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Histoire du Charolais

Description historique et topographique du duché de Bourgogne par Claude Courtépée

Source : "Description historique et topographique du duché de Bourgogne",
par l'abbé Claude Courtépée et Edmé Béguillet en 7 volumes, Tome IV (1779) Charolais, Brionnais.

info Version originale en vieux français

COUP D'ŒIL SUR LE CHAROLAIS

Ce Baillage, le VIe. principal du Parlement de Bourgogne, établi par Louis XI en 1477, à 10 lieues de long du nord au sud, depuis S.-Eusèbe-des-Bois à Poisson, sur 8 de large de l'est à l'ouest, depuis Saviange à Toulon. Il est borné au nord par celui de Montcenis, au sud par le Brionnais, à l'est par le Mâconnais, & à l'ouest par le Bailliage de Bourbon-Lancy. Son ressort comprend 2 Villes, 4 Bourgs, 70 Paroisses, 5 Prieuré, 4 anc. Baronnies, 4 Prévôtés, 6 Châtellenies, 32 Seigneuries, & 196 Fiefs. Tous ces lieux sont de la Recette & Subdélégation de Charolles, du Diocèse d'Autun, à l'exception de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent qui est de celui de Chalon, & de 4 Paroisses de celui de Mâcon.

Ainsi ce Bailliage a d'étendue en toises quarrées 352,30000,000, en arpens chacun de 100 perches, 391, 444 1/9 ; en lieux quarrés de 2400 toises 61 94/576.

RIVIÈRES

Le Charolais est arrosé de plusieurs rivières, dont deux sont navigables ; la LOIRE depuis Roane à Digoin, & l'ARROUX seulement depuis le port des quatre vents, & quelquefois dans les bonnes eaux, depuis Toulon à Digoin. Cette rivière dont la source est au Bailliage d'Arnai-le-Duc, baigne les anciens murs d'Autun, où elle reçoit la Tavernai, entre dans le Charolais à Toulon, & va se réunir à la Loire entre Digoin & la Motte-Saint-Jean. Le projet de rendre l'Arroux navigable depuis Autun, comme il l'était du temps des Romains, va enfin s'exécuter par Arrêt du conseil d'Avril 1778. Le devis, fait en 1776, monte à 197230 liv. Les ouvrages consistent en 10 écluses, en 9 digues, en déblais des rocher & des sables qui portent obstacle à la navigation, en chaussées & autres ouvrages nécessaires au port d'Autun entre les deux ponts sur l'Arroux. L'exécution immortalisera ses auteurs, vivifiera une contrée morte & stérile, & sera très avantageuse au commerce si languissant dans l'Autunois.

L'ARCONCE, Areconcia, sort de la fontaine du Prégris, au dessous de Moleron, Paroisse de Mari, va former l'étang du Rousset, tombe dans celui de Verderat, arrose Viry, descend à Charolles, à Changy, Anzi-le-Duc, Monceau, Saint-Yan, & va se perdre dans la Loire au dessous de Pont à Mailli, après un cours de 15 lieues. Elle est fort poissonneuse en carpes & brochets surtout.

La BOURBINE ou BREBINCE, Bosbansia, Burbentia, Buboncia, sort du lac de Long-Pendu, qui verse ses eaux dans l'étang de Montchanin, parcourt presque tout le Charolais, passe à Blanzy, Ciry, Parai, reçoit l'Oudrache, & s'écoule dans l'Arroux au Verdier. C'est par le moyen de cette rivière & de la Déheune qui a la même source, que la communication de la Sâone à la Loire fut projetée en 1660 & en 1733 ; projet dont un Savant Magistrat (M. de Torcy) a démontré la facilité & les avantages dans une brochure bien écrite en 1775. Il n'y a sur la Bourbince jusqu'à Parai, qu'un pont à Genelard & un à Bord : ceux de Ciry & de Blanzy sont ruinés.

L'OUDRACHE, Uldraca, dont la source est à l'étang de Perreci, prend son nom du Village d'Oudry qui est plus bas, coule à Bragni, à Saint-Leger & se perd dans la Bourbince au dessous de Paray, près de la Varenne, Paroisse de Vigni, après un cours de 6 lieues.

LA SEMENCE, Sementia, vient des étangs de Suin, reçoit près de Chatonard le Mont-grenot, qui sort de ceux de Saint-Bonnet-de-Joux, & se perd à Charolles dans l'Arconce.

LA GUYE, Guya, qui descend de Saint-Helene, sépare le Charolais du Mâconnais & du Chalonais. Elle arrose Saviange, Genouilly, Joncy, & tombe dans la Grône après un cours de 8 lieues.

MONTAGNES, ÉTANGS, FORÊTS, CHÂTEAUX

L'air en général est sain, mais un peu froid dans le Charolais, étant environné de montagnes de tous côtés. Les plus élevées sont celles du Mont-Saint-Vincent, de Suin, d'Artus, Sanvigne, Dondin, Chaumont.

Le milieu du pays est rempli de collines, de plaines, de fertiles prairies, terres à bled, & d'étangs dont les plus considérables sont ceux de Perrecy, du Verderat, du Rousset, des Baronays.

Les plus belles forêts sont celles de Charolles, Paray, Perrecy, Avaise, Pouilloux, Sauvement, Grandvaux, Marizy, Martigni, Digoine & Lugny. Cette petite Province était autrefois hérissée de Châteaux forts, presque tous ruinés par ordre de Louis XI, ou depuis durant les guerres civiles ; tels que ceux de Mont-St.-Vincent, Suin, Dondin, Artus, Digoine, Joncy, Charolles, Marcilli, Colanges, Courcheval, Chevenizet, Cypierre, Rabutin, Joux, Commune, Sauvement, Champlecy, Martenet, Clessi, Chassi, Mazoncle, Busseul, la Sale, Balore, Chaumont, la Guiche : quelques-uns ont été rétablis.

Les plus beaux Châteaux à la moderne sont ceux de Digoine, de Lugny, de Saint-Micault, Genelard, Chanlecy, de Joncy, quand le plan donné par M. Antoine sera exécuté.

Celui de Chaumont, quoique rebâti sous Louis XII, & que Louis XIV honora de sa présence, m'a paru le plus vaste, le plus fort & le plus respectable du Charolais. On pense à le renverser pour en bâtir un autre à la moderne. (V. ci-après St. Bonnet-de-Joux).

COMTES DE CHAROLAIS

Ce pays, du temps de César, était habité par les Ambarri, selon Samson ; ou plutôt par les Brannovii, alliés des Eduens. Il fut compris sous Honorius dans la seconde Lyonnaise, & dès les premiers temps du Christianisme, dans le Diocèse d'Autun. Des Romains expulsés des Gaules, il passa au pouvoir des Rois de Bourgogne, ensuite des Rois de France au VIe. siècle. Il fit d'abord partie du Brionnais, & vint depuis aux Comtes de Chalon dont il était la principale Baronnie, formant un petit canton sous le nom de Pagus Quadrellensis dont on a fait mention au Ier vol. pag. 363, Pierre de Chaumont en était Bailli en 1070.

Le Duc Hugues IV ayant acquis en 1237 le Comté de Chalon dont il fit hommage à Saint Louis, en démembra la Châtellenie du Charolais, & la donna par son testament, en 1272, à sa petite-fille Béatrix I, fille de Jean de Bourgogne & d'Agnès de Bourbon, Cette institution héréditaire fut confirmée en 1277 par transaction rapportée dans le Recueil de Perard, pag. 549, & par un traité de 1279, passé sous la médiation du Roi Philippe Ie Hardi, entre le Duc Robert II & Béatrix sa nièce, alors épouse de Robert, Comte de Clermont, fils de Louis IX, & tige de l'auguste Maison régnante.

Il fut convenu que le Charolais serait tenu en Fief du Duc, avec tous les donneurs qui appartenaient au Comte de Chalon. Comme ce traité important fait connoître les anciens Fiefs & les Châtellenies du Charolais, & qu'il n'est point dans Rymon, mais seulement dans Perard dont l'ouvrage est assez rare, on le donnera à la fin de cet article. C'est ce Comte qui accorda les franchises de Charolles en 1301.

Robert de Clermont eut deux fils de Beatrix, Louis & Jean ; le premier fut Duc du Bourbonnais, héritage qui venait d'Agnès de Bourbon-Dampierre son aïeule ; le second fut Baron du Charolais, & ne laissa à sa mort, en 1316, qu'une fille Béatrix II, en faveur de laquelle le Charolais fut érigé en Comté. Des Auteurs assurent que cette érection avait été faite par St. Louis, en considération du mariage de son fils Robert : cependant Jean d'Armagnac ne s'intitule en une charte de 1370, que Sire de la Terre & Baronnie du Charolais. Béatrix épousa Jean Ier Comte d'Armagnac.

Leur fils Jean II en fit hommage au Duc de Bourgogne en 1370, & fut père de Jean III & de Bernard d'Armagnac. Ces deux frères vendirent en 1390 leur Comté au Duc Philippe le Hardi, 60000 francs d'or, payés par son Grand-Gruyer, Pierre du Cellier, des deniers de la dot de Marguerite de Bavière sa belle-fille, femme de Jean, Comte de Nevers, d'où il passa à ses successeurs. Philippe le Bon eut dans sa jeunesse le titre de Comte de Charolais. La donation faite par ce Prince en 1433 à son fils Charles, contient encore une réserve expresse du droit de ressort & souveraineté sur ce Comté.

Mais on voit par des Lettres Royaux de 1324, 1335, 1410, que Parai, Perrecy, Toulon consistant en plus de 60 Prévôtés, ne relevoient que du Roi, & étaient exempts de toute Jurisdiction du Comte du Charolais, même des Ducs de Bourgogne. Ils avaient des Juges, Châtelains & Baillis, dont les appels relevoient à Mâcon. Philippe le Hardi ayant acquis le Charolais, eut la supériorité sur les Prieures de Perrecy, Parai & Toulon ; ainsi que Philippe le Bon, par la cession du Mâconnais en 1435.

Après la mort du dernier Duc, Louis XI s'en empara en 1477, comme d'un Fief réversible à la Couronne, & le plus noble mouvant du Duché de Bourgogne, en y créant un Bailliage Royal : il attribua aux Officiers le droit de ressort sur toutes les Villes & Places du Charolais.

Mais Charles VIII oublia que ce Comté faisant partie du Duché, était un ancien Membre de la Couronne, sujet au retour. Au lieu de rembourser la somme donnée par Philippe le Hardi, il le rendit, par le traité de Senlis en 1493, à Philippe, Archiduc d'Autriche, petit-fils par sa mère de Charles le Guerrier, à la charge de le tenir en Fief de la France. L'Archiduc en fit hommage au Roi Louis XII entre les mains du Chancelier Guy de Rochefort à Arras, en 1499 (Voy. Ier vol. page 501).

À sa mort, en 1506, il fut possédé par Marguerite sa sœur, ensuite par Charles V son neveu, qui en acquit la jouissance souveraine sa vie durant, par le traité de Cambrai, en 1529. Après son décès, Henri II rentra dans tous les droits royaux de ce Comté, & nomma François Bouleri, Lieutenant Général de son Bailliage. Depuis ce temps les Rois ses successeurs ont continué de pourvoir les Officiers, comme en font foi les provisions de dix Baillis Royaux, jusqu'à N. de Boulene à la place du Comte de Coligni, en 1688.

Charles-Quint délaissa ce Comté à Philippe II son fils, qui le donna en 1598 à sa fille aînée Isabelle-Claire-Eugénie, épouse de l'Archiduc Albert. Étant morte sans enfans en 1633, le Charolais retourna au Roi d'Espagne, Philippe IV, & de lui en 1665 à Charles II son successeur, sur lequel il fut confisqué à la déclaration de guerre en 1674, & rendu par le traité de Nimègue en 1679. Enfin, il fut saisi réellement par Arrêt du Parlement, 28 Mars 1684, au profit de Henri-Jule de Bourbon-Condé, Appréciateur. Ses descendans en ont joui jusqu'en 1761, que Louis XV l'acquit par échange de Palaiseau, d'Elisabeth-Alexandrine de Bourbon, dite Mademoiselle de Sens.

QUATRE ANCIENNES BARONNIES

C'est ici le lieu de rechercher l'origine des quatre anciennes Baronnies du Charolais dont on a parlé. Les Comtes de Chalon, d'Autun, de Maçon, d'Auxois, étaient les grands Vassaux des Rois, des Ducs, qui ne les a voient d'abord institués que comme Gouverneurs de ces Pays. Ces Comtes trouvèrent le moyen, dans les temps d'anarchie, sous le règne faible des derniers Carlovingiens, de se rendre héréditaires. Ils accompagnaient le Prince dans la tenue de ses grands Jours ou Parlemens.

Ils convoquoient à leur tour les Barons de leur ressort à la Cour, ou aux Assises qu'ils tenaient deux fois par an, pour juger les différends de leurs Vassaux. Le Comte de Charolais appellait à ses Jugemens le Baronnage de ses États, c'est-à-dire, les Chevaliers qui possédoient dans cette petite Province des Terres ou Châtellenies considérables, dont dépendoient trois ou quatre Paroisses. Le Chevalier donnait à sa Terre la prééminence de Baronnie, parce qu'il était Membre de ce qu'on appellait en ce temps-là Baronnage. Le titre de Baronnie, une fois imprimé à une Terre par la qualité de son possesseur, subsistait en faveur des enfans.

Le Charolais ayant eu des Comtes particuliers pendant 128 ans, jusqu'au Duc Philippe le Hardi, ces Princes composèrent leur Baronnage des quatre plus grandes Seigneuries de cette Province, qui appartenaient alors aux Sires de Vaudrey, Damas, Digoine & Dio, Seigneurs de Mont-Saint-Vincent, Lugny, Digoine & Joncy. Leurs quatre Terres devinrent des Baronnies par la qualité des Seigneurs. Il n'y a jamais eu d'autre érection de la part du Comte, que l'admission de ces puissans Terriens au Baronnage, & à la place qu'ils tenaient à sa Cour, lorsqu'il rendait en public la justice à ses sujets.

Par exemple, la Terre de Lugny fut le partage de Renaud-Damas de Cousan, du chef de sa mère Dauphine de Lavieu, dont il fit hommage au Duc en 1263. C'était le 5e aïeul d'Alix de Damas-Cousan, mariée en 1430 à Eustache de Levis, 8e aïeul du Comte de Levis-Lugny. Eustache, par ce mariage, devint Baron de Lugny, parce qu'il était Chevalier & de naissance a prendre rang au Barronnage. Son fils jouissoit de cette prérogative lors du traité de 1477, fait par les États de Bourgogne avec Louis XI, & il a transmis le titre de Baron à sa postérité. C'est aujourd'hui la seule des quatre anciennes Baronnies qui n'ait point changé de Seigneur depuis près de quatre siècles.

RAVAGES, GUERRES, LIGUE

Le Charolais fut ravagé par Waifre, Duc d'Aquitaine, qui porta le fer & le feu jusqu'à Chalon, dont il fut chassé jusqu'au delà de la Loire par Pépin en 761. Les Auvergnats y firent des courses au Xe siècle, & furent repoussés par le Comté Lambert, & défaits auprès de Challemoux (Calamossa Villa in pago Burbunensi). Il donna au Prieuré de Perrecy, en reconnoissance de sa victoire, plusieurs héritages, & entr'autres une Terre appellée Gentiliaca Villa in loco Resteneso, qui m'est inconnue, & quelques meix à Curdin, à Viefvigne & à Monceau. Il fut aidé dans cette expédition par un Chevalier nommé Letaldus, qui périt à l'action, oncle de Telinde, Seigneur de Gourdon, & par Bernard son cousin.

Ce Pays fut exposé aux courses des grandes compagnies d'Écorcheurs, toujours marquées par le sang & le pillage, & surtout pendant les guerres des Ducs Jean & Philippe le Bon contre les Orléanais & le Dauphin Charles VII. Les troupes de ce Prince en furent chassées par Louis de Chalon, Prince d'Orange, par Jean de Digoine, Jacques de la Baume, les Seigneurs de l'Aubespin, Toulongeon, la Trimouille & de Bar, en 1418.

Après la mort violente du Duc Jean, l'année suivante, les Armagnacs se jetèrent dans le Mâconnais, prirent le Bois Sainte Marie avec les Châteaux voisins, & mirent le siège devant Marcigny, que le Maréchal de Cottebrune les obligea de lever. Il fit rompre tous les bateaux qu'ils avaient au port de Digoin, dont ils le servoient pour entrer dans le pays, ou pour en sortir quand ils étaient poursuivis. Deux mois après, des gens d'armes & de trait firent encore des courses jusqu'à Charolles, enlevèrent le bétail, & rançonnèrent les paysans.

Ce Pays, ainsi que le Brionnais fut souvent le théâtre de sanglantes exécutions & d'un brigandage affreux pendant les guerres civiles, sous Charles IX, Henri III & Henri IV. Presque tous les Bourgs & les Châteaux furent pris, repris & ruinés. Le Château d'Arcy soutint deux sièges, & fut détruit en partie, ainsi que celui d'Anzi-le-Duc, de Selorre, de Dondin, d'Artus, de Digoin. Le Comte de Tavannes assiégea & prit le Fort de la Motte-Ternant, en Mai 1591 ; & le Chapitre fut dispersé.

L'Église de Baubry fut incendiée, & le Village pillé par l'Amiral de Coligni ; Vantoux défit les Calvinistes au pont de Joncy en 1567. Les Reîtres commandés par Casimir & le Prince de Condé, logèrent à Anzy-le-Duc, à Parai, à Marcigni, saccagèrent Semur, & causèrent beaucoup de dommages en 1576.

Le commerce fut interrompu, la culture négligée ; les paysans se cachoient dans les forêts ; il n'y avait plus de sureté sur les chemins : ce n'était partout, dit un Mémoire manuscrit du temps, que volerie, pillages, saccagemens de Villes & de Châteaux par les Royaux, comme par les Ligeux. Dieu y boutte fin, & nous sauve des garnemens !

Ces malheurs ne finirent que quand Henri IV, le vainqueur & le père de ses sujets, eut terrassé l'hydre de la ligue, &, comme un soleil levant, eut dissipé les nuages obscurs qui couvroient la face de la France. Il rendit le Charolais par le Traité de Vervins en 1598 à Philippe II. Voilà tout ce que la vaste politique du Roi d'Espagne retira des frais immenses qu'il avait faits pour brouiller notre Royaume. Tel fut le fruit des 114 millions employés à ses inutiles projets, & dont une grande partie fut prodiguée pour entretenir la division & la guerre en France.

PESTE, FAMINE, DÉPOPULATION

Aux fléaux de la guerre se joignit celui de la peste & de la famine : on verra à l'article Parai que la peste fut si violente en Charolais, que de cent personnes il n'en restait pas douze en 1347. Pierre Turrel, dans son Période du Monde, page 25, nous apprend qu'en 1531 les Charolais se nourrissoient d'herbes, & faisoient une espece de pâte avec des racines & une poudre tirée d'une montagne qu'il ne nomme pas. La contagion de 1585, de 1636, rendit les Villes désertes.

Rien de si lamentable que le tableau de la misère affreuse de ce Pays en 1708, 1709 & 1710, présenté aux États Généraux de Bourgogne, & dont j'ai copie imprimée. On y voit qu'en 1709, de cinq parties des Habitants il en périt trois par la faim. On y vécut de glands & de farines de fougère. 400 Métairies restèrent incultes & abandonnées. Des Hameaux entiers y devinrent déserts.

Qu'on juge de la dépopulation causée par le grand hiver sur l'état suivant. Charolles qui avait 986 Communians, n'en avait plus que 600 à la fin de l'année ; Suin de 300, plus que 95 : Il y mourut 235 personnes, 158 abandonnèrent le pays. À Changy ? morts, à Viry 358, à Martigni 314, Bragni de 309 Communians, il n'en resta que 19 ; à Genouilli que 60, à Parai que 626, il y en mourut 860, &c.

Des années plus heureuses, la culture assidue des terres, les défrichemens, vingt ans de paix au commencement du règne de Louis XV, le commerce ranimé par les routes ouvertes en 1752, ont rétabli ce pays, & doublé depuis la population : on compte à présent à Charolles, à Paray, à Digoin, au ? 1500 Communians, à Suin 700, à Changi 340, à Viry 430, &c.

Ainsi à proportion des autres endroits, comme on le verra dans la Description particulière qui va suivre. Pour en faire comparaison, je citerai quelquefois le nombre des Habitans imposables en 1679, extrait de la visite faite en Charolais par l'Abbé de Thésut, Élu du Clergé, & par N. Julien, Secrétaire en Chef des États ; &, d'après celle faite d'ordre des Elus par M. Varenne en 1751, dont j'ai copié.

Ce dernier a porté l'attention jusqu'à marquer la quantité, la qualité, le produit des terres, prés, vignes ; le nombre des Habitans, des laboureurs, des veuves, des enfans, des charrues, des bœufs même, la cote de chacun, la dîme & les décimateurs. Qu'on juge d'après cet exposé combien MM. les Élus sont instruits de toutes les facultés pour asseoir les impositions selon leur équité connue, & si mon ouvrage, en indiquant seulement les feux & les Communians, peut faire le moindre tort. Ce que j'ai cru devoir remarquer ici pour guérir certains esprits méticuleux, qui sous un prétexte frivole ont craint de me communiquer le nombre même des Communians : mais grâces au Ciel, la lecture des 2 & 3e vol. a dissipé des craintes si mal fondées.

COMMERCE, HISTOIRE NATURELLE, ANTIQUITÉS

Les nouvelles routes que les États ont fait tracer d'une ville à l'autre, ont vivifié cette contrée, auparavant sauvage, inabordable, ombragée d'épaisses forêts, sans communication que par la Loire, & ont ranimé le commerce. Quatre grands chemins aboutirent à Charolles, à Paray, à Digoin, dont l'heureuse situation fait un port très fréquenté.

Le principal commerce est en bois, bled, porcs, bœufs sur tout renommés dans le Royaume, qu'on vend aux Lyonnais, quelquefois aux Parisiens & aux Dijonnais ; en poissons qu'on envoie dans des bascules à Paris par la Loire & sur le Canal de Briare.

Les fers forment une autre branche de commerce, & se fabriquent à Geugnon, à Perreci, au Verderat & à Prétin près de Charolles ; mais ce n'est que du fer de fonderie, excepté en la dernière forge où l'on commence à faire du fer marchand : le Maître de forge du Verderat espère aussi en fabriquer depuis la découverte de la mine des Aports. La mine en général est assez abondante dans ces lieux ; le charbon commun ; mais faute d'eau, on est obligé de chommer l'été.

On a conçu les plus grandes espérances pour les forges du Charolais, à l'occasion de la nouvelle manière de préparer le charbon de terre de Montcenis. Les épreuves saites 1776 sous les yeux de M. le Comte de Buffon & de plusieurs Maîtres de Forge, ont donné du fer d'excellente qualité, fondu avec ce fossile : M. de Lachaize en a fait dresser un procès-verbal. Ce charbon ainsi employé ménagera le bois qui deviendra un objet précieux pour le commerce extérieur.

La Manufacture de faïance établie à Digoin, qui occupe plus de 50 Ouvriers, & qui a de la réputations, a été autorisée par Arrêt du Conseil en Août 1776 : la terre est fine & abondante. On voit à Geugnon un canal d'un quart de lieue sur l'Arroux, semblable à ceux de Flandres, & une écluse pour laisser passer les bateaux. Ce bourg est renommé par la pêche du saumon depuis Mars en Juillet.

Les navets de Banbry & de Suin sont excellens & de la même qualité que ceux de Saulieu. Les pays de montagnes sont sablonneux, maigres, & les Habitans pauvres. On y voit quelques châtaigniers & des pins. Le célèbre Naturaliste Commerson dit qu'en voyageant dans le Charolais en 1755, il vit avec plaisir la châtaigne d'eau, que les rivages de la Loire lui offrirent, les Sesamoïdes, le Senecio Abrotani folius (l'Auronne), le Cortufa Mathioli, l'Ormunda Regalis, lui furent présentées dans les montagnes & les bois de cette contrée.

Les meilleures carrières sont à Hautefond, à Bragni, à Lugni, à Charolles, à Saint-Vincent. L'Église du Prieuré de Parai a été bâtie de la pierre de Romai. On a tiré des meules à Martigni, à Saint-Romain-sous-Gourdon, qui se vendoient au loin en 1570. On en tire encore des Bois-Francs entre Saint-Valier & Blanzy, qu'on vend à Chalon, & quelques-unes autour du Mont-St.-Vincent.

Les prairies, surtout le long de l'Arconce, de la Guye, sont excellentes. On a coupé quantité de bois, esserté les endroits, & il y yient une herbe fine & touffue, propre à engraisser les bestiaux. La mortalité de 1715 en fit périr pour plus d'un million & demi : même perte en 1746.

Dans les Paroisses de Suin, Verôvre & Dompierre, on trouve de l'espèce de cristal de roche. Je n'ai vu dans le Charolais que deux cabinets d'histoire naturelle : le premier, bien composé, au Château de Courcheval ; l'autre moins riche, chez le Curé de Viry. Mais pour l'honneur des Lettres, je dois dire que j'y ai trouvé plusieurs Bibliothèques bien fournies ; telles que celles des Seigneurs de Sevignon, de Saillant, de Fautrières, de Monceau ; celles du Curé de Viry, & surtout de Suin, où l'on voit quelques manuscrits & des éditions rares.

