gif

Monographie historique de la commune d'Amanzé,

par Serge du Cray membre de la Société Éduenne et de l'Académie de Mâcon

Amanzé Amanzé

A - GÉNÉRALITÉS

La commune d'Amanzé appartient au canton de La Clayette, dont elle est séparée de 9 kilomètres, et à l'arrondissement de Charolles, dont le chef-lieu est à 14 kilomètres. En allant de l'est à l'ouest, elle est bornée par les communes de Saint-Germain-en-Brionnais, Saint-Symphorien-des-Bois, Vareilles, Oyé et Prizy. Elle a une population de 204 habitants, d'après le dernier recensement (1963). Celle-ci n'est pas la moitié de ce qu'elle était il y a un siècle. En 1821, elle était, en effet, de 600 habitants, en 1856 de 543, en 1882 de 434, en 1904 de 360 et en 1936 de 260. Avant la Révolution, les guerres, la famine, la peste, firent osciller assez sensiblement le nombre de la population : ainsi en 1597 il y avait 80 feux, soit environ 250 habitants, et en 1634, après les épidémies violentes qui régnèrent plusieurs années en Brionnais, on ne comptait plus que 99 habitants ! La diminution continue de la population depuis un siècle s'explique par la dénatalité qui a été particulièrement importante entre 1880 et la dernière guerre, et aussi par le fait que l'extension progressive de l'embouche a réduit les besoins en bras et que beaucoup d'habitants, ne pouvant plus vivre du travail de la terre, se sont expatriés pour travailler dans des centres industriels comme Digoin, Montceau, Charlieu, Roanne et aujourd'hui La Clayette (entreprise Potain).

La superficie totale de la commune est de 1129 hectares et, au début du siècle, il y avait 279 hectares de céréales et cultures, 71 hectares de vignes et 40 hectares de bois, ce qui faisait une somme de 390 hectares opposés à 739 hectares de prairies. Actuellement les cultures n'en occupent guère plus d'une centaine, y compris les vignes, contre un bon millier d'hectares de prés. Toutefois c'est toujours la commune du canton de La Clayette qui produit le plus de vin, et trois coteaux y fournissent encore des vins de qualité ordinaire, ce sont ceux de la Roue, du Gland et de la Toule, ce dernier dominant le Creux de Vaux. Notons pour mémoire quelques vignes au Breuil et au Theuley. Le tout doit former une quarantaine d'hectares contre 62 en 1938.

Les eaux qui arrosent et drainent le territoire de la commune d'Amanzé, appartiennent exclusivement au Bassin de la Loire, en se jetant dans l'Arconce, par l'intermédiaire du ruisseau du Moulin-Garnier ou des Thévenins, grossi du ruisseau d'Orval ou du Creux de Vaux.

Si la majeure partie des terrains de cette commune sont calcaires et argilo-calcaires, il faut cependant noter qu'une bande de granit gris à mica noir et percé de couches de grès la traverse sur une bonne longueur, venant de Montgiraud, commune de Vareilles, passant par le Rocher, où affleure le grès, qui y était jadis bien exploité en vue de la construction des murs de clôture, pour aboutir en se rétrécissant peu à peu au ruisseau du Moulin-Garnier. Les terrains secondaires sont eux-mêmes divisés en grès stratifiés et cimentés d'argile et en calcaires jurassiques prédominants où abondent les fossiles, notamment les ammonites et les bélemnites. A la limite de Vareilles se trouvent des terrains d'éboulis, formés par l'altération sur place du jurassique ; on le remarque en particulier entre les Noues et les Bassets. Il s'agit là d'un phénomène caractérisé de décalcification malgré un sous-sol calcaire, le sol végétal de surface est très pauvre en chaux, par suite de la dissolution de sa substance principale par des eaux contenant de l'anhydride carbonique.

L'agronomie a, comme on l'a vu, bien évolué depuis un siècle à Amanzé, en ce sens que l'embouche, c'est-à-dire l'engraissement au pré des bovins, y a pris, sinon l'unique, tout au moins la première place. Dès le XVIème siècle, et même peut-être plus tôt, on s'y est effectivement adonné à cette pratique d'agronomie, pour laquelle les pâturages de cette commune sont particulièrement propices dans l'ensemble, en raison de la qualité de l'herbe qui pousse dans des terrains argilo-calcaires de tout premier choix (*). Au XVIIIème siècle, les bœufs gras d'Amanzé étaient très recherchés par les bouchers de Lyon. Des "toucheurs" les acheminaient en bandes par les Écharmeaux et Belleville.

(*) Les points les plus élevés de la commune sont près de Saint-Georges à 463 m. et au-dessus des Bassets à 447 m,50 et les points les plus bas à 295 m. près de l'ancien Moulin-Garnier et à 298 m. au confluent du ruisseau d'Arnessin avec celui du Creux de Vaux, avant Orval.

C'est sur son territoire que se trouve le début de la vallée d'Orval, considérée comme une des plus riches du Charolais et où coule le ruisseau du Creux de Vaux. Ce dernier draine les eaux de prairies justement renommées, telles que les Basinières, le pré Malin, Prarond, Prante et le Doigt, qui à la fin du XVIIIème siècle étaient entre, les mains d'un agronome averti, M. Jean-Baptiste Ducray, surintendant du comté et Palatinat de Dyo, qui fut aussi conseiller contrôleur des Gabelles de La Clayette.

Deux autres noms brionnais sont également célèbres en ce qui concerne l'expansion de l'embouche dans ce territoire qui se continuait sur la paroisse d'Oyé : ceux de Circaud et de Mathieu. Les Mathieu d'Oyé, qui firent à une époque (XVIIIème siècle) de l'agronomie au Creux de Vaux, eurent la bonne idée et le privilège d'introduire la race bovine charolaise à la ferme d'Anlezy, à quelques kilomètres de Nevers, en 1775, et furent remplacés en Nivernais, au début du 19ème siècle, par le fils cadet de M. J.B. Ducray, qui y fit souche. Les uns et les autres firent la fortune du département de la Nièvre, et de là la belle race blanche essaima dans tous les départements voisins et se répandit ensuite dans presque un quart de la France, sans parler de l'étranger. Les Ducray, comme les Mathieu avaient été appelés à Anlezy dans la propriété de la famille de Damas de Thianges, dont ils géraient les intérêts de sa seigneurerie de Dyo, voisine d'Amanzé. Mr Révérend du Mesnil, ancien châtelain de Daron et savant historien du Brionnais, en parle longuement dans la brochure qu'il a consacrée à la race bovine charolaise.

B - L'ANCIENNE ÉGLISE D'AMANZÉ

L'église actuelle, qui est claire, spacieuse et commode, date de moins d'un siècle, puisque sa construction a dû se faire aux alentours de 1876. Elle n'offre malheureusement aucun intérêt archéologique. Toutefois les chapiteaux, qui surmontent les colonnes du chœur et bien qu'assez simples, proviendraient de l'ancienne église.

Cette dernière, tout en étant placée à proximité des maisons d'habitation du bourg, était certainement moins bien située dans un bas-fond humide et sur un terrain mouvant.

Les réparations qui y avaient été effectuées dans la seconde moitié du XVIIIème siècle et dont on a conservé les relations et devis, nous permettent de nous faire un peu une idée de ce qu'elle pouvait être. Il semble quasi certain qu'elle appartenait à l'art roman, assez fruste, du XIIème siècle vraisemblablement. Courtépée dans sa Description du duché de Bourgogne, Potignon de Montmégin dans ses notes et l'abbé Thouvent, archiprêtre de Semur, dans ses rapports à l'évêque d'Autun en 1674, n'en parlent pas comme d'un monument remarquable.

Dans tous les cas, elle était de dimensions assez exiguës. Bâtie sur l'emplacement de l'actuel cimetière, elle se composait d'une nef, qui, en 1769, ne devait guère avoir plus de 80 mètres carrés de superficie et dont cette dernière, comme nous le verrons, fut par la suite portée à 100 m carrés. Percée d'un portail à l'ouest, quatre vitraux l'éclairaient, deux au nord et deux au midi. La nef elle-même était prolongée à l'est par un clocher, primitivement tout en pierres, y compris la flèche, qui ne fut remplacée par du bois, couvert d'ardoises et de bardeaux, qu'en 1744. Le clocher à son tour, s'ouvrait sur un chœur avec sanctuaire formant abside et bien orienté liturgiquement. Le toit de ce dernier était fait d'écailles de pierre et ce ne fut qu'en 1744 également qu'on le recouvrit de tuiles courbes. II faut dire, à ce sujet, que l'église, en ce qui concerne la nef, était recouverte de ces tuiles courbes ou romaines et il en était de même de nombreux bâtiments dans l'étendue de la paroisse. Ce n'est qu'au XIXème siècle qu'on reconnut l'inconvénient de cette couverture, qui est très lourde et se garnit facilement de détritus de toutes sortes, du fait de son peu de pente, d'où pourriture et engorgement. Le clocher formait un emplacement dans l'église d'environ 30 m. carrés et le chœur-sanctuaire devait avoir une superficie de 36 mètres carrés. Deux vitraux éclairaient la base du clocher, et le sanctuaire, en possédait également deux de plus grandes dimensions et garnis de verres losangés. A droite du portail, en entrant, se trouvaient le bénitier et, un peu plus loin le bassin en pierre servant de fonts-baptismaux.

En septembre 1769, la totalité de l'édifice aurait été menacée de ruine, et l'abbé Pitoys-Labaume, curé du lieu, ainsi que la majorité des habitants adressaient deux mois plus tard une supplique à l'Intendant de Bourgogne et de Bresse, Mr Amelot, afin qu'il les autorise à faire des réparations à leur église et prenne des dispositions dans ce sens. Ce dernier se retourne vers Mr Bouthier de Rochefort, son subdélégué pour le Brionnais, résidant à Semur, afin de faire visiter l'église en question par un homme de l'art et voir s'il est possible de la réparer ou s'il y a lieu de la reconstruire entièrement à neuf. Celui-ci fait appel au sieur Jacques Gabbio cadet, architecte, demeurant à Charolles, afin qu'il se livre aux constatations et dresse des devis nécessaires.

