gif

Histoire du Charolois

Description historique et topographique du duché de Bourgogne par Claude Courtépée

Source : "Description historique et topographique du duché de Bourgogne",
par l'abbé Claude Courtépée et Edmé Béguillet en 7 volumes, Tome IV (1779) Charolais, Brionnais.


COUP D'ŒIL SUR LE CHAROLOIS

Ce Baillage, le VIe. principal du Parlement de Bourgogne, établi par Louis XI en 1477, a 10 lieues de long du nord au fud, depuis S.-Eufebe-des-Bois à Poiffon, sur 8 de large de l'eft à l'oueft, depuis Saviange à Toulon. Il eft borné au nord par celui de Montcenis, au fud par le Brionnois, à l'eft par le Mâconnois, & à l'ouest par le Bailliage de Bourbon-Lancy. Son reffort comprend 2 Villes, 4 Bourgs, 70 Paroisses, 5 Prieuré, 4 anc. Baronnies, 4 Prévôtés, 6 Châtellenies, 32 Seigneuries, & 196 Fiefs. Tous ces lieux font de la Recette & Subdélégation de Charolles, du Diocèfe d'Autun, à l'exception de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent qui eft de celui de Chalon, & de 4 Paroifles de celui de Mâcon.

Ainfi ce Bailliage a d'étendue en toifes quarrées 352,30000,000, en arpens chacun de 100 perches, 391, 444 1/9 ; en lieux quarrés de 2400 toifes 61 94/576.

RIVIÈRES

Le Charolois eft arrofé de plufieurs rivières, dont deux font navigables ; la LOIRE depuis Roane à Digoin, & l'ARROUX feulement depuis le port des quatre vents, & quelquefois dans les bonnes eaux, depuis Toulon à Digoin. Cette rivière dont la fource eft au Bailliage d'Arnai-le-Duc, baigne les anciens murs d'Autun, où elle reçoit la Tavernai, entre dans le Charolois à Toulon, & va fe réunir à la Loire entre Digoin & la Motte-Saint-Jean. Le projet de rendre l'Arroux navigable depuis Autun, comme il l'étoit du temps des Romains, va enfin s'exécuter par Arrêt du conseil d'Avril 1778. Le devis, fait en 1776, monte à 197230 liv. Les ouvrages confiftent en 10 éclufes, en 9 digues, en déblais des rocher & des fables qui portent obftacle à la navigation, en chauffées & autres ouvrages néceffaires au port d'Autun entre les deux ponts fur l'Arroux. L'exécution immortalifera fes auteurs, vivifiera une contrée morte & ftérile, & fera très avantageufe au commerce fi languiffant dans l'Autunois.

L'ARCONCE, Areconcia, fort de la fontaine du Prégris, au deffous de Moleron, Paroiffe de Mari, va former l'étang du Rouffet, tombe dans celui de Verderat, arrofe Viry, defcend à Charolles, à Changy, Anzi-le-Duc, Monceau, Saint-Yan, & va fe perdre dans la Loire au deffous de Pont à Mailli, après un cours de 15 lieues. Elle eft fort poiffonneufe en carpes & brochets furtout.

La BOURBINE ou BREBINCE, Bofbanfia, Burbentia, Buboncia, fort du lac de Long-Pendu, qui verfe fes eaux dans l'étang de Montchanin, parcourt prefque tout le Charolois, paffe à Blanzy, Ciry, Parai, reçoit l'Oudrache, & s'écoule dans l'Arroux au Verdier. C'eft par le moyen de cette rivière & de la Déheune qui a la même fource, que la communication de la Sâone à la Loire fut projetée en 1660 & en 1733 ; projet dont un Savant Magiftrat (M. de Torcy) a démontré la facilité & les avantages dans une brochure bien écrite en 1775. Il n'y a fur la Bourbince jufqu'à Parai, qu'un pont à Genelard & un à Bord : ceux de Ciry & de Blanzy font ruinés.

L'OUDRACHE, Uldraca, dont la fource eft à l'étang de Perreci, prend fon nom du Village d'Oudry qui eft plus bas, coule à Bragni, à Saint-Leger & fe perd dans la Bourbince au deffous de Paray, près de la Varenne, Paroiffe de Vigni, après un cours de 6 lieues.

LA SEMENCE, Sementia, vient des étangs de Suin, reçoit près de Chatonard le Mont-grenot, qui fort de ceux de Saint-Bonnet-de-Joux, & fe perd à Charolles dans l'Arconce.

LA GUYE, Guya, qui defcend de Saint-Helene, fépare le Charolois du Mâconnois & du Chalonois. Elle arrofe Saviange, Genouilly, Joncy, & tombe dans la Grône après un cours de 8 lieues.

MONTAGNES, ÉTANGS, FORÊTS, CHÂTEAUX

L'air en général eft fain, mais un peu froid dans le Charolois, étant environné de montagnes de tous côtés. Les plus élevées font celles du Mont-Saint-Vincent, de Suin, d'Artus, Sanvigne, Dondin, Chaumont.

Le milieu du pays eft rempli de collines, de plaines, de fertiles prairies, terres à bled, & d'étangs dont les plus considérables font ceux de Perrecy, du Verderat, du Rouffet, des Baronays.

Les plus belles forêts font celles de Charolles, Paray, Perrecy, Avaife, Pouilloux, Sauvement, Grandvaux, Marizy, Martigni, Digoine & Lugny. Cette petite Province étoit autrefois hériffée de Châteaux forts, prefque tous ruinés par ordre de Louis XI, ou depuis durant les guerres civiles ; tels que ceux de Mont-St.-Vincent, Suin, Dondin, Artus, Digoine, Joncy, Charolles, Marcilli, Colanges, Courcheval, Chevenizet, Cypierre, Rabutin, Joux, Commune, Sauvement, Champlecy, Martenet, Cleffi, Chaffi, Mazoncle, Buffeul, la Sale, Balore, Chaumont, la Guiche : quelques-uns ont été rétablis.

Les plus beaux Châteaux à la moderne font ceux de Digoine, de Lugny, de Saint-Micault, Genelard, Chanlecy, de Joncy, quand le plan donné par M. Antoine fera exécuté.

Celui de Chaumont, quoique rebâti fous Louis XII, & que Louis XIV honora de fa préfence, m'a paru le plus vafte, le plus fort & le plus refpectable du Charolois. On penfe à le renverfer pour en bâtir un autre à la moderne. (V. ci-après St. Bonnet-de-Joux).