On trouve peu de monumens d'antiquités dans ce Pays, autrefois tout couvert de forêts. J'ai seulement remarqué au bas de Suin des traces d'une voie romaine qui tirait à Saint-Bonnet-de-Joux, & par les bois de Montcenis à Autun ; au sud par Baubry à Roanne, Rhodunna ; une autre branche par Beaujeu, Anse, Assa Paulini, & Lyon. On la suit à Notre-Dame d'Avena en Mâconnais à 4 lieues de Suin, dans la Paroisse de Montagni, où est une arche d'un vieux pont sur la Grône. Une autre route aboutissoit d'Autun à Digoin, Degonsium, par Toulon, Telonium, où l'on en voit encore des vertiges à 300 pas du Château de la Boulaye : près de Digoin est le Village d'Etrée, Strata via. Une branche de la voie publique de Tournus passoit à St. Gengoux, à Genouilli tirant à Autun.

On a recouvert des médailles anciennes à Charolles, à Cologne surtout, dont les décombres annoncent une habitation très ancienne, que Ladone, pag. 127, qualifie de Ville. On en a déterré à Suin, ainsi qu'une urne, de vieilles armes, une inscription sur une colonne brisée, qui semble annoncer que cet endroit était une station romaine.

On remarque que les plus anciennes foires se tenaient sur les montagnes à Suin, à Dondin, au Mont-Saint-Vincent, à Sainte-Colombe, Paroisse de St. Martin de Salancey, à Beuvrai. 3 Greniers à Sel établis à Charolles, à Parai, au Mont-Saint-Vincent, par Philippe le Hardi, confirmés par Jean son fils en 1415 ; & deux Chambres depuis à Toulon & à Perreci, de la Direction de Chalon. La Justice des Entrepôts de Sel est à Digoin.

ÉTATS

Le Charolais fut gouverné par des États particuliers dès la fin du XIVe siècle, après l'acquisition qu'en fit le Duc. Ils ont été réunis aux États Généraux du Duché en 1751, & Charolles s'est trouvée la 14e & dernière Ville de la grand'roue.

Les anciens États accordèrent 4000 liv. pour le mariage des deux Princesses de Bourgogne avec les Princes de Savoie & d'Autriche, en 1392 : les États de Bourgogne en donnèrent 40000, l'argent étant alors à 6 l. 5 sous le marc. Ils firent en 1486 un don gratuit au Comte de Charolais de 1000 liv. 1118 livres en 1493. Le Roi y avait deux Commissaires. Le jet en fut fait par Claude de Ganay pour Charoles, P. Quarré pour Parai, Hugues Lusseau pour le Mont-Saint-Vincent. On fit présent à N. du Fay, Commissaire & Lieutenant de Roi en Charolais, de huit vingt quinze francs, & de 2 poinçons de vin payés 16 liv. Les États accordèrent en 1518 à l'Archiduchesse, 1750 liv. Les comptes furent arrêtés, par Charles de Saillant, J. de Busseul, Antoine de St. Antost, J, de Thésut, Hugues Girard & Pierre Quarré ; en 1533 par Charles de Saillant, Cypierre & Rabutin de Balore pour la noblesse ; par Girard Dagoneau, Philippe Motin Elus de Charolles, François Boulery, P. Jayet Élus de Parai, François Lardery de Toulon. Charolles fut taxé à 8 l. 8 gros.

Louis XIII, par Lettres patentes de 1613, veut que les États s'assemblent en cette Ville, que ce soit le lieu du Bailliage & du Grenier à Sel. Les cinq Prieurs avaient droit d'y assister, ainsi que les Curés de Viry, de Vandenesse, de Marcigni, de Charolles.

J'ai extrait ces faits, d'un gros recueil in-fol. mss., fini en 1705, en 38 cayers de plus de mille pages, qui m'a été communiqué en Mars 1777 par M. le Curé de Changy, & qui appartient à M. Motin, curé de Baron. Ce manuscrit qui commence par la Description latine du Charolais, faite par Antoine Malteste en 1572, renferme plusieurs titres sur Charolles, l'établissement du Bailliage & toutes les pièces de la longue contestation entre les Officiers Royaux & ceux du Comté. Mr Quarré-Duplessis, Lieutenant Général du Bailliage d'Autun, posséde un volume in-fol. mss. original des délibérations de ces États du Charolais, depuis 1599 à 1609, intéressant pour les familles. On y voit souvent, ainsi que dans le premier mss., les Digoine, les La Guiche, les Ragni, Fautrières, Marcilli, La Sale du Bois, d'Essertaine, Moulins de la Cour, de la Morte, présider la Noblesse : les Quarté, de Ganay, Saint-Antost, Malteste, Saulnier, Dagoneau, Baudinot, Boyer, Desautels, &c., à la tête du Tiers-État. Ils tenaient leurs séances dans l'Auditoire du Bailliage, rétabli par ordre de Louis XIII, aux frais des États. Ils distinguoient, pour la recette, les Paroisses par cinq départemens, appellés Bâtis.

LIEUTENANS GÉNÉRAUX, RECEVEURS

Les Lieutenans Généraux pour le Roi en Charolais ont été depuis 1614, FRANÇOIS DE LA MAGDELEINE, Marquis de Ragni, jusqu'en 1633 : il avait été élu de la Noblesse en 1608.

François DAMAS, Baron de Thianges depuis 1633 à 1639.

FERDINAND DE LA BAUME, Marquis de Montrevel, jusqu'en 1642.

NICOLAS DE LA BAUME DE MONTREVEL lui succéda.

Ensuite le Comte DE MONTREVEL, décédé en 1715.

CHARLES-HENRI-GASPARD DE SAULX, Vicomte de Tavannes.

Le Duc de CHATILLON depuis 1723 à 1736.

HENRI-CHARLES DE SAULX, Comte de Tavannes, réunit la Charge de Lieutenant Général à celles des grands Bailliages de Bourgogne, en 1736.

Les États, pour raison de cette Charge, accordoient à chaque triennalité 3000 liv.

Les RECEVEURS du Charolais ont été, pour les années paires depuis 1636 à 1708, CLAUDE, NICOLAS & CLAUDE DE BRESSE.

ANDRÉ JOANNIN en 1708 seulement.

JACQUES PERRIN depuis 1710 à 1739.

Pour les années impaires, LOUIS DE LUCENAI depuis 1661 à 1675.

Étienne DAGONNEAU de 1677 à 1707.

JACQUES PERRIN en 1709 réunit les deux Charges.

ADRIEN-CLAUDE PERRIN lui succéda en 1745.

On observe que sous Henri IV, Charolles n'était imposé pour tout en 1600, qu'à 48 écus.

Les anciennes Maisons distinguées par les dignités, les alliances & les belles actions, sont celles de Digoine, de la Guiche, du Blé, Cypierre, Dyo, la Magdeleine, Rabutin, Damas, Fautrières, Cosan, Levis, Cusance, Montessus, Ganay, Thiard, &c.

ANCIENS LIEUX, CHÂTEAUX DÉTRUITS

Le Village & Château de Rabutin, en la Paroisse de Changi.

Le Village de Terre-Noire, où il y avait 40 maisons en 1460, n'en a pas une seule, en la Paroisse de Mornai.

Cologne, Colonia, offre partout des marques de sa destruction & de son antiquité, comme le dit Ladone, pag. 126 : Relliquia celebrus hue usque Colonia servat.

Dans la Paroisse de Mari, au nord sur la montagne, canton du Haut-bois, on trouve de larges tuiles & des ruines qui annoncent une habitation : en celle de Marcilli-la-Geurche, ancienne Chapelle de S. Firmin, détruite, aux environs de laquelle on a découvert 80 tombeaux cassés de pierre de grais : on voit dans un champ voisin beaucoup de décombres.

Bourgeuil, Fief à N. Febvre, Notaire au Mont-Saint-Vincent, où il n'y a plus qu'un domaine, avait huit Propriétaires en 1400 : Jean de Montfaulcon le possédait en 1430.

Availli, où étaient 25 feux en 1560, n'a plus que 4 domaines.

Les Châteaux anciens ruinés, sont Giverdey près Toulon, ceux de Busseul, Rabutin, Suin, Artus, Dondin, Sanvigne, Sauvement, Commune, Joux en la Paroisse de Saint-Bonnet, Saint-Aubin-lès-Charolles dont il ne subsiste plus qu'une tour, ainsi que de celui d'Avaise ; Comble, Paroisse de Suin ; la Salle, Beauregard, Verderet, en la Paroisse de Marizi ; Laugere, en celle de Genelard ; Verderat, à la queue de l'étang de ce nom. Le Château de Rossigniol dans les bois de Bragni ; celui d'Ocle, de Chide, de Gloriere, & autres cités ci-devant.

À l'étang de Côme-Loup était jadis une forge en la Paroisse de Palinge.

Le Prieuré de Gourdon, établi au VIIe siècle, y a disparu, ainsi que celui du Mont-Saint-Vincent. Les Méparts de Viry, Martigny-le-Comte, Nochize, Vandenesse, du Mont-Saint-Vincent, sont éteints.

On se sert en Charolais de bichetée de terre ; c'est l'espace qu'on ensemence d'un bichet ou 4 boisseaux : on ne compte pas autrement, & on n'y connait ni le journal, ni l'arpent.

Mais les bichetées sont différentes à cause de l'inégalité des mesures : le boisseau de Charolles est de 33 livres pour le seigle, celui de Parai de 25, de Saint-Bonnet 35, de Toulon 32, de Mont-Saint-Vincent 30, de Marcigni 20. On prétend que la bichetée de Parai est à peu près égale au journal de Bourgogne. Les domaines ou métairies s'appellent grangeries : la locaterie est l'habitation d'un manœuvre.

DESCRIPTION DE CHAROLLE ou CHAROLES

Cadrille, Kadrella, Qadrigella, Carolea, Caroleia, Ville Capitale du Charolais ; Par. voc. St. Nizier, dont l'Église fut unie à Cluni sous le Prieuré de la Magdeleine, en 1105, desservie par des Sociétaires, & érigée en Collégiale par Jean de la Magdeleine, Prieur de la Charité, en 1526. Elle fut composée d'un Primicier (1) Curé, d'un Sacristain, & de dix Chanoines (qui doivent être enfans du lieu), à 40 liv. de rente pour vivre à leur aise, dit le Fondateur.

(1) C'est le seul titre de cette espèce dans le Diocèse d'Autun. Il est tiré de l'ancien usage d'écrire les noms sur des tablettes de cire : celui qui était en tête, primus in cere, était appellé Primicier. C'est encore le nom donné au Chef de la Collégiale de St. Nizier à Lyon, à l'instar de laquelle J. de la Magdeleine fonda celle de Charolles.

La perte de leurs droits & revenus les a réduit à trois, à la nomination de M. Ragni d'Epiri, aussi Patron de la Cure.

Il serait facile & avantageux à une Capitale d'avoir un Chapitre comme autrefois, par l'union du Prieuré. Il est parlé de Barthelemi, Archiprêtre de Charolles, dans un titre de 1277. L'Archiprêtré est composé de 33 Paroisses.

LE PRIEURÉ DE LA MAGDELAINE fut fondé, selon quelques-uns, au Xe siècle, après la bataille gagnée sur les Normands ou les Hongres, dans les environs de Charolles, par Raoul, Roi de France, en 928. Mais le plus ancien titre ne place sa fondation qu'en 1005, temps où l'Évêque Norgaud confirma à Cluni, en faveur de ce Prieuré, la possession des Églises de ce canton, Voy. Gal. Chr. tom. IV, pag. 389. La Conventualité a été supprimée il y a 60 ans. Il est dommage qu'on laisse tomber en ruine le beau vaisseau de l'Église. La Chapelle de St. Nicolas paroît à quelques-uns avoir été l'ancienne Paroisse ; c'était plutôt une léproserie où l'on a trouvé de longs tombeaux de pierre & des ossemens d'hommes d'une taille très avantageuse, peut-être des premiers Bourguignons que Sidoine appellait septipèdes.

Religieux du Tiers-Ordre de S. François, dits Picpus, établis en 1620. Les Girard & Dagoneau ont été leurs principaux Bienfaicteurs. On y compose l'eau de vertu, assez connue dans la Province. Fr. Constance, habile sculpteur, a bien décoré leur Chapelle. F. Didier Rigaud, de Clermont, très adroit Artiste, surtout pour les instrumens de musique, de mathématiques & d'horlogerie. Les Picpus de Digoine ont été réunis à ceux de Charolles en 1774. Le Cardinal de Bouillon y fut exilé quelque temps par Louis XIV, & depuis à Parai.

CLAIRISTES OU URBANISTES mitigées, fondées par Marie de la Plantade de Bois-Franc, Abbesse du même Ordre à Clermont, des deniers de MM. Dagoneau, dont on voit les armes accolées de celles de Beleriant.

VISITANDINES sont une Colonie de celles d'Autun en 1637 : la première Supérieure fut N. de Pedigon, de Moulins.

Le COLLÈGE est ancien : la Ire place a été augmentée en 1732 par Claude Dagoneau de Terzé, de 350 liv. pour un Prêtre-Préfet. La Ville paie le reste. Trois Régens depuis 1776.

L'HÔPITAL de Ste. Agnès fondé par les Comtes au XIVe. siècle, rebâti en 1616, n'était d'abord qu'un Hospice pour les passans. On en fit un Hôpital en régle en 1688 autorisé par Lettres Patentes de 1693, desservi alors par trois Filles pieuses ; érigé en Hôpital général par Lettres Patentes de 1737, jouissant de tous les privilèges accordés aux Hôpitaux généraux ; administré par le Lieutenant Général, le Procureur du Roi, le Maire, le Primicier, le Ier. Echevin & 2 Notables. Les 10 Sœurs, dont on ne peut trop louer le zèle, la charité & le désintéressement, ne sont point à la charge des pauvres ; elles vivent & s'entretiennent de leur patrimoine. Le Bureau ne leur fournit que le logement. Elles ont un spécifique contre la teigne ou râche qu'elles administrent à tous ceux qui se présentent. Il ne se passe point d'années qu'elles n'en guérissent 8 à 10 radicalement. Elles ont aussi un remède contre la rage, constaté à l'occasion des ravages d'un loup enragé, qui passa en Mâconnais & en Charolais le 9 Décembre 1775, sur 10 personnes, dont 8 sont en parfaite santé. On travaille à un mémoire détaillé sur cet événement, pour en instruire le public.

Parmi les Bienfaiteurs de l'Hôpital, on distingue les trois premières Sœurs ; Thomas de Lucenai, Curé de Marcilli; Jacqueline de Lucenai, Louise Motin, Louise Raquet de Liman ; Claude Saulnier, Chanoine d'Autun ; Jean Perrin, Avocat, bisaieul de Mr. Perrin de Cypierre, Intendant d'Orléans, inhumé dans la Chapelle en 1694 : son testament, par lequel il léguoit 3000 liv. s'étant trouvé nul, Françoise Saulnier sa veuve & ses enfans l'exécutèrent. Joseph Pain son fils, Chanoine d'Autun , augmenta même le legs de 600 liv. en 1697, fonda une place de 2600 liv. pour une Sœur, & donna 8000 livres, à la charge de distribuer 30 liv. par an aux pauvres de Lugny, 30 à ceux de Marcilli, 30 à ceux de Charolles, & 6 chars de bois aux prisonniers : Jeanne-Marie Baladille, veuve de N. du Bec, fonda pour 3000 liv. la place d'une Sœur, & mourut sous l'habit en 1725.

Mais ceux qui ont fait le plus de bien, sont les Dagoneau ; Étienne Dagoneau & Marguerite Rosselin sa femme, firent rebâtir la salle en 1616, & Dagoneau de Jucheau donna 5000 liv. en 1708 : son fils du même nom, Conseiller au Parlement, 1300 liv. Antoine Dagoneau, Archidiacre de Beaune, mort en 1774, insigne bienfaicteur ; Catherine Dagoneau de Macholes sa sœur, a laissé 2600 liv. Claude Dagonneau de Terzé, St. Prêtre inhumé à l'Hôpital en 1739, a légué deux bons domaines. N. des Autels, veuve de J. du Verdier ; le Marquis de Levis, sa mère Françoise de Saint-George, N. de Moleron, N. de Moulin, Franç. Quarré Grand-Vicaire d'Autun, Charles Quarré Primicier, l'Abbé Joseph d'Amanzé, la veuve Molar, la famille Pezerat, &c. Beatus qui intelligit super egenum ! Le Chapelain Directeur a été fondé par les Dagoneau.

CHAROLLES, situé dans un vallon fort serré, sur deux rivières, l'Arconce & la Semence qui l'environnent, n'a aucun monument qui atteste son antiquité : on a seulement trouvé dans les environs des médailles romaines. J'en ai vu une en argent d'Adrien entre les mains de M. Girard, Préfet du Collège ; ce qui annoncerait le séjour des Romains en ce pays : mais aucun auteur n'en parle avant le IXe siècle. Les Comtes y bâtirent une forteresse, souvent prise & reprise durant les guerres du temps de nos premiers Ducs, sous Louis XI, & pendant les troubles de la ligue, & presqu'en ruine aujourd'hui. Nic. Bernigaud de Cercy l'a acquise du Roi, & y a construit une jolie maison qui domine sur la Ville. La Chapelle dédiée à S. Pierre sert de Grenier à Sel. Au sud agréable promenade, appellée le pré de St. Nicolas à cause d'une ancienne Chapelle dédiée à ce Saint, & où serpente la rivière. Belle écluse pour contenir les eaux qui fournissent les moulins du Comte, & sur laquelle on se promene.

La Ville, séjour des Comtes, Siège des États du Pays, reçut ses franchises & privilèges, en 1301, de Robert Comte de Cler-...

(Manquent pages 38-39)

... de Charolais & de la Baronnie du Mont-St.-Vincent, & les a réunies au Bailliage anciennement établi à Charolles pour connoître des cas royaux dans l'étendue de ces Seigneuries. Le Roi conserve la Châtellenie, devenue royale par la réunion du Mont-Saint-Vincent à son Domaine, dont les appellations relèveront au Bailliage. Sa Majesté érige quatre Offices de Conseillers & un Avocat du Roi, réunit l'Office de Lieutenant Criminel à celui de Lieutenant Général : ainsi le Siège est composé d'un Grand Bailli d'Épée (Étienne Deprez, Seigneur de Crassier, Chevalier de l'Ordre Militaire de St. Louis), un Lieutenant Général Civil & Criminel, un Lieutenant Particulier Civil Assesseur Criminel, 4 Conseillers, un Procureur, un Avocat du Roi, un Greffier, un Receveur des Consignations, un Commissaire aux Saisies réelles, douze Procureurs, deux Huissiers Audienciers & quatre autres Huissiers.

Les Conroy, de Ganay, Boulleri, Quarré, Malteste, Baudinot, Rymon, Girard, Dagoneau, Pezerat, &c. ont été Lieutenans Généraux : c'est aujourd'hui Louis Archambaud-Palamède Baudinot. Jean de Gouvenin fut nommé par Henri IV en 1596. La Jurisdiction royale, pendant les troubles, se retira à Bourbon-Lanci, & fut rétablie à Charolles en 1595, par Arrêt du Parlement.

Cette Ville perdit la moitié de ses Habitans durant la famine de 1531. De 986 Communians en 1709, il n'en resta que 600 : actuellement 1500 & environ 400 feux, compris les Hameaux & Métairies qui dépendent de la Paroisse ; savoir, la Foi-Franche, les Pacauds, les Garneaux, Perche, Garodaine, Biré, le Fourneau, Prêtin, Ouze, Maupré. En 1679 il y avait 245 Habitans imposables, & 317 en 1751, avec 16 Avocats, 5 Tanneurs, & 91 Artisans dont 13 Tisserands.

Les différentes routes percées par les États en 1752, ont augmenté le commerce & la population ; il en part quatre de Charolles, une pour le Beaujolais par la Clayte, une pour Chalon & Beaune par Joncy & Givry, dont une branche pour Mâcon, une pour Parai, une pour Semur par Marcigni : celle de Charolles à Toulon par Perreci est tracée. 11 foires très fréquentées, surtout par le bétail. Les deux anciennes foires ne se tenaient que pour les porcs en 1530. Entrepôt des vins du Charolais, Mâconnais, Beaujolais pour le port de Digoin sur Loire. Commerce en bled, en bœufs gras qui se vendent aux Lyonnais, quelquefois aux Parisiens. Forge & Fourneau sur l'Arconce à Pretin. La mine est bonne. Carrière de pierres de taille jaunes, dites pierres de chaume.

HOMMES ILLUSTRES

JEAN DE GANAY, descendant de Guichard de Ganay, Juge du Charolais, Conseiller du Duc en 1423, fils de Guillaume de Ganay, Seigneur de la Tour de Savigny, accompagna Charles VIII au Royaume de Naples, dont il fut Chancelier, ensuite Ier Président du Parlement de Paris, & Chancelier de France en 1507, mort à Blois en 1512, & inhumé à Paris en sa Chapelle de St. Merri qu'il avait fondée. On y voit son mausolée & son nom au bas d'un tableau en mosaïque, représentant la Vierge, où il est écrit : Dominus Joan. de Ganay ... adduxit de Italia Parisium hoc opus mosaicum. Il ne laissa point d'enfans de Jeanne Boislêve son épouse. Germain de Ganay son frère, Conseiller-Clerc au Parlement en 1485, mourut Évêque d'Orléans en 1520.

JEAN DE LA MAGDELAINE DE RAGNI d'une ancienne Maison, né à Charolles, fut Grand Prieur de Cluni, Élu même Abbé en 1518 ; mais pour le bien de la paix se départit de son élection en faveur d'Aimard de Gouffier de Boissi, par ordre de François I, fut depuis Abbé de St. Rigaud, Prieur de la Charité, de Charlieu & de la Magdelaine, Vicaire Général du Cardinal Jean de Lorraine en 1529. C'est de ce riche Bénéficier mort en 1537, que St. Julien de Baleure dit ce mot :

Souvent tête rafi
Rétablit la café.

C'était un homme plein de science & de mérite, au rapport d'Ant. Malteste. On lit à l'Église de Nizier, dont il a fondé la Collégiale, huit vers dont voici les deux premiers :

Magdalea gentis prisca de gente Joannes
Sumptibus hoc magnis nobile struxit opus.


Un de ses ancêtres, J. de la Magdelaine a fondé à l'Autel de la Croix de la Paroisse, une lampe perpétuelle pour 32 s. & 2 bichets de chenevi en 1390. Thomas de la Magdelaine était Bailli du Charolais en 1275.

PIERRE SAULNIER, habile Prédicateur ; de Moine & Prieur claustral de Charlieu, devint Évêque d'Autun en 1588. Il fut d'abord ligueur ; mais ayant ouvert les yeux à la justice & à la vérité, il fut obligé de sortir d'Autun où la ligue dominait, & se retira en son Château de Lucenai ; fut depuis Élu du Clergé aux États en 1596, Conseiller d'État en 1608, & mourut en 1612. Son cachet, très simple, est entre les mains de M. le Maire du Mont-Saint-Vincent.

CLAUDE SAULNIER son petit-neveu, Chanoine d'Autun où il mourut en 1697, fit imprimer l'Autun Chrétien in-4°. 1686. Il y fait paroître peu de goût & de critique, & beaucoup de crédulité : il écrivoit cependant sous Louis XIV. Il fut inhumé auprès de son oncle Fr. Saulnier, Chanoine & Prévôt de Suffey. Gilbert Saulnier était Procureur Général au Comté en 1501. Nic. Saulnier, Châtelain de Charolles & Garde-Scel, 1551.

GUILLAUME DES AUTELS, Gentilhomme, Poète françois & latin, né à Charolles, non à Montcenis, comme ledit Niceron après la Croix du Maine, parent de Pontus de Thiard, mort vers 1580. Sa vie a été écrite parmi celle des Poètes françois, par Colletet. L'Abbé Papillon donne une longue liste de ses Ouvrages, maintenant oubliés. Sa famille subsiste encore.

LÉONARD DE LA VILLE, habile Maître d'École, né à Charolles, vivoit sous Charles IX. L'Abbé Papillon cite quatre Ouvrages de sa façon, imprimés en 1567 ; c'est tout ce qu'on en sait.

PIERRE DE LA GRANGE OU GRANDJEAN, Avocat du Roi au Bailliage de Charolles, a composé deux Ouvrages latins sur le Droit : le second qui parut in-8° Lyon, 1585, est dédié au Parlement de Dijon. Dans son Épitre dédicatoire, l'Auteur dit qu'il vient d'achever un Traité sur les contrats & les testamens, en 2 vol. ; Mais ces Ouvrages sont perdus. Il était en si grande réputation de science & de probité, qu'on le consultait à Charolles depuis Dijon, où jadis il avait brillé au Barreau. Il était en commerce de lettres avec Jacques Guijon, Lieutenant Criminel à Autun. Il ne laissa qu'une fille, morte à l'âge de 103 ans, mariée à N. Bertrand, Bourgeois, dont les descendans conservent le portrait de cet habile Jurisconsulte.

NICOLAS GUINET, Professeur en Droit à Pont-à-Mousson en 1608, Auteur de plusieurs Ouvrages & d'un Panégyrique de Charles III, Duc de Lorraine.

EMMANUEL-PHILIBERT DE RYMON, Lieutenant Général du Comté du Charolais en 1606, sur la résignation de Cl. de Ganay mort en 1627, après avoir remis son Office à Jacques Quarré en 1614, a composé deux Traités estimés sur la Jurisdiction royale, & les droits de souveraineté du Roi dont nous avons parlé, in-8°. 1619. L'Abbé Gouget traite Rymon d'homme d'esprit, & qui cultivoit les Lettres avec soin.

CLAUDE DE LA BELIÈRE, Sieur de la Niole, Aumônier du Roi, a fait imprimer en 1664 la Physionomie raisonnée.