En reçoivent notification tous les intéressés ou leurs représentants, en l'occurrence le procureur d'office de la seigneurerie, un nommé Dubois, notaire royal de Palinges, représentant le marquis de la Queuille, seigneur d'Amanzé, l'abbé de Saint-Rigaud, cosseigneur du lieu avec le baron d'Oyé, les principaux propriétaires non résidants représentés par les sieurs Bouchenoire et Nicolas Grandjean et deux notables habitants, les sieurs Jean-Baptiste du Cray et Rondet.

Le sieur Gabbio présenta un devis qui équivalait presque à la valeur d'une reconstruction et s'élevant à la coquette somme de 6028 livres, 17 sols, plusieurs millions de notre monnaie actuelle, même en se resservant de ce qui pourrait loyalement être remployé. Et il fallait encore ajouter à cette somme 268 livres pour refaire une partie du mur de clôture du cimetière.

Mr Bouthier de Rochefort approuve, communique le tout à son supérieur l'Intendant qui, à son tour donne son licet (permission) et fait fixer l'adjudication des travaux au 25 septembre 1770. Mais il fallait compter sans la ténacité et l'opiniâtreté des habitants et des seigneurs, soutenus alors, on ne sait trop pourquoi, par le curé. Il est bon de rappeler, à cette occasion, que la nef devait être refaite à la charge des habitants et des propriétaires forains ou résidant à l'extérieur, et les chœur et clocher à la charge des seigneurs et cosseigneurs. Les proclamations d'adjudication avaient été faites trois dimanches consécutifs par les curés d'Amanzé et de Saint-Christophe et par les huissiers audienciers Brigaud et Galand respectivement en leurs villes de Marcigny et Semur.

Dès qu'ils eurent connaissance du devis Gabbio, c'est-à-dire au printemps 1770, les habitants et les seigneurs s'insurgèrent et annoncèrent qu'ils ne pouvaient pourvoir à d'aussi considérables dépensés. C'était une véritable levée de boucliers, animée par les sieurs Favre et du Cray, bourgeois, Claude Lacarelle maître apothicaire et chirurgien, Blaise Rousset, échevin ou syndic de la communauté, et bien d'autres. Ils firent connaître publiquement leur opposition et chargèrent le sieur Jean Lathuilière, maître couvreur et entrepreneur en bâtiments à Vareilles, de produire un devis plus modéré et correspondant mieux aux possibilités des habitants. Ce dernier qui est fort de l'appui de l'abbé Pitoys, à qui l'on promet quelques réparations à la cure et à la sacristie, établit, le 9 juillet 1770, un devis très circonstancié et par là beaucoup plus raisonnable puisqu'il n'atteint pas 2.000 livres. Nous sommes donc loin du chiffre avancé par le sieur Gabbio ! ... Il faut dire que Lathuilière travaillait déjà pour le compte de la communauté d'Amanzé et que l'échevin Rousset lui avait commandé, quelques mois auparavant, de menus travaux à effectuer aux édifices religieux, en tout pour un peu moins de cent livres.

Voici les grandes lignes du devis Lathuilière :

1) Supprimer le grand porche fermé devant l'église, où plusieurs personnes s'assemblaient durant l'office divin, ce qui constituait un sujet de distraction et d'irréligion, surtout pour les enfants, et le remplacer par un petit auvent ouvert et soutenu par deux crosses, permettant d'abriter les parrain et marraine lors des baptêmes.
2) Refaire complètement le portail en pierre de taille et la porte qui n'ont plus aucune décence, percer au-dessus un œil-de-bœuf, à vitrer et ferrer.
3) Augmenter la longueur de la nef de 4 à 5 mètres environ, du côté du portail.
4) Relever le pavage intérieur et réparer et replacer les bassins du bénitier et des fonts-baptismaux.
5) Monter deux contreforts du côté du nord pour consolider le mur.
6) Ressuivre la couverture de tuiles courbes et remplacer partie du lambris intérieur pourri.
7) Faire des enduits appropriés extérieurs et intérieurs.

Cette somme de travail, concernant la nef, que l'entrepreneur en visitant la charpente reconnaît complètement indépendante, était estimée pour un coût de 930 livres. Ce dernier regardait tous les habitants, en sus de la taille royale et au marc la livre, à l'exception des privilégiés. Mais ceux-ci, tout au moins les gros décimateurs, comme le seigneur d'Amanzé, l'abbé de Saint-Rigaud et le baron d'Oyé, devaient la réfection du clocher et du chœur que Lathuilière estimait 993 livres, 17 sols.

Le jour de l'adjudication arrivé, le subdélégué de l'Intendant est très perplexe : il est fort de l'approbation de son supérieur pour le premier devis mais Mr Amelot lui avait cependant donné toute liberté pour retrancher ce qui pouvait paraître excessif. Or, ne voulant point méconnaître la volonté des habitants et de tous les intéressés, se décide-t-il à faire droit à la requête de ces derniers qui lui demandent de prendre en considération le devis de Lathuilière, qui, finalement, soumissionne les travaux pour la somme de 600 livres en ce qui concerne la nef. Un nommé Jean Rondet, maçon à Amanzé, obtient de faire les réparations urgentes au chœur et au clocher moyennant 200 livres, mais ce ne seront encore que des réparations de fortune, car en 1788 le chœur menace à nouveau de s'effondrer complètement. Enfin, moyennant 76 livres, Lathuilière consent à faire à taille ouverte le toit de la cure, de réparer une cheminée qui fume et de réappareiller quelques parties de la charpente du grenier.

La période révolutionnaire arrêtera toute velléité de réparation, et durant toute la première moitié du XIXème siècle, on s'efforcera de réparer, on parlera même de reconstruire, mais rien d'important et de bien effectif ne sera entrepris avant l'ultime décision de 1878, qui motiva d'ailleurs la démission du maire d'alors, Mr Sigismond Ducray. Il faut toutefois signaler la refonte, en 1819, d'une cloche, prénommée Félicité et qui fut bénite le 29 septembre de cette année-là par Mr Berger, archiprêtre de La Clayette, et Mr l'abbé Desmurs desservant la paroisse d'Amanzé, Mr Jean-Claude-Auguste Ducray étant maire. Elle a été récemment remplacée, à la suite d'un incendie, par la cloche Marie-Andrée, Mr l'abbé Paillard Bussy étant curé d'Amanzé et Mr André Paperin, maire de la commune.

La reconstruction du presbytère, qui lui aussi menaçait ruine, s'avérait une nécessité après le départ de Mr Pitoys-Labaume, l'abbé François Pillin, nouveau curé, fait appel à la communauté des habitants et au seigneur d'Amanzé qui demandent à Mr Nicolas Morizot, architecte à Marcigny, de faire un devis. Celui-ci prévoit la reconstruction complète du bâtiment moyennant 2.403 livres et en utilisant quelques anciens matériaux. L'adjudication des travaux, après approbation du devis par l'Intendant Feydeau et par son subdélégué Bouthier de Rochefort, est prononcée le 17 février 1780 en faveur du sieur Philippe Livet, tuilier à Ligny-en-Brionnais cautionné par sieur Louis Fongy, propriétaire dans la même paroisse. On passe outre à l'opposition des sieurs Perrin de Daron et Circaud, écuyers, propriétaires forains, des nommés Claude Sarrazin, Claude Monmessin et Jean Rondet et même à celle du sieur Cartier, agissant pour Mr de la Queuille, seigneur d'Amanzé, qui tous devaient trouver la note trop "salée". Un bâtiment de 42 pieds de long sur 27 de large devait être monté en pierres, mortier de sable fin et chaux, couverture de tuiles plates, comportant cuisine, salle-à-manger et chambre avec cave voûtée en berceau à clef épaisse de 9 pouces et petit grenier, sans parler de cabinets, deux cheminées de pierre dont une "soignée" pour la salle, emploi de bois de choix et peinture à l'huile de noix et au blanc de céruse. Tout devait être terminé, au plus tard, le 11 novembre 1781. Mais le 1er juillet 1783, si le gros œuvre était édifié, il restait encore du travail à effectuer, notamment de la menuiserie et de la serrurerie, et le 25 septembre 1782 l'Intendant de Bourgogne, à la suite de la supplique des syndics de la communauté nommés Jean-Marie Aupècle et Jean Marillier, avait déjà ordonné à Mr Bouthier de Rochefort de faire constater l'état de la construction. Le sieur Pique, entrepreneur à Charlieu, avait été commis pour constater quel était l'avancement des travaux. Enfin, dans les derniers jours de 1783, Livet, qui s'en était remis pour la terminaison à François Duval, serrurier de La Clayette, et à Jean-Baptiste Barraud, menuisier d'Amanzé, moyennant 300 livres, peut annoncer que le travail est fini. Mr Jean-Baptiste Fénéon, architecte à Charolles, constate que tout est en état satisfaisant, sauf un crépissage dans la cave (16 novembre 1783). On paie à Livet 2.680 livres et l'abbé Pillin peut s'installer dans son nouveau presbytère. Mais il a dû loger entre temps chez Mr Favre, bourgeois, dont la veuve réclame, en 1788, le paiement de cent livres de location, dont le curé demande la prise en charge par la communauté. Le sieur Bouthier de Rochefort est favorable à l'établissement d'un rôle supplémentaire d'impôts à cet effet, le 7 février 1788, et l'indique aux habitants et aux propriétaires forains, ainsi qu'au sieur Cartier, agent ou homme d'affaires de la maison d'Amanzé. On ne sait quelle suite y fut donnée.

Dans tous les cas, le 6 mai 1788, il n'en est plus question, mais on reparle à nouveau de la clôture du cimetière, à effectuer dans les 4 mois sous peine d'interdiction, et de diverses réparations à l'église, notamment au clocher et au chœur, qui, une fois de plus, menacent ruine, le tout pouvant s'élever à 609 livres, que les intéressés acceptent de payer immédiatement eu égard à l'urgence des travaux. Le 1er juin 1789, l'Intendant veut bien faire droit à leur requête, à la suite d'une lettre du sieur Bouthier de Rochefort du 17 mai, mais entend que tous les habitants et propriétaires, sans exception participent à cette nouvelle dépense.

