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Les ressources minières du Charolais-Brionnais



D'après un article paru dans Le Journal de Saône et Loire du 13/01/2005 (© Copyright Le Journal de Saône et Loire)

La région exploitait des mines de fer et de charbon. Les travaux de contournement de Paray, ont fait apparaître de nombreux foyers qui, sur le principe des hauts fourneaux produisaient de la fonte. Houille et fer d'ailleurs jouaient un rôle capital dans la révolution industrielle du XIXe siècle. Aussi exploitait-on ces matières premières dans les années 1850 à La Chapelle-sous-Dun [1,2], dans la montagne de Chizeuil à Chalmoux, à Uxeau sous l'égide des Forges de Gueugnon. Il y avait aussi une mine de charbon à Valtèse sur la commune de Ciry et à Collonges-en-Charollais. Le Creusot exploitait un gisement de fer. Il y avait des indices de houille et de manganèse à Hautefond et à Saint-Aubin-en-Charollais où l'on trouvait aussi de la crayonite, de l'améthyste et de la pierre alumineuse. A Génelard, l'extraction du minerai de fer employait déjà, en ce temps-là, quelque 150 personnes. Notons encore, pour cette même industrie du métal, les tourbières de Varenne-l'Arconce et un autre gisement de houille à La Motte-Saint-Jean. Lors de cette ère du fer dont la Tour Eiffel marque l'apogée, le plomb, dont on ne connaissait pas encore la nocivité, aurait été également très utilisé surtout pour les canalisations et la robinetterie. Aussi trouvait-on à Saint Prix une mine de plomb à arsénie. A Saint-Christophe-en-Brionnais, il y avait également une mine de plomb très exploitée et des indices de plomb à Oyé. Dans un tout autre domaine, à Grury près de Gueugnon, on trouvait de l'uranium avec tout ce que cela comporte de danger de radioactivité pour l'environnement. Il existait à Palinges une espèce de moulin qui servait à broyer les matières du vernis qui servait à la poterie proche où l'on fabriquait également des bouteilles et des cruchons. Des poteries, il y en avait un peu partout, à Paray-le-Monial, à Saint-Symphorien-des-Bois, au hameau de Soleil où existait une verrerie qui fut incendiée en 1752. A Saint-Racho, fonctionnaient trois moulins à tan qui broyaient l'écorce de chêne pour la préparation du cuir [3]. Il y avait également une tannerie à Tramayes et à Bourbon-Lancy où existait également un moulin à écorce. Comme la terre de la région est souvent calcaire, les fours à chaux foisonnaient : il y en avait cinq à Bourbon, deux à Champlecy, à Bourg-le-Comte et à Paray, d'autres à Hautefond, à Vendenesse-lès-Charolles et à Colombier-en-Brionnais. A Coublanc, on tissait la soie et l'on fabriquait de la toile de coton ainsi qu'à Tancon où l'on fabriquait aussi du fil. Signalons encore la profusion d'huileries autrefois et de féculerie à Changy, à Bourg-le-Comte, à Paray ou à Palinges. A Joncy, à Colombier-en-Brionnais, à Paray encore, il y avait des tuileries. A Bourbon-Lancy, on comptait jusqu'à six moulins à blé dont cinq sur la rivière de la commune, il y en avait aussi à Colombier-en-Brionnais dont les étangs produisaient les meilleurs poissons et au lieu-dit « Bois Dieu » existait une fontaine dont les eaux passaient dans le pays pour guérir de la fièvre. Les moines de « Bois Dieu » en tiraient grand profit. On trouvait du marbre à La Clayette, à Tramaye une roche proche du marbre et à Baudemont une carrière de gypse cristallisé. A Vaudebarrier était exploitée une carrière de grès propre à fabriquer des meules à aiguiser et à Issy-l'Evêque on cherchait le quartz blanc pour la porcelaine tandis qu'à Ciry on exploitait la terre blanche pour la faïence. Un imposant four à briques a été restauré à « Mazoncle » sur la commune d'Hautefond. A Saint-Bonnet-de-Joux, se trouvait une fonderie de suif et un peu partout, en ce temps-là, on fabriquait du charbon de bois. Sait-on enfin qu'à Paray-le-Monial, au XIXe siècle, on construisait des bateaux, que Neuvy avait été par le passé un centre pour le commerce du grain, qu'il y avait un fabricant de chapeaux à St Bonnet et que là où il y avait un débit de tabac en ce temps-là, il y avait aussi un débit de poudre ?

[1] Voir par exemple l'acte notarié du 23/12/1853, M° Rochon notaire à Châteauneuf (Archives Départementales de Saône-et-Loire, 3E 18462, acte sur deux pages : Page 1, Page 2).

[2] Photographies des mines de La Chapelle-sous-Dun : Photo 1, Photo 2, Photo 3, Photo 4, Photo 5, Photo 6

[3] Les CORNELOUP, GELIN et VOUILLON étaient marchands tanneurs à Dun-le-Roi (ancien nom de Saint-Racho) dans les années 1700.

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