Dom FRANÇOIS PERNOT, Bibliothécaire de Saint-Martin-des-Champs, né à Poisson, mais originaire de Charolles, mort en 1768. Il fut regretté comme un bon Religieux & un Savant. Il a laissé de très bons & amples Mémoires sur les annales de l'Ordre de Cluni. Sa partie dominante était la connaissance des anciennes chartes. On a de lui une collection qui comprend plus de 200 portefeuilles in-fol. Chacun regarde une ou deux Provinces du Royaume depuis le XIIIe siècle. Il serait à souhaiter qu'on connût ici les pièces concernant la Bourgogne, car l'Auteur n'aura pas oublié sa Patrie. Si MM. les Élus voulaient me donner l'ordre de les examiner, je me chargerais volontiers de cette commission, utile à la Patrie & à mon Ouvrage. Voy. l'éloge de D. Pernot, par l'Abbé Carlier, au Journal de Verdun, Juillet 1768. Il a un neveu Avocat à Charolles.

JEAN-BAP. GEOFFROY, né à Charolles en 1704, Professeur de Rhétorique au Collège de Louis-le-Grand pendant 20 ans, vit retiré à Semur en Brionnais. Nous avons de lui plusieurs harangues latines imprimées, dont celle de l'Amour de la Patrie, prononcée en 1744, traduite en français par un de ses Ecoliers (M. de Puligneux, auj. Ier Président à Montauban), fut fort goûtée, ainsi que celle sur le rang qu'on doit donner à l'Homme de Lettres parmi les Citoyens, en 1756. Son Plaidoyer français sur la prise de Port-Mahon, lui fit beaucoup d'honneur. Cet Auteur septuagénaire fait encore les délices de la société.

Les anciennes familles sont les de Ganay dont un Chancelier de France ; Saulnier, des Autels, Motin, Quarré, Dagoneau, Beleriant, dont un Conseiller au Parlement en 1526 ; Baudinot de Selore, aussi Conseiller en 1641, trois fois Maire de Dijon ; les de Saint-Antôt, dont Nicolas, Seigneur de Corcelles, était Juge & Garde-Scel du Charolais en 1509, Maître des Requêtes de l'Archiduchesse Marguerite, en 1513 ; fit la convocation du ban & arrière-ban de tous les Vassaux du Roi, en 1523. Son fils Antoine Seigneur de Mazoncle, Conseiller à Dijon, en 1540, devint Ier Président du Parlement de Rouen. Cette famille paroît originaire de Montcenis.

Les armoiries de la Ville sont de gueules, au lion, la tête contournée d'or, armé & lampassé d'azur.

À 2 lieues de Parai, 4 de Marcigni, 12 de Chalon, 12 d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 25' 31". L. 1° 57' 28".

BAILLIAGE DE CHAROLLES

Les lieux qu'on va décrire, sont de la Recette, Subdélégation, Archiprêtré de Charolles, du Diocèse d'Autun, à l'exception de quelques-uns de celui de Chalon ou de Mâcon qu'on indiquera, avec les différens Archiprêtrés autres que celui de Charolles : on n'indiquera plus les longitudes & latitudes que des principaux endroits, pour ne pas alonger. On prie d'observer que la longueur se prend du méridien de Paris.

AUTEFOND

Altus Fons, Par. voc. St. Martin ; Collateur l'Évêque d'Autun ; le clocher & partie du Village sont de la Justice de Lugni : le reste dépend de celle de Parai.

37 feux, 220 Commun. Les dépend. sont Boyer, avec Tuilerie, à M. Thouvant, Gouverneur de Parai : la rue Mazoncle qu'Expilli défigure par Mausonée. Tuilerie près du grand chemin. Belle carrière de pierre rouge, veinée de noir ; on en tire pour les cheminées, les Autels. J. de Cypierre, en prenant l'habit de Religieux à Marcigni en 1103, donne au Prieuré le meix de Cassanole en la Paroisse d'Autefond.

Pays sauvage, dans les bois, entre Nochize, Lugni, Parai & Chanleci.

À 1 lieue ¼ de Charolles, ¼ de Parai, 14 d'Autun.

BALORE

Balora, Par. voc. S. Denis ; Patr. l'Abbesse de St. Jean d'Autun. Marie de Balore, fille de Philippe, dernière de sa Maison, porta cette Terre à Jean de Rabutin d'Epiri, son époux, en 1366. Bénigne Rabutin, Baron de Chantal, père de Made. de Sévigné, en descendait. Cyprien de Rabutin, Seigneur, en 1494 ; Louis sur lequel la Terre fut confisquée en 1578, & adjugée à Léonore Chabot Charni. Sa veuve déclara que les titres avaient été pillés ou brûlés par les Reîtres en 1576. Melchior de Montessus, Seigneur, en 1598 ; aujourd. N. Bernard de Rully. 4 Seigneurs sont inhumés en l'Église ; Jean de Balore, en 1212 ; Gui Suido, en 1311 ; Christine de Rabutin, en 1493 ; Marie d'Estainville, en 1526 ; Cyprien de Rabutin, en 1543 ; Cassien de Balore était Capitaine de Bourbon, en 1544. Dépend. Augy, les Claux, la Vernette, Euruge, Chintry, Savry, Viaudet, Pallot, la Franchise de la Corvée, Vaugaud : Balore n'a que 3 maisons & le Château. Le domaine Vestis ou Vêtus, du nom d'une ancienne famille Vêtus qui le possédait dès 1466, selon une Sentence du Bailli de Mâcon, a été déclaré main-mortable, par Arrêt de 1773.

En tout 40 f. (31 Hab. impos. en 1751).

À 3 l. du Mont-Saint-Vincent, & 3 de Charolles.

BARON

Barum, Baronum, Par. voc. St. Nizier ; Patron l'Abbé de Cluni, Seignr. en partie, & l'autre partie avec le clocher dépendent de Chanleci. Guille Gaulois reprit de fief du Château de Baron, en 1367. Environ 250 Com. Pierre-Amassée, altern. avec Grand-Vaux, Lavela, Chamoges, Plomb, Fief au Seigneur de Champvigy, Barnot, Pringues & autres dom. En tout 66 f. 51 Hab. impos. en 1751, 46 en 1670. Le Comte Eccard donna en 850 au Prieuré de Perreci un meix avec prés, vignes, & un bois à Baron & à Plomb. Dans le finage sont les plaines de Silla. M. Motin, Curé, possède un Recueil in.-fol. de 37 cayers sur le Charolais : monument précieux pour les familles.

À 1 l. ¼ de Charolles.

BAUBERY OU BAUBRY

Balberiacum, Par. voc. la Vierge (15 Août) à la collation de l'Évêque d'Autun, Archiprêtré du Bois-Ste-Marie. L'Église fut pillée par l'Amiral de Coligni, & le Village incendié en 1569 : Seigneur, Louis-Marie de Fautrières, filleul de Louis XV & de la Reine, Chevalier de S. Louis, ancien Capitaine de Cavalerie.

Terrain graveleux, rougeâtre & stérile, couvert de taillis en plusieurs endroits. Les navets sont renommés. 2 moulins. 530 Com. 109 Habit. impos. en 1751, 172 en 1679.

Dépend. Quiertz avec moulin & étang consid. aux Clunistes, & Motte entourée de fossés ; Vesvre, Givry, Charnoi, Chapandi, Carette, la Roiche, Courcheval ; anc. Chât. possédé depuis 1230 par les Fautrières : (V. ce Village ci-après). Il suffit de dire ici que le Seigneur actuel a composé un Cabinet d'histoire naturelle, le plus curieux & le plus complet que je connaisse en Bourgogne, après celui d'Agey. La collection de 200 oiseaux du pays & des rives de la Loire, est fort agréable, ainsi que celle des oiseaux étrangers & des poissons des 2 Mers. J'y ai vu 7 plants de bled qui ont produit, l'un 37 épis, un autre 52, un 44. Un seul grain a donné 2640 grains ; ils ont été recueillis dans une terre préparée très simplement, dont on espère, pour l'avantage du pays, que M. de Fautrières voudra bien indiquer la méthode.

Débris de la forteresse d'Artus, dont on ne voit plus que deux pans de murailles, appellées les cornes d'Artus. J. de Chansery en était Capitaine en 1520. La Châtellenie, dont le terrier est de 1444, signée de Thesiaco, a été unie à celle de Charolles. Artus a donné le nom à d'anciens Seigneurs ; Louis d'Artus, Seigneur de Courcheval en 1483, paroît être le dernier de sa Maison, n'ayant point eu d'enfans de sa femme, Louise de Rochefort qui se remaria à Louis Chou, d'où Louise Chou, femme de Franç. Digoine du Palais.

Anc. Chât. de la Salle détruit, à ¼ de l. de Baubry : on en trouve des reprises de fief en 1366 & 1386.

À 2 lieues de Charolles.

BRAGNY

Braniacum, Par. voc. St. Martin, Archip. de Perreci, Patronage du Prieur de Bragny ; le clocher & partie de la Paroisse sont de sa Justice ; le reste dépend des Justices de Perreci, Chassy & Clessy. Marie de Levis Cousan, sœur du Cardinal d'Arles, Dame de Bragny, avait épousé Guillaume Rolin, fils du Chancelier, Seigneur de Beauchamp ; leur fille Marguerite fut mariée à Gaspard de Talaru de Chalmazel en 1493 , dont deux fils. Anc. Prieuré de Bénéd. Dépend. de St. Martin d'Autun, fondé, dit-on, par le Roi Raoul : du moins on voit par sa charte de 929 qu'il confirme à cette Abbaye la possession de Bragny. (Gal. Chr., tom. IV, pag. 71, pr.) Le Prieur avait droit d'être élu du Clergé aux États du Charolais. Ce Prieuré était de la garde du Comté & Baronnie du Charolais, auquel il devoit 7 liv. mon. forte, de Cluni, payables au Prévôt de Charolles en 1232 : le Duc Hugues céda ces 7 liv. à l'Abbé de St. Martin en 1244. « Les hommes du Monastere demeurans au cimetiere, ou la cloison de Bragny, iront en l'armée du Comte de Chalon ; les autres, hors de la cloison, n'iront point, sinon quand il y aura clameur, & que tout le Comté ira. Le Prieur est tenu une fois de fournir tout le charroi de sa Terre pour la conduite des vins du Comté, & non hors le Comté. La Justice reste au Prieur, fors 4 cas. » (Titre de 1232).

58 feux, 48 en 1750 : de 300 Comm. en 1709, il n'en resta que 19. Dép. Meunot, Fief à M. Mayneaud de Bisefranc ; Boulai, les Sauvages, Eterne, Chez Jean Dérasse, la Grenouilliere, Champeau, Usigni, la Rosiere, 3 Rentes nobles en moyenne & basse Justice, que le Chapitre de la Prée-sous-Bourbon vendit à Paul Damas de Clessy, qui les remit en 1629 pour 450 liv. à Pierre Desclaux, Bourgeois de Parai, de qui Antoine de la Baille, Secrétaire du Roi, les acquit : Gregaine, Maréchal, les Potains & Chevasot, tous situés à mi-côte. Des deux côtés de l'Oudrache, au milieu des bois du Seigneur au nord, sont les fossés de l'ancien Château du Rossignol, dont la place porte le nom. Il en est parlé dans de vieux titres qui font mention de 3 Seigneurs. Bonne carrière. 3 moulins.

À 2 lieues de Parai, 1 ½ de Precy, 2 ½ de Charolles.

Lat. 46° 30' 8". L. 1° 48' 8".

BUSSEUL

Buxolium, Par. voc. St. Maurice, à la collat. de l'Évêque d'Autun ; Seigneur M. de Vauban, qui a son Château à Moulins sur l'Arconce. 8 f. à Busseul, où Expilly en met 190. 70 Commun. Tuilerie. Le Chât. des anc. Seigneurs du nom de Busseul, est si ruiné, que son emplacement sur une motte est en terres labourables, environnées de fossés. Chapelle rur. de N. D. au bas du Presbytère, qui était l'ancienne Église Paroissiale avec 2 Chapelains réduits à 1, fondée en 1427 par Jacques de Busseul, Seigneur de Moulins, Ier. Maître d'Hôtel du Duc. Anc. Chapelle de St. George-de-l'Isle au delà de l'Arconce. Artaud de Busseul signe en 1110 une charte pour Cluni. Girard, Bienfaiteur de cette Abbaye où il fut inhumé. Hugues fit des dons au Pr. de Marcigni en 1160, & se fit Moine à Cluni. Godin, Chevalier, Seigneur de Saint-Sernain, en 1287. Jean , Gouverneur de Montcenis, 1382. Jean, Capitaine du Château de Sanvigne, en 1401, Bailli d'Autun en 1420. Charles, Chevalier des Ordres, Bailli de Mâcon. Claude de la Cour était Seigr. de Moulins en 1560.

Busseul sur une éminence à 2 lieues ½ de Charolles, 14 d'Autun, 3 de Marcigni.

CÉE OU SEEZ-SUR-LOIRE

Villa Cisa, Par. voc. St. Denis, à la coll. de l'Évêque d'Autun, Arch. de Pierre-Fite ; Seigr. M. Paris de Brunois pour le clocher & la partie du Bourbonnais, & l'Abbé de Cluni, Prieur de Parai pour celle du Charolais. Les Moines ont desservi ce Bénéfice.

Une des cloches fut achetée par le Curé vers 1656, de Soldats qui l'avaient enlevée en Franche-Comté, & la transportoient sur la Loire. Par un titre du XVIe. siècle, la Meunière doit le jour de S. Laurent un dîner au Curé, à ses Valets, à ses chiens, & son oiseau de proie. Vulfrade donne ses fonds de Cée au Prieur de Perreci en 890. La branche de la voie romaine d'Avrilly passoit à Cée, ensuite à Etrée, Via Strata. Christine, Reine de Suéde, au retour de Fontainebleau coucha dans ce Village, d'où l'on a une belle vue.

55 f. dont 20 en Bourgogne. 220 Comm. 2 ports, à Becheron & à la Baume-Morouin. Chap. rurale de Ste. Magdeleine, fondée à Givardon. 1 moulin. 2 Ham. en Charolais. 20 Domaines dans la partie du Bourbonnais. L'Église, ainsi que le Presbytère, arbitrairement du Charolais. Grenier à Sel de Parai, & à 2 lieues, 4 de Charolles, 1 ¼ de Digoin, 13 ¼ d'Autun, 22 de Dijon.

Lat. 46° 23' 33". L. 1° 38' 40".

CHAMPVENT OU CHANVENT

Campus a ventis, Par. voc. S. Symphorien ; Patr. le Prieur de Saint-Sernin-des-Bois, relevant de Dondin. Seigr. le Roi. Pierre de Massi, Seigr. de la Maison-forte de Champvent en 1372 ; Guillaume de Corgeron & de Chaumont l'acheta de J. de Virizet en 1404. Elle était encore en 1433 tenable, spacieuse, & défendable contre les ennemis du Duc qui couroient le pays, & Gir. de la Guiche fit décider que les Habitans de Chintri y devoient guet & garde. 600 Comm. avec les dépendances. Chintri, triennal avec Mornay & Balore. Mont-de-Mard & Crose, 1 an de la Paroisse & 2 de Saint-Bonnet : Vaux & la Troche altern. avec Saint-Bonnet. Les Janniots ou Janneaux de 3 f. & l'Abergement de 2, altern. avec St. Martin de Salency ; Chanvenot, Seigne. du Baille. de Mâcon ; Grizelis ou Grivegris, Chatelard, Chassignole : Louis de Glorienne, Sgr. en 1470. La Forêt 10 f. Ce Fief fut saisi par Jocerand de Cirey, Bailli du Charolais en 1401, « à cause des torts & violences faites par les Officiers de la Dame de la Guiche. Quatre-vents 1 f. Pierre-Champ : Marguerite Choux de Fautrieres reconnoît tenir en Fief de Gui de Chaumont ses fonds à Pierre-Champ & à Champvent, en 1329. On voit Guillemette de Pierre-Champ en 1346. Monceau 2 feux, la Treche 2, Bruere 1, le Breuil 4, Basseret 4, Vaux 5 ; Petitjean, l'Abergement partie en Charolais, partie en Mâconnais ; Chintri, Chanvenot, les Rebas, les Janniots sont de la Recette de Semur en Brionn. Grenier à Sel de Charolles ou du Mont-St.-Vincent : tous ces Hameaux ne sont presque composés que de cabanes. Pays pauvre, dans un bas, sur l'Arconce. Bois. Terre à seigle, pommes de terre. Tuilerie & four à chaux au bas de Chaumont, près de l'étang. 3 moulins. 7 à 8 étangs. Châtillon, Fief à M. de Gouvenin.

À 3 l. de Charolles, 3 du Mont-Saint-Vincent, 9 de Mâcon, 10 d'Autun.

LA GUICHE

Guichia, du Bailliage de Mâcon, étant de la Paroisse de Champvent, de la Recette de Semur, on en parlera ici. C'est un Village de 46 feux, compris Velle. Couvent de Minimes fondé en 1614 par Antoinette d'Aillon du Lude, veuve de Philibert de la Guiche, mère de Henriette de la Guiche, épouse de Louis d'Angoulême, dernier des Valois, dont on voit le beau mausolée en marbre blanc fait à Gènes ; sa figure frappante par le naturel, annonce un homme gros & court. Il mourut à Paris le 13 Nov. 1643. Il était fils de Charles d'Angoulême & de Charlotte de Montmorenci, Colonel Général de la Cavalerie légère, Gouverneur de Provence, également célèbre, dit son épitaphe, sous les titres de Comte d'Alais & de Duc d'Angoulême. À côté est le monument de Pierre de la Guiche qui se distingua par son mérite & ses exploits sous 4 Rois, laissa 7 fils & 3 filles à sa mort arrivée en 1543 à 90 ans, inhumé en cette Église, où il avait construit sa Chapelle.

On remarque à la Bibliothèque des Minimes de précieux manuscrits ; entr'autres, la Cité de Dieu, de Saint Augustin, traduite par Raoul de Presles pour le Roi Charles V, en deux gros volumes in-folio bien reliés ; le Roman de Lancelot du Lac grand in-fol. avec vignettes ; la Toison d'Or, par Guillaume de Tournai, Abbé de Saint Bertin, Chancelier de l'Ordre, 2 vol. in-f°. dédiés au Duc Charles, 1468 ; la Légende dorée, de Voragine, translatée en français par ordre de Made. Jehanne de Bourgogne, Reine de France, en 3 vol. in-fol. de vélin superbe, ornés de belles vignettes ; ce livre appartenait à Antoine de Chabanne, Seigr. I de la Palice : Chroniques de France, 3 gros vol. in-fol. aussi en beau vélin : Mémoires de Tavanes, en 2 vol. in-fol.

Le vieux Château ruiné pendant la Ligue, a donné le nom à des Seigneurs illustres dans notre Histoire. Leur cri de guerre était, au plus haut ; emblème relatif à la situation élevée du Donjon. Renaud reprit de fief de sa Maison-forte en 1209. Hydran fit hommage au Duc de sa Terre, excepté de sa forteresse qui ne relevoit de personne ; Josserand cependant en fit hommage en 1327. Elle fut escaladée & pillée en 1379 par Hugues de Grantson, parce que J. de la Guiche avait pris le parti de Jacq. de Vergy & de Guille de Covignon ses ennemis, & qu'ainsi Grantson lui avait fait justement la guerre, suivant la coutume du Charolais. Le procès fut porté devant le Duc, qui ordonna provision à la Guiche, & défendit à Grantson de sortir de Dijon jusqu'à ce qu'il eût satisfait l'offensé ; Le Chancelier Nicolas de Tolon condamna l'agresseur à 1500 l. de restitution & à 1000 l. de dépens ; ce qui fut confirmé par Arrêt du Parlem. de Paris, qui condamna Grantson à 1000 liv. d'amende au Roi, en 1381.

Marie de l'Epinasse de la Guiche se plaint au Duc en 1406, « de ce qu'on mettait en ses Terres des mangeurs, batours, garnison, quoiqu'elle fût prête de subir jurisdiction devant le Bailli. »

Girard de la Guiche acquit des Corgenon & des Toulongeon la moitié de la Terre de Chaumont & de Sigy, dont sa mère avait acheté l'autre. À la revue de Beauvais, en 1417, il avait dans sa Compagnie 3 Chevaliers Bacheliers, 158 Ecuyers, 2 Trompettes & 2 Ménétriers.

Claude, son fils, ayant pris le parti de Marie de Bourgogne, fut détenu un an prisonnier à Blois ; son Château fut pillé & saccagé pour la 2e fois, avec dispersion des titres, en 1478. Pierre son héritier, dont on a parlé plus haut, s'attacha à Charles VIII qu'il suivit à Naples, fut Ambassadeur de Louis XII, & Bailli de Mâcon.

Claude son fils, Évêque de Mirepoix, fut Ambassadeur du Roi au Concile de Trente, ensuite à Rome où il mourut en 1555, emportant les regrets de tous les gens de bien. Gabriel de la Guiche, Bailli de Mâcon, empêcha l'exécution de la S. Barthelemi dans le Mâconnais, & doit être ajouté au petit nombre des Gouverneurs amis de l'humanité, qui n'exécutèrent point les ordres cruels de Charles IX. C'est étonnant que le Président Hénault l'ait oublié.

Son fils Philibert de la Guiche, Grand-Maître de l'Artillerie de France en 1578, Seigr. de Chaumont, mort à Lyon en 1607, était si attaché à Henri III, que ce Prince disoit : si j'étois la Guiche, si la Guiche était Roi, je serois sur d'être aussi aimé de lui qu'il l'est de moi. Ayant fait la grande porte de l'Arsenal en face du quai des Célestins, il y mit cette belle inscription qui pouvoit faire allusion aux complots de la Ligue :

Etna hec Henrico vulcania tela ministrat, Tela giganteos debellatura farores. Phil. de la Guiche, G. M. de l'Art. de Fr, M. D. LXXXIV.

Il ne fut pas moins aimé de Henri IV, & contribua à l'heureux succès des batailles d'Arc & d'Ivry.

Quand une Ville assiégée a laissé tirer le canon, & qu'elle est obligée de se rendre, toutes ses cloches appartiennent au Grand-Maître de l'Artillerie, & les Habitans sont obligés de les racheter par une somme d'argent ; la Guiche la donnait à la veuve ou à la fille de l'Officier qui avait été tué le premier au siège.

J. Fr. de la Guiche, Comte de la Palice, Seignr. de Saint-Geran, reçut le Bâton de Maréchal de France en 1619, & mourut à la Palice en 1632, âgé de 63 ans. Cette branche a fini en une Religieuse du Val-de-Grace, morte en 1775. Jean de la Guiche, Lieut. Gén. des Armées, père de Charles-Amable, Marquis de la Guiche actuel, était Commandant en Bourgogne en 1763, mort à Paris en 1769.

CHANGY

Par. voc. S. Paul ; Patr. le Chapitre de S. Paul de Lyon ; Seigr. M. le Comte de Levis, Baron du Lugny, Colonel du Régiment de Picardie.

Chapelle de St. André, fondée en 1382 par Jean de Blois, Curé de Changy, & Chanoine de Mâcon.

76 f. 340 Comm. (280 en 1750) avec les dépend. Montessus, Chât. & Seigneurie au Marquis de Rully, fut porté dans sa famille par le mariage de Jeanne Sarrazin avec Edme Bernard, de Montcenis, en 1420 : cependant on voit au contrat de mariage de Philippe de Bazas de Montot & de Jeanne de l'Epinasse, fait au Château du Terreau en 1483, pour témoins, Louis d'Artus & Jean Sarrazin, Ecuyer, Seigr. de Montessus. Vilaines, Fief à M. Dagoneau des Barzes : les Huguenots y avaient un prêche où le Ministre Viridey baptisoit les enfans de Parai en 1646. Ouze, Fief à M. Mayneau de Collanges. Epinacy, ou Espinassi, Commanderie réunie à celle de Mâcon ; Piniere, la Vernelle, Naudin, Tourny, Rabutin, autrefois Village de 22 f. réduit à 2. C'est le berceau des Seigrs. de ce nom, qui possédoient Montessus, Balore, Epiry, Bussi, Chazeu, &c. Mayeul Rabutin, un des principaux Vassaux de Guillaume, Comte du Mâconnais, paroît dans un acte de 1147. De cette Maison était Roger de Rabutin, Comte de Bussi, si fameux par son esprit, ses ouvrages & ses disgrâces, inhumé à N. D. d'Autun en 1693. Son fils, Évêque de Luçon, mort en 1737, a été le dernier de ce nom. On voit au Château de Bussi-le-Grand les tableaux de ses ancêtres, & au Château de Sevignon 1 vol. in-4°. Mss. de leur généalogie, composé par Messire Roger, avec les preuves.

Il y avait à Rabutin un Couvent de Bénédictines, qui, ayant été ruiné pendant les troubles, fut réuni à l'Abbaye de Lanchare. Il ne relie plus de vestiges de l'ancien Château, non plus que de celui d'Aubin. Des Historiens placent près de Changy le lieu de la bataille par le Roi Raoul sur les Hongres & Normands, en 929.

Ce Vill. situé dans un fond, est sur l'Arconce, rivière poissonneuse. La route de Charolles à la Clayette & à Paray passe sur le finage. Le Seigr, par les soins du Curé, a fait tracer une branche de chemin qui joint celui de la Clayette. Le nourrissage du bétail est le principal commerce. Bons prés sur l'Arconce, sujets aux inondations. François Ier établit 49 Notaires Royaux en Charolais en 1542 : Jean Saulnier l'était à Changi.

Pour donner une idée de la manière de décrire de M. Expilli, qu'on lise son article de Changi en 11 lignes, où parmi les Hameaux il cite Lormy, Grinay, Onzé, Rabitin ; qui reconnoîtrait là Tourny, Ouze, Rabutin ?

