprenons l'existence d'une cloche réfugiée dans la chaufferie de l'hospice de Marcigny. Des contacts efficaces s'instaurent avec les directeurs de l'hospice et le dénouement est particulièrement heureux grâce au président du Conseil d'administration Monsieur Pierre Popelin, au directeur actuel Monsieur Cabu et ce avec le consentement de l'évêché et des bâtiments de France.

Cette cloche a son histoire. Née en 1803, deux ans après le concordat, sous le pape Pie VII et Bonaparte, elle habitait selon les dires des plus anciens d'entre nous, le clocher démoli qui coiffait la chapelle de l'hospice. Nous lisons gravées dans le bronze entre le cerveau et la panse, ces lettres disposées comme suit :

1803 Aimée Marie Joseph Dupont
Mareine parrain Jeanne La Sege Cartier

Son diamètre est de 32 cm et sa hauteur de 28 cm.

Depuis quelques semaines nos cloches voyagent beaucoup. Habillées chez un bénévole d'un dosseret en bois exotique en provenance du Gabon, elles sont équilibrées chez Michel Durand ferronnier à Anzy-le-Duc puis ajustées dans la pierre chez Gérard Bonin à Poisson.

Désormais nichées dans le campanile flambant neuf, elles rythmeront la vie des hommes et elles annoncent les joies et les peines des habitants du hameau.

(D'après un texte de l'association.)

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