COMTES DE CHAROLOIS

Ce pays, du temps de Céfar, étoit habité par les Ambarri, felon Samfon ; ou plutôt par les Brannovii, alliés des Eduens. Il fut compris fous Honorius dans la feconde Lyonnoife, & dès les premiers temps du Chriftianifme, dans le Diocèfe d'Autun. Des Romains expulfés des Gaules, il paffa au pouvoir des Rois de Bourgogne, enfuite des Rois de France au VIe. fiècle. Il fit d'abord partie du Brionnois, & vint depuis aux Comtes de Chalon dont il étoit la principale Baronnie, formant un petit canton fous le nom de Pagus Quadrellenfis dont on a fait mention au Ier vol. pag. 363, Pierre de Chaumont en étoit Bailli en 1070.

Le Duc Hugues IV ayant acquis en 1237 le Comté de Chalon dont il fit hommage à Saint Louis, en démembra la Châtellenie du Charolois, & la donna par fon teftament, en 1272, à fa petite-fille Béatrix I, fille de Jean de Bourgogne & d'Agnès de Bourbon, Cette institution héréditaire fut confirmée en 1277 par tranfaction rapportée dans le Recueil de Perard, pag. 549, & par un traité de 1279, paffé fous la médiation du Roi Philippe Ie Hardi, entre le Duc Robert II & Béatrix fa nièce, alors époufe de Robert, Comte de Clermont, fils de Louis IX, & tige de l'augufte Maifon régnante.

Il fut convenu que le Charolois feroit tenu en Fief du Duc, avec tous les donneurs qui appartenoient au Comte de Chalon. Comme ce traité important fait connoître les anciens Fiefs & les Châtellenies du Charolois, & qu'il n'eft point dans Rymon, mais feulement dans Perard dont l'ouvrage eft affez rare, on le donnera à la fin de cet article. C'eft ce Comte qui accorda les franchifes de Charolles en 1301.

Robert de Clermont eut deux fils de Beatrix, Louis & Jean ; le premier fut Duc du Bourbonnois, héritage qui venoit d'Agnès de Bourbon-Dampierre fon aïeule ; le fécond fut Baron du Charolois, & ne laiffa à fa mort, en 1316, qu'une fille Béatrix II, en faveur de laquelle le Charolois fut érigé en Comté. Des Auteurs affurent que cette érection avoit été faite par St. Louis, en confidération du mariage de fon fils Robert : cependant Jean d'Armagnac ne s'intitule en une charte de 1370, que Sire de la Terre & Baronnie du Charolois. Béatrix époufa Jean Ier Comte d'Armagnac.

Leur fils Jean II en fit hommage au Duc de Bourgogne en 1370, & fut père de Jean III & de Bernard d'Armagnac. Ces deux frères vendirent en 1390 leur Comté au Duc PhiIippe le Hardi, 60000 francs d'or, payés par fon Grand-Gruyer, Pierre du Cellier, des deniers de la dot de Marguerite de Bavière fa belle-fille, femme de Jean, Comte de Nevers, d'où il paffa à fes fucceffeurs. Philippe le Bon eut dans fa jeuneffe le titre de Comte de Charolois. La donation faite par ce Prince en 1433 à fon fils Charles, contient encore une réferve expreffe du droit de refforf & fouveraineté fur ce Comté.

Mais on voit par des Lettres Royaux de 1324, 1335, 1410, que Parai, Perrecy, Toulon confiftant en plus de 60 Prévôtés, ne relevoient que du Roi, & étoient exempts de toute Jurifdiction du Comte du Charolois, même des Ducs de Bourgogne. Ils avoient des Juges, Châtelains & Baillis, dont les appels relevoient à Mâcon. Philippe le Hardi ayant acquis le Charolois, eut la fupériorité fur les Prieures de Perrecy, Parai & Toulon ; ainfi que Philippe le Bon, par la ceffion du Mâconnois en 1435.

Après la mort du dernier Duc, Louis XI s'en empara en 1477, comme d'un Fief réverfible à la Couronne, & le plus noble mouvant du Duché de Bourgogne, en y créant un Bailliage Royal : il attribua aux Officiers le droit de reffort fur toutes les Villes & Places du Charolois.

Mais Charles VIII oublia que ce Comté faifant partie du Duché, étoit un ancien Membre de la Couronne, fujet au retour. Au lieu de rembourfer la fomme donnée par Philippe le Hardi, il le rendit, par le traité de Senlis en 1493, à Philippe, Archiduc d'Autriche, petit-fils par fa mère de Charles le Guerrier, à la charge de le tenir en Fief de la France. L'Archiduc en fit hommage au Roi Louis XII entre les mains du Chancelier Guy de Rochefort à Arras, en 1499 (Voy. Ier vol. page 501).

À fa mort, en 1506, il fut poffédé par Marguerite fa fœur, enfuite par Charles V fon neveu, qui en acquit la jouiffance fouveraine fa vie durant, par le traité de Cambrai, en 1529. Après fon décès, Henri II rentra dans tous les droits royaux de ce Comté, & nomma François Bouleri, Lieutenant Général de fon Bailliage. Depuis ce temps les Rois fes fucceffeurs ont continué de pourvoir les Officiers, comme en font foi les provifions de dix Baillis Royaux, jufqu'à N. de Boulene à la place du Comte de Coligni, en 1688.

Charles-Quint délaiffa ce Comté à Philippe II fon fils, qui le donna en 1598 à fa fille aînée Ifabelle-Claire-Eugénie, époufe de l'Archiduc Albert. Etant morte fans enfans en 1633, le Charolois retourna au Roi d'Efpagne, Philippe IV, & de lui en 1665 à Charles II fon fucceffeur, fur lequel il fut confifqué à la déclaration de guerre en 1674, & rendu par le traité de Nimègue en 1679. Enfin, il fut faifi réellement par Arrêt du Parlement, 28 Mars 1684, au profit de Henri-Jule de Bourbon-Condé, Appréciateur. Ses defcendans en ont joui jufqu'en 1761, que Louis XV l'acquit par échange de Palaifeau, d'Elifabeth-Alexandrine de Bourbon, dite Mademoifelle de Sens.