À ½ l. de Charolles, 12 ½ d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 23' 7". L. 1° 55' 8".

CHAMPLECY OU CHANLECY

Campus levatus, Campliciacus ; Par. voc. la Vierge (15 Août), à la collat. de l'Évêque d'Autun. En l'Église est l'épitaphe de Jean de Chanlecy, Écuyer, Seignr. de Saillant, fils de N. de Tremolles & de Denise de la Magdelaine, époux de Françoise de Thiard de Bissi, dont il eut Jean, mort à 80 ans en 1585 ; de Jean Boyer, Seigr. de Chanlecy & de Tremolles, mort en 1581. J. de Chanlecy était Capitaine du Château d'Artus en 1520. (V. sur les Chanlecy l'article de Pluvault, Bailliage d'Auxone, t. 3). Les titres de cette Maison ont été perdus en 1562 & 1592, lors de la prise du Château par les Ligueurs, & dans celle de Pluvault par Galas en 1636. Jean Boyer obtint en 1602 des Lettres de commutation du nom de Boyer en celui de Chanlecy.

Château à la moderne bâti par le dr. Sgr. du nom de Chanlecy, Conseiller au Parlement de Metz : il appartient aujourd'hui au Duc de Cossé, Baron de la Motte-St.-Jean.

250 Com. avec les dépendances. Châtel-Vilain, Seigne. à M. Perrin de Cypierre, triennal avec Volêvre & Autefond ; Lavau, Vallis, altern. avec Volêvre ; St. Just avec Chap. rur. du Patr. du Chap. de Tournus ; Marcilli-sous-Bussière, Marsilsson, Savigni & la Tour Seigne, Pian, la Nole. 28 Domaines. Pays de bois. Quelques vignes.

À 1 l. de Charolles.

CHASSENARD

Par. voc. St. Georges, à la collation de l'Évêque d'Autun, Archipr. de Pierrefîte ; Sgr. le Commandeur de Beugnay ; la Beugnerie ou Beugneraye (de l'abondance des eaux) Fief à M. de Contenson ; les Colins, Fief ; Chapelle de St. Claude près l'Église, fondée en 1675 par Claude Gay, Curé, du Patronage de ses parens.

50 feux, 250 Commun. Dépend. la Rosiere 8 f. & 17 dom. Beugnay, Commanderie de l'Ordre de Malte ; du Grand-Prieuré d'Auvergne, avec ancien Château & Chapelle de St. Jean. 10 maisons du Bailliage de Charolles ; le reste de celui de Semur ; des 2 Subdélég. Grenier à Sel de Parai. Contrôle de Digoin. Bons pâturages ; terres fortes ; seigle; chanvre.

Ce lieu, le dernier du Brionnais, est en belle situation, près de la Loire, entre St. Léger-des-Brueres, Varenne, Cée & Digoin.

À 2 l. ½ de Parai, 4 de Charolles, 5 de Semur, 11 d'Autun.

CHASSY

Caciacum, Par. voc. St. Pierre-ès-Liens ; Patron le Prieur de Bragni, Archiprêtré de Perreci. Anc. Chât. à M. Duprat de Barbanson, héritier du Maréchal de la Tour-Maubourg. Les Baudouin, de Digoin, ont possédé cette Terre. Sylvain-Raphaël de Baudouin, Brigadier des Armées, Capitaine aux Gardes-Françaises, qui posséde à Paris un très riche cabinet de tableaux, la vendit à Hugues Mayneaud de Bisefranc, qui l'a revendue à M. de Barbanson. 300 Commun. Dépend. Chaume, les Fichotz, le Monceau, le Moulin-Messet, les Places, les Brûlés ; Fontenailles, Fief à M. Mayneaud de Colanges. Le Comte Eccard y donne un meix avec des serfs & des vignes au Prieuré de Pereci, en 840. Il est aussi parlé de Chassy dans cette même charte.

Ce Village, dans un vallon, a des terres fortes, appellées terres de bois. 1 moulin. On voit un Pierre de Chassy, époux d'Alix de Busseul, qui se fit Religieuse à Marcigni après la mort de son mari, assassiné au XIIe. s. Hugues de Jantes fait foi & hommage au Comte de Charolais de sa maison de Chaci, en 1315.

À 2 lieues de Parai, 1 ½ de Perreci, 4 de Charolles.

CHAUMONT, V. ST.-BONNET-DE-JOUX

CHIDE

Annexe de Precy-sous-Dondain, en Mâconnais. Voy. Precy ou Pressy-sous-Dondain.

CIRY-LE-NOBLE

Ciriacum, Cirensis Villa, Par. voc. S. Barnabé ; Patrone l'Abbesse de St. Andoche, Dame du lieu : il lui fut donné par le Comte Eccard en 840, Le clocher & partie de la Paroisse sont de sa Justice ; le reste dépend de celle du Prieur de Perreci, & de la Châtellenie de Sauvement. 26 Ham. ou Dom. en dépendent. Les Lourdins, Lacroix, les Ligerots, Montbouton, Champlong, Bessy-la-Chapelle, le Fevre, le Devant, le Four, les Ruaux, les Billebeau, le Perrier, les Filiatres, les Gonots, la Goutte, les Tronillards, Perrière, Villars, l'Abergement, &c. Limant, Fief & Château à M. de Brancion, aujourd. à M. d'Escorailles ; la Chassagne, Casauna, Cassana. Le Comte Eccard y donné 2 meix au Prieuré de Perreci. Sauvement, Salvamentum, une des 5 Châtell. du Charolais, en 1237, anc. Château à Made. de Parabere. Emart de Busseul était Capitaine de la Tour de Sauvement en 1447, à 10 l. de gage. On voit un Henri de Sauvement, Ecuyer du Duc, Châtelain de Gray, en 1395. Le terrier de la Châtellenie fut fait en 1443.

En tout 88 Habitans impos. en 1751, autant en 1670, & 700 Commun. 1 moulin sur la Bourbince.

À 1 lieue de Perreci, 4 de Charolles, 3 de Toulon, 9 d'Autun.

CYPIERRE, VOY. CI-APRES VOLESVRE

CLESSY

Cacisellum, Classiacum, Par. voc. St. Roch, Archiprêtré de Perreci ; Patr. le Prieur de Bragni ; Seigneurie à M. du Prat de Barbanson : elle comprend Clessy & Vigny, partie des Paroisses de Bragni, Oudri, St. Vincent, Geugnon & Rigni, mouvance du Comté de Charolais. Il est parlé du fief de Claissy en 1279 : (Per. pag. 346). Agnès d'Arci, Dame de Clessy & de Chassy, fait hommage au Comte de Charolais, du Château de Classy, en 1316. Guillaume de Bourbon en reprit de fief en 1367. Franç. Damas en était Seigneur en 1522 ; Antoine Damas en 1577 ; il affranchit alors le fief de Champ-Jacob, & le vendit. On voit un Paganus de Claziaco, qui, avec Maieul de Rabutin, signe un accord entre le Comte de Mâcon & Pierre le Vénérable, en 1147. (Bibl. Cluni)

45 Hab. impos. en 1751, 35 en 1670, 200 Commun. main-mort. chargés de redevances. Dép. Ancrede, les Camus, le Barat & la Rue du Bois. Plus. étangs.

Carrière de pierre jaunâtre ; Geugnon en est bâti, & Septfonts en partie, ainsi que Digoin. Grais bon pour les contrefoyers des forges, 1 tuilerie.

À 2 l. ¼ de Parai & 4 de Charolles.

COLONGES

Colonia, Par. voc. St. Étienne (3 Août), Diocèse de Mâcon, à la coll. de l'Évêque, Archip. du Rousset, de la Baronnie de Joncy, 80 feux, 300 Commun. Ham. ou Dom. Bas de Colonges, les Anses, Lavaux, Montvoisin, Parat, Thomerie ou Thomery, jadis Ham. consid. où il y a eu des Religieuses Bénédictines, maintenant simple grange ou métairie. 3 moulins qui chomment la moitié de l'année, sur le ruisseau de Bédoule, qui tombe dans la Guye. Bois com. & au Seigr. Château de Montvoisin à M. de S. Micault. À l'Église tombe de Claude de Corde, Sgr de la Crotte & Maulvoison, & de Toussaine de Lugny sa femme, 1600.

À 1 lieue du Mont-St.-Vincent & Grenier à Sel, 9 de Mâcon, 5 de Cluni, 7 de Charolles.

COURCHEVAL, VOY. FAUTRIERES

DIGOIN, Bourg

Denegontium, Digonium, app. Digoinum en 1170 : (Per. pag. 244). Par. voc. St. George, Archipr. de Semur ; Patronage de l'Abbé de Cluni depuis 1025, que l'Évêque Helmuin le lui accorda. Bailliage de Semur pour une partie de la Baronnie de la Motte-St.-Jean, au Duc de Cossé ; & pour les 2 tiers du Bailliage de Charolles, & de la Justice de Parai ; des 2 Recettes ; Grenier à Sel de Parai ; Subdél. de Charolles ; Justice d'Entrepôts de sel ; Bureau des Traites. Chapelle de la Vierge attenante au cimetière. 1 maison est du Bailliage d'Autun.

Par transaction passée en 1312 entre Henri, Prieur de Parai, & Guillaume, Chevalier, Seigneur de Morillon, il est convenu « que la Haute Justice en débat appartiendra au Sire de Morillon dans les Villages de Digoin & de la Brierette ; les Moines se réservant la basse & le tiers dans les profits des marchés & des foires de Saint George & de St. Martin. Ledit Seigneur donnera les mesures de sel & de vin, & jouira du droit de banvin pendant un mois. » Ce concordat fut approuvé par Henri de Fautrières, Abbé de Cluni.

Les Moines de Parai exercent encore la Haute-Justice sur une partie de Digoin. Des 2 anc. foires, il ne reste plus que celle de St. George qui se tient 3 jours avant la Fête ; mais les marchés du mercredi n'ont plus lieu, quoique très nécessaires.

250 feux, environ 1400 Commun. 800 seulement en 1750. On y bâtit tous les jours, 4 gr. routes y aboutissent ; celle d'Autun par Toulon, celles de Charolles & de Marcigni, & une tracée jusqu'à Bourbon ; mais ce qui favorise le plus le commerce, c'est l'Arroux navigable depuis Toulon, & surtout la Loire qui forme un port très fréquenté : il le sera davantage quand l'Arroux sera rendu navigable depuis Autun.

Digoin est l'entrepôt des vins du Chalonnais & du Mâconnais, qu'on embarque pour Paris, Orléans, Nantes : l'Arroux amene les bois de charpente de marine, les belles pierres de taille tirées de Clessy, des bascules chargées de poissons. On tirera bientôt de Sanvigne du charbon de terre. Un radeau, chargé de bois, porte 1800 pieds quarrés, 26 toiles en longueur, 26 pieds de largeur. Un seul homme pour 200 liv. les conduit à Nantes (160 lieues). Guy de Saint-Barain reprit de fief du port de Digoin en 1376.

5 foires. Manufacture de faïance, établie par Arrêt du Conseil en 1776, a déjà de la réputation, & occupe plus de 100 bras.

Chizeul, fief à M. Maublanc de Martenet ; le Péage, autre fief au delà de la Loire, à M. d'Escrots, Seigneur d'Etrée ; & 50 domaines dépendent de la Paroisse.

Carrière de moellon à la Rochette : la taille se prend à Clessy : on bâtit communément en cailloux de l'Arroux.

Ce Bourg est très ancien ; une branche de la voie romaine d'Autun à Toulon y aboutissoit : au delà de la Loire est le Village d'Etrée, Via Strata. Pépin, victorieux de Guaifre, Comte d'Auvergne, rentra dans l'Autunois par Digoin en 765.

Pendant la guerre des Armagnacs avec les Bourguignons, ce Bourg souffrit beaucoup des incursions des premiers, & durant la ligue il fut pris & repris plusieurs fois. La Grange, Lieutenant d'Espiard Royaliste, abandonna Digoin, après en avoir ruiné les fortifications. D'Ornaison, Ligueur, Lieutenant de Morland à Parai, croyant cette place en bon état, vint l'occuper pour contenir la garnison de Bourbon ; mais la trouvant sans défense, il s'empara du lieu appellé la Tour. Le Baron de Saligny & d'Amanzé, Royalistes, l'y investirent, le forcèrent & mirent le feu, où d'Ornaison périt le 22 Juillet 1593.

Les Seigneurs de Morillon avaient un Château ou Hôtel, rebâti à la moderne par M. Laligant, Médecin.

Joseph Baudoin a laissé 250 liv. de rente aux pauvres.

Hugues Mayneaud de Bisefranc, dans le temps de la famine 1771, fit venir d'Orléans des bleds pour 20000 liv. & s'acquit le surnom de père nourricier de ses Concitoyens. Une telle action eût mérité, au jugement des Seigneurs voisins qui me l'ont racontée, d'être gravée sur une colonne au bord de la Loire.

À 4 l. de Charolles, 2 de Parai, 5 de Marcigni, 4 de Bourbon, 12 d'Autun.

Lat. 46° 27' 8". L. 1° 38' 32".

DIGOINE

Une des 4 anc. Baronnies du Charolais: (Voy. Palinges ci-après & Suin, art. du Sevignon).

DOMPIERRE-SOUS-SANVIGNE

Domni Petra, Par. voc. St. Pierre-ès-Liens, Patr. le Prieur de Perreci ; Seigneur, & de l'Archiprêtré : 100 Commun. La Paroisse est coupée en 11 domaines & 8 locateries. 20 autres dom. & plus. locat. sont altern. avec Perreci & Sanvigne. Quelques petits étangs. 1 moulin. Pays de bois où il y a beaucoup de pins & de bouleaux. Les héritages du Prieuré de Perreci lui ont été donnés par le Seigneur de Sanvigne en 1223.

À 1 l. de Perreci, 1 ½ de Toulon, 8 d'Autun, 5 de Charolles.

DONDAIN, Voy. PRESSY

FAUTRIÈRES

Falteriœ, Faltreria, Par. voc. la Vierge (8 Septembre), Patr. le Prieur de Perreci depuis 896 ; le clocher & partie de la Par. sont de sa Justice, le reste de la Baronnie de Digoine. Hugues Boivin de Digoine, Chevalier, se désiste de ses prétentions de Justice sur la Seigneurie de Fautrières, en faveur du Prieur, en 1273. Rolin d'Allenai la dispute en 1340, & la cède par accord. Le Curé reconnoît en 1456 le droit de Patronage en faveur du Chevecier de Perreci. Dépend. Lafin, la Ferrière, St. Eloy, Favery, Aubois, Corcelles, tous dans des fonds couronnés de bois. 20 Habit. impos. en 1751, 17 en 1670.

Ce Village situé entre l'Oudrache & la Bourbince, Oudry & Palinge, a donné le nom à des Seigneurs connus dès le XIe. siècle. Anselme de Fautrières souscrivit à la fondation du Doyenné de Blanzy en 1060, faite par Gérard de Brancion. Marie sa fille fut une des 1ere Religieuses de Marcigni en 1080. Girard son fils fit le voyage de la Terre-Sainte avec Josserand de Brancion, Girard d'Amanzé, Josserand de Lugny, sous Godefroi de Bouillon, & furent tous inhumés à Cluni : Henri de Fautrieres en était Abbé en 1308, mort Évêque de Flour en 1359. On voit son portrait au Château de Courcheval. Cl. de Fautrieres fut Élu des États du Charolais pendant trois triennalités sous Louis XIV. Michel, Lieut. de Roi en Charolais, eut treize oncles tués à la guerre sous ce Prince.

Cette Maison possédait 14 Châteaux où étaient ses armes, & depuis 500 ans celui de Courcheval. Jeanne d'Urfé, femme de Matthieu de Fautrières absent, fit hommage au Duc Philippe le Hardi de ses Terres, à l'exception de la Tour quarrée de Courcheval, qu'elle ne tiens que de Dieu & de son mari. Leur devise était, tendre & fidèle. (V. ci-devant Baubery).

Fautr. écrit ancienn. Feautrières, est dit dans une charte de Cluni de 1480, in Matisconensi, seu ut alii volunt, in Quadrellesi pago : c'est bien réellement en Charolais.

À 1 l. ¼ de Parai, 1 l. ¼ de Perreci, 4 de Charolles.

Lat. 46° 32' L. 1° 51'31".

FONTENAI

Fonteneium, petite Paroiffe, voc. S. Laurent, à la coll. de l'Évêque d'Autun, jadis du Prieur de la Magdeleine. Chât. ci-devant à M. de Charolles, maintenant à N. Lorrain. 4 Domaines & 5 locateries, en tout 66 Habitans. À 1 l. de Charolles.

GENELARD

Geniolacum, Genelaium, Par. voc. S. Pierre ès Liens ; Patr. de la Cathéd. d'Autun, qui lui fut donné par l'Évêque Henri en 1170. Tombe de Jean de Busseul, Seigr. de Moloin (Moulin sur l'Arconce) 1556, posée par Antoine de Busseul son petit-fils, Chevalier, en 1602.

La dîme fut cédée au Prieur de Perreci par Giraud de Chape en 1381. Le Prieur y avait acquis des fonds de J. Fourcher, en 1349. Guillaume de Parai, Curé de Genelard, était Garde du Scel commun du Comté en 1304 à 1321.

Le clocher est de la Châtellenie de Charolles ; une partie de la Paroisse forme la Seigneurie de la Tour, à François-Gaspard Mayneaud de Collanges, Mestre-de-Camp de Dragons, & Maréchal gén. des Logis de l'armée, avec château à la moderne, bâti en 1744 par Paul-Étienne Mayneaud de la Tour, mort sous-Doyen de la Grand'Chambre du Parlement de Paris en 1776 : le reste dépend de la Justice de Perrecy & de Digoine.

71 Habit. impos. en 1751, 62 en 1670. 500 Comm. avec les dépend. Fautrenne, Champierot, les Champs, Laugere où était un anc. Chât. détruit, qui appartenait aux d'Amanzé, aux Busseul, auj. à M. Mayneaud. Monteguillon, Velsraize, Givri, Chancerot, Montchanin, Chavannes, Villars-Limant, Limania en 890, qui fait maintenant une Communauté séparée, était imposée avec Genelard en 1670 ; l'Abergement, l'Ecart, Bonin-Bonot & Vernizy. Prés. Pont sur la Bourbince. Moulin, Tuilerie. Bonne foire le 10 Mars. À ½ l. de Perreci.

À 3 l. de Charolles, 2 de Parai, 4 de Digoin, 9 d'Autun.

GENOUILLY-SUR-GUIE

Genuliacum, Par. voc. S. Pierre, Dioc. De Mâcon, à la collat. de l'Évêque ; Arch. de Rousset. Varin, Comte de Mâcon, échangea la Terre de Genouilly pour celle de Cluni avec l'Évêque Iflebaudus ; ce qui fut approuvé par l'Empereur Louis le Débonn. en 826. Aimé de Tenay était seigr. de la Cour de Genouilly en 1544.

Partie de la Par. dépend de la Justice indivise entre le Comte de Charolais (le Roi) & de Henri-B. Rover de Saint-Micault, Sgr. de St. Germain-au-Bois ; une autre partie reconnait sa Justice provenant de Chamilli ; une autre dépend de celle du Curé, Coseigneur ; le tout en Charolais : la partie qui est en Mâconnais forme la Justice & Seige. de St. Jean-de-l'Hôpital, dépendant de la Commanderie d'Epinacy, Membre de celle de Mâcon. Cette partie comprend les Hameaux de l'Hôpital (autrefois aux Hospitaliers), Praye, les Rigoulots, Corcenier & portion de Santagni : les moulins, les Volarids, Fontabon, les Galliers, Charmée & Verpras, sont du Charolais. Vernoble, Fief à N. Bonamour, appartenait en 1550 au Poète Guillaume des Autels, qui le qualifie de Château non tant riche que noble. Chap. de St. Jean à la Commanderie de l'Epinacy, en mauvais état, quoique riche, était jadis une Léproserie.

120 f. 400 Comm. 60 Hab. imposables en 1751, 50 en 1670. Il est parlé du Fief de Genouilly en 1279 (Per. pag. 546). Vaux-Après, Vallis in pratis, Annexe, vocable la Vierge (15 Août). 53 f. 137 Comm. Dioc. & Bailliage de Mâcon.

À 2 l. du Mont-Saint-Vincent, 1 ¼ de S. Gengoux, 5 de Chalon, 7 de Charolles, 18 de Digoin, 5 de Cluni, 9 de Mâcon.

GOURDON, ancienn. GORDON

Gurdunum, Gurthonenfe Monasterium ; Par. voc. la Vierge (15 Août), Dioc. de Chalon, Archip. du Mont-Saint-Vincent, Patr. le Prévôt de la Cathédrale du Puy en Vélay, à laquelle a été réuni le Prieuré. Belle Église voûtée à 2 nefs. Anc. Prieuré de Bénédictins qui ont quitté depuis 2 siéc. On voit encore sur la croix du cimetière, faite en 1474, la statue d'un Prieur. Fameuse image de la Ste. Vierge, avec apport. Chap. rur. bâtie par N. de Thésut qui avait servi sur mer, aïeul de J. Marie de Thésut de Gourdon. Ce Village sur une hauteur, autref. considérable, réduit à 20 f., est très ancien. S. Desiré ou Didier y vivoit reclus en 534, & y fut inhumé en 579. Dans la suite S. Agricole, Évêque de Chalon, fit transsérer ses reliques à la Léproserie de Saint-Jean-des-Vignes, où son corps fut retrouvé en 874. Grégoire de Tours parle de ce S. Solitaire, & dit l'avoir vu : liv. de gloria Confess. ch. 86.

500 Comm. avec les dépend. 20 Ham. ou Domaines. Les Puys, Fief à N. de Pomier, avec Chât. à la moderne. Marmorat, Chât. & Fief à Charles-Antoine, Comté de Raguet-Brancion, Colonel d'Infanterie, Chevalier de St. Louis, anc. Alcade de la Noblesse (V. sur cette ancienne & illustre Maison, Brancion en Chalonnais). Les Gris, les Serperées, Monfroux, Monteuchot, Montmartin, les Grivots, Culize, les Bertaux, les Simonot, les Maillard, Chavannes, les Croux ou Creux, les Perrons, les Paradiots, le Moulin-Neuf, le Moulin-des-Puys, Clevigni , Cerle, &c. Deux foires établies en 1470. 12 étangs. Un seul puits dans le Bourg. François Ier y établit en 1542 deux Notaires, dont l'un était Jean Gacon, famille ancienne dans le pays.

Léonard de Thesut, Archidiacre de Mâcon & Official en 1723, ancien Curé de Gourdon, donna des ornemens à cette Église. Dans le finage & celui des Paroisses de St. Valier & de Blanzy est une forêt considér. appellée les Bois Francs, toujours restée dans l'indivision. Il y a procès depuis 15 ans entre 4 Seigneurs & 18 familles, appellées les Francs des Bois Francs qui avaient droit à ces bois, suivant un accord fait entre eux en 1272. (V. Blanzy, Baill. de Montcenis). 85 Hab. impos. en 1751, 96 en 1679.

Grenier à Sel & Châtellenie du Mont-Saint-Vincent à ¼ de l.

À 5 l. de Char. 7 de Chalon & d'Autun.

Lat. 46° 37'34". L. 2° 7' 35".

GRANDVAUX

Grandis-Vallis, Par. voc. S. Antoine, Coll. L'Évêque d'Autun, Seigr. Ant. Louis Deschamps de la Villeneuve.

30 f. 25 en 1751, 19 en 1670.

Dépend. la Valliere, Lonperrier Domaine alternat. avec St.-Bonnet de Vieille-Vigne, Laval altern. avec St.-Aubin.

Ce Village situé dans un fond, est à 1 l. ½ de Charolles.

LA GUICHE : V. CI-DEVANT CHAMVENT

JONCY

Jonciacum, Jonceium ; Par. voc. S. Didier, Dioc. de Mâcon, à la collat. de l'Évêque, Archipr. du Rousset ; partie du Bailliage de Charolles, partie de celui de Mâcon, séparée par la Guye. Ham. en Charol. Garandeau, la Vellette, Ballas, Crozot, Coussole, Bellevelle, la petite Bussiere ; Marnant, où Charles-Léonard Febvre, Maire du Mont-Saint-Vincent, a une belle maison de campagne, avec Chapelle, bâtie en 1773. Vignes : excellens fruits : carrière. Le Fief de Rains à Henri-Bernard de Saint-Micault, est en Mâconnais, sur lequel le Seignr. de Joncy a la haute Justice. Jean de Maissey en était Seignr. en 1553.

Joncy, une des 4 anc. Baronnies du Charolais, dont les dépendances générales sont 4 Paroisses & 13 Hameaux, a été longtemps possédé par les Comtes de Chalon, ensuite par les Clermont-Mont-Saint-Jean au XIIIe. siècle, & par les Palatins de Dyo : elle passa aux Rochebaron par le mariage de Guie d'Anglure, veuve de Pierre de Dyo, avec Cl. de Rochebaron, Echanson du Duc, père de François de Rochebaron, inhumé aux Jacobins de Mâcon.

Jean de Rochebaron, Chevalier, était Baron de Joncy en 1551 ; depuis les d'Aumont en 1619, desquels Octave Cottin de la Barre, père d'un des plus respectables Magistrats du Parlement, mort en 1766, & aïeul du Seigneur actuel, l'acquit en 1740.

Le Fief de Joncy fut cédé à Robert de Clermont, Comte de Charolais, par le Duc Robert II en 1279.

Hugues de Concoreau, Chevalier, fit hommage au Comte de Charolais de la Grange de Joncy en 1315. Roland de Semur reprit de fief de Joncy en 1400. Anc. Chât. qualifié Maison-forte, rétabli à la moderne.