Sur ces entrefaites, l'horizon s'assombrit singulièrement et de graves événements mettront en sourdine ces continuelles récriminations.

LISTE DES CURÉS d'AMANZÉ, depuis la fin du XVIème siècle, jusqu'au Concordat, puis jusqu'à nos jours :

1380 - Noble Messire Guillaume Le Gentil
1587 - Messire Jehan Bouchenoire
1596 - Messire Jacques Perrin, Messire Claude Dumas, vicaire
1610 - Messire Claude Dumont
1630 - Messire Jean Brouillard, Messire Jean Rousset, vicaire
1642 - Messire Claude du Four
1667 - Vénérable et discrète personne Messire François Joly, aumônier du château
1670 (
1695 ( Messire Jacques Fricaud
1716 (
1733 - Messire Jean-Baptiste Bérard, ci-devant curé de Curbigny
1737 - Messire Jean Thivert
1758 - Messire Philippe Pitoys-Labaume
1780 - Messire François Pillin

Le premier desservant, après le Concordat, fut M. Michel, ancien curé de Tancon.
En 1803, M. Pierre Bauderon (né à Charolles en 1759), ancien curé de Sainte-Foy et de Montmegin, est nommé desservant d'Amanzé. Il y meurt le 25 janvier 1819.
De janvier 1819 à novembre 1820, la paroisse est desservie par l'abbé Desmurs, curé de Saint-Symphorien.
L'abbé Claude-Marie Devaux, né à Chauffailles en 1793, vicaire à Saint-Bonnet-de-Cray, est nommé curé d'Amanzé en 1820. En mars 1836, il est nommé à Saint-Maurice-lès-Châteauneuf.
Il est remplacé par l'abbé Antoine Verchère, ancien curé de Cortevaix, qui administre Amanzé de 1836 à 1868. A cette date, il est nommé curé de Sainte-Foy. Il meurt à Semur en 1876.
L'abbé Jean-Claude Vernay, né à Briant en 1813, ordonné prêtre en 1839, est nommé curé d'Amanzé en juillet 1868, venant de Saint-Yan. Il restera 20 ans dans la paroisse, jusqu'à sa mort, survenue le 21 septembre 1888.
De 1888 à octobre 1890, intérim par M. Sanlaville, curé de Saint-Germain (pendant ce temps, on construit le presbytère actuel).
En 1890, arrivée à Amanzé de M. Philibert Dutrève, né à Tancon en 1829, ancien vicaire de Vauban, ancien curé de La Villeneuve-les-Seurre et de Rigny-sur-Arroux.
En 1894, il est nommé curé de Vareilles où il reste jusqu'en 1907. A cette date, il se retire à Tancon. Il y meurt le 8 septembre 1914.
M. Jean-Claude Vernay, né à Briant en 1859, ordonné prêtre en 1886, vicaire à Cluny, puis curé de Clermain, est installé curé d'Amanzé le 16 septembre 1894. Pendant 52 ans, il sera le pasteur vigilant d'Amanzé. Durant les derniers mois de sa vie, il sera suppléé dans son ministère par M. l'Abbé Pierre Pallot, curé de Saint-Julien-de-Civry, puis par M. l'Abbé Jean Bussy, curé de St Symphorien.
A la mort de M. Vernay, en 1946, M. Jean Bussy est nommé vicaire-économe d'Amanzé. Il desservira la paroisse jusqu'en 1950.
A l'automne 1950, M. l'abbé Pierre Rageau, curé de Joncy, est nommé curé d'Amanzé. Né à Marcigny en 1886, il a été successivement vicaire à Saint-Vallier, curé de Clermain, d'Uxeau, de Saint-Agnan et de Joncy. Quand il arrive à Amanzé, sa santé est bien compromise. Dès le printemps 1951, il doit s'aliter. En juin, il entre à l'Hôpital de La Clayette, où il mourra le 20 novembre 1951.
M. l'abbé Jean Dury, précédemment en congé de santé à Prisy, devient curé d'Amanzé en septembre 1951. En septembre 1956, il est nommé curé-archiprêtre de Semur-en-Brionnais.
A cette date, il est remplacé par M. l'abbé Claude-Marie Gaillard, auparavant curé de Givry.

C - LA FÉODALITE ECCLÉSIASTIQUE ET CIVILE À AMANZÉ

La paroisse qui appartenait au Brionnais et qui, au milieu du XVIIIème siècle, comptait 350 communiants, soit près de 500 habitants, était sous le vocable de Saint-Pierre-ès-Liens et l'est encore, se fêtant le 1er août. Le rappelle dans la nouvelle église une statue placée sur un autel en marbre, qui provient de l'ancienne chapelle des Bassets et donné par la famille du Cray. Elle dépendait de l'archiprêtré de Semur et le curé était à la nomination de l'évêque d'Autun. Le revenu de la cure n'était que de 350 livres au milieu du XVIIème siècle, mais en 1789 il se serait élevé à plus du double. Le canton de dîmes curiales s'étendait sur les villages de la Vallée, du Creux de Vaux, du Rocher, du Carouge, des Thévenins, de la Place, de Prévigny et d'une partie de la Varenne, le restant appartenant à Oyé.

Il y avait une petite chapelle au château, construite au XVème siècle et qui existe encore dans le cimetière. On trouve d'ailleurs la trace d'un aumônier au XVIIème siècle. Bien que le pouillé du diocèse n'en parle pas, il existait en 1471 une chapelle dédiée à Notre Dame dans l'église même et fondée par Jacques d'Amanzé. Elle fut bénite et consacrée cette année-là par l'évêque de Clamecy ou de Bethléem au nom du Cardinal Rolin, évêque d'Autun. D'autre part, dans les vignes du Breuil, on mentionne l'existence, en 1789, d'une chapelle dédiée à Saint Jean l'Evangéliste, où il se disait chaque année une messe basse le jour du saint patron. Elle n'existe plus et il n'y aurait eu, en ce qui la concerne, aucune fondation, tout au moins Potignon de Montmegin l'affirme. Enfin, dans le pré de l'Hôpital, existait autrefois une léproserie ou maladrerie, (*) fondée, croit-on par les seigneurs et qu'ils appelaient Beaurepaire, dont ils portaient le nom. Dans tous les cas, en 1420, Guillaume d'Amanzé en prenait le titre et on appela longtemps cette maladrerie l'Hôpital de Beaurepaire.

(*) Les maladreries avaient été fondées, surtout après les épidémies de lèpre et de peste qui ravagèrent longtemps la Bourgogne.

Une chapelle s'y trouvait encore au milieu du XVIIIème siècle, avec plusieurs tombes à l'entour. Dame Françoise Litaud, veuve d'honorable Louis des Roches, y fit une fondation en 1639, à la suite de prêts que le seigneur Jean d'Amanzé lui consentit. En 1719, l'abbé Joseph d'Amanzé en transféra à l'Hôpital de Paray les revenus, qui se percevaient principalement à Tollecy et aux Morins, et il y eut par la suite de grandes contestations entre cet établissement et les divers décimateurs d'Amanzé.

Un dénombrement du 4 novembre 1727 fait par M° Pierre Seconnet, notaire royal et commissaire à terriers à Paray, nous apprend que la dîme curiale ou ecclésiastique, qui montait au quart de celle de toute la paroisse, se levait alors sur 98 terres, chenevières ou vignes, dans les lieux dont nous avons déjà eu connaissance, plus dans ceux de la Ferdelière, de la Toule, de la grande Roue et de la Vernelle. Le curé d'alors, l'abbé Fricaud, avait droit de colombier et de pressoir, et possédait en outre en toute propriété deux terres de la Vernelle, le pré de la Vallée de quatre chards de foin, le grand pré des Thévenins de douze chards de foin, une vigne à la Toule, la terre de la Roue, le pré Chétif, la terre des Tilles et une vigne au Breuil, où était bâtie la chapelle de Saint-Jean, dont "le clocher avec cloche" était dû à la munificence de l'abbé Fricaud, qui avait construit en outre le colombier, le pressoir et les écuries du presbytère. Par la suite ce patrimoine s'accrut de la vigne de Gland, du pré des Bastys et du pré du Lac.

Bien que les chartes de Marcigny parlent d'Amanzé dès 1120 à propos d'une donation d'une masure au prieuré de cette ville, ce n'est qu'à partir du XlVème siècle qu'on a connaissance de fondations dans l'église du lieu. Voici les principales :

- une de 1380 faite par M° Guillemin, d'une messe hebdomadaire ;
- une du 18 janvier 1587 faite par vénérable Messire Jean Boschenoire, curé d'Amanzé, d'une messe à perpétuité le jour anniversaire de sa mort ;
- une de 1632, renouvelée le 10 juin 1641 devant Mery Perrin, notaire de La Clayette, de Dame Claude de Saint-Rigaud, veuve de Claude Geoffroy, pour une messe bi-mensuelle ;
- une du 7 juillet 1645 de haute et puissante Dame Françoise de Laubespin, femme et compagne de Messire Jean d'Amanzé, pour un service annuel le jour de Saint-Martin d'hiver et une messe tous les premiers lundis de chaque mois ;
- une du 22 septembre 1680 de Philibert Lescabotin, marchand d'Amanzé, de deux messes annuelles avec Libera et aspersion d'eau bénite sur son tombeau ;
- une du 31 décembre 1680 de Claude Perret, épouse de Claude Duris, pour un Libera chaque dimanche sur le tombeau de sa famille et une messe à perpétuité le jour anniversaire de sa mort ;
- une du 25 janvier 1691 de Charles Sarrazin de deux messes basses de requiem et deux Libera ;
- une du 3 octobre 1701 de six messes annuelles par honorable Claude Plassard, procureur d'office du comté d'Amanzé ;
- une du 7 février 1720 de haute et illustre Dame Madame de Falconis, comtesse d'Amanzé, donnant annuellement au curé de ce lieu 25 livres pour l'entretien de la lampe devant le Saint Sacrement, à prendre sur les revenus du pré Pascaud à l'entrée du château, 60 livres pour les malades et nécessiteux de la paraisse, 30 livres pour ceux de Saint-Ambrun, et 60 livres pour ceux de Prisy ;
- une du 2 janvier 1741 de Pierre Busseul, de la Vallée, d'une messe perpétuelle la veille de Saint Pierre ;
- une du 12 décembre 1746, devant Dechagnie, notaire à La Clayette, par Antoine Ducray, sieur des Bassets et Préveny, et Dame Catherine Desgouttes, son épouse, pour deux messes annuelles et des prières sur leurs tombeaux.