QUATRE ANCIENNES BARONNIES

C'eft ici le lieu de rechercher l'origine des quatre anciennes Baronnies du Charolois dont on a parlé. Les Comtes de Chalon, d'Autun, de Maçon, d'Auxois, étoient les grands Vaffaux des Rois, des Ducs, qui ne les a voient d'abord inftitués que comme Gouverneurs de ces Pays. Ces Comtes trouvèrent le moyen, dans les temps d'anarchie, fous le règne foible des derniers Carlovingiens, de fe rendre héréditaires. Ils accompagnoient le Prince dans la tenue de fes grands Jours ou Parlemens.

Ils convoquoient à leur tour les Barons de leur reffort à la Cour, ou aux Affifes qu'ils tenoient deux fois par an, pour juger les différends de leurs Vaffaux. Le Comte de Charolois appelloit à fes Jugemens le Baronnage de fes États, c'eft-à-dire, les Chevaliers qui poffédoient dans cette petite Province des Terres ou Châtellenies considérables, dont dépendoient trois ou quatre Paroiffes. Le Chevalier donnoit à fa Terre la prééminence de Baronnie, parce qu'il étoit Membre de ce qu'on appelloit en ce temps-là Baronnage. Le titre de Baronnie, une fois imprimé à une Terre par la qualité de fon poffeffeur, fubfiftoit en faveur des enfans.

Le Charolois ayant eu des Comtes particuliers pendant 128 ans, jufqu'au Duc Philippe le Hardi, ces Princes compofèrent leur Baronnage des quatre plus grandes Seigneuries de cette Province, qui appartenoient alors aux Sires de Vaudrey, Damas, Digoine & Dio, Seigneurs de Mont-Saint-Vincent, Lugny, Digoine & Joncy. Leurs quatre Terres devinrent des Baronnies par la qualité des Seigneurs. Il n'y a jamais eu d'autre érection de la part du Comte, que l'admiffion de ces puiffans Terriens au Baronnage, & à la place qu'ils tenoient à fa Cour, lorfqu'il rendoit en public la juftice à fes fujets.

Par exemple, la Terre de Lugny fut le partage de Renaud-Damas de Coufan, du chef de fa mere Dauphine de Lavieu, dont il fit hommage au Duc en 1263. C'étoit le 5e aïeul d'Alix de Damas-Coufan, mariée en 1430 à Euftache de Levis, 8e aïeul du Comte de Levis-Lugny. Euftache, par ce mariage, devint Baron de Lugny, parce qu'il étoit Chevalier & de naiffance a prendre rang au Barronnage. Son fils jouiffoit de cette prérogative lors du traité de 1477, fait par les États de Bourgogne avec Louis XI, & il a tranfmis le titre de Baron à fa poftérité. C'eft aujourd'hui la feule des quatre anciennes Baronnies qui n'ait point changé de Seigneur depuis près de quatre fiècles.

RAVAGES, GUERRES, LIGUE

Le Charolois fut ravagé par Waifre, Duc d'Aquitaine, qui porta le fer & le feu jufqu'à Chalon, dont il fut chaffé jufqu'au delà de la Loire par Pépin en 761. Les Auvergnats y firent des courfes au Xe fiècle, & furent repouffés par le Comté Lambert, & défaits auprès de Challemoux (Calamoffa Villa in pago Burbunenfi). Il donna au Prieuré de Perrecy, en reconnoiffance de fa victoire, plufieurs héritages, & entr'autres une Terre appellée Gentiliaca Villa in loco Reftenefo, qui m'eft inconnue, & quelques meix à Curdin, à Viefvigne & à Monceau. Il fut aidé dans cette expédition par un Chevalier nommé Letaldus, qui périt à l'action, oncle de Telinde, Seigneur de Gourdon, & par Bernard fon coufin.

Ce Pays fut expofé aux courfes des grandes compagnies d'Écorcheurs, toujours marquées par le fang & le pillage, & furtout pendant les guerres des Ducs Jean & Philippe le Bon contre les Orléanois & le Dauphin Charles VII. Les troupes de ce Prince en furent chaffées par Louis de Chalon, Prince d'Orange, par Jean de Digoine, Jacques de la Baume, les Seigneurs de l'Aubefpin, Toulongeon, la Trimouille & de Bar, en 1418.

Après la mort violente du Duc Jean, l'année fuivante, les Armagnacs fe jetèrent dans le Mâconnois, prirent le Bois Sainte Marie avec les Châteaux voifins, & mirent le fiège devant Marcigny, que le Maréchal de Cottebrune les obligea de lever. Il fit rompre tous les bateaux qu'ils avoient au port de Digoin, dont ils le fervoient pour entrer dans le pays, ou pour en fortir quand ils étoient pourfuivis. Deux mois après, des gens d'armes & de trait firent encore des courfes jufqu'à Charolles, enlevèrent le bétail, & rançonnèrent les payfans.

Ce Pays, ainfi que le Brionnois fut fouvent le théâtre de fanglantes exécutions & d'un brigandage affreux pendant les guerres civiles, fous Charles IX, Henri III & Henri IV. Prefque tous les Bourgs & les Châteaux furent pris, repris & ruinés. Le Château d'Arcy foutint deux fiéges, & fut détruit en partie, ainfi que celui d'Anzi-le-Duc, de Selorre, de Dondin, d'Artus, de Digoin. Le Comte de Tavannes affiégea & prit le Fort de la Motte-Ternant, en Mai 1591 ; & le Chapitre fut difperfé.

L'Églife de Baubry fut incendiée, & le Village pillé par l'Amiral de Coligni ; Vantoux défit les Calviniftes au pont de Joncy en 1567. Les Reîtres commandés par Cafimir & le Prince de Condé, logèrent à Anzy-le-Duc, à Parai, à Marcigni, faccagèrent Semur, & caufèrent beaucoup de dommages en 1576.

Le commerce fut interrompu, la culture négligée ; les payfans fe cachoient dans les forêts ; il n'y avoit plus de fureté fur les chemins : ce n'étoit partout, dit un Mémoire manufcrit du temps, que volerie, pillages, faccagemens de Villes & de Châteaux par les Royaux, comme par les Ligeux. Dieu y boutte fin, & nous fauve des garnemens !

Ces malheurs ne finirent que quand Henri IV, le vainqueur & le père de fes fujets, eut terraffé l'hydre de la ligue, &, comme un foleil levant, eut diffipé les nuages obfcurs qui couvroient la face de la France. Il rendit le Charolois par le Traité de Vervins en 1598 à Philippe II. Voilà tout ce que la vafte politique du Roi d'Efpagne retira des frais immenfes qu'il avoit faits pour brouiller notre Royaume. Tel fut le fruit des 114 millions employés à fes inutiles projets, & dont une grande partie fut prodiguée pour entretenir la division & la guerre en France.