Saulx-Vantoux battit en 1562 les Huguenots au pont de Joncy, reprit Marcigni, S. Gengoux & Mâcon.

4 foires, dont 3 très anc. Boîte pour les lettres qu'on tire de Chalon.

2 gr. routes à Tournus par St.-Gengoux, & de Charolles à Chagni, ouvertes en 1753.

200 f. 630 Comm. 110 Hab. en 1670.

À 6 l. de Charolles, 6 de Chalon, 16 de Mâcon, 19 de Dijon.

Lat. 46° 36' 1" L. 2° 14' 39".

LE PULEY

Puellare, Pulleium, Par. v. S. Christophe ; Patron. de l'Abbesse de Lanchare, qui y avait jadis un Prieuré fondé au XIIe siècle. Elle obtint la Justice du Duc Hugues IV en 1263. L'Égl. paroissiale était celle des Religieuses dont on voit encore les formes : (Voy. ci-après Chalon, Abbaye de Lanchare ). Thomas, curé du Puley, fit des dons au Prieuré de Perrecy en 1394. C'est un ancien démembrement de la Baronnie du Mont-St.-Vincent, dont le Roi est Seigr. Haut-Justicier, & l'Abbesse a la Justice moy. & basse entre les 4 bornes seulement. 17 f. et 70 Commun. Fief des Autels à Palamede Gonthier en 1632, à P. de la Chaume en 1656, à P. Thomasset en 1696 ; aujourd. à son petit-fils P. Thomasset de Chessy.

Pays de mont. Bois. Froment & seigle ; quelques vignes.

À 2 l. du Mont-Saint-Vincent, 8 de Charolles, 6 de Chalon.

LUGNY

Luniacum, Par. Voc. St. Martin, Patron. du Chap. d'Autun ; Église propre. Tombe de Marc-Antoine de Levis, 1767, père du Sgr. actuel, Claude-Marc-Antoine de Levis, Colonel du Régiment de Picardie. Chapelle fondée en 1312.

Une des 4 anc. Baronnies du Charolais qui entra au XVe. s. dans la Maison de Levis par alliance avec Alix Damas de Cousan, fille de Hugues Damas de Lugny, dont vint Philippe de Levis, Archev. d'Arles, nommé Cardinal en 1473 ; Eustache son frère & son successeur, Jean qui testa en 1494, & Guy chef de la branche de Quelus. On voit leurs desçendans Claude & Jean, Chevaliers de l'Ordre.

Magn. Château bâti en 1771. Manuscrits précieux en la bibliothèque, tels que le beau Missel en vélin avec des vignettes dorées, le Pontifical & le Bréviaire du Cardinal d'Arles, mort à Rome en 1473.

60 f. non 90 comme l'écrit Expilli ; il y en avait 102 avec 30 Laboureurs en 1670. 260 Comm. Presque toutes les maisons apartiennent au Seigneur, ainsi que la forêt. Dépendanc. Orfilli, Rouffi, Bizi, Lebreuil, bois du Palais, les Prêchons ou Perchons, Lucenay, les Terte, les Davot, Levernet.

Un moulin sur l'Arconce. Excellens prés, bon nourrissage. 4 nouv. Foires. Branche de chemin qui joint celui de Parai à la Clayte.

À 1 l. de Charolles, 1 ½ de Parai, 14 d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 23' 16". L. 1° 53' 19".

LUNEAU

Par. voc. S. Pierre ; Col. L'Év. d'Autun, Arch. de Pierrefite ; Seigr. N. Larcher d'Arci pour la partie de Bourgogne ; l'autre est en Bourbonnais. 5 Ham. en Charolais, la rue haute ou le Bourg où est l'Église, les Marguilliers, les Motets, Labori, Bonan, les Colletets. Bonan est sur la Loire ; les autres sur la hauteur. Agnès de Bonan fait hommage à Robert, Comte de Charolais, des Fiefs de Bonan, Graviers, Garenne, en 1287. Les débordemens de la Loire ont si considérablement endommagé cette Paroisse, qu'au lieu de 700 Commun. dont elle était composée autrefois, à peine en reste-t-il 200, & 50 f. Les meilleures terres sont couvertes de gravier & de cailloux.

Ce Village sur la Vouzaine est à 5 l. de Charolles.

LURCY, anciennement LOURCY

Lurciacum, Par. voc. St. Mayeul ; Patron l'abbé de Cluni, Archip. de Pierrefite ; Sgr Haut-Justicier Denis-Joseph de Paroi, anc. Gendarme de la Garde. Les Savari & Duryer ont eu cette Terre. Christophe Duryer, Gentilhomme de la Chambre en 1659 ; Antoine, Jean-François, Lieuten. Colonel de Navarre, Lieutenant-de-Roi aux Isles d'Oléron, où il mourut sans enfans en 1701.

14 f. 19 en 1751, 26 en 1670. 80 Com. 1 moulin, 7 étangs, dont l'un s'empoissonne de 10 à 12 milliers : près de la Loire qui quelquefois endommage beaucoup le finage. Bac pour la Paroisse qui est sur une éminence d'où l'on jouit d'une belle vue.

À 4 l. de Charolles, 14 d'Autun, 27 de Dijon.

MARCILLY-LA-GUEURCHE, OU LES (Lès) CHAROLLES

Marcilliacum, Par. voc. St. Laurent, à la collat. de l'Év. d'Autun ; Seigr. l'héritier de N. d'Aousteine, Lyonnais : jadis aux Dagoneau. On voit un Girard Dagoneau, Bachelier ès Loix, Garde du Scel commun, en 1452. (Voy. sur cette famille l'Hôpital de Charolles).

Marcilli a été possédé par des Seigneurs du nom de Gulces ou Geurche, d'où le surnom de ce Village, dit Saint-Julien ; ensuite par Pierre Dubreuil qui épousa une fille de Saint-Amour, héritière de la Maison de Cypierre, dont vint Philibert de Marcilli-Cypierre, Gouverneur de Charles IX, son frère l'Évêque d'Autun, un 3e. fils Doyen de cette Cathédrale, & un Chevalier de Malte. D'autres disent que le mot Geurche vient d'une forêt voisine.

Chât. & Fief de Terzé. Guillaume de la Roche, Bailli du Charolais, donne en 1370 une sauve-garde, à noble Agnez de Terzé & à Jean de Montfaulcon son fils, Chevalier. Château de Moulin-la-Cour à N. de Montessus. Claude de la Cour en était Seigr. en 1560. Françoise de la Cour a fondé un lit à l'Hôpital de Charolles pour les malades de Moulins. N. de Lucenai, Curé de Marcilli, a de même fondé un lit pour les pauvres de sa Paroisse. Guillaume de l'Estang, Curé, était Garde du Scel commun en 1329. Deux moulins sur un ruisseau qui tombe dans l'Arconce au bas de Montessus. Quelques vignes.

60 f. 200 Commun. Dépend. Verneuil, Terzé, Saint-Bonin. Sur la montagne de St. Firmin était une anc. Chapelle, détruite : en défrichant aux environs, on a trouvé environ 30 tombeaux de pierre de grais, sans armes, ni monnoies. Dans un champ voisin restes de ruines.

À 1 l. de Charolles, 14 d'Autun.

MARIGNI

Marigneium, Par. voc. St. Symphorien, Dioc. de Chalon, Archip. du Mont-Saint-Vincent, Patr. de l'Abbé de Cluni, cédé par Guillaume du Blé en 1300. Seigr. Pierre-Marie Naturel de Valetine, Chevalier de St. Louis. Cette Terre a eu des Seigneurs du nom. Guillaume de Rabutin épousa Jeanne de Marigni ; ensuite les de Vichy au XVe siècle ; la Menue, Giroud, Jacques de Sayve par sa femme Barbe Giroud, les Siry qui ont vendu en 1759. Le Château fut ruiné en 1583 : il n'y a plus qu'une tour quarrée à 3 étages, & voûtée.

200 Commun. 54 f. 66 en 1670. Terre à seigle. Dépend. 11 Ham. ou Domaines, Ursinge, les Essarts, Tramaille, Panessot, les Buissons, Donvent, Boucansault, les Gris, &c. Ragy a donné le nom à une branche des Thésut, dont plusieurs Conseillers au Parlement : (V. Mont-Saint-Vincent).

Isabelle, fille de Guyot d'Ocles, porta en 1375 cette Terre à Girard de Thésut : Louis de Thésut, son petit-fils, en fit hommage au Duc Charles en 1473 ; aujourd. à Cl. de Thésut d'Aumont.

Les Buissons, Fief en toute Justice à Jule-Philippe de Maystre de Rochemont. La ferme de Montmeurcy, située en Mâconnais, paie taille & prend son sel à Saint-Gengoux.

À 1 l. du Mont-St.-Vincent, 7 de Charolles.

MARIZY

Par. voc. St. Bonnet, Patr. du Prieur de Perreci, Seignr. M. le Duc de Cossé. Eudes de Montaigu, de la Maison de Bourgogne, en était Seignr. en 1314, ainsi que Guillaume son fils pleige pour le Duc envers les Anglais en 1359. Guillaume Dubois, mari d'Agnès de Comune, reprit de fief pour Comune & Marizy en 1368. On voit un Hug. du Brouillard, époux de Marge. de Marizy en 1317, inh. à Marizy en 1333. Agnès du Brouillard eut la Terre de Marizy, sur laquelle sa dot de 600 florins était assignée, en 1388. Jean de Marizy, Conseiller du Duc en 1387. Ce Village dans un fond, Prévôté, a 30 f. 700 Comm. avec les dépend. Le Pont, Montboin Fief, Le Trambly, les Badets, Montfront, Brouillard avec Château ; Arfeuille, Artoria dont il est fait mention dans une charte du IXe siècle, & autres Domaines, En 1666 il y avait 112 cotes, dont 11 Propriétaires, le reste pauvres journaliers, selon l'état de l'Intendant Bouchu, & 102 Hab. impos. en 1640 & 1751.

Pays de bois, seigle, partie en plaine, partie en monticules ; assez bons prés ; foires ; forêt de chaume, où les Habitans ont droit de champoyer leur bétail. Ils y furent maintenus contre Louise de Chabannes par Sentence de 1486, après avoir fait entendre plusieurs témoins âgés de 100 ans.

À 3 l. de Char. 2 ½ de Joncy, 9 d'Autun.

MARLY-SUR-ARROUX

Marliacum, Par. voc. S. Symphorien, Pat. l'Abbé de Cluni, Archip. de Perreci, Sgr. N. de la Villeneuve, qui a son Château à Mazoncle, Village de la Par. d'Oudry. Le clocher & partie de la Paroisse de la Justice de Toulon en Charolais, le reste dépend de la Justice de Mazoncle & de Perreci, excepté le Village de la petite Faye qui est de celle de la Cathédrale d'Autun ; Recette de cette Ville, & Bailliage de Montcenis. 300 Comm. Dép. 9 Ham. ou Dom. fort écartés ; Montchatel, la Colonge, Garnay, Grand-Faye, Grande Fagia ou Grans Fala, donné au Prieuré de Perreci en 964 ; Chaume, les Masiles, Malgagia ; les Rues, Buisson, Mazoncle, Maziuncula, dont il est fait mention dans une charte du Comte Eccard en 840. Guillaume de Mazoncle reprit de fief de sa Maison-forte en 1366. Hugues de Mazoncle fit une fondation à Perreci en 1398. J. Dubois de la Rochette, Elu de la Noblesse du Charolais, Sgr. de Mazoncle en 1698. Pays de seigle ; bois ; quelques vignes ; bel étang à double queue, au Seigneur. Marly à 1 l. de l'Arroux, ainsi appellé pour le distinguer de Marli-sous-Issi, entre les bois de Perreci & de Beaumont.

À 4 l. de Charolles, 1 de Perreci.

MARRI

Par. voc. St. André, Dioc. de Mâcon, à la collat. de l'Évêque, Archip. de Rousset. Le clocher & partie de la Par. relèvent de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent, & le Marquis de la Guiche en est Seigneur, le reste dépend de la Justice de Cercy-Borasse, de celle d'Aumont & de Montmurger. Seigne. d'Aumont & Chât. à Cl. de Thétut, Chev. de S. Louis. Pierrette Leclerc porta Aumont à Nic. de Thésut son mari en 1644. Bosquet de beaux pins sur la montagne. Henri de Montmurger fait foi au Comte de Charolais de Montmurgier en 1316 : il est aux de Thésut depuis 1450. Bourasse, Fief à M. de Montperoux en 1680. 60 f. 48 en 1670. 200 Comm. Dépend. les Rentes, Molaise, Charost, Aumont, le Monceau, Bourasse, Montmurger, Feuillouse ; ce dernier, de 4 feux, est du Mâconnais. Le Hameau de Boil, hors une maison, dépend de la Baronnie de Joncy, est altern. du Mont-St.-Vincent. Terres sablonneuses qui reposent 2 ans. Prés médiocres, sujets a être couverts de sable par les eaux qui descendent des montagnes voisines dans le temps d'orage : celui du 14 Août 1751 en perdit le tiers, & y forma des ravines profondes.

À ½ l.: du Mont-Saint-Vincent, 6 de Charolles.

MARTIGNI-LE-COMTE

Martiacum, Par. voc. Ste. Euphemie (16 Septembre) ; à la collat. de l'Évêq. d'Autun. Seigr. le Duc de Cossé ; ancienn. les de la Guiche & de Chanlecy.

132 Habit. impos. en 1751, 138 en 1670. 850 Comm. avec les dépend. le grand & petit Baronais, avec 2 étangs considér. les Minots, les Barauts, Bronteau, Bourdeaux, Lavarenne, Monteuchot, Fontenaille, la Chape, Orgeries, Lachaux, &c. Comune. Guill. de Comune, Chevalier, reprit de fief de son Château en 1316 ; la femme d'Étienne de Comune lègue 20 s. au Prieuré de Perreci en 1357. 3 Chât. en la Par. à Martigni, souterrein, Comune, jadis à 3 Seigneurs, depuis réunis par les la Guiche de Sevignon ; aujourd. au Duc de Cossé, avec le Fief de la Corbière ; celui du Butet près le Verderat, à M. de la Guiche, ainsi que le vieux Chât. du Verderat, détruit. Guy de Chaumont vend en 1344 son Fief de Verderat à Guill. de Montfaulcon, Sénéchal du Périgord. Gérard de la Guiche acquit la Maison forte du Verderat en 1464. Il fut saisi par le Duc Philippe, & rendu. Merci-les-Fosses, Fief avec Chât. démoli. L'Echeriole est une Prévôté réunie à la Cure, suivant un terrier fort ancien ; ce qui donnait droit au Curé d'entrer aux États du Charolais, & quelques Curés ont été Élus du Clergé : cette qualité de Prévôt vient d'une Société éteinte depuis 100 ans, dont le Curé était le Chef ; elle était ancienne, puisqu'on voit une charte de la Comtesse Béatrix en 1205, signée par Robert, Chapelain de Martigni. La Forge de Verderat, construite en 1607, est de la Paroisse de Martigni ; le fourneau de celle de Mornai, séparée par l'Arconce. À la queue du bel étang était l'anc. Chât. du Verderat. À Martigni Chapelle de Ste. Marguerite fondée par Benjamin Fyot, Lieutenant de Régiment, il y a 150 ans, aïeul de Nic. Fyot, Médecin au Mont-Saint-Vincent, & des Fyot de Martigni. Charles VII, en reconnoissance du Traité d'Arras, donna en 1435 au Chancelier Rolin la Terre de Martigni, alors aux héritiers d'Oudard de Chazeron ; celles de la Perrière, de Lugni, les Pressin & de Bragni, appart. au Sgr. de Lussan. Mais il parait que le Chancelier remit Martigni aux Chazeron, puisque Claude de la Guiche, marié en 1455 à Claudine de la Baume, acquit vers 1470 de N. de Chazeron de Martigni, le Château, comme le marque Saint Julien de Baleure, pag. 333. Les Habitans ont droit d'usage & de chauffage dans les bois du Seigneur ; ils furent affranchis en 1283 par Étienne de Mont-Saint-Jean. Deux moulins ; une huilerie ; bons près ; terre à froment ; beaucoup de défrichemens depuis 50 ans. Plaines de Silla.

À 2 l. de Charolles, 11 d'Autun.

MONT-SAINT-VINCENT, BOURG.

Castrum Montis S. Vincentii, ainsi appellé en 1279 (V. Per. p. 547) ; Archip. & Par. du Dioc. de Chalon, Patr. de l'Abbé de Cluni, qui avait là un Prieuré dont les Moines se sont retirés vers 1506. Le Prieur obtint de Louis XII en 1501 des Lettres de garde-gardienne pour les droits de langue de bœuf dont il jouit encore, de coponage de bled (aboli depuis), lides, cens, servis ; mais les langues de bête bovine, dit un titre, qui se tuent ou se débitent les jours fériés, appartiennent au Seigneur ou à ses Officiers, & ceux du Roi les perçoivent ces jours-là.

L'Église autrefois sous le voc. de la Croix, Ecclesia de Monte Sanctae Crucis, humide, quoique située sur une haute montagne, fut dédiée par André de Poupet, Évêque de Chalon, en 1484. Beau chœur neuf rebâti en 1775 pour 3000 liv. payées par l'Abbé de Cluni, décimateur, qui l'a orné d'un bel Autel à la Romaine ; huit Mépartistes au XVIe s. Sous le portail, tombe de Charles le Clerc, Curé du lieu, l'exemple des Pasteurs, le père des pauvres, mort le 28 Décembre 1681 ; il a laissé un domaine rendant 300 liv, & a fondé une bourse de 50 écus au Séminaire. Chambre de charité, due en partie aux bienfaits de ce Curé. En l'Église était jadis la tombe d'Isabelle Rabutin, femme de Robert, Comte de Charolais, au XIIIe. s. selon Palliot qui l'avait copiée en 1660.

Eudes IV ayant acquis par échange le Comté de Chalon & la Baronnie du Charolais en 1237, fit hommage à Louis IX de Charolles, du Mont-St.-Vincent & de leurs Châtellenies ; ces deux places sont appellées Villes murées en 1390, lorsque les Armagnacs vendirent le Charolais au Duc Philippe. La 2e. était la première des quatre Baronnies de ce Comté, unie à la Couronne en 1477, & depuis 1765 Châtellenie Royale dont la Justice ressortit au Bailliage de Charolles.

Il y avait jadis un Bailli auquel ressortissoient par appel les Causes des Justices seigneuriales, & surtout les moyens & bas-Justiciers qui relevoient de cette Baronnie. Mlle de Sens obligea encore, il y a 18 ans, les héritiers Sauroy à reprendre de fief au Mont-Saint-Vincent pour la Terre de Saint-Vallier.

Anc. Jeu d'Arquebuse composé d'env. 40 Chevaliers ; ils rendirent le grand prix en 1722 ; ceux de Marcigni, Charolles, Toulon, Perreci, Montcenis y assistèrent. La première Ville remporta le prix qu'elle rendit, & c'est au Mont-Saint-Vincent à le rendre à son tour.

Le Régisseur du Roi pour tout le Comté de Charolais, est établi en ce lieu depuis 1761 ; le Bureau de sa Poste est à Joncy : mais il n'y a point de Messager piéton de là au Mont-Saint-Vincent, quoique les Régisseurs des Postes en aient établi à Charolles pour porter les Lettres à Parai, à Toulon & Perreci, & un autre pour Montcenis.

Ce Bourg situé sur une des plus hautes montagnes de la Province, avait une forteresse qui fut assiégée & démantelée par Louis VII en 1161, pour punir Guillaume, Comte de Chalon, qui s'y était réfugié, de ses ravages sur les terres de Cluni. La place fut livrée aux flammes pour avoir osé résister à une Armée royale : elle fut prise par les Orléanais, ennemis du Duc, en 1433, reprise l'année suivante par les soins de la Duchesse ; elle eut depuis 1237 les mêmes Seigneurs que le Charolais dont on a parlé au long dans le coup d'œil sur ce Comté. Louis XV en fit l'acquisition de Mademoiselle de Sens, pour la Terre de Palaiseau en 1761. S. M. par Édit de 1765 a supprimé la Baronnie & conservé la Châtellenie, qui comprend 4 clochers & la Prévôté de Marizy.

L'emplacement de l'ancien Château situé sur la pointe de la montagne au sud, a été acquis du Roi par Ant. Febvre, Commissaire à terrier, qui a fait construire une belle maison. La Léproserie était au bas du Bourg à 400 pas au nord, dans un champ encore appelle la Maladière, & dont il n'y a plus de vestiges.

De 400 Com. en 1709, la famine en enleva 200 : de 12 métairies 6 furent abandonnées : actuellement 500 Com. & 100 feux, 637 âmes, 131 Habitans imposables en 1679, 115 en 1751. Les dépend. de 30 f. sont Bourgueil, autrefois Annexe, Fief à Phil. Febvre, Notaire, possédé par J. de Monfaulcon en 1430 ; Maumont, Fief à Cl. de Thésut, d'Aumont ; Crusol, appellé maint. Chéfretin ; le Brouillat, les Places, la Vernée, le Bois haut de 12 feux, alternatif avec Mari, du Dioc. de Mâcon ; Montmartin qui fut affranchi en 1555 pour 18 liv. 5 s. les Justiciables de la Baronnie le furent par Henri II en 1554, malgré la Dame de Vaudrey ; le Bourg, clos de murs avec 4 portes, était franc : il devoit être alors bien peuplé, puisqu'on y comptait 14 Bouchers.

Il a 220 toises de long du nord au sud, & 100 de l'est à l'ouest, & la montagne du midi au nord a 330 toises en longueur, & 120 en largeur.

Mairie pour les affaires économiques, depuis 1693. Le premier Maire fut Philibert Febvre, Bailli en même temps ; son fils Lazare lui a succédé ; son petit-fils Charles Léonard, Maire actuel depuis 1752, est aussi Châtelain ; il entre aux États alternativement avec Parai & Perreci : c'était à son tour en 1778.

Ce Bourg députait aux États du Charolais avant leur réunion à ceux du Duché en 1751, & le Curé avait droit d'y entrer. Grenier à Sel du temps des Ducs, dont dépendent 43 Paroisses ou Hameaux de la direction de Chalon. Entrepôt de tabac. Subdélégation & Recette de Charolles.

Six foires, dont deux très anciennes, puisqu'il en est fait mention au XIe. s. dans le saec. bened. t. IV ; un marché le Samedi depuis 1768. Il est étonnant qu'aucun chemin public n'aboutisse à cette montagne ; il serait bien avantageux qu'une branche tirée de Joncy passât aux pieds, d'où elle tendrait à Perreci & à Toulon, par Genelard : c'est le seul Bourg du Charolais qui soit privé de cet avantage. Le chemin serait facile à faire, le terrain étant sabloneux & la pierre commune. À peine faudrait-il un seul pont : une route rendrait ce Bourg l'entrepôt du Charolais, du Chalonnais & du Mâconnais, étant entre les trois Provinces.

On est encore plus étonné de trouver sur cette éminence isolée, plus de 40 puits, & de voir sortir de ses flancs quantité de sources qui en rendent l'accès très difficile. Le terrain spongieux est abrevé par les neiges & les brouillards. Une terre grasse & marneuse à une certaine profondeur, retient l'eau qui fournit les puits & les fontaines.

Le Fief de Thésut avec terrier à Jacques Calard de Chalon depuis 20 ans, a donné le nom à une ancienne famille, dont plusieurs Magistrats distingués à Dijon, & un Conseiller d'État sous la Régence. Elle est partagée en 4 branches. Antoine Maleteste, dans sa Description du Charolais, dit : Familia Thesufiorum semper habuit bonos & illustres viros ; & fait l'éloge de Louis & Jean de Thésut qui vivoient de son temps (1570).

Louis de Thésut-Ragi fonda une Chapelle aux Carmes de Chalon, où il fut inhumé en 1489 ; Jacques de Thésut, depuis Capitaine-Châtelain du Mont-Saint-Vincent, en 1475 ; Jean son fils, en 1526 ; Jean, fils de celui-ci, Capitaine-Gouverneur de Joncy, par Arrêt du Parlement en 1556.

Les anciennes familles sont les Chofflet, le Clerc, Denis, Thomasset dont Louis était Bailli en 1560 ; les Febvre, originaires de St. Micault, où on les voit au XIVe siècle ; les Bonamour, les Calard qui sortent de Montcenis & possédent depuis 1510 le Fief de Montfarin ; les Thomassin d'une bonne Noblesse du Comté, dont les ancêtres étaient Capitaines du Château, Baillis du lieu, d'où sort Étienne de Thomassin, Écuyer, dont le fils unique est Garde du Roi. Philippe de Thomassin, Élu de la Noblesse aux États du Charolais en 1700, est l'aïeul de Guillaume Thomassin, ancien Officier, établi à Nuys. On voit Jean Thomassin, Conseiller du Duc, en 1403 ; un autre du même nom, Président au Parlement de Dole, en 1603, Ambassadeur du Roi Cath. en Suisse, mort en 1631. (Voy. Dunod, tom. 3, pag. 294).

Étienne du Mont-St.-Vincent était Garde-Scel du Comte de Clermont en 1299 ; Jean Mathey en 1358 ; Jean de Clugni, Lieut. du Bailli du Charolais, tint les Assises au Mont-Saint-Vincent en 1398 : J. de St.-Just était Châtelain en 1410.

À 5 lieues de Cluni, 6 de Charolles, 7 de Chalon, 9 d'Autun, 4 de Montcenis, 18 de Dijon, 1 de Joncy, Bureau de la poste.

Lat. 46° 37' 3"'. L. 2° 9' 38".