Le seigneur d'Amanzé, le baron d'Oyé, l'abbé de Saint-Rigaud à Ligny, étaient, en dehors de l'Église, les principaux décimateurs, se partageant la presque totalité des trois quarts restants des dîmes. Le seigneur d'Amanzé, qui avait le titre de baron depuis le XlVème siècle, puis celui de vicomte en 1617 et peu après celui de comte, prélevait d'importants cens et servis, qui s'élevaient rien que pour les cens au quart de tous les fruits et produits de la terre. Il avait acquis les dîmes que le Chapitre Saint-Paul de Lyon possédait primitivement (XVème siècle) dans la paroisse et, en 1750, quelques cens et servis que l'Abbé d'Anzy y prélevait (*). Au XIVème siècle, il racheta aussi quelques redevances féodales que Guichard de Beaujeu avait acquises, le 15 avril 1322, d'Hugonin Maréchal, seigneur de Varennes-l'Arconce, qui les tenait lui-même de Girardin de Villon. En 1487, le revenu du terrier pour le seul lieu d'Amanzé s'élevait à 157 livres, 14 sols, 2 deniers et 1 obole d'argent, mais comprenait un nombre important de denrées en nature, notamment des gelines (poules) et des bichets et boisseaux de froment, de seigle et d'avoine, ainsi que des pintes de vin. Trois siècles plus tard, il s'élevait à 287 livres, 16 sols, 6 deniers et un quart, 151 mesures, 1 coupe et 5 coupons de froment, 144 mesures, 3 coupes de seigle, 101 raz et 1 coupe d'avoine, 76 poules et demie, 8 grandes corvées, plus 12 corvées coutumières par chaque justiciable. Et il faudrait multiplier ces chiffres par vingt pour avoir une idée du revenu total du comté, qui s'étendait bien au-delà d'Amanzé. En 1782, en effet, le seigneur du lieu, en dehors de ses domaines fonciers fort importants, avait des droits sur les habitants du bourg d'Amanzé, du Carouge, du Caron, de Chez-Plassard, de Saint-Georges (paroisse de Saint-Symphorien), des Noues, du Rocher, des Bassets, du Haut-de-Prévigny, d'En Cortembeaux, de Préale, de la Vallée, des Bastys, des Thévenins, des Theureaux, de Saint-Ambrun (paroisse de Saint-Germain), qui avait château et parc et jadis paroisse sous le patronage de Saint Ambroise, des Brosses-Dieu, du bourg de Saint-Germain, de l'Argolay, des Bouffiers, de la Rivière d'Oyé, de Prisy, du Perret, de Sermaize (paroisse de Poisson), de Saint-Julien-de-Civry, de Busseul, de Tollecy et des Morins. Quant aux domaines utilitaires proprement dits, le seigneur en question possédait la grande réserve d'Amanzé, la ferme du Parc de Prisy et son ancien château, les domaines de Saint-Ambrun, de Largolay, de Chez-Plassard, de la Place, de Busseul et de Fay, avec les étangs de Fontbrelon, Rossignol, de la Planche et Garnier, ainsi qu'un domaine au Carrouge vendu par Mme d'Amanzé, le 28 mars 1729, à Jacques Busseuil, devant Côme Dechagnie, notaire à La Clayette.

(*) Cette possession de l'abbé d'Anzy est confirmée par un traité passé, en 1264, entre Hugues, duc souverain de Bourgogne, et Etienne, prieur d'Anzy, qui permet à ce dernier d'exploiter une mine d'argent, de plomb ou d'autre métal (peut-être or ?) dans des terrains lui appartenant dans les paroisses d'Oyé et d'Amanzé. Bien qu'on ne possédât aucun détail sur cette exploitation, qui ne semble pas avoir été poussée bien loin, ne s'agirait-il pas de terrains situés dans l'aurea vallis ou vallée d'or (Orval) ? (Archives de Bourgogne, cartulaire I folio 73).

En ce qui concerne le baron d'Oyé et l'abbé de Saint-Rigaud, leurs dîmes se prélevaient surtout sur le Creux de Vaux. Enfin parmi les petits décimateurs, il fallait compter le prieur de Saint-Germain et la famille du Cray, qui, succédant aux Circaud et aux Loreton du Montet, avait des rentes féodales sur Prévigny, les Bassets et le Crot de Vaux.

Le 4 mai 1708, moyennant 3.000 livres tournois, payables en deux pactes égaux à la Saint-Jean-Baptiste et à la Nativité de Notre Seigneur, Madame d'Amanzé louait la maison Botton, le grand pré d'Amanzé, les cens, rentes, servis, corvées, justice haute, moyenne et basse, droits de lods, ventes et retenues, bois de haute futaie, dîmes, droits du quart, estangs, moulin banal de Saint-Ambrun, y compris l'étang de Garnier, dépendant de la seigneurie de Prisy, et Largolay, à Jean Perrin, sieur de Daron, conseiller du roi et son receveur au grenier à sel de Marcigny et chambre de Semur.

En 1781, M. de la Queuille, comte d'Amanzé, louait toute la terre de la seigneurie d'Amanzé et de celle de Prisy, 12.000 livres aux sieurs Jean-Marie Mathieu d'Oyé et Claude Despierres, y compris les droits féodaux et les domaines utiles de Plassard, Saint-Ambrun et la Place, ainsi que Largolay, l'étang de la Planche, celui de Fontbrelong à convertir en pré, les prairies de l'Hôpital et la glandée des bois de Sarre, ne conservant que le château, ses parc, jardin et dépendances, puisqu'il affermait à la même date la grande réserve d'Amanzé 3.500 livres à Claude Montmessin d'Orval et à Jean-Claude Busseuil.

Si, comme noble, il ne payait pas de taille, il devait par contre une somme annuelle importante de vingtièmes s'élevant, en 1784 à 116 livres, 4 sols, suivant la quittance donnée par Jean Perrin de Précy, écuyer, receveur des impositions du Brionnais à Semur.

D - LES SEIGNEURS, LA FAMILLE D'AMANZÉ ET SON CHÂTEAU

Les d'Amanzé représentaient une des familles chevaleresques les plus anciennes de la région. C'était la branche cadette qui possédait Chauffailles et qui brisait d'une bordure d'or les armes ancestrales : "de gueules à trois coquilles d'or, 2 et 1". Ces coquilles dénotent leurs expéditions militaires en Palestine. Les supports de l'écusson sont deux levrettes, le cimier un phénix naissant avec cette devise : "non est mortale quod opto". D'Hozier a publié une généalogie de cette maison, qu'a réimprimée, avec preuves à l'appui Paillot en 1659. Mais elle est très incomplète. Quoiqu'il en soit, il n'est pas douteux que la terre féodale d'Amanzé était l'apanage d'une famille considérable connue dès le début du XIème siècle. Les chartes de Cluny font connaître Roger d'Amanzé, officier du roi Philippe Ier et qui vivait en 1060. Celui-ci fut père de Guichard d'Amanzé, qui eut Rodolphe, époux d'Adeline de Brancion, d'où vint Hugues, père de Pierre et grand-père de Hugues II mari d'Alix de Vergy, qui s'apparentait aux premiers sires de Semur.

Ce Hugues II d'Amanzé, fut père de Pierre II qui eut à son tour Alix d'Amanzé, héritière de sa maison et en qui s'éteignit la première race d'Amanzé Elle épousa Jean de Villon, d'une famille chevaleresque de la région de Chauffailles et qui était seigneur d'Amanzé en 1264. Son fils, prénommé aussi Jean ayant accepté de porter le nom et les armes des d'Amanzé, que nous avons décrites plus haut, à la place de celles de Villon qui sont : "de gueules au sautoir d'or", hérita de tous leurs biens. Il rendit hommage en 1265 au duc de Bourgogne, Hugues IV, pour sa maison forte d'Amanzé et tout ce qu'il possédait à l'entour, à l'exception du cimetière et du canton de dîme appartenant à l'évêque d'Autun et pour ce qui lui venait des Villon, la châtellenie de Châteauneuf avec son château alors ruiné.