PESTE, FAMINE, DÉPOPULATION

Aux fléaux de la guerre fe joignit celui de la pefte & de la famine : on verra à l'article Parai que la pefte fut fi violente en Charolois, que de cent perfonnes il n'en reftoit pas douze en 1347. Pierre Turrel, dans fon Période du Monde, page 25, nous apprend qu'en 1531 les Charolois fe nourriffoient d'herbes, & faifoient une efpece de pâte avec des racines & une poudre tirée d'une montagne qu'il ne nomme pas. La contagion de 1585, de 1636, rendit les Villes défertes.

Rien de fi lamentable que le tableau de la mifère affreufe de ce Pays en 1708, 1709 & 1710, préfenté aux États Généraux de Bourgogne, & dont j'ai copie imprimée. On y voit qu'en 1709, de cinq parties des Habitants il en périt trois par la faim. On y vécut de glands & de farines de fougère. 400 Métairies reftèrent incultes & abandonnées. Des Hameaux entiers y devinrent déferts.

Qu'on juge de la dépopulation caufée par le grand hiver fur l'état fuivant. Charolles qui avoit 986 Communians, n'en avoit plus que 600 à la fin de l'année ; Suin de 300, plus que 95 : Il y mourut 235 perfonnes, 158 abandonnèrent le pays. À Changy ? morts, à Viry 358, à Martigni 314, Bragni de 309 Communians, il n'en refta que 19 ; à Genouilli que 60, à Parai que 626, il y en mourut 860, &c.

Des années plus heureufes, la culture affidue des terres, les défrichemens, vingt ans de paix au commencement du règne de Louis XV, le commerce ranimé par les routes ouvertes en 1752, ont rétabli ce pays, & doublé depuis la population : on compte à préfent à Charolles, à Paray, à Digoin, au ? 1500 Communians, à Suin 700, à Changi 340, à Viry 430, &c.

Ainfi à proportion des autres endroits, comme on le verra dans la Description particulière qui va fuivre. Pour en faire comparaison, je citerai quelquefois le nombre des Habitans imposables en 1679, extrait de la vifite faite en Charolois par l'Abbé de Théfut, Élu du Clergé, & par N. Julien, Secrétaire en Chef des États ; &, d'après celle faite d'ordre des Elus par M. Varenne en 1751, dont j'ai copié.

Ce dernier a porté l'attention jufqu'à marquer la quantité, la qualité, le produit des terres, prés, vignes ; le nombre des Habitans, des laboureurs, des veuves, des enfans, des charrues, des bœufs même, la cote de chacun, la dîme & les décimateurs. Qu'on juge d'après cet expofé combien MM les Élus font inftruits de toutes les facultés pour affeoir les impofitions felon leur équité connue, & fi mon ouvrage, en indiquant feulement les feux & les Communians, peut faire le moindre tort. Ce que j'ai cru devoir remarquer ici pour guérir certains efprits méticuleux, qui fous un prétexte frivole ont craint de me communiquer le nombre même des Communians : mais grâces au Ciel, la lecture des 2 & 3e vol. a diffipé des craintes fi mal fondées.

COMMERCE, HISTOIRE NATURELLE, ANTIQUITÉS

Les nouvelles routes que les États ont fait tracer d'une ville à l'autre, ont vivifié cette contrée, auparavant fauvage, inabordable, ombragée d'épaiffes forêts, fans communication que par la Loire, & ont ranimé le commerce. Quatre grands chemins aboutirent à Charolles, à Paray, à Digoin, dont l'heureufe fituation fait un port très fréquenté.

Le principal commerce eft en bois, bled, porcs, bœufs fur tout renommés dans le Royaume, qu'on vend aux Lyonnois, quelquefois aux Parifiens & aux Dijonnois ; en poiffons qu'on envoie dans des bafcules à Paris par la Loire & fur le Canal de Briare.

Les fers forment une autre branche de commerce, & fe fabriquent à Geugnon, à Perreci, au Verderat & à Prétin près de Charolles ; mais ce n'eft que du fer de fonderie, excepté en la dernière forge où l'on commence à faire du fer marchand : le Maître de forge du Verderat efpère auffi en fabriquer depuis la découverte de la mine des Aports. La mine en général eft affez abondante dans ces lieux ; le charbon commun ; mais faute d'eau, on eft obligé de chommer l'été.

On a conçu les plus grandes efpérances pour les forges du Charolois, à l'occafion de la nouvelle manière de préparer le charbon de terre de Montcenis. Les épreuves faites 1776 fous les yeux de M. le Comte de Buffon & de plufieurs Maîtres de Forge, ont donné du fer d'excellente qualité, fondu avec ce foffile : M. de Lachaize en a fait dreffer un procès-verbal. Ce charbon ainfi employé ménagera le bois qui deviendra un objet précieux pour le commerce extérieur.

La Manufacture de faïance établie à Digoin, qui occupe plus de 50 Ouvriers, & qui a de la réputations, a été autorifée par Arrêt du Confeil en Août 1776 : la terre eft fine & abondante. On voit à Geugnon un canal d'un quart de lieue fur l'Arroux, femblable à ceux de Flandres, & une éclufe pour laiffer paffer les bateaux. Ce bourg est renommé par la pêche du faumon depuis Mars en Juillet.

Les navets de Banbry & de Suin font excellens & de la même qualité que ceux de Saulieu. Les pays de montagnes font fablonneux, maigres, & les Habitans pauvres. On y voit quelques châtaigniers & des pins. Le célèbre Naturalifte Commerfon dit qu'en voyageant dans le Charolois en 1755, il vit avec plaifir la châtaigne d'eau, que les rivages de la Loire lui offrirent, les Sefamoïdes, le Senecio Abrotani folius (l'Auronne), le Cortufa Mathioli, l'Ormunda Regalis, lui furent présentées dans les montagnes & les bois de cette contrée.

Les meilleures carrières font à Hautefond, à Bragni, à Lugni, à Charolles, à Saint-Vincent. L'Églife du Prieuré de Parai a été bâtie de la pierre de Romai. On a tiré des meules à Martigni, à Saint-Romain-fous-Gourdon, qui fe vendoient au loin en 1570. On en tire encore des Bois-Francs entre Saint-Valier & Blanzy, qu'on vend à Chalon, & quelques-unes autour du Mont-St.-Vincent.