MORNAI

Mornaium, Par. voc. St. Jean-Baptiste, à la collat. de l'Évêque d'Autun, Sgr. le Marquis de la Guiche. 5 feux au chef-lieu, situé dans un fond ; 60 feux en toute la Par. 44 Hab. en 1670 & 1771, 250 Commun. 15 Dom. Lavigne, Merlaux, Viandet, Roche, 5 f. avec moulin ; l'Epinai 10, Jandoux 10, les Mazoyers 4 , Genat 2 : autour de la tour d'Avaise 10 barraques, &c. De cette Par. dep. le Ham. de Chintry, franc-aleu, du Bailliage de Mâcon, Recette du Brionnais, triennal avec Chanvent & Balore. Chapelle Saint Nicolas de Tolentin. Le lieu appellé Terre-Noire, où il n'y a plus que des masures, était un anc. Village de 40 feux, felon de vieux titres : auj. tout ruiné. En 1362 Pierre de Fougère & Jacq. de Ruffins donnent le dénombrement de leurs Maisons-fortes à Mornai ; celle du Ier s'appellait la tour de l'Ane, & on en nomme les restes la tour de Mornai ; celle des Ruffins est auj. la tour d'Avaize ; ces 2 Seigneuries sont réunies à Chaumont. On voit en 1311 un Ruffins de Mornai, Damoiseau ; Gui de Mornai 1369; Agnès d'Alenai, veuve de Rolet de Semur, Sgr. de l'Etang, vend en 1419 à Girard de la Guiche, Chapendi, Tillai, Bost, jadis possédé par Guy Moreau. Moulin de Bertrat avec huilerie sur l'Arconce. Bonne tuilerie de l'Epinai & four à chaux. Le fourneau du Verderat est de la Paroisse. Mine féconde. Vaste étang qui est comme la source de l'Arconce. Fameuse forêt d'Aveze ou Avoize où est une tour antique, reste du Château, dont le voisinage était habité. Pays de bois. Quelques bons prés.

À 2 lieues de Charolles, 12 d'Autun.

NOCHIZE

Nochizia, Par. voc. St. Michel, Patron le Doyen de Parai, jolie Église, avait ancien. un Mépart, de la Baronnie de Lugni. Jean & Hugues de Marcilli reprennent de fief de Chevignes (Chevenizet), Nochize, Lagni, Busseul, en 1367. 20 feux, 130 Commun. Les dépend. Pansemont avec Chap. rur. de St. Joseph, fondée par Joseph Baudouin de Digoin ; le moulin Champrond, Tronci, Vilaines, la Colanges ; Chevenizet sur la hauteur avec Chât. à M. de Levis, & jolie Chapelle, voc. N. D. de Lorette, fondée par Antoine de Vichy, Seigneur du lieu, en 1422, dont le Curé de Busseul est Chapelain né. La mémoire d'Étienne Larcher, bon Curé, mort en 1773, sera longtemps en bénédiction. Plus de vignes depuis 60 ans.

Nochize dans un fond à 2 lieues de Charolles, 1 ½ de Parai & du Grenier à Sel.

OUDRY

Olderiacum, Uldracum, Par. voc. S. Martin, Archipr. de Perreci, Collateur l'Évêque d'Autun ; M. Deschamps de Villeneuve & M. Mayneaud de Colanges, Coseigneurs, le Curé pour une partie qui lui tient lieu de portion congrue : partie de la Paroisse dép. des Justices de Perreci & de Clessy. 70 feux 66 en 1670 & 1671 ; 400 Commun. avec les dép. Chatuzot, Lacroix, les Hues, la Salette, Somilly, le Monceau Fief, la Beluze, la Vernée, les Bardots, Auge, Beaubernard, Velette & Montot Fief avec Chât. Mazoncle Fief & Chât. altern. avec Marli. Quelques clos de vignes, 3 moulins, 10 étangs. Bons prés, fouvent gâtés par la rivière & la mine qu'on y lave pour les forges de Perreci & de Geugnon. 2 tours & mur. de 300 pieds, restes d'un ancien Monastère de Filles, dites Dames Blanches, fur un lieu élevé, au sud-est d'Oudry & à ¼ de l. Un champ voisin est encore nommé le Portail de St. Catherine.

Guillaume de Digoine, Sire de la Perrière, Chevalier, fait hommage au Comte de Charolais du Châtelet & portion d'Oudry, en 1310.

Ce Village semble avoir donné le nom à l'Oudrache, Uldraca, qui sort de l'étang de Perreci. Mesure de Toulon de 33 livres.

À 3 l. ½ de Charolles, 3 de Parai, 3 de Digoin & de Toulon, 10 d'Autun, 1 ¼ de Perreci.

OZOLE

Paroisse du Brionnais, dont 6 Hameaux sont du Charolais : (Voy. le Baill. de Semur en Brionnais).

PALINGE

Palingia, oublié dans Expilli ; Par. voc. la Vierge (15 Août), Archip. de Perreci, à la collat. de l'Évêque d'Autun, de la Baronnie de Digoine.

119 Habit. en 1751, 65 en 1679, environ 300 Commun. Dépend. Le Cartier, Aubeseigne, Beauregard, Varenne, Morigny, Thielay, le Montet Fief, & Digoine, Digonia, Baronnie jadis à l'illustre & ancienne Maison de ce nom. On voit un Liebaut Digonensis, en 1116 : (Gal. Chr. tom. IV, pag. 389). Hugues de Digoine fait foi & hommage au Duc Hugues, en 1242 ; Guillaume & son fils furent tués à la bataille de Poitiers. Jean, Chambellan du Duc en 1407, était Bailli d'Auxois en 1424. Cath. de Bourbon, Dame de Digoine, fonde en sa Chap. une Messe quot. en 1439 pour 48 liv. assignée sur sa Terre de Beauregard. Anne de Digoine, fille unique de Chrétien de Digoine, Chevalier de la Toison d'Or, porta tous les biens de cette branche aînée à Jean Damas de Marcilli, Chevalier de la Toison d'Or en 1460. Louis XI fit couper la tête à Chrétien de Digoine, qui avait pris le parti de Marie de Bourgogne en 1481. Ce nom subsiste dans la branche de Digoine du Palais, dont le Chef fut Jean de Digoine, qui épousa Guiette de Pouilli, Dame du Palais, en 1359.

Digoine avec beau Chât. à la moderne, est à N. Frottier de la Côte, gendre de François de Reclesne des Regards, dont le père Eléonor acheta cette Terre en 1700. Il y avait des Picpuces fondés en 1609 par Théophile Damas de Digoine, supprimés en 1774, & réunis à ceux de Charolles. En la Chapelle seigneuriale sont inhumés Françoise-Louise de Damas, fille d'Antoine, Chevalier, Baron de Digoine, 1644. Moulin Chipot dép. de la Baronnie.

À 1 l. de Perreci, 2 de Charolles.

PARAI, Ville [act. Paray-le-Monial]

Ancienn. Pareid (1), Paré, Pareu ou Paroi, comme l'écrit à la gauloise le nouvel Historien d'Autun en 1774, Paredum, & dans une charte du Roi Philippe de 1274, rapportée par Perard, pag. 546, Parareium & Pareriacum ; 2e. Ville du Charolais sur la Bourbince, Par. voc. la Vierge (15 Août). Église très ancienne presqu'en ruine, hors du lieu sur une éminence ; la Succursale est Saint Nicolas dans la Ville, bâtie en 1535, desservie par une Société de Prêtres, établis au XIIIe. siècle. Lilard Liquoquant fit, en 1328, une fondation au profit des Sociétaires, qui jouissent des dîmes de Versaugues en entier, & de partie de celles de St. Yan, Lhopital & Varennes-Reuillon, par différentes concessions. Le Cardinal Rolin approuva leurs Statuts en 1451 ; ils étaient alors 26, & ne sont plus que 7, qui doivent être nés dans l'endroit. Rymon rapporte des Lettres de Garde, accordées aux Curé & Chapelains de Parai par le Bailli de Mâcon, en 1433 & 1461.

(1) La Martinière, édit. de 1768, en 6 vol. in-fol., en fait 2 articles ; l'un sous le nom de Parai, l'autre de Parcia-l'Abbaye ; ce dernier est plein de bévues.

MISSION fondée tous les dix ans par N. Chalon, Sœur Hospitalière qui donna 1000 liv. en 1756.

Les VISITANDINES établies en 1626 par des Sœurs de Lyon, avaient 45 Religieuses de Chœur en 1680 : elles ont eu la pieuse Marie Alacoque dont la vie écrite in-4° en 1729 nous transporte dans les temps d'ignorance & de crédulité, & semble plutôt l'ouvrage de Jacques Voragine, que d'un Prélat Français du XVIIIe. s. C'est à cette Religieuse que la dévotion au S. Cœur doit sa naissance ; & c'est du Monastère de Parai qu'elle s'est répandue dans le Royaume.

Les URSULINES, tirées d'Autun, ont eu pour Ire. Supérieure Antoinette de Toulongeon, en 1644 : elles étaient 40 en 1680. Le Cardinal de Bouillon posa la première pierre de leur nouvelle maison vers 1701.

L'HÔPITAL est dû aux libéralités des bons Citoyens, tels que Baudinot de Selore, Rosselin, Thouvant & autres. 20 lits, 8 Filles de piété, quoique les Let. Pat. les fixent à 5 ; elles sont successibles, jouissent de leurs biens, & ne font point de vœux. L'Abbé Joseph d'Amanzé, insigne Bienfaiteur, a fondé le Chapelain à la nomin. de ses parens : il y fut enterré en 1724.

Le COLLÈGE fut établi par Eléonor de la Magdelaine de Ragny, Chevalier des Ordres, & Hypolitte de Gondi sa femme, qui y appellerent 3 Jés. en 1618 ; ils donnèrent pour leur entretien 200 liv. de rente, & N. Thouvant, Doyen de Luçon & Aumônier du Roi, légua 100 liv. de rente ; la maison où est auj. le Collège fut acquise des deniers de Jean Rosselin, Avocat, par Fr. Thouvant, frère du Doyen, & N. Bauderon. Les Jés. logèrent d'abord à l'Hôtel de la Magdelaine qui appartient auj. à M. de Boyer, Gouverneur ; ensuite ils furent transférés au lieu où sont les Visitandines ; enfin placés dans la grand'rue ; ce Collège ne fut en régle qu'en 1651 ; la Ville donna 1600 liv. Les différens Citoyens qui contribuèrent à cet établissement, spécifièrent en 1632, qu'en cas que les Jésuites fussent renvoyés, les fonds retourneroient à leurs héritiers. Ce Collège, depuis la suppression des Jés. en 1763, est tenu par des Écclés. on y enseigne jusqu'à la Rhét. Les Sieur & Dame Bouillet fondèrent la Chapelle en 1671 ; les États de 1685 accordèrent aux Jés. 600 liv. pour bâtir leur Église, où l'on ne voit que des tableaux de Jés, au nombre de 9, nul d'aucun autre Saint.

Cl. de la Colombière, célèbre Prédicateur Jés. à la Cour du Roi Jacques, dont on a publié les Sermons en 6 vol. in-8°. mourut à Parai à 41 ans en 1682, non à Pavie, comme il est marqué dans le Dict. des Hommes illustres en 6 vol. 3 e. éd. 1772 ; c'est lui qui a donné une forme à la célébration de la Fête du Sacré Cœur, & qui en a composé l'Office ; il laissa des Mém. qui ont servi à composer la vie de Marie Alacoque, dont il était Directeur.

PRIEURÉ

Le riche Prieuré de l'Ordre de S. Benoît, sous le voc. de N. D. & de St. Jean-Baptiste, fut fondé en 973 par Lambert, Comte de Chalon, dans son propre fonds sur le penchant d'une colline, en un lieu appelle Vallis Aurea, auj. Orvaul ou Orval, près de la Ville & d'une ancienne Église, juxta templum antiquissimum, dit le titre ; ce qui prouve que Parai existait longtemps auparavant, puisqu'il y avait une Église Paroissiale.

L'Orval, couvert alors de buissons, avait été autrefois habité ; car on y trouva, en creusant, quantité de vieille chaux & des pierres propres à bâtir.

Le Comte sensible aux services des Habitans qui l'avaient aidé dans plusieurs expéditions militaires, leur accorda en 990 une charte, par laquelle il exempta pour jamais la Ville & les environs, jusqu'à l'étendue de sept stades, de toutes sortes de redevances, devoirs, prestations, &c. érigea le territoire en pur Fief, sous la charge unique de la foi, reservata fide, qu'il stipula devoir être prêtée par ces 4 Édiles, à chaque mutation de Comte : nouvelle preuve que Parai subsistait & était peuplé longtemps avant le Prieuré.

Lambert, ami de S. Mayeul de Cluni, époux de la Comtesse Adélais, appellé dans les chroniques, très illustre, très noble & très chrétien, voulut décorer son nouveau Monastère des Reliques de St. Grat, Évêque de Chalon, inhumé au Prieuré de St. Laurent en 652 : il les fit transporter en 977 à Parai, dans une châsse d'argent, pillée par les Huguenots en 1562. Ce pieux Fondateur fut enterré au Prieuré en 990, non 970 comme dit Perri, ni en 988 comme le marque Dom Plancher, puisqu'il donna une charte en 990.

Son fils Hugues, Comte de Chalon, Évêque d'Auxerre, voyant que les premiers Moines ou Hermites avaient peine à subsister, leur fit donation de tout ce qu'il possédait dans la contrée, & unit le Monastère à l'Abbaye de Cluni sous S. Odilon en 999 (non 989 comme l'écrit Saulnier dans son Autun Chrétien) en présence du Roi Robert. Perard, pag. 166, & Perri, pag. 35, pr., rapportent l'acte d'union passé à S. Marcel-lès-Chalon, signé du Duc Henri Ier, de 4 Comtes, du Vicomte Robert, de plusieurs Évêques & Abbés ; ce qui fut confirmé par le Duc Hugues IV en 1443. Depuis ce temps l'Abbé de Cluni est Patron de la Cure & Seigneur du lieu. On croit que le Comte Hugues (1) fit transporter & rebâtir à neuf le Monastère aux portes de la Ville, & construire une belle Basilique, consacrée l'an 1004, le 9 Décembre.

(1) Hugues ne se fit point Moine à Parai, comme l'écrit la Martinière, supposant qu'il reçut l'Habit des mains de Saint Germain, qui lui succéda dans l'Évêché d'Auxerre : autant de fautes que de mots. Hugues mourut en 1039 à St. Germain d'Auxerre, où 4 jours avant sa mort il avait pris des mains de l'Abbé Odon l'habit de Religieux. Il fut inhumé en cette Abbaye, & eut Héribert pour successeur.

Une Relique de S. Blaise y attire un concours de peuple le 3 Février.

Dans une Chapelle est le tombeau de J. Damas-Digoine, Seigneur de Clessy, Chevalier de la Toison d'Or, en 1468, qui avait épousé Chrétienne de Digoine, héritière de la branche aînée. Tombes de Louis de Tenarre, 1528 ; d'Isaac Baudinot, Seignr. de Selore, 1666.

Pascal II dans ses Lettres de 1109, & Louis le Gros dans un privilège de 1119, comptent Parai parmi les Prieurés dépendans de Cluni. Les Moines, selon la Bibliothèque de Cluni, imp. in-fol. 1615, p. 1706, doivent dire trois Messes à note, & faire l'aumône trois fois la semaine, & tous les jours en Carême & en Avent : cette aumône monte a 1200 boisseaux. En 1310 ils devoient être 25 Religieux, ils ne sont plus que 9.

Le Décanat de Parai fut uni à Cluni en 1344. La réforme y fut établie en 1671 par délibération du Chapitre général, du consentement de l'Abbé, le Cardinal d'Est. Le Prieur a droit d'entrée aux États. Pierre de Saint-Seigre, Chevalier, Bailli de Montcenis, fit acte de saisie du revenu de Paroi en Ion, & eut Hugues II pour successeur. Le Comte Guy de Thiers confirma en 1080 aux Habitans leurs libertés, immunités & bonnes coutumes, reprouvant tous mauvais usages & toutes exactions. Le violent Comte Guillaume tourmenta ses Vassaux qui portèrent leurs plaintes à Philippe-Auguste & à l'Abbé de Cluni. Par un accord passé en 1180 à Lourdon près de Cluni, Guillaume renonça à toutes exactions qui avaient tourné en mauvaises coutumes, & reconnut que Parai ne lui devoit ni tailles, ni tributs sur les porcs, porcellagium ; ni sur les moissons, messionagium ; ni sur les denrées, annonagium ; ni sur les voitures, carredum : on voit par ces termes combien les hauts Barons foulaient leurs Vassaux. Beatrix, Comtesse de Chalon, ratifia en 1205 l'accord fait en 1180 par son père Guillaume. Jean, Comte de Chalon, à l'exemple de ses prédécesseurs, jura sur l'Évangile, à Parai en 1218, de ne point toucher aux exemptions accoutumées de cette Ville, & de maintenir les franchises de ses foires & marchés, sous peine d'amende à chaque contravention.

En 1287 on confina de nouveau le territoire de 7 stades, marqué par des bornes ou Croix, pour les rendre plus respectables, du temps même du C. Lambert ; ce qui fut renouvellé en 1407. Les Habitans furent troublés dans leurs franchises ; mais un Arrêt du Grand-Conseil a conservé leurs droits.

La peste qui, en 1347, ravagea la France, sembla s'être concentrée dans la Bourgogne, qu'elle dépeupla : (voy. 1er vol. pag. 210). Parai en fut vivement affligé. L'Abbé Hugues s'enfuit à Avignon, & la chronique rapporte que de cent personnes attaquées, à peine en réchappoit-il douze.

On voit par un concordat entre l'Abbé Raimond de Lardoine & les Habitans de Parai en 1407, qu'on y recueillait du chanvre, lin, safran, raves & panets, qui ne doivent point de dîme ; mais l'étranger payoit 15 deniers pour chaque pièce de terre labourée ; ce qui fut appellé la dîmerie de l'Aventurier : le territoire était tenu en pur Fief sans danger ni confiscation.

Par ce concordat, le Doyen de Parai charge les Procureurs & Gouverneurs des Habitans d'accompagner le Guet de l'Abbé le jour des foires, & aussi les Officiers de Justice, lors de l'exécution des criminels.

Perrin de Semur, fils de Girard, Chevalier, vend au Duc Hugues la 3e partie des péages de Parai, 80 liv. en 1217 : l'acte est dans Perard, pag. 521. Il y avait un Prévôt perpétuel, nommé Guillaume de Blancherole, en 1400.

Cette Ville fut choisie par le Duc pour y traiter de la suspension d'armes entre le Charolais & le Bourbonnais, en 1413. Girard de Bourbon, Bailli de Chalon ; Jacques de Busseul, Bailli d'Autun ; Lordin de Saligny ; Guichard de Ganay, Conseiller du Duc, Juge du Charolais, y furent les Députés de Philippe le Bon.

Ce Pays fut exposé aux courses & aux brigandages d'Antoine de Chabanes, Capitaine des Écorcheurs, qui parut autour de Parai en grande puissance, disent les Mémoires du temps, en 1439.

Il ne souffrit pas moins pendant les troubles qui suivirent la mort de Charles le Guerrier en 1477 ; mais ses plus grands malheurs arrivèrent durant les guerres de Religion, en Juin 1562. Ponsenart & St. Aubin, deux Chefs des Calvinistes, excités car ceux de Parai, forcèrent la place, pillèrent les Églises, & vendirent à l'encan toutes les dépouilles du Prieuré.

Les Huguenots avaient un Temple à la porte du Poirier, détruit en 1686 ; l'emplacement même s'appelle encore le Temple. Au dessus de la porte d'une maison où logeoit le Ministre, est une fleur de lys pour marque de sauve-garde. Le fameux Dumoulin y a demeuré. Théodose de Beze y a passé. Ils avaient un autre prêche au Bronchet, Hameau de la Paroisse de Saint Léger, dont le Ministre résidait à la Nocle chez le célèbre de la Noue. Après la révocation de l'Édit de Nantes, les Calvinistes allaient faire la cène à Nocle chez Dupuy-Montbrun. Leur prêche à Parai fut interdit par Arrêt du Conseil en 1634, rendu à l'instigation du Cardinal de Richelieu, Abbé de Cluni ; & il leur fut défendu d'enterrer leurs morts au cimetière de l'Hôpital. Ils faisoient valoir une manufacture renommée d'étoffes & de toiles fines, qui a disparu depuis leur expulsion en 1685. 300 Chefs de famille & ouvriers quittèrent leur patrie, & portèrent leur industrie à Genève, en Suisse & en Allemagne. Il reste une petite manufacture de fil & de toile sous la direction de N. Thiroux & N. de Grondville, qui a le secret de préparer le chanvre, & d'en tirer un fil presqu'aussi fin que la soie ; elle est encouragée par les États.

4 Tanneurs, 3 ou 4 Drapiers, plusieurs Tisserands ; une poterie depuis 7 ans ; 6 foires.

Parai est situé dans une plaine agréable, arrosée par la Bourbince, qui va se perdre dans l'Arroux au Verdier. Terrain sablonneux. Quelques vignes. 400 feux. 1800 Comm. 24 Dom. dépend. de la Paroisse. Grand chemin percé par les États en 1753, de Charoles à Digoin, & à Marcigni en 1769. 3 moulins. Belle fontaine à Romay (Romera) avec Chapelle de N. D. fameuse par ses apports, où l'on vient de 15 lieues. 3 portes. Mairie pour les affaires économiques. Grenier à Sel de la Direction de Chalon, qui est ancien, puisque P. Baillet en était Grenetier en 1424. Recette de Charolles. Entrepôt de tabac. Cours d'une porte à l'autre, planté d'arbres. Belle prairie. Justice de l'Abbé, Seigneur, sur Parai, sur partie de Bautefond, Baron, Chassenard, Digoin, Rigny, Varenne-Reuillon & Volevre.

Les armes sont d'argent au paon rouant d'azur, bêgué & patte de gueules.

HOMMES ILLUSTRES

Cette Ville a produit quelques Hommes illustres. Guy de Paré ou Parai, de Paredo, du lieu de sa naissance, parvint, par un mérite éminent, aux premières Places de l'Église ; il fut élu Abbé de Cisteaux en 1187, créé Cardinal par Célestin III en 1191, Évêque de Palestine en 1199, Archevêque de Rheims en 1204, mort à Gand de la peste en 1206 : son corps fut porté à Cisteaux, où on lui dressa cette épitaphe :
Nobis donatus de culmine Pontificatus Remis translatus, jacet hic vir Guido Beatus.
(Voy. ce que j'ai dit de sa légation en Allemagne, tom. 3, art. de Cisteaux, pag. 172). Il a laissé plusieurs Ouvrages, monumens de son érudition.

ANTOINE MALTESTE, né en 1520, nommé Lieutenant général du Baill. Rur. par Henri II en 1557, & du Comté par Philippe II ; Charge qu'il exerça avec tant d'intégrité, que sa mémoire est encore en vénération dans tout le Pays, où il maintint la Religion catholique & la fidélité due au Roi. Il fut fort maltraité par les Huguenots, qui le firent 2 fois prisonnier. Les maux de sa prison & l'étude assidue abrégèrent ses jours, qu'il finit à 54 ans. Il a laissé en mss. latin la Description du Charolais en 25 pages in-4° 1573. Ses descendans ont occupé les premières Places en Charolais, & ont donné des Magistrats au Parlement, un Doyen de la Ste Chapelle en 1651, un Curé d'Arnai qui a fondé 2 bourses au Séminaire, &c. Claude son fils fut 50 ans Élu du Charolais, & assista 2 fois aux États Généraux du Royaume en 1588 & 1614 : il fut toute sa vie l'Arbitre général de son Pays, & fort estimé des Seigneurs voisins.

BRICE BAUDERON, né en 1539, Docteur en Médecine, un des plus habiles Praticiens de son temps, acquit, avec une grande réputation, des biens considérables, entr'autres la Terre de Senecey. Ayant été pris par les Ligueurs, il paya une forte rançon, qui lui coûta une partie de son bien. Sa Pharmacopée est son principal ouvrage. Son petit-fils, Antoine Bauderon, achetant des drogues chez un Apothicaire de Paris, fut reconnu à son cachet pour un descendant de Brice ; l'Apothicaire aussitôt l'embrasse, lui offre ses drogues gratis, l'invite à manger chez lui, en lui disant : Je suis trop charmé de connoître le petit-fils de l'un des plus habiles successeurs de Gallien. Gratien Bauderon, fils de Brice, exerça avec distinction la Prosession de son père à Mâcon. On voit aux Cordeliers de cette Ville l'épitaphe de cette famille sur une table de marbre.

FRANÇOIS VAVASSEUR, né en 1605, mort au Collège des Jésuites à Paris en 1681, Interprête de l'Ecriture Sainte pendant 30 ans, s'est distingué, sur le Parnasse latin, par ses pièces de vers ; mais il est plus recommandable par l'élégance & la pureté du style, que par la vivacité des images & l'élévation des pensées. Le P. Lucas publia le Recueil de ses Poésies en 1683, avec l'éloge de l'Auteur. Ses autres Ouvrages ont été imprimés à Amsterdam in-fol. 1709. On trouve bien des puérilités dans sa Dissertation sur la beauté de J. C. Sa critique de la Poétique du P. Rapin, est pleine d'humeur ; son Traité de l'Epigramme est plus estimé. M. Titon du Tillet a placé le P. Vavasseur dans son Parnasse françois, pag. 360 : (Voy. la liste de ses nombreux Ouvrages dans la Bibliothèque des Aut. de Bourgogne. pag. 343).

JEAN VIRIDET, Médecin, fils d'un Notaire de Parai, se retira à Genève en 1690, & s'établit à Morges au Pays de Vaux, étant de la Religion P. R. On a de lui trois Ouvrages de Médecine : on ne sait pas le temps de sa mort.