Son fils, Pierre d'Amanzé, dont les généalogistes d'Hozier et Paillot font le premier auteur de la maison d'Amanzé, fut à son tour seigneur d'Amanzé et épousa Isabeau de Dyo. Il vivait en 1268 et 1290. Il en vint plusieurs enfants, parmi lesquels Hugues, religieux de Cluny, Alix, Jeannette, Marguerite et Isabelle, toutes quatre religieuses à Saint-Menoux près de Moulins, et Jean d'Amanzé qui fit souche. Ce dernier, seigneur d'Amanzé, épousa successivement Marguerite de la Bussière et Jeanne de Marcilly. Du second lit issurent Alix, prieure de Marcigny en 1370, Marguerite épouse de Jean de Busseul, seigneur de Saint-Saturnin ou Sernin (aujourd'hui Vauban) et Guillaume I d'Amanzé. Celui-ci fit reprise de fief de la seigneurie d'Amanzé en 1367 et épousa Marguerite de Busseul qui le rendit père de Marie d'Amanzé, mariée à Jean de Chauvirey, seigneur dudit lieu, et de Jean d'Amanzé, seigneur baron d'Amanzé, qui vivait en 1386 et qui épousa en 1415 Antoinette de Villon, sa parente, fille de Jacques, chevalier, seigneur dudit lieu près de Chauffailles, et de la fille de Guillaume de Malleys, chevalier. Cette Antoinette de Villon porta en dot à son mari Champagny, Chauffailles et partie de Prisy et elle lui donna entre autres enfants, Jean, Renaud, Pierre et Béraud d'Amanzé, tous les quatre chanoines, comtes de Lyon, et le premier grand Chambrier de l'Église de Lyon, et Guillaume II d'Amanzé, seigneur baron dudit lieu, qui épousa Marguerite de Semur, dont issurent : Guillaume III d'Amanzé, qui n'eut point d'enfant de Marie de Damas, fille de Philibert, seigneur de la Bazolle, et de Marie de Chaugy, Jean, Pierre et Gauguin qui moururent enfants, Antoine, chanoine de Lyon, Jean, grand chambrier puis custode de l'Église de Lyon à la suite de son oncle, et Jacques d'Amanzé (*), seigneur dudit lieu après son frère Guillaume III, qualifié seigneur de Chauffailles en 1487. Il fut marié deux fois : 1°) à Etiennette de Chantemerle, qui lui apporta le fief de Trélu (1477), 2°) à Philippe de Damas. De sa première épouse issurent : Françoise, mariée à Jean de Chandieu, chevalier, seigneur dudit lieu, Jeanne, femme de Guillaume de Sivry, seigneur de Verricourt-en-Barrois et Jean, troisième du nom dans la lignée d'Amanzé-Villon, dont il sera parlé plus loin. Du second lit vint François d'Amanzé qui fut Seigneur de Chauffailles et auteur de la branche des d'Amanzé de Chauffailles, qui posséda de nombreuses terres, entre autres Arcinges, Belmont, Combles, Corcheval, Écoche, Saint-Germain-la-Montagne et Tramayes, eut des alliances illustres et des charges importantes et s'éteignit dans la maison de Saint-Georges, par le mariage de Marie-Cécile d'Amanzé, dame de Chauffailles, le 11 décembre 1741 (contrat reçu par Thève, notaire à Mâcon), avec Claude-Marie de Saint-Georges, fils de Marc-Antoine, et de Charlotte d'Apchon. Il n'en vint qu'une fille unique, mariée en 1764 au marquis de Vichy-Champrond. Jacques d'Amanzé précité aurait eu aussi un fils naturel, dit le bâtard d'Amanzé, qui prit le parti des armes où il se distingua et fut tué en 1499 au siège de Novare sous Louis XII.

(*) Ce fut Jacques d'Amanzé, alors lieutenant du roi Louis XI au gouvernement du Mâconnais, qui reçut en 1477, le serment de fidélité des seigneurs et villes de la province, lorsqu'à la mort de Charles le Téméraire ce comté revint au roi de France.

Jean III d'Amanzé, seigneur baron d'Amanzé, fut marié en 1513 à Béatrix Mitte de Chevrières. Il testa au château d'Amanzé, le 1er décembre 1529, en présence de Pierre Boton et Jean Busseuil, prêtres habitués de l'église d'Amanzé, et de sieur Regnauld du Four. On assure qu'il eut 14 enfants, parmi lesquels : Jacques d'Amanzé, qui fut officier des armées du Roi et fut tué devant François Ier à Pavie, le 15 février 1525 en même temps que le maréchal de Chabannes-La Palisse, Guillaume également officier qui fut tué à Renty en 1554, Charles, chevalier de Malte, Jean, enseigne colonelle au régiment de Piémont, tué à la bataille de Saint-Quentin, donnée le jour de Saint Laurent 10 août 1557, Claude qui fut comte et doyen de l'Église de Lyon, Antoine aussi doyen de l'Église de Lyon et Abbé de Saint-Rigaud, Pierre qui continua et cinq filles, l'une, Marie, mariée à Charles de Villeneuve, premier président au Parlement de Dijon et baron de Joux-sous-Tarare, trois filles religieuses parmi lesquelles Catherine d'Amanzé fut bénédictine à Marcigny, et une autre enfin, Bénigne, qui était encore célibataire en 1529 et à qui son père donne et lègue 60 sols, outre et par-dessus la somme de 3.000 livres qu'il veut et entend lui être constituée en dot de mariage, avec les robes et habillements selon son état.

Pierre IIème du nom de la seconde race d'Amanzé et baron d'Amanzé, épousa Antoinette de Coligny-Saligny, qui lui porta 8.000 livres de dot et qui était la sœur de Marc de Saligny, baron de la Motte-Saint-Jean et du Rousset. Il fut tué sous le règne de Charles IX sur le bord du fossé entourant le château d'Amanzé, devant le pont-levis, tenant alors par la main une de ses filles âgée de 4 ans, et frappé de cinq arquebusades de la part de cinq arquebusiers masqués, dont un cordonnier ligueur. Bien qu'il fut de la religion prétendue réformée, comme il était un brave et loyal seigneur, ses assassins, dont l'un surnommé "la grande chemise" furent poursuivis et l'un d'eux fut supplicié de la roue à Mâcon. Ses fils furent comblés d'honneurs et d'avantages par Henri IV, Pierre et Jean IV d'Amanzé, qui étaient seigneurs dudit lieu, des Feuillées (paroisse de Saint-Germain-la-Montagne), de Lavau de Gibles, de Montchanin (paroisse de Mussy), du Montet de Palinges et autres places, et dont une sœur, Louise, épousa Antoine de Montjournal, seigneur de Cindré et de Trezelles en Bourbonnais. Jean IV continua d'une manière particulièrement honorable sa maison. Il fut gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de Bourbon-Lancy et baron de Semur. Non seulement il obtint, en 1596, des lettres d'abolition pour la part que lui et ses compagnons avaient prise aux troubles de la Ligue, mais il reçut, en plus de ce qui a déjà été énoncé, les gouvernements du Croisic et de Marcigny, ainsi que 2.000 livres de rente annuelle sur la cassette personnelle de Louis XIII. Sous ce monarque, il fut conseiller du Roi dans tous ses conseils, maréchal des camps et armées, capitaine de 100 chevau-légers puis de 200 hommes de pied. Par lettres patentes du Roi, il obtint, d'autre part, les 2/3 des revenus du prieuré d'Anzy-le-Duc et, peu après, ceux du prieuré de Conzieu au diocèse de Belley. En 1609, il acquit toute la seigneurie de Prisy, où sa famille avait déjà des droits, pour le prix de 13.000 livres fixé aux enchères par les héritiers de Richard de Sarrazin, dernier possesseur d'icelle, qui la tenait d'Antoine Grolier, baron de Servières, général des finances en Dauphiné, qui en avait fait rénover le terrier par Pierre Boton, notaire royal d'Amanzé en 1573. Jean IV d'Amanzé épousa le 10 septembre 1595 Isabeau des Cars, d'une des plus considérables familles du Limousin, dame de Combles en Picardie, fille de Jean, prince de Carency, comte de Lavauguyon, seigneur de Saint-Germain-sur-Vienne, sénéchal et gouverneur du Bourbonnais, lieutenant général des armées du roi, et d'Anne de Clermont-Tallard, descendante de Robert de France. Devenu veuf, il se remaria à Françoise de Laubespin (décédée en 1641), veuve de Charles Antoine de Busseul, seigneur de Moulins-l'Arconce et fille de Jean de Laubespin, seigneur de Chigy et de Lessertot. De sa première et illustre union issurent, entre autres enfants, François d'Amanzé, seigneur de Saint-Germain (*), "mort en jeunesse", et Gaspard, comte d'Amanzé, baron de Combles, lieutenant général pour le Roi au gouvernement de Bourgogne. Ce dernier décéda âgé de 80 ans, le 27 janvier 1678. Il avait été obligé, à l'âge de 17 ans, de prendre les nom et armes des de Cars, sur la demande de Charles de Cars (**), évêque et duc de Langres, commandeur du Saint-Esprit. Gaspard d'Amanzé, qui avait épousé Françoise Jacquot, fille de Palamède, président du Parlement de Bourgogne, seigneur de Puligny et de Mypont, fut père à son tour de l'abbé Joseph d'Amanzé, dernier descendant mâle de sa branche, de Madeleine d'Amanzé, mariée à Gilbert de Vichy, marquis de Champrond (Ligny), et de Louis d'Amanzé des Cars, comte d'Amanzé, Lieutenant général, gouverneur de Bourbon-Lancy et du fort de Talant, député aux Etats de Bourgogne, qui lui allouèrent 10.200 livres. Décédé le 15 janvier 1706, il avait épousé, par contrat du 19 janvier 1663, Marie de Falconis de Cavaillon, fille de Louis, seigneur de Charentonneau, Maisons-Alfort et Pont de Charenton, maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris, et de Dame Charlotte Racine. Il n'en vint que deux filles : Louise d'Amanzé, mariée le 20 juin 1703 à Pierre-François de Gallean de Gadagne, marquis, puis duc de Gadagne, capitaine au régiment du commissaire général de la cavalerie, et Marie-Josèphe, dame d'Amanzé, Prisy et dépendances, qui épousa le 13 février 1712, par contrat passé devant du Sarray, notaire à Cusset, Gilbert de la Queuille, marquis de Châteaugay et Vendat, seigneur de Cébazat, Ménétrol, Bourrassol et Jumes, d'une noble maison d'Auvergne, qui hérita toutes les charges de son beau-père. Mr de la Queuille décéda le 24 octobre 1722 et laissa comme enfants, Louis-Adélaïde, célibataire, mort jeune, Anne de la Queuille, mariée au comte de Vauban, Anne-Louise, épouse du marquis de Cambis-Valleron, capitaine général des troupes pontificales à Avignon, Anne-Nicole de la Queuille, religieuse, puis prieure bénédictine de Marcigny (12 février 1764), où elle entra en 1737, et Louis Gaspard Gilbert de la Queuille, comte d'Amanzé, marquis de Châteaugay près de Riom, seigneur de Chitain et de Vendat en Bourbonnais, de Saint-Jal et Chamboulive en Limousin, brigadier des armées du Roi, colonel du régiment de Nice, chevalier de Saint-Louis, marié par contrat du 6 avril 1741 à Louise-Jacqueline de Lastic-Saint-Jal, fille de Jean-Claude, marquis de Lastic-Saint-Jal. Celui-ci fut père du dernier seigneur d'Amanzé, Jean-Claude Marie Victor de la Queuille, capitaine au régiment de Royal-Picardie, colonel du régiment de Clermont, puis de celui de Bresse, enfin maréchal des camps et armées du Roi et chevalier de Saint-Louis. La première fois que ce seigneur vint dans son château d'Amanzé, après son mariage avec Melle d'Escorailles, il céda tous les cens et redevances, ainsi que le droit de mainmorte, dus par les censitaires et se fit chérir de ses vassaux par sa bienfaisance.