Les prairies, furtout le long de l'Arconce, de la Guye, font excellentes. On a coupé quantité de bois, efferté les endroits, & il y yient une herbe fine & touffue, propre à engraiffer les beftiaux. La mortalité de 1715 en fit périr pour plus d'un million & demi : même perte en 1746.

Dans les Paroiffes de Suin, Verôvre & Dompierre, on trouve de l'efpèce de criftal de roche. Je n'ai vu dans le Charolois que deux cabinets d'hiftoire naturelle : le premier, bien compofé, au Château de Courcheval ; l'autre moins riche, chez le Curé de Viry. Mais pour l'honneur des Lettres, je dois dire que j'y ai trouvé plufieurs Bibliothèques bien fournies ; telles que celles des Seigneurs de Sevignon, de Saillant, de Fautrières, de Monceau ; celles du Curé de Viry, & furtout de Suin, où l'on voit quelques manufcrits & des éditions rares.

On trouve peu de monumens d'antiquités dans ce Pays, autrefois tout couvert de forêts. J'ai feulement remarqué au bas de Suin des traces d'une voie romaine qui tiroit à Saint-Bonnet-de-Joux, & par les bois de Montcenis à Autun ; au fud par Baubry à Roanne, Rhodunna ; une autre branche par Beaujeu, Anfe, Affa Paulini, & Lyon. On la fuit à Notre-Dame d'Avena en Mâconnois à 4 lieues de Suin, dans la Paroiffe de Montagni, où eft une arche d'un vieux pont fur la Grône. Une autre route aboutiffoit d'Autun à Digoin, Degonfium, par Toulon, Telonium, où l'on en voit encore des vertiges à 300 pas du Château de la Boulaye : près de Digoin eft le Village d'Etrée, Strata via. Une branche de la voie publique de Tournus paffoit à St. Gengoux, à Genouilli tirant à Autun.

On a recouvert des médailles anciennes à Charolles, à Cologne furtout, dont les décombres annoncent une habitation très ancienne, que Ladone, pag. 127, qualifie de Ville. On en a déterré à Suin, ainfi qu'une urne, de vieilles armes, une inscription fur une colonne brifée, qui femble annoncer que cet endroit étoit une ftation romaine.

On remarque que les plus anciennes foires fe tenoient fur les montagnes à Suin, à Dondin, au Mont-Saint-Vincent, à Sainte-Colombe, Paroiffe de St. Martin de Salancey, à Beuvrai. 3 Greniers à Sel établis à Charolles, à Parai, au Mont-Saint-Vincent, par Philippe le Hardi, confirmés par Jean fon fils en 1415 ; & deux Chambres depuis à Toulon & à Perreci, de la Direction de Chalon. La Juftice des Entrepôts de Sel eft à Digoin.

ÉTATS

Le Charolois fut gouverné par des États particuliers dès la fin du XIVe fiècle, après l'acquifition qu'en fit le Duc. Ils ont été réunis aux États Généraux du Duché en 1751, & Charolles s'eft trouvée la 14e & dernière Ville de la grand'roue.

Les anciens États accordèrent 4000 liv. pour le mariage des deux Princeffes de Bourgogne avec les Princes de Savoie & d'Autriche, en 1392 : les États de Bourgogne en donnèrent 40000, l'argent étant alors à 6 l. 5 fous le marc. Ils firent en 1486 un don gratuit au Comte de Charolois de 1000 liv. 1118 livres en 1493. Le Roi y avoit deux Commiffaires. Le jet en fut fait par Claude de Ganay pour Charoles, P. Quarré pour Parai, Hugues Luffeau pour le Mont-Saint-Vincent. On fit préfent à N. du Fay, Commiffaire & Lieutenant de Roi en Charolois, de huit vingt quinze francs, & de 2 poinçons de vin payés 16 liv. Les États accordèrent en 1518 à l'Archiducheffe, 1750 liv. Les comptes furent arrêtés, par Charles de Saillant, J. de Buffeul, Antoine de St. Antoft, J, de Théfut, Hugues Girard & Pierre Quarré ; en 1533 par Charles de Saillant, Cypierre & Rabutin de Balore pour la nobleffe ; par Girard Dagoneau, Philippe Motin Elus de Charolles, François Boulery, P. Jayet Elus de Parai, François Lardery de Toulon. Charolles fut taxé à 8 l. 8 gros.

Louis XIII, par Lettres patentes de 1613, veut que les États s'affemblent en cette Ville, que ce foit le lieu du Bailliage & du Grenier à Sel. Les cinq Prieurs avoient droit d'y affifter, ainfi que les Curés de Viry, de Vandeneffe, de Marcigni, de Charolles.

J'ai extrait ces faits, d'un gros recueil in-fol. mff., fini en 1705, en 38 cayers de plus de mille pages, qui m'a été communiqué en Mars 1777 par M. le Curé de Changy, & qui appartient à M. Motin, curé de Baron. Ce manufcrit qui commence par la Defcription latine du Charolois, faite par Antoine Maltefte en 1572, renferme plufieurs titres fur Charolles, l'établiffement du Bailliage & toutes les pièces de la longue conteftation entre les Officiers Royaux & ceux du Comté. Mr Quarré-Dupleffis, Lieutenant Général du Bailliage d'Autun, pofféde un volume in-fol. mff. original des délibérations de ces États du Charolois, depuis 1599 à 1609, intéreffant pour les familles. On y voit fouvent, ainfi que dans le premier mff., les Digoine, les La Guiche, les Ragni, Fautrières, Marcilli, La Sale du Bois, d'Effertaine, Moulins de la Cour, de la Morte, préfider la Nobleffe : les Quarté, de Ganay, Saint-Antoft, Maltefte, Saulnier, Dagoneau, Baudinot, Boyer, Defautels, &c., à la tête du Tiers-État. Ils tenoient leurs féances dans l'Auditoire du Bailliage, rétabli par ordre de Louis XIII, aux frais des États. Ils diftinguoient, pour la recette, les Paroiffes par cinq départemens, appellés Bâtis.

LIEUTENANS GÉNÉRAUX, RECEVEURS

Les Lieutenans Généraux pour le Roi en Charolois ont été depuis 1614, FRANÇOIS DE LA MAGDELEINE, Marquis de Ragni, jufqu'en 1633 : il avoit été élu de la Nobleffe en 1608.