Les plus anciennes familles de Parai sont, au jugement d'Antoine Malteste qui écrivoit en 1570, les Corberi, les Quarre, les Bouleri, les Rosselin ; on peut ajouter les Bauderon, dont un Médecin en 1300, les Colin, Maltesle, Bouillet, dont Cl. Bouillet, Maire, qui fut tué en 1581, les armes à la main, pour la défense de sa Patrie : on voit son mausolée dans une Chapelle de la Paroisse avec son épitaphe, qui commence par cette belle sentence : Pro patria mori pulcherrimum. Son petit-fils Guillaume Bouillet, Seigneur de Boissières, s'établit à Dijon en 1608, fut Maître aux Comptes en 1617, & mourut en 1649. Un de ses descendans Guillaume-Benigne Bouillet, Procureur Gén. de la Chambre des Comptes, Chancelier de l'Académie, est mort fort regretté en 1776, âgé de 77 ans. M. Maret a prononcé son éloge dont on trouve la substance dans les affiches de Bourgogne, année 1776, pag. 147.

Les Baillet, dont plusieurs Présidens à la Chambre des Comptes & au Parlement, des Capitaines illustres, tels que J. Baillet de Vaugrenant, Gouverneur de Saint-Jean-de-Lône pendant la ligue, sont originaires de cette Ville : le Conseil du Duc confia une commission importante pour le Charolais à Pierre Baillet, en 1417.

MM. Gravier de Vergenne qui ont donné des Présidens à la Chambre des Comptes, un Ambassadeur en Suisse & à Venise, un Ministre des affaires étrangères, sortent aussi de Parai ; ainsi que les Quarré, dont J. Quarré fut ennobli pour ses services par le Duc Jean, en 1412, & dont les descendans se sont distingués dans la Robe, dans l'Épée & dans les Lettres : on en a parlé dans le 1er & le 2d. vol. Les autres Quarré restés en Charolais, y ont occupé les premières Places. Edouard Quarré de Parai était, en 1506, Lieutenant Général de la Chancellerie d'Autun, où deux branches se sont établies.

Du temps d'Antoine Malteste, les 3 plus belles Maisons de Parai étaient à Pe. Jayet, Alex. Thibaut & Marc Chapuis : familles éteintes. La façade de la maifon Jayet, occupée par M. Ribalier, Receveur, neveu du Syndic de Sorbonne, est ornée de plus de 30 figures d'assez bon goût & de médaillons de nos Rois, jusqu'à François Ier.

Parai, la 2e Ville des États particuliers du Charolais, est actuellement la 37e des États Généraux. C'est la Ire. des 4 Villes de ce Comté qui nomme l'Alcade : (elle le nomma en 1769). Ces 4 Villes ensemble ne représentent que la 15e & dernière Ville de la petite Roue des Etas Généraux. Antoine Durand, Maire dans la disette de 1770, procura à sa Patrie une quantité de farine : on fit alors 6 vers, dont voici les 2 derniers.

Jam fatis, ô Cives, lacrymarum : ponite luctus : Alter adetf Joseph : pellitur atra sames.

Les 6000 toises de chemin de Parai à Digoin, commencé en 1753, ont coûté de travail aux corvéables au moins 20 livres la toise ; ce qui fait 120000 livres ; l'entretien revient auj. à ces mêmes corvéables au moins 10 sols la toise, ou 3000 liv. par an, qui font la représentation d'un fonds de 60000 l.

La construction de la route coûte donc au peuple 180000 livres, ou, ce qui revient au même, à l'équivalent de 9000 liv. par chaque année.

Si la Province, au lieu de faire ce chemin, eût rendu la Bourbince navigable depuis Parai, la dépense aurait été au plus à 60000 liv. que même elle aurait pu recouvrer par des droits légers sur la navigation, & le commerce aurait gagné 40 s. par queue de vin, que l'on paie pour la voiture de Parai à Digoin. Ce dernier article ferait par an un bénéfice de 40000 livres au moins, comme on serait en état de le prouver.

L'on soumet ces réflexions patriotiques aux lumières supérieures de l'administration actuelle, qui pèse les inconvéniens résultans de la construction des routes que l'on peut éviter ou diminuer considérablement, au moyen des eaux navigables dont la Providence semble offrir les secours favorables dans presque toute la Bourgogne.

La mesure de bled pèse 30 liv. celle de seigle 25.

À 2 l. de Charolles, 2 de Digoin & de la Loire, 7 de Gluni, 12 d'Autun, 12 de Moulins & de Mâcon, 26 de Dijon.

Lat. 46° 26' 15", L. 1° 47' 32".

PERRECI

Qu'on prononce Perci, Bourg, autrefois 5e Ville qui députait aux États du Charolais. Patriciacum, Perreciacum : Adrien de Valois fait venir ce vieux mot latin à Patricio, comme Paterniacum a Paterno, d'un nom Romain. Par. voc. St. Pierre, Patron le Prieur Commende. Archiprêtré comprenant 17 Paroisses. L'anc. Église paroissiale étant ruinée, on fait l'Office au Prieuré. 750 Commun. compris 22 Domaines & les Hameaux de Joux & Labouri, alternat. avec Dompierre.

Bel étang de 4000 pas de long, dont l'eau est jaunâtre l'été & qu'on empoissonne de douze milliers : c'est la source de l'Oudrache, Uldracha, qui tombe dans l'Arroux après un cours de six lieues.

Forges à deux feux & fourneau établis en 1634 par permission des États du Charolais.

Les marchés sont anciens ; ils furent rétablis le Mercredi, par Lettres du Duc en 1448. La création des foires le Mercredi de chaque semaine depuis Quasimodo à la Saint Martin, est de 1707 ; mais il ne s'en tient plus que le 21 Mars, 16 Juin, 11 Juillet, 29 Octobre & 9 Décembre : 2 autres foires depuis 1730.

Perreci fut donné en 839 par Pépin, 1er Roi d'Aquitaine, de l'agrément de Louis le Débonnaire, au Comte Eccard (Aicardus), qui en 840 y fonda le Prieuré de S. Benoît, de l'étroite observance. Dans le titre de fondation, rapporté par Perard pag. 22, il se qualifie Comte par le don de Dieu, sans dire de quel pays : il ajoute que son père s'appellait Childebrand, sa mère Donnane, son frère Théodoric, sa Ire femme Albegonde, & sa 2e. Richilde. Il y parle de l'Église pare de S. Pierre ; ce qui marque que Perreci est bien plus ancien que le Prieuré qu'il fournit à l'Abbaye de Fleuri-sur-Loire : c'était le 3e. des 25 Prieurés dépendans de cette Abbaye. On peut voir dans Perard, pag. 25 les legs précieux d'Eccard à différentes Églises & à de grands Seigneurs. On remarque entr'autres un livre de l'agriculture & des pronostics, donné à l'Archevêque Ansegise, à Saint Martin de Tours un Calice d'or, un Missel, des Évangiles, Antiphoniers, &c. ... à un autre les Gestes des Lombards, & la Chronique de S. Grégoire de Tours ; ce qui prouve le goût de ce Comte pour les Lettres dans un siècle d'ignorance.

Il enrichit son Prieuré de plusieurs Terres & Domaines, tant dans l'Autunois que dans le Mâconnais & le Charolais, d'où l'on présume qu'il était Comte de ces cantons. Je ne citerai que les Domaines aux environs de Perreci qui serviront à faire connoître l'antiquité de ces lieux du Charolais, dépendans alors en grande partie du canton Autunois ; Curdin, Rion, Chardonnet, Bessi, Romagne, Villenoux, Versigni St. Bonnet de Vielle-Vigne, Pont, Ciry, Joux, &c. Il y en a plusieurs autres dont je n'ai pu, malgré mes recherches, découvrir le nom moderne ; tels que Lamiciacum, Satiniacum, Galbardo, Sinciniacus, Colonias, Mercuria, Vicoria, Malomisin, Asporia, Villa Fabricarum, Cormedista, Casauna Hispagensis, Marmariaca, Torsinga.

D'autres Seigneurs au Xe siècle firent don au Prieuré de dix Terres ou gros Domaines. L'Abbé de S. Martin échangea avec le Prieur de Perreci la Chapelle de St. Quentin en Mâconnais pour celle de S. Didier & Baugy-sur-Loire, en 900.

La garde du Prieuré fut confirmée à J. d'Armagnac, époux de Beatrix de Clermont, Dame du Charolais, par Philippe, fils du Roi de France, Duc de Touraine, & son Lieut. au Duché de Bourgogne, en 1363, déclarant que la garde & le ressort de Perreci sont du Duché de Bourgogne, & que c'est aux Officiers de ce Duché qu'en appartient le plein exercice.

Comme cette Maison dépendait de Saint Benoît-sur-Loire, l'Abbé l'a visitée en 1458. La renonciation d'union fut faite en 1727. Louis Berrier, Conseiller-Clerc au Parlem. de Paris, Grand-Chantre de N. D., Prieur de Perreci, résolut d'y mettre la réforme à l'instar de celle de Septfons. Avant sa Prosession en 1698, il donna quatre Domaines, les substituant à l'Hôpital de Dijon , en cas de suppression de la conventualité. La réputation de régularité y attira jusqu'à trente Religieux sous ce sage Réformateur ; mais étant mort au Collège de Cluni à Paris en 1738, la Maison est tombée presqu'en décadence. Des procès odieux l'ont ruinée, & le Roi par Arrêt de son Conseil d'Etat en 1776, supprime la conventualité, accorde 1000 livres de pension aux 4 Religieux qui restent, & réunit la manse monachale au petit Séminaire d'Autun, après les informations ordonnées du commodo & incommodo.

Il s'y faisoit depuis le XIVe. siècle une aumône considérable, qui sera sans doute conservée pour l'avantage des pauvres du lieu & des environs.

Chapelle de St. Laurent fondée en 1377. On voit dans la vaste Église 3 monumens mutilés d'anciens Prieurs. Le tombeau du Comte Eccard qui était dans une Chapelle bâtie par Jacques d'Amboise, a été transféré en l'Église en 1758 : on trouva ses os entiers, qui annonçoient un homme d'une taille avantageuse.

En 1500 les titres du Prieuré furent brûlés avec grande partie des bâtimens qui formoient une espèce de citadelle. Le plus ancien terrier est de 1491 ; un autre de 1507 fait par Jacques d'Amboise, Abbé de Cluni & Prieur Commendataire de Perreci ; le 3e est de 1667, sous André Hameau, Prieur, Curé de St. Paul à Paris.

Les Prieurés de Fontaine en Nivernais, Dioc. d'Autun, établi en 1182, & de Saint Nicolas de Sigi en celui de Mâcon, Bailliage de Chalon, dépendent de celui de Perreci.

Les Cures à sa nomination (mainten. à celle de l'Évêque Dioc.) sont Perreci, Dompierre, Fautrières, Detté, Salornai, Saint-Eugène dont l'Évêque d'Autun confirma le droit de patronage au Prieur, en 1130.

Les Habitans de Saint-Romain devoient guet & garde au château du Prieuré, dont ils furent affranchis en 1568 : ceux de Perreci de toute ancienneté sont francs, & pouvoient acquérir des biens dans la Seigneurie, sans être obligés de mettre en main habile, comme il est porté dans le titre de 1633, approuvé par une Bulle d'Urbain IV en 1644.

Le commerce est en bois, bétail. 1 moulin ; une tuilerie ; vaste forêt ; bois comm. Chambre pour le Sel qui s'ouvre tous les quinze jours.

À 9 l. d'Autun, 4 de Parai, 4 de Charolles, 20 de Dijon.

Lat. 46° 35' 31". L. 1° 53' 9".

POISSON

Paroisse qui s'étend en Mâconnais & Brionnais, & pour la plus grande partie en Charolais ; voc. S. Jean-Baptiste ; Pat. le Grand Doyen de Parai ; Arch. de Semur ; Sgr du clocher, M. de Vauban, qui a encore la Seigne. de Moulins-sur-l'Arconce. Les Villages de Selore & de Sermaize dépendent d'autres Seigneurs, & sont du Bailliage de Mâcon. À Selore Chap. rur. de St. Maurie avec Chât.

500 Comm. Dép. Sermaize, Selore, Bornat, Martigni, la Brosse, les Moquets, Manche, Fay, Villeret. Je ne sais où Expilly a pris que la Paroisse était à Sermaize.

Pays de bois, assez pauvre, situation sauvage, presque inabordable en hiver & en temps de pluie, sur les confins du Charolais & du Mâconnais. Entre Moquets & Sermaize coule le ruisseau d'Oyé appellé Trambouze, qui tombe dans l'Arconce.

À 3 l. de Semur, 2 ½ de Charolles.

POUILLOUX

Par. voc. Ste Magdeleine ; à la collat. de l'Évêq. d'Autun, Archip. de Blanzy ; Sgr. le Roi. 74 Habit. en 1751 (52 en 1670) ; 350 Comm. compris les Domaines ou Hameaux. Le Perley, les Murs, Champoussot, Fief à N. Guillier de Chalon, de la Châtellenie de Sauvement ; les Autels, l'Essart, Exardum, dont une charte du Prieuré de Parai fait mention au IXe siècle ; le Martrat, les Villets, les Crochers & la Forêt. Les Domaines sont en plaine, Pouilloux sur la hauteur. Pays de buissons, bois, monticules. Les Habitans, pauvres, ont droit de champoyer dans les bois de Marizy, de la Chaume & Thomasse, selon l'Intendant Bouchu dans sa description 1666 : ils ont même joui de ces bois depuis 1272 avec Marizy & Champvent ; mais on dispute leurs droits. 1 moulin.

À 4 l. de Charolles, 4 de Montcenis, 8 d'Autun.

PRECY OU PRESSY-SOUS-DONDAIN

Prisciacum, Priscium, Par. voc. S. Pierre ; Dioc. de Mâcon; Sgr. le Comte de Chambonat. Guillaume du Blé en reprit de Fief en 1315 ; Guillaume de Marcheseuil en 1362 ; Claude Dufresne en 1415 ; Cl. de Fautrières en 1459. 41 f. du Bailliage de Mâcon, 57 de celui de Charolles. 400 Commun. avec les dépendances, Marchiseuil, les Panais, les Combres où est le Fief de Montfond, les Henris, les Angelins, le Domaine des Garoux ; Chides l'Annexe, de 25 f. Seigr. M. le Marquis de la Guiche. Dondain, sur la hauteur, avec un anc. Château ruiné, dont le siège en 1593, par le Duc de Mayenne, fit tant de bruit, qu'il en courut une relation dont parle Philibert de la Mare. Philibert de Chantemerle, Ecuyer Tranchant du Duc, en était Châtelain en 1400. Dondain était une des 5 anc. Châtellenies du Charolais. Le terrier est de 1454, & un 2e de 1558.

Henri du Blé fait hommage au Comte de Charolais, de Precy-sous-Dondain en 1313. Trois foires à Dondain. Mont. Pays de bois. Beaucoup de vignes.

À 3 l. de Cluni, 4 de Charolles.

ROZIERE : V. Baille. de Montcenis.

SAINT-AUBIN

Par. Collat. l'Év. D'Autun. Sgr. M. de la Cote de Digoine. Une charte de la Comtesse Beatrix, en faveur de Parai, de l'an 1205, est souscrite par Richard de St.-Albine. 100 f. 300 Comm. Dépend. Monceau avec Château ; Bourvilain, Besse, Moulin, Tilly, la Forge, Jugny, Usigny, Colonnes, autrefois Colongnes, Colonia, lieu très ancien où l'on a découvert plusieurs médailles d'Adrien en argent & en bronze, une urne ou amphore bouchée, des tuiles à la romaine, & d'autres ruines. On y remarque des vestiges d'un anc. chemin qui vient de Baron & tend à Digoine. Il ne subsiste plus qu'une vieille tour du Château, où l'on voit un tronc d'arbre pétrifié, de 6 pieds de long. Bois, broussailles ; plus. étangs. Seigle. Droit d'usage dans les bois du Seigneur.

Ce Village dans un fond, entre 2 ruisseaux & la Bourbince, qui souvent endommage le finage, est à ¼ de l. de Charolles.

SAINT-BERAIN OU BRIN-SOUS-SANVIGNE

Dont l'Église est en Charolais, & la plus grande partie du Bailliage de Montcenis. (V. ce Bailliage).

SAINT-BONNET-DE-JOUX

S. Bonitas de Jugo ; Par. voc. St. Bonnet (19 Janvier), à la collat. de l'Évêq. d'Autun, autrefois du Prieur de la Magdelaine.

250 f. 135 Habit. impos. en 1751 (113 en 1679). 880 Comm. avec les dépend. Chaumont de 30 f. Saint-Branchey altern. avec Vandenesse. Chap. inv. 100 Commun. les 4 Vents de 3 f. altern. avec Champvent, dont un feu est toujours de Saint-Bonnet ; Vaux-sous-Chaumont, aussi alternatif, ainsi que la Trêche ; la Saule, Fief à M. le Marquis de la Guiche, Seignr. de la Paroisse. Chatelar & Sainte-Colombe, Paroisse de St. Martin en Mâconnais, tirent à la milice avec St.-Bonnet, mais ne sont pas de la Paroisse.

Availly, anc. Château & Fief en toute Justice à Cl. Franç. Maritain, Commissaire de la capitation, & Alcade aux États de 1764. La Terre est composée de 4 Domaines & 5 étangs, avec Chap. domestiq. La Croix d'Availly, 25 loges. Le Château ci-devant de la Paroisse de Suin ; actuellement , par accord, de celle de Saint-Bonnet.

Availly avait autrefois 25 f. C'est un pays pauvre, sans commerce, sans communication : les terres restent quelquefois 10 ans incultes. Seigle & pommes de terre. Ce Fief est aux Maritain depuis 160 ans. Georges Maritain d'Availly, petit-fils de Ferdinand, Commissaire de l'Artillerie, Capitaine d'une Compagnie de gens de pied, se trouva à la bataille d'Ivry, comme Gendarme de la Compagnie de cent hommes d'armes du Marquis de la Guiche.

Chaumont, Calvus Mons, magnif. Chât. bâti sous Louis XII, embelli par Louis, Duc d'Angouleme, époux de Henriette de la Guiche, en 1650. On voit sa statue équestre au dessus des écuries qui sont superbes, dont la voûte est soutenue par deux rangs de 28 colonnes chacun, ayant 65 pas de long & 4 degrés doubles pour monter au dessus.

La grosse tour, app. d'Amboise, a été bâtie en 1505 par Jacques d'Amboise, Abbé de Cluni, oncle de Cather. de Chazeron, fille d'Antoine de Chazeron & d'Anne d'Amboise, femme, en 1495, de Pierre de la Guiche, Chambellan de Louis XII, son Ambassadeur à Rome, à Vienne, à Londres, Bailli de Mâcon. Il fit bâtir le corps de logis au devant du Château de Chaumont. L'aîle droite de la cour, ornée de mille figures, a été construite en 1684. On y lit ces mots : le monde est renversé.

Cette belle maison, qui a un air imposant & majestueux, bien digne des illustres Seigneurs qui l'habitoient, Après être sortie des mains des de la Guiche, & avoir passé en celles des Rohan-Guimenée par le mariage d'Armande de Rhomberg, fille d'Anne de la Guiche, y est rentrée depuis 17 ans. Le Seigneur actuel se dispose à la rétablir à la moderne. Ce Château fut pris par les ennemis du Duc en 1434. L'Amiral de Coligni lui accorda une sauve-garde en 1570.

Il a donné le nom à d'anciens Seigneurs. Pierre de Chaumont, Bailli du Charolais en 1170. Bernard approuve en 1205 une charte de la Comtesse Beatrix en faveur de Parai. Guy de Chaumont en 1263. Cl. de la Guiche acquit Chaumont en 1425 : c'était alors une Châtellenie, avec droit de marché à la porte du Château. Philibert, Archiduc d'Autriche, Comte du Charolais, accorde en 1502, à Pierre de la Guiche, 4 foires franches, qui se tiennent à Saint-Bonnet.

Il y avait autrefois un Château à Joux, Jugum Jovum, & une Justice dont il est parlé dans un titre de 1296. C'est de ce lieu que Saint-Bonnet a pris le surnom de Joux : ce n'est plus qu'un Domaine.

On a découvert dans les ruines de l'ancien Château de la Saule, en 1774, à 15 pieds de profondeur, auprès du grand chemin, un coffre quarré qui renfermoit de la vaisselle d'argent & de la monnoie. Il y a eu d'anc. Seigneurs de ce nom. Les Bullioni, famille d'Italie, établie en France sous François Ier, dont plusieurs Prévôts des Marchands à Lyon, & un Élu de la Noblesse du Charolais, ont eu ce Château : maintenant à M. de la Guiche.

Anc. Chât. de la Valette, détruit. Guichard de Cypierre en fit hommage à Étienne de Chaumont en 1307.

Les Habitans de Saint-Bonnet ont droit de pâcage, avec le bois-mort & mort-bois dans la vaste forêt d'Avaize. 7 foires ; commerce en bétail, grains. Joux boîte pour les lettres. Grand'route de Charolles à Givry.

À 2 l. de Charolles, 11 d'Autun, 9 de Mâcon & de Chalon, 3 ½ de Joncy, 5 de Parai, 21 ½ de Dijon.

SAINT-BONNET-DE-VIELLE-VIGNE

Villa Vetula Vinea en une charte du IXe siècle (V, Perard, p. 31) ; & S. Bonitus de Vetula Vinea dans le IVe. saec. Bened. p.421, où Torturiers rapporte qu'un Habitant de ce lieu & un autre de Palinge, furent guéris par l'invocation de St. Benoît au Xe. siècle. L'Église & le Vill. furent donnés au Prieuré de Perreci par le Comte Eccard en 840. Par. voc. St. Bonnet, Archip. de Perreci, du patronage du Prieur, de la Baronnie de Digoine ; partie dépend du Château de Champvigy, à Made. Quarré de Charolles, qui est dans la Paroisse. Jacq. Damas de Champvigy achète en 1296, de Hugues de la Guiche, la Terre du Magni. Jean de Digoine échangea la Terre de Suin avec le fils aîné du Comte de Charolais, pour celle de Saint-Bonnet, en 1311.

63 Habit. en 1751, env. 260 Commun. avec les dépend. Velle, Fitreche, Champrenaud, Frechard, alternatifs avec Grandvaux, Fougère ; Champvigy, Fief : Guillaume Sachet, Chambellan du Duc, Bailli d'Autun & du Charolais, en était Seigneur en 1407 ; la Garenne, Pont-Morlange. Ce Village dans un fond est à 3 l. de Parai, 2 de Charolles.

Lat. 46° 31' 2". L. 1° 56' 27".

SAINT-EUSEBE-DES-BOIS

Par. Archip. de Blanzy, des Bailliages de Charolles & de Montcenis, des Recettes de Charolles & d'Autun. Le clocher & partie de la Paroisse forment une Seigne. à Pierre-Marie Naturel de Valetine, Seignr. de Marigni : une autre partie comprend le Chât. & Sge de la Motte-des-Bois, à M. Bouhier de Versailleu. Guy de Germolle, Sgr. de Saint-Eusèbe en 1316, Montchanin & autres Villages de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent : ce qui dépend de Montcenis est le Village de Bourgogne, partie de celui de Chaumont-le-Roi ; le reste est du Mâconnais & de la Châtellenie de Saint-Gengoux. Le Gratoux est l'Annexe de Saint-Eusèbe. Le Duc Hugues IV échangea en 1252 la Justice de Sathenai pour la Ville de Grateur, avec l'Abbé de Cluni. Les autres Ham. ou Dom. sont les Moran, la Favée, Parisenot, Ragni, la Rochette, le Mornai Fief, le Mesplier, la Feauté, Bois-Borton, & Granges de la Dame de Trant. 50 f. 300 Comm. 41 Hab. imp. en 1751 (48 en 1679).

À 6 l. de Charolles, 2 du Mont-Saint-Vincent, 2 ¼ de Montcenis.

(Manquent pages 142-143)

Diocèses, où quelques Curés de Diocèses différens se sont réunis pour la collation. Serigni, dont reprit de fief Jean de St. Julien, mari de Jeanne, fille de Henri de Visel & d'Yolande, fille d'Arches de Serigni, en 1363. Ce Fief avec Chât. à N. Guillier de Chalon, de 8 f. Chaillot, Beaumont, Gelyonvre, le Monceau, la Toppe, les Moulins de 12 f. Gaubourdon, la Beluse, le Perroy, Vauzelles, Corcelles de 5 f. Courjobin & autres Métairies.
Ruisseau qui tombe dans la Bourbince à Saint-Valier, ayant sa source au bas d'Azu. Ance carrière de pierre meulière dans les chetifs bois, qu'on n'exploite plus depuis 27 ans : autre aux bois francs, qu'on exploite. 2 moulins. Pays de seigle. Le terrier de la Prévôté de Saint-Romain fait en 1435, en 492 feuillets, signé de Thusiaco, en la Chambre des Comptes de Dijon.

À 4 l. de Charolles, 1 ¼ du Mont-Saint-Vincent, 8 de Chalon & d'Autun.

SAINT-ROMAIN-SOUS-VERSIGNY

Par. voc. S. Jacques, à la collat. de l'Év. d'Autun ; Archip. de Perreci ; Sgr. le Prieur : cette Terre lui fut donnée par le Comte Eccard, Fondateur, en 840. Franç. Maublanc de Martenet, Coseignr. 200 Comm. compris 20 Dom. & 10 Locat. Martenet, Seigneurie à M. Maublanc, avec Chât. & Chap. Guillaume de Digoine possédait Martenai en 1261. Fief du Chardonnet à Jean-Louis Bernigaut de Granges, Lieut. Gén. du Bailliage de Chalon. Il en est parlé sous le nom de Cardonensis Villa dans une charte du Comte Eccard en 840. On en voit des reprises de fief dès le XIIIe siècle.