(*) Plutôt Saint-Germain-la-Montagne que Saint-Germain-en-Brionnais, dont le principal seigneur était le prieur.
(**) Par une coïncidence assez curieuse, le frère de ce dernier, François des Cars, époux de Claude de Bauffremont, se trouve être l'ancêtre des du Cray des Bassets, par les Ferrières-Sauveboeuf et les Lansade de Plagne.

Il figure sur la liste des émigrés de Saône-et-Loire où on relève avec le sien, pour la région d'Amanzé, les noms de Jean Loreton du Montet (petit-neveu de Précy), Jean Claude Anne du Cray, prêtre insermenté et proscrit (*) et Jean Circaud de Bornat, officier dans l'armée de Précy. Ses biens furent confisqués et séquestrés, certains furent vendus comme biens nationaux ; il en pût récupérer d'autres à son retour d'émigration. Au début du XIXème siècle, il aliéna ce qui restait : parmi les nouveaux acquéreurs, on relevait les noms de Baudinot et Montmessin.

(*) Deux de ses frères furent emprisonnés à Marcigny sous la Terreur.

Signalons qu'en dehors des alliances que nous avons citées plus haut, les d'Amanzé en contractèrent avec les maisons de la Guiche, de Ballore, des Gouttes et de Montchanin et, en sus des fiefs déjà indiqués en leur possession, mentionnons Fougères, Laugère, Estieugues, Anglure.

Les seigneurs d'Amanzé nommaient le titulaire de la chapelle Saint-Nicolas en l'église du Bois-Sainte-Marie, moyennant une rente annuelle de 52 livres à payer audit titulaire. Le curé de Busseul leur devait 12 messes annuelles pour leurs défunts, moyennant 15 livres tournois. Cette fondation fut renouvelée le 22 avril 1760 par Mme d'Amanzé née Lastic-Saint-Jal, devant M° Grandjean, notaire royal à Saint-Ambrun.

Amanzé possédait un beau château couvert d'ardoises, avec tours et donjon, construit par l'illustre famille de ce nom. Il n'en reste malheureusement à peu près plus rien. Dès le milieu du XVIIIème siècle, la famille de la Queuille, héritière des d'Amanzé, ne l'habita pour ainsi dire plus, résidant tantôt à Paris, tantôt dans ses terres d'Auvergne. Il tomba peu à peu en ruines à partir de la Révolution, et aujourd'hui on voit seulement quelques communs, à proximité du cimetière, qui ont conservé des fenêtres des XVIème et XVIIème siècles. Il était entouré de fossés garnis d'eau venant de l'étang de Fontbrelon, qui fut asséché à la fin du XVIIIème siècle. Il y avait bien entendu, comme on l'a déjà vu, un pont-levis.

Une mention particulière doit être faite du beau logis Renaissance qu'on remarque un peu en contrebas du carrefour des routes de Saint-Julien, Oyé et Saint-Germain. Nous pensons qu'il s'agit de la maison Boton, dont parlent de nombreux titres et qui était possédée au XVIIème siècle par les seigneurs d'Amanzé, qui y logeaient leur fermier des dîmes, ou leur procureur d'office. Il aurait vraisemblablement été construit par les Boton (alias Botton), famille fort ancienne et honorable d'Amanzé, dont des notaires royaux et des lieutenants de la justice se succédèrent dans ce lieu dès le XVème siècle et qui compta des membres au Parlement et des officiers de l'Election de Mâcon.

Afin d'obtempérer au décret de la Convention, qui obligeait les parents ou représentants de chaque émigré à fournir deux volontaires aux armées, et d'éviter d'autres maux à leur malheureuse famille, ses deux neveux, Jean-Marie et Jean-Claude du Cray, bien qu'adolescents, s'engagèrent dans l'armée des Pyrénées-Orientales qui se trouvait à Perpignan sous les ordres du général Dugommier et de leur oncle, le Représentant en mission, Joseph Beauchamp (octobre et novembre 1793).

D'après Courtépée, le château d'Amanzé contenait un véritable petit arsenal avec quatre cents escopettes ou fusils à mèche, des petites pièces de canon, des casques, des cuirasses, des armes blanches, une caisse d'airain grosse comme un tonneau et couverte de peaux aux deux bouts, deux doubles mousquets de fer montés sur chevalet, achetés à Lyon en 1635 et transportés par Etienne Simonnin, voiturier du port de Belleville. Plusieurs des armes citées plus haut avaient été acquises par le comte d'Amanzé, sept ou huit ans auparavant, pour 1500 livres et avaient été livrées par le baron de Joyeuse, qui les avait prélevées dans l'Arsenal de Lyon. Une vaste galerie occupait une partie du rez-de-chaussée du château : ou y remarquait une magnifique tapisserie des Flandres représentant les combats livrés par Hannibal, et des tableaux, en bois, des Romains, des rois de France et des princes de la maison de Bourbon ainsi que de tous les peuples étrangers, avec les costumes et habillements de l'époque. Un parc considérable entouré de murs y attenait, avec un grand jardin contenant une orangerie bien entretenue et garnie de 25 orangers ainsi que de vieux myrtes donnés pas le duc d'Epernon. Le pré Pacaud, qui était la propriété des seigneurs, joignait le jardin. Il y avait enfin dans le parc quatre statues de pierre exécutées par Claude Ligier, sculpteur de Moulins, et représentant Junon, Jupiter, Mars et Vénus.

Les d'Amanzé et les de la Queuille habitèrent à Paris, successivement rue Saint-Antoine, au Val-de-Grâce, rue des Blancs-Manteaux, puis enfin rue de Babylone (1788).

Leur maison était montée à Amanzé sur un très grand pied, lorsqu'ils y résidaient. Au début du XVIIIème siècle, le personnel du château était ainsi constitué : un cuisinier, le sieur Pierre-Joseph Guillemin ; une aide de cuisine, Jeanne Sarrazin ; un maître d'hôtel, le sieur Carpentier de Lisle (de 1711 à 1744), puis le sieur Paisselier et enfin Charles Marmet (1753) ; une femme de chambre, Melle Labaume ; une intendante ou dame d'atours, appelée aussi dame d'honneur, Melle de Lageneste ; une aide, Melle Pitoys ; une gouvernante, Melle Thévenon, remplacée par Melle Lacroix ; une pâtissière-boulangère, Madeleine Buisson ; une servante de peine, Claudine Sarrazin ; une servante de basse-cour, Philiberte Buisson ; une servante toutes-mains, Marie Furtin ; un valet de basse-cour, Dubreuil ; un autre domestique de basse-cour, non dénommé ; un cocher, Germain, remplacé par Gaspard Morin ; un valet de pied, Benoît Sarrazin ; un laquais, Rigolet ; un jardinier, Rondet ; un garde, Ravaut ; un petit domestique, Benoît Boton. Le maître d'hôtel et le cuisinier touchaient chacun annuellement une rétribution de 135 livres, et le cocher et le jardinier 100 livres. Il faut ajouter que le comte d'Amanzé des Cars avait un gentilhomme à sa suite ou servant, qui, en 1640, était André Lecoq.

Les seigneurs d'Amanzé se servaient d'une litière au début du XVIème siècle, puis plus tard d'un carrosse et d'une berline. Il faut ajouter que les vins fins ne leur manquaient pas, car, dès le XVème siècle, ils possédaient des vignes à Pommard, Volnay et Savigny-sous-Beaune. D'autre part, le 28 février 1784, on paya 64 livres 16 sols au nommé Baron, "chandelier à La Clayette", pour fourniture au château de 108 livres de chandelles, à l'occasion d'un court séjour de Mr de la Queuille.

Au Moyen Âge, les habitants des villages de la seigneurie et de ses dépendances devaient, chacun à tour de rôle, le guet perpétuel avec armes au donjon et devant la porte du château, sous peine de sept sols d'amende en cas d'abstention. Au XVIIème siècle, après les guerres de religion et les troubles de la Fronde, ce guet fut réduit à deux jours par an : la veille de Saint Pierre-ès-Liens (31 juillet) et la veille de Saint-Ambroise (6 déc.) où le guet se faisait également au château de Saint-Ambrun. A ces deux dates le sergent ordinaire du seigneur lisait à haute voix sous le grand orme, à la porte du château, les ordonnances de Mr d'Amanzé, rédigées par le juge ou son lieutenant.

En 1570, Antoine Boton, lieutenant, fait donner lecture des ordres et défenses, qui devront être expressément suivis sous peine de pendaison ou d'étranglement (sic), à savoir le respect des bois, prés, terres, vaines pâtures, avec défense d'y passer sans permission d'y chasser, obligation de moudre au moulin banal de Saint-Ambrun (dont la banalité fut confirmée le 15 février 1694), de presser au pressoir du château. Les bêtes prises en vagabondage dans les héritages du seigneur seront saisies et "amendées" à raison de soixante sols parisis l'une et par jour, il sera interdit de les mener dans les bois durant le glandage. Les chemins devront être entretenus par les justiciables.

Voici les noms de ceux qui devaient le guet précité en 1594 et dont on retrouve peut-être encore aujourd'hui des descendants :

- Aux Thévenins : Me Jehan Busseul, époux de Françoise Janin, Benoît Plassard, Léonard Roux, Regnauld de la Croix.
- A la Vallée : la veuve d'Estienne Mathieu ou ses ayant droits, Léonard du Mont, Guillaume Busseul, Catherin et Charles Busseul, Me Toussaint Perret.
- A la Place : Catherin Perret, Guillaume Alapermelle, Marc du Saulzay, les héritiers de Jacques du Mont, Benoît Sarrazin, granger de Me Antoine Boton, Mathieu Plassard.
- Au Caron : Estienne Bouchenoire, Antoine Rousset, Claude Perret, Antoine Gonneaud, Guillaume de Montmessin, Me Genevié Favre, Estienne Devers, Sébastien Bouchenoire, Humbert Béraud, la veuve de Philibert Gaillard, la veuve de feu Jehan Gondard, Humbert Farnier.
- Au Crot de Vaux : Antoine Grisard, Claude Potignon.
- Aux Bastys : Jehan Basset, Benoît Desbas, la veuve de Christophe de la Croix.