François DAMAS, Baron de Thianges depuis 1633 à 1639.

FERDINAND DE LA BAUME, Marquis de Montrevel, jufqu'en 1642.

NICOLAS DE LA BAUME DE MONTREVEL lui fuccéda.

Enfuite le Comte DE MONTREVEL, décédé en 1715.

CHARLES-HENRI-GASPARD DE SAULX, Vicomte de Tavannes.

Le Duc de CHATILLON depuis 1723 à 1736.

HENRI-CHARLES DE SAULX, Comte de Tavannes, réunit la Charge de Lieutenant Général à celles des grands Bailliages de Bourgogne, en 1736.

Les États, pour raifon de cette Charge, accordoient à chaque triennalité 3000 liv.

Les RECEVEURS du Charolois ont été, pour les années paires depuis 1636 à 1708, CLAUDE, NICOLAS & CLAUDE DE BRESSE.

ANDRE JOANNIN en 1708 feulement.

JACQUES PERRIN depuis 1710 à 1739.

Pour les années impaires, LOUIS DE LUCENAI depuis 1661 à 1675.

ETIENNE DAGONNEAU de 1677 à 1707.

JACQUES PERRIN en 1709 réunit les deux Charges.

ADRIEN-CLAUDE PERRIN lui fuccéda en 1745.

On obferve que fous Henri IV, Charolles n'étoit impofé pour tout en 1600, qu'à 48 écus.

Les anciennes Maifons diftinguées par les dignités, les alliances & les belles actions, font celles de Digoine, de la Guiche, du Blé, Cypierre, Dyo, la Magdeleine, Rabutin, Damas, Fautrières, Cofan, Levis, Cufance, Monteffus, Ganay, Thiard, &c.

ANCIENS LIEUX, CHÂTEAUX DÉTRUITS

Le Village & Château de Rabutin, en la Paroiffe de Changi.

Le Village de Terre-Noire, où il y avoit 40 maifons en 1460, n'en a pas une feule, en la Paroiffe de Mornai.

Cologne, Colonia, offre partout des marques de fa deftruction & de fon antiquité, comme le dit Ladone, pag. 126 : Relliquia celebrus hue ufque Colonia fervat.

Dans la Paroiffe de Mari, au nord fur la montagne, canton du Haut-bois, on trouve de larges tuiles & des ruines qui annoncent une habitation : en celle de Marcilli-la-Geurche, ancienne Chapelle de S. Firmin, détruite, aux environs de laquelle on a découvert 80 tombeaux caffés de pierre de grais : on voit dans un champ voifin beaucoup de décombres.

Bourgeuil, Fief à N. Febvre, Notaire au Mont-Saint-Vincent, où il n'y a plus qu'un domaine, avoit huit Propriétaires en 1400 : Jean de Montfaulcon le poffédoit en 1430.

Availli, où étoient 25 feux en 1560, n'a plus que 4 domaines.

Les Châteaux anciens ruinés, font Giverdey près Toulon, ceux de Buffeul, Rabutin, Suin, Artus, Dondin, Sanvigne, Sauvement, Commune, Joux en la Paroiffe de Saint-Bonnet, Saint-Aubin-lès-Charolles dont il ne fubfifte plus qu'une tour, ainfi que de celui d'Avaife ; Comble, Paroiffe de Suin ; la Salle, Beauregard, Verderet, en la Paroiffe de Marizi ; Laugere, en celle de Genelard ; Verderat, à la queue de l'étang de ce nom. Le Château de Roffigniol dans les bois de Bragni ; celui d'Ocle, de Chide, de Gloriere, & autres cités ci-devant.

À l'étang de Côme-Loup étoit jadis une forge en la Paroiffe de Palinge.

Le Prieuré de Gourdon, établi au VIIe fiècle, y a difparu, ainfi que celui du Mont-Saint-Vincent. Les Méparts de Viry, Martigny-le-Comte, Nochize, Vandeneffe, du Mont-Saint-Vincent, font éteints.

On fe fert en Charolois de bichetée de terre ; c'eft l'efpace qu'on enfemence d'un bichet ou 4 boiffeaux : on ne compte pas autrement, & on n'y connoit ni le journal, ni l'arpent.

Mais les bichetées font différentes à caufe de l'inégalité des mefures : le boiffeau de Charolles eft de 33 livres pour le feigle, celui de Parai de 25, de Saint-Bonnet 35, de Toulon 32, de Mont-Saint-Vincent 30, de Marcigni 20. On prétend que la bichetée de Parai eft à peu près égale au journal de Bourgogne. Les domaines ou métairies s'appellent grangeries : la locaterie eft l'habitation d'un manœuvre.

DESCRIPTION DE CHAROLLE ou CHAROLES

Cadrille, Kadrella, Qadrigella, Carolea, Caroleia, Ville Capitale du Charolois ; Par. voc. St. Nizier, dont l'Églife fut unie à Cluni fous le Prieuré de la Magdeleine, en 1105, deffervie par des Sociétaires, & érigée en Collégiale par Jean de la Magdeleine, Prieur de la Charité, en 1526. Elle fut composée d'un Primicier (1) Curé, d'un Sacriftain, & de dix Chanoines (qui doivent être enfans du lieu), à 40 liv. de rente pour vivre à leur aife, dit le Fondateur.

(1) C'eft le feul titre de cette efpèce dans le Diocèse d'Autun. Il eft tiré de l'ancien ufage d'écrire les noms fur des tablettes de cire : celui qui étoit en tête, primus in cere, étoit appellé Primicier. C'eft encore le nom donné au Chef de la Collégiale de St. Nizier à Lyon, à l'inftar de laquelle J. de la Magdeleine fonda celle de Charolles.

La perte de leurs droits & revenus les a réduit à trois, à la nomination de M. Ragni d'Epiri, auffi Patron de la Cure.

Il feroit facile & avantageux à une Capitale d'avoir un Chapitre comme autrefois, par l'union du Prieuré. Il eft parlé de Barthelemi, Archiprêtre de Charolles, dans un titre de 1277. L'Archiprêtré eft compofé de 33 Paroiffes.