Tuilerie. Bonne carrière de grais pour aiguiser. Moulin sur un étang. Ruisseau qui coule dans l'Oudrache.

À 1 l. de Perreci, 1 de Toulon, 5 de Charolles, 8 d'Autun.

SAINT-SYMPHORIEN-LES-CHAROLLES

Par. Collateur l'Évêque d'Autun ; Seignr. Franç. Deschamps de la Villeneuve. Brèche, Fief : Henri de Brèche reprit de fief de sa Maison-forte en 1366, réunie à la Seigne.

60 f. 220 Comm. avec les dépend. Corcelles, Fief à Blaise Quarré du Plessis ; jadis aux Motin & aux Laison. Guillaume de Corcelles, fils de Hugues, fit en 1272 un traité pour la pêche dans l'Arconce. Les Pougeaux, Pezy, Mormot, les Provins en partie & le Verdier.

À ¼ de l. de Charolles.

SAINT-VALLIER

Par. voc. St. Valere, à la collat. de l'Év. d'Autun. Archip. de Blanzi ; Seigr. le Duc de Cossé, autref. au Présid. Melchior Cochet, dont on peut voir l'éloge tom. 2 , pag. 616. La Prévôté de Saint-Valier fut aliénée par le Prieur de Perreci, Pierre de la Rivière, à M. Cochet, & confirmée par Arrêt. Pierre de la Tour, Curé, était Garde du Scel commun en 1349. Renaud de Montmort fit montre à Saint-Valier de sa Compagnie, composée de 41 Écuyers, en 1418. 500 Com. avec les dépend. 21 Ham. ou Domaines. La Grange, Fief, à Melchior-Benigne Cochet du Magny, Conseiller-Clerc au Parlement ; l'Essertaut, ancienn. Château-fort, détruit, appartenait aux d'Amanzé, maintenant à N. Mayneaud de la Tour ; Chaubuisson, Fief, à Nic. Gacon ; le Vernoy, Lavernée, les Brosses, Luci, Saint-Boil où une Chapelle fut fondée au XVe siècle. Saint-Valier, dans un vallon à ½ l. de la Bourbince, est sur 2 ruisseaux, la Lineasse & le Plain-Joly, entre Blanzy, Gourdon, Saint-Romain, Pouilloux & Sanvigne.

À 5 lieues de Charolles, 9 d'Autun, 3 de Montcenis.

SAINT-VINCENT-LES-BRAGNI

Par. Voc. St. Vincent, Patr. de la Cathéd. de Chalon ; Archip. de Perreci, Sgr. M. de la Côte de Digoine. Fief de la Chevalée, à N. Bouillet de Sivri ; Fief des Bouvot, à N. de Boyer. La petite rivière de la Varenne (1) passe sur une partie de la Paroisse, coule à Saint-Léger, & se jette dans la Bourbince au dessous de Parai. Pays de seigle, de bois. Prés souvent inondés par l'Oudrache. Carrière de pierre de taille. 44 Hab. impos. en 1751 (50 en 1679) ; actuellement 67 f. bons ou mauvais. 250 Comm. 5 Ham. ou Dom.

À 1 l. ½ de Parai, 3 ½ de Charolles.

(1) Ainsi nommée du Fief de la Varenne, donné par Guy de Chaumont à Jean Damas, Seigneur de Colanges, en 1351.

SANVIGNE

Par. voc. S. Symphorien ; Archiprêtré de Blanzy ; Patr. de la Cathéd. d'Autun ; Sgr le Roi. Le terrier de la Châtellenie est de 1446, en 256 feuillets, à la Chamb. des C. de Dijon, Henri de Brancion vendit cette Terre au Duc Hugues 6000 livres en 1253. Guillaume Bataille était Capitaine du Châtel en 1396. 3 Fiefs ; le Magny, Curtis Magnensis, ainsi appellé au IXe. sièc. dans une charte pour Perreci, à Melchior-Benigne du Magny, Conseiller-Clerc au Parlement, avec Chât. ancien ; Montbugi avec la tour, à N. de Montagu de Couches, altern. avec Dompierre ; Uxeau, Uxatellum, à M. Carrelet de Loisy, Conseiller au Parlement ; Chât. de Sanvigne sur la pointe d'une haute montagne, dont il ne reste que des pans de murailles avec de larges fossés, d'où l'on a une vue fort étendue. 100 f. 600 Commun. avec les dépend. Ornan, la Faye, la Tour où le Comte Eccard donne 4 meix au Prieur de Perreci en 840, &c. en tout 38 Domaines, 70 Locat. La Paroisse a 6 lieues de tour, & depuis 30 ans a augmenté de 160 Comm. 15 étangs, 2 moulins. 1 tuilerie. Commerce en bétail, tonneaux. On a découvert une mine de charbon de terre, qui se transporte aisément par l'Arroux & la Loire. Autrefois foire le lundi gras.

Entre Saint-Brin, Blanzy, Saint-Valier & Perreci. À 5 l. de Charoles, 1 ½ de Perreci, 5 de Montcenis, 6 de Couches, 7 d'Autun, 9 de Dijon.

SAVIANGE

App. dans une charte du Comte Eccard de 840, Savianga Villa : il y donne un meix au Prieuré de Perreci. Par. voc. St. Reverien ; Dioc. de Chalon, à la collat. de l'Év. L'Église, autref. Succursale de Germagni, fut érigée en Cure, il y a 130 ans, par Jean de Maupeou. Sgr. M. de Thiard de Bissy, de I'Acad. Fr., Lieut. Gén. des Armées du Roi, Gouverneur d'Auxone ; auparavant Nic. de Sandaucourt. Anc. Chât. près de l'Église qui était la Chapelle castrale.

40 f. 144 Commun. Ham. Quintry, Fief franc, à Claude de Thésut d'Aumont, avec Chât. les Guillarts, la Métairie de la Barjelaine, le moulin de l'Etang & le Moulin des Bucherot. Belle fontaine au bas du Presbytère. Quelques vignes. Bois au Seigneur. 3 moulins. Bons prés sur la Guye, mais sujets à ses inondations. Près de la route de Chalon à Charolles.

À 8 l. de Charolles, 2 ½ du Mont-Saint-Vincent, 5 de Chalon, 18 de Dijon.

SUIN

Sedunum, dernière Paroisse du Charolais & du Diocèse d'Autun, à l'est du côté du Mâconnais ; Par. voc. la Vierge (15 Août), à la collat. de l'Évêque d'Autun : le clocher paroît du IXe siècle.

Cette grosse Paroisse, autrefois dans les bois, sur une des plus hautes montagnes de la Province, a 7 l. de tour, & composée de 9 Hameaux, non compris celui de Saint-Branché, triennal avec St.-Bonnet-de-Joux & Vandresse, peut avoir 220 f. 800 Com. & 400 enfans. Dépend. Tillay, où était jadis une Chapelle de St. Euphemie, l'Ecousserie, dont une partie dite l'Ecousserie d'en haut, s'appellait Charnot ; c'est dans ce dernier lieu que se rend la Justice du Comté de Sevignon. Les deux foires de Suin se tiennent à l'Ecousserie. Mont au sud, Charantigny & Yauselle à l'ouest, les Gursins & Ruere au nord, Vaux à l'est, où était jadis un Château possédé par N. de Villars-Vaux : c'est un beau domaine relevant de Sevignon. Guy de Vaux fit hommage de ses Seigneuries en 1373.

Sevignon a une Chapelle & un Château qui appartenait à l'ancienne Maison de l'Espinasse. Jean, Sire de l'Espinasse, commanmandant 4 Bacheliers & 65 Ecuyers, parait à la montre de 1386. Cette Terre passa à P. de la Guiche par le don que lui en fit Remond de l'Espinasse, Prieur de St. Pierre de Mâcon, le dernier de sa famille. Georges de la Guiche, Chevalier de l'Ordre en hérita de son père & a commencé la branche de Sevignon : il fut Élu de la Noblesse du Mâconnais en 1549.

On voit au sallon 28 tableaux des la Guiche, dont j'ai parlé à l'article de Champvent & la Guiche. Marie de la Guiche fut Duchesse de Ventadour, & Henriette épousa Louis, Duc d'Angoulême. J'ai remarqué dans la bibliothèque de précieux mss. bien écrits ; entr'autres les différens ouvrages de Roger de Rabutin de Bussi, en 7 vol. in-4°. superbement reliés avec les armes de Rabutin ; le vol. de la généalogie de la Maison de Rabutin, avec les preuves, écrit de la main du fameux Roger, & le seul qui ne soit pas imprimé ; 2 gros vol. in-fol. des Mémoires de l'Intendant Bouchu sur la Bresse, 1666 ; Mémoires histor. sur la Fronde depuis 1642 à 1652 ; magnifique édition de César, Londres, gros in-fol. avec fig. dédiée an Prince Eugène.

Sevignon est appellé dans les vieux titres Civignon. Beau chemin neuf, fait en circulant depuis le Château, coupant la voie romaine au dessus de Monceau, & tirant du sud-ouest à la route de Mâcon à Charolles, l'espace de ¾ de l. percé aux dépens du Seigneur en 1775 : il doit tirer au nord, par S. Bonnet au Chât. de Chaumont, & par un autre embranchement à l'est, tendre à Cluni, 2 l. de Sevignon.

On voit à Comble le reste d'un ancien Castel. Availly avec Chât. (V. ci-devant S. Bonnet-de-Joux).

Il y avait un Château-fort sur le sommet de la montagne de Suin, brûlé du temps de la Ligue. En fouillant, on trouva en 1772 & 1776 beaucoup de marques d'incendie, des fers à cheval, une agraffe antique, deux pièces de monnoie, dont l'une était de Philippe le Bon. Il parait par des décombres que la montagne était habitée. On a déterré autour des médailles gauloises, des romaines de Domitien, d'Aurelien, des urnes, un morceau de colonne de 3 pieds 2 pouces de circonférence, plusieurs tombeaux de grais avec des ossemens, une molette d'éperon, un fer de coutelas, un talisman en corne, qui est dans le cabinet de M. d'Availly, Sacristain de l'Abbaye de Savigny, Dioc. de Lyon ; un petit bas-relief & représentant 2 guerriers.

Tous ces monumens & les vestiges d'une voie romaine bien marquée au bas de la montagne, annoncent que Suin était autrefois une station romaine. Son nom celtique, Sedunum, marque assez sa haute antiquité.

Il a donné le nom à d'anciens Seigneurs. Beatrix de Suin, fille de Guichard, Chevalier, femme de Guille. Autrichat, reconnoît en 1307 tenir en fief d'Étienne de Chaumont sa maison & tour de Tillay ; J. de Suin, 1321 ; Bernard de Suin, 1356 ; Beraud de Suin, Sgr de Villars, dont le frère était Chantre de Chalon, en 1422. J. de Digoine échangea la Terre de Suin avec le fils aîné du Comte de Clermont & de Charolais, pour celle de Saint-Bonnet-de-Joux, en 1311. Elle appartient depuis longtemps à la Maison de la Guiche. Plus. étangs ; puits au dessus de la montagne, où l'on voit de gros rochers renversés à sens inégal, marque d'un éboulement ou d'un violent tremblement de terre. Terroir sablonneux ; pays de seigle, assez pauvre. Il y vient des châtaignes & des navets excellens. Il y a eu beaucoup de défrichement, & la population a bien augmenté depuis 50 ans ; puisqu'en 1708 il n'y avait que 225 Communians, dont il ne resta que 95 après la famine de 1709, & qu'il y en a maintenant plus de 700. Les Paroisses de Suin, Verovre, Dompierre, fournissent des pierres taillées à facette qui sont des diamans faux : on en envoie à Lyon pour Genève. Madame Desprez, fille du Comte de Tavannes, en avait un collier, des pendans d'oreilles & garniture de montre. On y trouve aussi des nautilles & des oursins : le cabinet du Docteur Ganiare à Beaune en a plusieurs, envoyés pour le Curé de Suin (M. Bismand) ; celui-ci a su se procurer une bibliothèque choisie de plus de 3000 vol. dont 150 in-fol & 300 in-4° avec des éditions rares, telle qu'une Bible lat. de 1479, un Tite-Live in-fol. de 1552, avec des notes marginales du docte Saumaise.

Trois moulins sur des ruisseaux qui tombent dans la Guye, & delà dans la Grône. Un ruisseau au sud tombe dans la Semence, qui à Charolles s'unit à l'Arconce & se jette en la Loire : ainsi les eaux de Suin vont aux deux Mers.

Suin est sur la grand'route de Charolles à Mâcon, qui longe la Paroisse pendant deux lieues : entre Bussière, Verovre, Baubry & Saint-Bonnet.

À 3 l. de Charolles, 12 d'Autun, 10 de Chalon, 7 de Mâcon, 3 de Cluni, 3 de la Clayte, 24 de Dijon.

Lat. 46° 24' 41". L. 9' 43".

TOULON-SUR-ARROUX

V. dans l'Autunois où il a été mal placé, tom. 3, pag. 629.

VANDENESSE-LES-CHAROLLES

Par. Voc. S. Denis ; à la coll. de l'Évêque d'Autun. Le Curé entrait aux États du Charolais. En 1178 Hugues Dumay, Chevalier, fit don à Cluni du cimetière & de l'Église. 1000 Commun. compris les Ham. Colanges avec Chât. à N. Mayneaud , Comtesse de Pons-Saint-Maurice. J. Dubiez en était Sgr. en 1466 ; Hugues de Laye en 1500 ; Le Grand Prieur de Cluni, J. de la Magdelaine, acquit Colanges en 1500, pour son neveu Girard de Ragny, dont le fils fit rebâtir le Château où sont leurs armoiries, d'où il passa au Duc de l'Esdiguière. Plain-Chassagne, Chapandy, alternat. avec Baubery ; Saint-Branché dans les bois, alternat. avec Saint-Bonnet-de-Joux, Chapelle de S. Pancrace ; il y avait une foire fameuse, transférée à Charolles depuis 14 ans ; Château-Renard ou Chatonard, Chogne, les Landes, Sermaize, la Fourche, dont trois auberges sur le grand chemin de Charolles à Mâcon ; Bierre, Fief au Chevalier de la Guiche : Jean de Bierre, dit la Moiche, Ecuyer du Duc Jean, était Bailli du Charolais en 1419. Pomier, Jean de Chemilli, Seigr. de Pomier, dont la fille Marguerite épousa noble Jean Verson de Charolles en 1529. 5 moulins; plusieurs étangs. Beaucoup de pétrifications, surtout en belemnites & cornes d'ammon. À Chogne ruisseau qui se perd au dessus du Village, & reparoît plus bas sous les rochers, & tombe dans la Semence. À 1 l. de Charolles.

VANDENESSE-SUR-ARROUX

Voy. ce Village au Bailliage de Montcenis.

VAUX-APRES, ANNEXE DE GENOUILLY : V. GENOUILLY

VAUX-DE-BARIER ou BARIERES

Vallis de Beria, Par. voc. S. Antoine ; Pat. l'Abbé de Cluni ; Archip. de Charolles ; Sgr. N. de Thésut, comme Seign. de Moleron, où est un vieux Château. Les Religieuses du Prieuré de Beaulieu, Ordre de Fontevrau, étaient Dames de Vaux-de-Barier il y a 100 ans ; Montot, la Couture, Barieres, Vauzelle & Moleron : ces Hameaux forment en tout 50 f. 200 Commun. 2 moulins sur un ruisseau qui descend à Terzé ; une teinturerie, un foulon, une huilerie, & scie à eau. Carrières de grais propres à faire des meules à aiguiser, égales en bonté à celles de St. Romain près Perreci. Jeanne de Priezat, Dame de Moleron, a fondé un lit à l'Hôpital de Charolles pour les malades de sa Terre. Aimar de Digoine en était Seigneur en 1444.

À 1 l. de Charolles, 13 d'Autun.

VEROVRE

Par. voc. S. Bonnet, Archip. du Bois-Ste-Marie ; Pat. L'Abbé de Cluni ; M. de la Roche-Talon, Sgr Haut-Justicier. La famille des Auducs y est très ancienne ; elle a des testamens de 200 ans ; un, entr'autres, substitue le bien à l'aîné, mais à condition qu'il ne sera ni d'Église, ni de Guerre, ni de Pratique ; & le cas arrivant, le bien doit retourner au puîné : jusqu'à présent ils ont continué la culture de leurs domaines.

450 Comm. avec les dépend. Montot, les Bruieres où se fait un dépôt de vin, avec 6 foires par an ; Laveau, les Jannot, l'Essertine, les Pierres ; les Ducs, Dromvent, Prieuré dépend. de l'Abbaye de Lanchare. Le Prieur entrait aux États du Charolais. On a trouvé au cimetière de belles tombes. Ces quatre derniers endroits sont de la Recette de Semur en Brionnais, du Bailliage de Mâcon. Hautecourt où est née la pieuse Marie Alacoque, fille d'un Notaire (voy. Parai) ; Chavanes : Jean de Syon, Écuyer, fait hommage du Fief de Chavanes au Comte de Charolais, en 1320.

Le Marquis Desprez est Sgr de Verovre, en ce qui est du Charolais. Son Château du Terreau était anciennement aux de l'Espinasse : une fille de cette Maison le porta à J. Prisia d'Andelot, dont l'héritiere épousa N. Leroux-Poitevin, & ses héritiers l'ont possédé longtemps. 1 moulin. Terrein sablonneux.

À 3 l. de Charolles, 1 de Suin, 12 d'Autun.

VIGNI

Par. voc. S. Martin ; Collat. L'Év. d'Autun. Seignr le Doyen de Parai. Env. 40 f. 150 Comm. Sur le ruisseau Verdelin qui tombe dans l'Oudrache. Ham. la Villeneuve, le Bois-Bouillet dans la plaine, Vernisse, le pet. & le gr. Mardeaugue, la Treiche sur le coteau. Terres à seigle. Quelques vignes.

À 1 l ¼ de Parai.

VILLORBAINE

Villa Orbana, Par. voc. St. Martin, à la coll. de l'Évêq. d'Autun, & anciennement de l'Archiprêtré de Charolles. NN. de Veigny & Baudinot, Coseigneurs. 1 moulin avec huilerie. 3 Domaines forment la Paroisse de 22 Comm. & 80 quand elle à Plain-Chassagne-Bas altern. avec Viry : au dessus 3 Dom. & 8 Barraques situées dans un fond sur l'Arconce. Terre à 2 tiers de seigle, 1 de from.

À 1 l. ½ de Charolles.

Bern. de Villorbaine, Chevalier, témoin d'une charte pour Marcigni en 1089. Le Château d'Arnier, dont on trouve un dénombrement fourni en 1364, est détruit.

Lat. 48° 28' 2". L. 2° 1' 59".

VIRY

Viriacus, Par. voc. S. Barthelemi ; Patr. de la Cathéd. d'Autun ; Archip. de Charolles ; Sgr M. le Chev. de la Guiche, résidant en son Château de Saillant. 580 Comm. 150 f. avec les dépend. Chechi, Chaux, Tremolle, anc. Fief que possédait Philippe de Rymon, depuis à N. de Martignac & à N. Lorain ; Fief de la Combe, à N. Aubri ; Fief des Brosses, au Sr. Lagrange, jadis à Philippe de Rymon, & à Guillaume des Brosses en 1372 ; Fief de Jucheau, longtemps possédé par les Thésut & les Dagonneau, à présent à N. Fricault ; & 30 Dom. Plain-Chassagne-Bas altern. avec Villorbaine.

Saillant avec Chât. Jeanne de Damas, veuve de Gérard de Chivri, reprend de Fief de sa Maifon-forte de Saillant en 1399. Le Chancelier Guillaume Hugonet rebâtit le Château où demeurait sa femme Louise de Laye, quand les Gantois lui coupèrent la tête en 1478. Sa fille Louise de Saillant épousa Philibert de Roche-Baron. Son frère, Évêque de Mâcon, mourut Cardinal à Rome en 1484. Gaspard de Saillant & Charles son fils furent Seigneurs de Saillant. Isabeau porta cette Terre à Jean de la Borderie son mari. Jean Boyer, gendre de Jean de Thiard de Bissy, Lieut. Gén. à Mâcon, fut Seigneur de Tremolle, Champlecy & Saillant, vers 1562 ; depuis aux la Salle, aujourd. au Chevalier de la Guiche.

On voit au grand vitrail de l'Église de Viry, les figures de Charles de Saillant au pied de St. Charlemagne, & celle de Marguerite de Saligsly, sa femme, devant Ste Marguerite, tenant un cierge allumé que le diable tâche d'éteindre avec un soufflet. Cette peinture est de bon goût & bien conservée. La devise est, non plus. Il y avait un ancien Mépart, encore composé en 1545 de 6 Chapelains, dont le Curé était le Chef, & avait droit d'entrer aux États du Charolais. Chapelle rurale de St. Léger. 4 foires, dont celle du 18 Octobre principalement pour les cochons & le gros bétail, est très fréquentée. 3 moulins. Bois, pâcages. Prés sur l'Arconce. Ruisseau, appellé Sonnette, qui vient de Martigni.

Le Curé (N. Legoux d'Autun) a formé une bonne collection de livres & un cabinet curieux d'histoire naturelle.

À 1 l. ½ de Charolles.

VITRY

Vitriacus, Vertiacum, Par. voc. S. Thibault ; Archipr. de Semur ; Pat. l'Abbé de Cluni, Sgr comme Doyen de Parai. La Dame Ricendis lègue au Prieuré de Perreci des fonds & des vignes à Vitry en 922, & Odilo en 931. (V. Per. pag. 29).

32 Habit. en 1679 (25 en 1751). Dép. les Quares, Chaumaz, Pont, Lemont, Pouilly, les Bessons, les Loges, &c. les maisons en pisay, bois & torchis, peu en pierre, presque toutes couvertes de paille. Prés de mauvaise nature. Terres mortes, app. terres de bois, qu'on ne peut faire valoir que par le moyen des fossés & des saignées. Terrain sablonneux & de peu de valeur.

À 3 l. de Charolles.

VOLESVRE

Volabra, Par. voc. St. Jean-Baptiste, à la collation de l'Évêq. d'Autun ; Seigr M. de Cypierre, Intendant d'Orléans.

100 f. 300 Commun. 44 Habit. impos. en 1751 (51 en 1679) dont 28 Laboureurs & 3 Meuniers. Dépend. Villaines, Villana, Fief aux Ursulines de Parai ; le Seuil, Fief à N. Bouillet, Avocat à Parai ; jadis aux Quarré ; Vaux, Vallis, Fief à N. Mayneau de Bizefranc ; les Halliers, les Chevannes, à 1 l. ¼ de la Paroisse, & 7 ou 8 Domaines.

Cypierre avec anc. Chât. donna le nom à d'anciens Seigneurs. Guillaume de Cypierre en 1266 : c'est le berceau des Marcilli de Cypierre, famille éteinte. Charles Damas de Marcilli, Gouverneur d'Autun, en était Seigr au XVe sièc. Philibert de Cypierre, Gouverneur de Charles IX, « lui avait donné, selon l'expression de Brantome, une excellente nourriture, mais qui fut gâtée par le Rets italien. La France, dit S. Julien de Baleure, pag. 356, reçut grand dommage, & le Roi perdit un serviteur très nécessaire, quand Cypierre mourut aux eaux de Spa. » Son frère Pierre de Cypierre, fut Évêque d'Autun en 1558, mort au Château de Lucenai en 1571, & inhumé en sa Cathédrale, entre Philibert de Marcilli Chevalier de l'Ordre, & Philippe Doyen, ses frères. Damas de Cypierre, bon Royaliste, reçut un honneur nouveau à la rentrée du Parlement, revenu de Semur le 20 Juin 1595 ; il y fut décidé, à cause de sa fidélité, qu'il aurait séance & voix délibérative à la Cour, mais que sa voix ne ferait point partage. Cette Terre était au dernier siècle à N. Boiveau. Chap. rur. fondée. Pont sur la Bourbince, autrefois Hameau donné au Prieuré de Perreci en 840.

3 moulins ; 1 huilerie ; bois, monticules, vallées, chemins impraticables l'hiver.

À ½ de la route de Parai à Charolles, ¾ de l. de Parai, 1 ½ de Charolles, 12 d'Autun, 25 de Dijon

Je ne puis finir le Charolais, sans avertir que l'Abbé Expilli qui écrivoit en 1764, parle, dans son 2d vol. du gr. Dictionn. Géog. p. 336 & 337, des États du Charolais, comme subsistant encore, de la Chambre des Élus, de la Recette des États, & place Charolles à 55 lieues de Paris. Ainsi l'Abbé Compan, qui a donné une nouvelle Géographie en 2 vol. 1771, met encore le Charolais dans la Maison de Condé, dont il est sorti en 1761. Voilà les erreurs où l'on tombe, quand on décrit un pays à 100 lieues de là, sans l'avoir vu. Pour moi qui l'ai parcouru trois fois, qui ai consulté les voyans de chaque lieu principal, qui ai fouillé tant de titres & de chartes, je tremble encore de tomber dans des erreurs involontaires, pour lesquelles j'implore l'indulgence du Lecteur.

Fin du Charolois

(Abréviations : Archip. Archiprêtré, Coll. Collation, Comm. Communiants, Dioc. Diocèse, f. feux, s. Siècle, Hab. Habitants, Ham. Hameau, l. lieu, Par. Paroisse, Patr. Patronage, Sgr. Seigneur, Voc. Vocable, &c. etc.)

info Histoire du Brionnais par Claude Courtépée

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