E - DÉCOUVERTE DE LA JUSTICE SEIGNEURIALE D'AMANZÉ et de ce qui a trait à quelques métiers et à quelques villages de cette antique paroisse

La justice qui était haute, moyenne et basse, dans le ressort du Bailliage de Mâcon et du Parlement de Paris, s'exerçait par l'intermédiaire d'un juge, qui prenait quelquefois le titre de bailli, assisté d'un lieutenant, d'un procureur d'office ou fiscal chargé de requérir, d'un greffier, et autour desquels gravitaient des notaires, procureurs, praticiens, huissiers et sergents Il y avait même jusqu'au XVIIème siècle des archers et chassepots chargés d'exécuter sur place les sentences. Cette justice se rendait tantôt dans la maison Boton, tantôt dans la maison Desbois à La Vallée ou encore sous les halles (*), dont l'emplacement ne nous est pas connu, enfin quelquefois, à la belle saison, sous l'orme qui se trouvait à l'entrée du château d'Amanzé.

La plupart des instances de la justice seigneuriale, dont nous avons eu les pièces sous les yeux, se rapportaient rarement au droit criminel, mais surtout au civil, et principalement à des curatelles, tutelles et inventaires après décès. Parmi ces derniers, nous notons celui qui fut dressé le 23 novembre 1694, à la mort de Me François-Joseph Besson, notaire royal, juge du comté d'Amanzé et du prieuré de Saint-Germain, par devant Claude François Fricaud, notaire à Saint-Julien-de-Civry et honorable Claude Plassard, procureur d'office du comté, en présence de Dame Aymée Butaud et de Messire Louis Besson, curé de Montmelard, respectivement veuve et frère du défunt, ainsi que Me Claude Perret, notaire royal de Saint-Christophe, son cousin. On y relève un mobilier, avec ses accessoires, d'une certaine importance, dont un grand nombre de buffets en chêne, noyer ou poirier, huit plats d'étain pesant 20 livres, deux grands landiers de fonte, dans la cave quatre feuillettes de vin blanc, dans l'écurie une "cavalle" sous poil rouge, âgée de 3 ans et valant cent livres, ailleurs un fusil, deux pistolets d'arçon, divers coffres, tables et layettes, des chaudrons, chandeliers, seaux et bassins en cuivre et deux broches à rôtir.

Dans un inventaire du 27 janvier 1696, de la succession de Charles Sarrazin, laboureur, il est question d'une maie propre à pétrir le pain, d'une asnée et deux poinçons (sorte de tonneau) vides, de deux chaudrons d'airain, d'une chaufferette et d'un poêlon de cuivre, de deux écuelles d'étain, d'un vent à venter le blé, dans le grenier de plusieurs boisseaux (**) de noix, d'orge, d'avoine, de froment et de fèves, de quatre bœufs de labour ou "arables", de six vaches, de 12 brebis, de 2 cayes ou truies de 360 livres ; une terre est mentionnée comme ensemencée en sarrazin ou blé noir (on n'en voit plus aujourd'hui).

(*) En 1643, par ordonnance royale, il fut créé à Amanzé un marché hebdomadaire, qui devait se tenir chaque jeudi, et 4 foires au même lieu, tous les ans, le mardi après Pâques, le 6 juin, le 2 août et le 11 novembre. Il est vrai qu'à ce moment-là le marché de Saint-Christophe se tenait le mercredi.
(**) D'après un vieux terrier du XVème siècle, le bichet de grain contenait à Amanzé 2 quartes, la quarte 2 boisseaux ou quarterons et le boisseau 3 coupes.

Il y avait souvent du bétail errant dans l'étendue de la seigneurie et que le premier venu emmenait dans les prisons d'Amanzé, dépendant du château, d'où le propriétaire pouvait le retirer moyennant finance. Mais on se rend facilement compte des abus que cela entraînait, car il arrivait ainsi que des bêtes étaient indûment soustraites dans les pâturages, d'où plainte de la part des frustrés et d'interminables procès. C'est ainsi qu'en juin 1719 Antoine Janin, chirurgien-apothicaire, du Rocher, et son domestique s'emparèrent, assez abusivement semble-t-il, de 3 bœufs appartenant à Mr Loreton, seigneur des Bassets, ancien lieutenant au régiment d'Anjou, demeurant à Ferrières, qui venaient d'être vendus à Mr Jean du Cray, de Saint-Laurent, et il faut plaider devant Mr Taboulot, juge civil et criminel d'Amanzé, pour obtenir une restitution et même des dommages et intérêts.

Voici la liste des officiers de cette justice qui ont pu être retrouvés, y sont joints quelques noms se rapportant à des commerces ou des emplois exercés à Amanzé avant 1789 :

- Juges civils et criminels - Baillis : Jean Alacaille (1396), Etienne Delachapelle (1400), Jean Bocaud (1416), Etienne Alacaille (1430), Regnauld Serrurier (1520), tous notaires royaux ; Claude Mathoud (1606) ; Pierre Favre vice-gérant puis juge (1608) ; Claude Dumont (qui s'identifie peut-être avec le curé du lieu) était vice-gérant en 1607 ; Benoît Polette, substitut du juge, et Charles Deville, vice-gérant (1678) ; François Joseph Besson (1686); Claude Circaud, notaire royal d'Oyé (1695) ; Jean-Baptiste Geoffroy (1708) ; Philibert Taboulot, avocat en Parlement (1719) ; Jean-Baptiste Bouthier de Rochefort, juge et bailli (1725) ; Gilbert Geoffroy, avocat en la Cour (1740).

- Lieutenants : Pierre Boton (1529) ; Antoine Boton (1580) ; Jehan Favre (1616).

- Procureurs d'office ou fiscaux : Claude Grisard. substitut du procureur d'office (1596) ; honorable Guillaume Poiron (1596) ; Damien Montallet (1606) ; Jean Périer (1645) ; François Favre (1684) ; Claude Plassard (1695) ; Marc Antoine Descligny (1708) ; Nicolas Fricaud, substitut (1710) ; Philibert Cortey, procureur d'office et fermier général du comté (1719) ; André Dessuir substitut (1725) ; N... Bouteloup, notaire royal à Saint-Julien (1747) ; Dubois (1769).

- Huissiers et sergents royaux (*) : Guillaume Ratot (1526) ; Me Toussaint Perret (1594) ; Antoine Grisard (1595) ; Germain du Tronc (1596) ; N... Descours, huissier général (1678) ; N... Laubespin (1694) ; Jean Fommerand (1711) ; Benoît Lavaux, à La Vallée (1789).

(*) Les lieutenants et les sergents semblaient, à diverses époques, cumuler des attributions militaires, se rapportant à la garde du château, et des attributions de justice.

- Receveurs des servis et agents de la Maison d'Amanzé : Messire Jean de Briand, prêtre, (1487) ; Estienne des Roches, clerc et notaire public (1487-1513) ; François du Cray, procureur d'office ou fiscal de Lessertot, résidant à Marizy (1689) ; Pierre Jeaume (1700) ; Mathieu Poyet (1711) ; Claude Circaud, fermier général du comté, décédé en 1747 et remplacé par les sieurs Mathieu d'Oyé et Despierres ; N... Cartier, agent d'affaires (1785). Les fermiers, les receveurs et les agents avaient eux-mêmes parfois des sous-traitants ainsi en 1730 c'est Jacques Guitard, laboureur, qui se charge de percevoir les fruits et gerbes dus au seigneur moyennant une modique rétribution.

- Notaires royaux : Guillaume des Roches (1556) ; Pierre Boton (1552-1573) ; Claude Charretier (1580) ; Antoine Boton (1590) ; Genevié Favre (1595) ; Pierre Favre (1629) ; Gaspard Favre (1650) ; Charles Deville (1678) ; Joseph Besson, notaire royal du comté (1684) ; Pierre Besson (1650-1684) ; François Joseph Besson (1684-1694) ; Jean-Baptiste Butaud, notaire du comté (1700).

- Greffiers : Genevié Favre (1595) ; Jean Favre (1625) ; N... Petit de Lamure (1725) ; Côme Dechagnie (1738) ; N... Geoffroy (1785) ; Louis du Cray (1787).

- Procureurs ou praticiens : Benoît Polette (1596) ; Philibert Devers (1616).

- Fonctions ou métiers divers : Claude de Chassignole, hôte (1607) ; Nicolas Mayneaud, maréchal (1608) ; Magdelon du Villers, époux de Claudine Brancion, maréchal (1684) ; Jean Bordet, tailleur d'habits (1687) ; Pierre Dubreuil, tailleur d'habits (1693) ; Jean de Lacroix, cordonnier (1693) ; Pierre Bouchenoire, chapelier (1696) ; Pierre Bordet, tisserant (1706) ; Antoine Janin, chirurgien et apothicaire au Rocher (1719) ; Jean Pradineau, maçon venu de Saint-Yriex en Limousin ; Gaspard Rondet, maître couvreur à tuiles (1747) ; Antoine Barraud, menuisier (1764). Enfin, en 1789, Claude Adélaïde Favre des Fougerards était avocat au Parlement et syndic de la province du Brionnais.

Les premiers noms qu'on rencontre à Amanzé, au Moyen Âge, sont les suivants : Plassard, Dufour, Bouchenoire alias Boschenoire (Bois noir), Pascaud, Mathus, Busseuil, Boton, Ducroux, Périer, Perret, Préale, Dumont, Colas, Boussand.