LE PRIEURE DE LA MAGDELAINE fut fondé, felon quelques-uns, au Xe fiècle, après la bataille gagnée fur les Normands ou les Hongres, dans les environs de Charolles, par Raoul, Roi de France, en 928. Mais le plus ancien titre ne place fa fondation qu'en 1005, temps où l'Évêque Norgaud confirma à Cluni, en faveur de ce Prieuré, la poffeffion des Églifes de ce canton, Voy. Gal. Chr. tom. IV, pag. 389. La Conventualité a été fupprimée il y a 60 ans. Il eft dommage qu'on laiffe tomber en ruine le beau vaiffeau de l'Églife. La Chapelle de St. Nicolas paroît à quelques-uns avoir été l'ancienne Paroiffe ; c'étoit plutôt une léproferie où l'on a trouvé de longs tombeaux de pierre & des offemens d'hommes d'une taille très avantageufe, peut-être des premiers Bourguignons que Sidoine appelloit feptipèdes.

Religieux du Tiers-Ordre de S. François, dits Picpus, établis en 1620. Les Girard & Dagoneau ont été leurs principaux Bienfaicteurs. On y compofe l'eau de vertu, affez connue dans la Province. Fr. Conftance, habile sculpteur, a bien décoré leur Chapelle. F. Didier Rigaud, de Clermont, très adroit Artifte, furtout pour les inftrumens de mufique, de mathématiques & d'horlogerie. Les Picpus de Digoine ont été réunis à ceux de Charolles en 1774. Le Cardinal de Bouillon y fut exilé quelque temps par Louis XIV, & depuis à Parai.

CLAIRISTES OU URBANISTES mitigées, fondées par Marie de la Plantade de Bois-Franc, Abbeffe du même Ordre à Clermont, des deniers de MM. Dagoneau, dont on voit les armes accolées de celles de Beleriant.

VISITANDINES font une Colonie de celles d'Autun en 1637 : la première Supérieure fut N. de Pedigon, de Moulins.

Le COLLEGE eft ancien : la Ire place a été augmentée en 1732 par Claude Dagoneau de Terzé, de 350 liv. pour un Prêtre-Préfet. La Ville paie le refte. Trois Régens depuis 1776.

L'HÔPITAL de Ste. Agnès fondé par les Comtes au XIVe. fiècle, rebâti en 1616, n'étoit d'abord qu'un Hofpice pour les paffans. On en fit un Hôpital en régle en 1688 autorifé par Lettres Patentes de 1693, deffervi alors par trois Filles pieufes ; érigé en Hôpital général par Lettres Patentes de 1737, jouiffant de tous les privilèges accordés aux Hôpitaux généraux ; adminiftré par le Lieutenant Général, le Procureur du Roi, le Maire, le Primicier, le Ier. Echevin & 2 Notables. Les 10 Sœurs, dont on ne peut trop louer le zèle, la charité & le défintéreffement, ne font point à la charge des pauvres ; elles vivent & s'entretiennent de leur patrimoine. Le Bureau ne leur fournit que le logement. Elles ont un fpécifique contre la teigne ou râche qu'elles adminiftrent à tous ceux qui fe préfentent. Il ne fe paffe point d'années qu'elles n'en guériffent 8 à 10 radicalement. Elles ont auffi un remède contre la rage, conftaté à l'occafion des ravages d'un loup enragé, qui paffa en Mâconnois & en Charolois le 9 Décembre 1775, fur 10 perfonnes, dont 8 font en parfaite fanté. On travaille à un mémoire détaillé fur cet événement, pour en inftruire le public.

Parmi les Bienfaiteurs de l'Hôpital, on diftingue les trois premières Sœurs ; Thomas de Lucenai, Curé de Marcilli; Jacqueline de Lucenai, Louife Motin, Louife Raquet de Liman ; Claude Saulnier, Chanoine d'Autun ; Jean Perrin, Avocat, bifaieul de Mr. Perrin de Cypierre, Intendant d'Orléans, inhumé dans la Chapelle en 1694 : fon teftament, par lequel il léguoit 3000 liv. s'étant trouvé nul, Françoife Saulnier fa veuve & fes enfans l'exécutèrent. Jofeph Pain fon fils, Chanoine d'Autun , augmenta même le legs de 600 liv. en 1697, fonda une place de 2600 liv. pour une Sœur, & donna 8000 livres, à la charge de diftribuer 30 liv. par an aux pauvres de Lugny, 30 à ceux de Marcilli, 30 à ceux de Charolles, & 6 chars de bois aux prifonniers : Jeanne-Marie Baladille, veuve de N. du Bec, fonda pour 3000 liv. la place d'une Sœur, & mourut fous l'habit en 1725.

Mais ceux qui ont fait le plus de bien, font les Dagoneau ; Etienne Dagoneau & Marguerite Roffelin fa femme, firent rebâtir la falle en 1616, & Dagoneau de Jucheau donna 5000 liv. en 1708 : fon fils du même nom, Conseiller au Parlement, 1300 liv. Antoine Dagoneau, Archidiacre de Beaune, mort en 1774, infigne bienfaicteur ; Catherine Dagoneau de Macholes fa fœur, a laiffé 2600 liv. Claude Dagonneau de Terzé, St. Prêtre inhumé à l'Hôpital en 1739, a légué deux bons domaines. N. des Autels, veuve de J. du Verdier ; le Marquis de Levis, fa mère Françoife de Saint-George, N. de Moleron, N. de Moulin, Franç. Quarré Grand-Vicaire d'Autun, Charles Quarré Primicier, l'Abbé Jofeph d'Amanzé, la veuve Molar, la famille Pezerat, &c. Beatus qui intelligit fuper egenum ! Le Chapelain Directeur a été fondé par les Dagoneau.

CHAROLLES, fitué dans un vallon fort ferré, fur deux rivières, l'Arconce & la Semence qui l'environnent, n'a aucun monument qui attefte fon antiquité : on a feulement trouvé dans les environs des médailles romaines. J'en ai vu une en argent d'Adrien entre les mains de M. Girard, Préfet du Collège ; ce qui annonceroit le féjour des Romains en ce pays : mais aucun auteur n'en parle avant le IXe fiècle. Les Comtes y bâtirent une fortereffe, fouvent prife & reprife durant les guerres du temps de nos premiers Ducs, fous Louis XI, & pendant les troubles de la ligue, & prefqu'en ruine aujourd'hui. Nic. Bernigaud de Cercy l'a acquife du Roi, & y a conftruit une jolie maifon qui domine fur la Ville. La Chapelle dédiée à S. Pierre fert de Grenier à Sel. Au fud agréable promenade, appellée le pré de St. Nicolas à caufe d'une ancienne Chapelle dédiée à ce Saint, & où ferpente la rivière. Belle éclufe pour contenir les eaux qui fourniffent les moulins du Comte, & fur laquelle on fe promene.