Voici les villages ou lieux sur lesquels on peut relever quelques faits historiques ou intéressants :

- Les Bassets, jadis chez Basset ou Grange Basset. Ce lieu se confondait au XVème siècle avec le haut de Prévigny et une partie dépendait de la paroisse de Vareilles. Fief aux Loreton du Montet, aux Marque des Coindry, puis aux du Cray. On y jouit d'un panorama superbe. Ancienne chapelle désaffectée, dont l'autel a été donné au siècle dernier par les du Cray à l'église d'Amanzé pour y porter la statue de Saint Pierre-ès-Liens. Elle fut construite par le chanoine Louis Ennemond Ducray (1786-1863), professeur au grand Séminaire d'Autun, puis Supérieur du grand Séminaire de Toulouse et Vicaire général, qui avait été chez les Révérends Pères Jésuites de Belley le condisciple d'Alphonse de Lamartine, à qui il disputait, paraît-il, les premiers prix, et au Séminaire Saint-Irénée de Lyon de l'abbé Vianney, devenu le Saint Curé d'Ars. Cette famille est originaire de Briant, remontant à honorable homme Laurent du Cray, dont le fils Jehan du Cray était notaire royal de la prévôté de Briant en 1539. A la veille de la Révolution, Mr du Cray du Crot de Vaux, seigneur de Prévigny, était veuf de Melle Mourier des Gayets (du Forez) et remarié à Demoiselle Henriette Beauchamp de Jonzy.

- Le Creux ou Crot de Vaux, jadis Vaux de Prevenier ou Crot de Prevenier. Les d'Amanzé y avaient des droits depuis un temps immémorial ainsi que le baron d'Oyé, les Fougeard de Grandvaux, seigneurs d'Avaize et les Circaud de Chaumont, remplacés par les du Cray.

- L'Hôpital, dont le nom ne sert plus à désigner que des prés. Maladrerie fondée par les seigneurs d'Amanzé et qui était ruinée en 1789. La chapelle qui s'y trouvait aurait été une annexe de l'église d'Amanzé, mais on ne retrouve aucune trace de fondation ni de titulaire.

- Le Carouge. Du latin quadrivium (carrefour), qui a formé le vieux nom français "queiroix" dans plusieurs régions. Etait au croisement d'anciens chemins se dirigeant d'un côté vers Charlieu et de l'autre vers Mâcon. Domaine des d'Amanzé.

- Plassart. Chez Plassard ou Grange Plassard. A pris son nom d'une honorable famille qui a essaimé à Saint-Germain-en-Brionnais. Les d'Amanzé y avaient un domaine.

- Le Rocher. Une famille Janin y possédait un domaine important, au XVIIème siècle, dont était fermier, au siècle suivant, Jacques Ducarre, vigneron de la Varenne. Il s'y exploitait du grès.

- La Roue. Les dîmes s'y partageaient entre le prieur de Saint-Germain-en-Brionnais, le baron d'Oyé et le seigneur d'Amanzé. Jadis vignoble important, comme à Gland, au Breuil et à la Toule.

- La Vallée. Village où se sont tenues longtemps les assises de la justice seigneuriale d'Amanzé, dans la maison de la famille Desbois. La famille de Saligny avait des droits sur ce lieu au Xllème siècle.

- La Varenne. Bien qu'en partie de la paroisse d'Oyé, était jadis un fief relevant d'Amanzé. En 1387, Philibert de Lessertot, rend hommage pour ce lieu dépendant d'Amanzé à Bernard d'Armagnac, comte de Charolais.

F - FAITS SAILLANTS DE LA VIE PASSÉE D'AMANZÉ

Les Écorcheurs traversèrent Amanzé en 1444, puis les Huguenots et les Reitres en 1570, 1577 et 1578. Ceux-ci y firent de grands ravages, ayant "beu, mangé, fourragé poules et autres biens".

En l'an 1531, la famine fut telle que la mesure ou bichet (40 litres environ) de blé, les six faisant la charge, se vendait plus de 50 livres tournois, alors qu'en temps ordinaire la mesure se payait couramment 10 livres.

En 1584, il fit un temps si mauvais en tempêtes que les deux tiers de la vendange de la Toule furent perdus.

Ce fut par lettres du Roi Louis XIII, données au Louvre en mai 1617, contresignées par de Loménie, que fut érigée et créée en vicomté, en faveur de Jean IV d'Amanzé, la seigneurie et baronnie dont il portait le nom, avec les villages du Carron, de la Place, de la Vallée, des Bastis, de Prisy, des Theureaux, de Tollecy (18 feux), de Saint-Ambrun, de partie du Crot de Vaux et du Rocher, avec la justice haute, moyenne et basse. Ces lettres ne furent enregistrées, au Parlement de Paris que le 19 juillet 1625 et à la Chambre des Comptes de Dijon que le 28 novembre 1644. Et c'est peu après cette dernière date que cette vicomté fut transformée et élevée en comté.

Le terrier d'Amanzé fut renouvelé les 25 juin et 1er juillet 1610, et le 17 janvier 1702. Dans une reprise de fief du 19 juin 1715 par Messire Gilbert de la Queuille, la seigneurie d'Amanzé est indiquée comme "composée de quatre clochers qui sont : Amanzé, Saint-Ambrun-la-Salle (*), Prisy et le Breuil en la paroisse d'Oyé". Pour ce dernier, il n'est pas impossible que la chapelle, dédiée à Saint Jean l'Evangéliste et restaurée par l'abbé Fricaud, à proximité de ce lieu, ait voulu rappeler l'existence d'une primitive église.

(*) Aujourd'hui commune de Saint-Germain-en-Brionnais et où il y avait effectivement à l'origine une église paroissiale et même peut-être "régulière".

En 1710, il y eut une forte disette : les grains étaient tellement rares qu'on fut obligé de faire du pain avec de l'orge, mélangé de fèves et de sarrazin, et que l'agent d'affaires du château, nommé Jeaume, décida d'en priver les pigeons du colombier seigneurial, dont il ne restait d'ailleurs plus qu'une trentaine, le froid ayant été, d'autre part, si rigoureux que beaucoup de ces volatiles périrent non seulement de faim mais de froid.

En 1742, la paroisse d'Amanzé était taxée à 866 livres de taille royale, perçues par la recette de Semur, dans le ressort de l'Intendance de Bourgogne.

C'était la poste de La Pacaudière, sur la route de Moulins à Lyon, qui desservait le courrier destiné à Amanzé, en même temps que celui de Saint-Christophe, et il faudra attendre bien longtemps (XIXème siècle) pour que s'établissent des relais de Marcigny à La Clayette.

Une visite de l'église d'Amanzé, au milieu du XVIIIème siècle, constate qu'il y a une croix, quatre chandeliers et un crucifix d'argent, que l'hôpital qui subsiste encore, est quasi ruiné et que plusieurs familles bourgeoises ont leurs bancs et leurs tombeaux dans l'intérieur de la dite église, notamment les Grandjean, Favre, Fricaud, de la Forest, du Cray, Rousset et Denis, sans parler du seigneur justicier du lieu. Il est rappelé que quarante jours d'indulgence sont accordés aux fidèles qui observent la fête de la dédicace de cet édifice le mardi de la Pentecôte.

Le célèbre brigand Mandrin, qui fut roué vif à Valence en 1755, aurait caché une partie de son trésor au Creux de Vaux, aux Bassets ou aux Noues. Mr Sigismond Ducray, maire d'Amanzé (1875), possédait un plan des lieux d'après une lettre qui avait été écrite d'Auxerre à ce sujet à son bisaïeul, Antoine du Cray (décédé en 1761). Ce trésor aurait compris une quantité considérable de pièces d'or et de bijoux, entre autres un grand nombre de montres en or. Mais les recherches entreprises furent infructueuses.

En 1766, une litre féodale et patronale, portant de loin en loin écussons des familles d'Amanzé et de la Queuille ("de gueules à 3 coquilles d'or" et "de sable à la croix engrêlée d'or"), fut exécutée intérieurement tout autour des églises d'Amanzé, Prisy et Saint-Ambrun, en tout 153 écussons, par un peintre nommé Larose.

La paroisse d'Amanzé dut payer, le 31 juillet 1770, 84 livres, avancées par le sieur Rousset, échevin ou syndic élu de la communauté des habitants pour les frais de la fabrication du salpêtre, qui était itinérante à travers les paroisses brionnaises. Quant au sel, Amanzé était tenu de le prendre au grenier de La Clayette, ainsi que 24 autres paroisses brionnaises.

Monsieur François Pillin, curé d'Amanzé qui eut la faiblesse d'adhérer à la nouvelle constitution adressait, en 1792, la pétition suivante à Messieurs du Directoire de Charolles, département de Saône-et-Loire : "Mr François Pillin, curé d'Amanzé, a l'honneur de vous représenter que par décret de l'Assemblée Nationale du 10 février 1791, article 2, il est dit qu'il sera payé aux curés par les receveurs des districts l'intérêt à 4 % sans retenue du produit net de la vente des biens de fondation, dont les biens qui en étaient affectés ont été vendus, il vous plaise, Messieurs, ordonner que vérification sera faite de tous les fonds de fondation cités dans l'état cy-devant écrit et qu'après la distraction faite des fondations d'avec les biens nationaux et l'estimation d'iceux fixée, il luy soit payée depuis sa non-jouissance les quatre pour cent de la vente qui en a été faite sans préjudice de la demande qu'il a faite de la moitié de l'excédent de 1200 livres de revenu de son bénéfice et ferez justice. Fait à Amanzé le 12 juin 1792 et le quatrième de la liberté. Pillin curé d'Amanzé".

En 1834, sous le régime censitaire, il n'y avait que cinq électeurs à Amanzé : M.M. Jean Claude Auguste Ducray, qui payait 800 francs de contributions directes, Jean Claude Montmessin, qui payait 231 francs, Jean-Marie Busseuil, 228 francs, Antoine Montmessin, 217 francs, et Benoît Maillet, 212 francs.


SOURCES

Courtepée : Description du Duché de Bourgogne.

F.D.M. Monographie des communes du Charolais et Brionnais. Micolon Impr. Charlieu 1904.

J. AULAS, Le Canton de La Clayette. Gaudet, Impr. La Clayette 1938.

ARCELIN, Indicateur héraldique du Mâconnais.

LEX, Les fiefs du Mâconnais.

Archives de la Côte-d'Or, C 4748.

Archives de Saône-et-Loire, séries B 708 et suivants ; B 1135 ; C 354 ; E 18 et suivants ; G 326 ; 2 G 325.

Archives de la Société Eduenne : Fonds Potignon de Montmégin, Verchère de Reffye et Cucherat.

Anciens registres paroissiaux d'Amanzé.

Archives privées.

gif