La Ville, féjour des Comtes, Siège des États du Pays, reçut fes franchifes & privilèges, en 1301, de Robert Comte de Cler-...

(Manquent pages 38-39)

... de Charolois & de la Baronnie du Mont-St.-Vincent, & les a réunies au Bailliage anciennement établi à Charolles pour connoître des cas royaux dans l'étendue de ces Seigneuries. Le Roi conferve la Châtellenie, devenue royale par la réunion du Mont-Saint-Vincent à fon Domaine, dont les appellations relèveront au Bailliage. Sa Majefté érige quatre Offices de Confeillers & un Avocat du Roi, réunit l'Office de Lieutenant Criminel à celui de Lieutenant Général : ainfi le Siège eft compofé d'un Grand Bailli d'Épée (Etienne Deprez, Seigneur de Craffier, Chevalier de l'Ordre Militaire de St. Louis), un Lieutenant Général Civil & Criminel, un Lieutenant Particulier Civil Affeffeur Criminel, 4 Confeillers, un Procureur, un Avocat du Roi, un Greffier, un Receveur des Consignations, un Commiffaire aux Saifies réelles, douze Procureurs, deux Huiffiers Audienciers & quatre autres Huiffiers.

Les Conroy, de Ganay, Boulleri, Quarré, Maltefte, Baudinot, Rymon, Girard, Dagoneau, Pezerat, &c. ont été Lieutenans Généraux : c'eft aujourd'hui Louis Archambaud-Palamede Baudinot. Jean de Gouvenin fut nommé par Henri IV en 1596. La Jurifdiction royale, pendant les troubles, fe retira à Bourbon-Lanci, & fut rétablie à Charolles en 1595, par Arrêt du Parlement.

Cette Ville perdit la moitié de fes Habitans durant la famine de 1531. De 986 Communians en 1709, il n'en refta que 600 : actuellement 1500 & environ 400 feux, compris les Hameaux & Métairies qui dépendent de la Paroiffe ; favoir, la Foi-Franche, les Pacauds, les Garneaux, Perche, Garodaine, Biré, le Fourneau, Prêtin, Ouze, Maupré. En 1679 il y avoit 245 Habitans impofables, & 317 en 1751, avec 16 Avocats, 5 Tanneurs, & 91 Artifans dont 13 Tifferands.

Les différentes routes percées par les États en 1752, ont augmenté le commerce & la population ; il en part quatre de Charolles, une pour le Beaujolois par la Clayte, une pour Chalon & Beaune par Joncy & Givry, dont une branche pour Mâcon, une pour Parai, une pour Semur par Marcigni : celle de Charolles à Toulon par Perreci eft tracée. 11 foires très fréquentées, furtout par le bétail. Les deux anciennes foires ne fe tenoient que pour les porcs en 1530. Entrepôt des vins du Charolois, Mâconnois, Beaujolois pour le port de Digoin fur Loire. Commerce en bled, en bœufs gras qui fe vendent aux Lyonnois, quelquefois aux Parifiens. Forge & Fourneau fur l'Arconce à Pretin. La mine eft bonne. Carrière de pierres de taille jaunes, dites pierres de chaume.

HOMMES ILLUSTRES

JEAN DE GANAY, defcendant de Guichard de Ganay, Juge du Charolois, Confeiller du Duc en 1423, fils de Guillaume de Ganay, Seigneur de la Tour de Savigny, accompagna Charles VIII au Royaume de Naples, dont il fut Chancelier, enfuite Ier Préfident du Parlement de Paris, & Chancelier de France en 1507, mort à Blois en 1512, & inhumé à Paris en fa Chapelle de St. Merri qu'il avoit fondée. On y voit fon maufolée & fon nom au bas d'un tableau en mofaïque, repréfentant la Vierge, où il eft écrit : Dominus Joan. de Ganay ... adduxit de Italia Parifium hoc opus mofaicum. Il ne laiffa point d'enfans de Jeanne Boiflêve fon époufe. Germain de Ganay fon frère, Confeiller-Clerc au Parlement en 1485, mourut Évêque d'Orléans en 1520.

JEAN DE LA MAGDELAINE DE RAGNI d'une ancienne Maifon, né à Charolles, fut Grand Prieur de Cluni, Élu même Abbé en 1518 ; mais pour le bien de la paix fe départit de fon élection en faveur d'Aimard de Gouffier de Boifli, par ordre de François I, fut depuis Abbé de St. Rigaud, Prieur de la Charité, de Charlieu & de la Magdelaine, Vicaire Général du Cardinal Jean de Lorraine en 1529. C'eft de ce riche Bénéficier mort en 1537, que St. Julien de Baleure dit ce mot :

Souvent tête rafi
Rétablit la café.

Cétoit un homme plein de fcience & de mérite, au rapport d'Ant. Maltefte. On lit à l'Églife de Nizier, dont il a fondé la Collégiale, huit vers dont voici les deux premiers :

Magdalea gentis prifca de gente Joannes
Sumptibus hoc magnis nobile ftruxit opus.


Un de fes ancêtres, J. de la Magdelaine a fondé à l'Autel de la Croix de la Paroiffe, une lampe perpétuelle pour 32 f. & 2 bichets de chenevi en 1390. Thomas de la Magdelaine étoit Bailli du Charolois en 1275.

PIERRE SAULNIER, habile Prédicateur ; de Moine & Prieur clauftral de Charlieu, devint Évêque d'Autun en 1588. Il fut d'abord ligueur ; mais ayant ouvert les yeux à la juftice & à la vérité, il fut obligé de fortir d'Autun où la ligue dominoit, & fe retira en fon Château de Lucenai ; fut depuis Élu du Clergé aux États en 1596, Confeiller d'État en 1608, & mourut en 1612. Son cachet, très fimple, eft entre les mains de M. le Maire du Mont-Saint-Vincent.

CLAUDE SAULNIER fon petit-neveu, Chanoine d'Autun où il mourut en 1697, fit imprimer l'Autun Chrétien in-4°. 1686. Il y fait paroître peu de goût & de critique, & beaucoup de crédulité : il écrivoit cependant fous Louis XIV. Il fut inhumé auprès de fon oncle Fr. Saulnier, Chanoine & Prévôt de Suffey. Gilbert Saulnier étoit Procureur Général au Comté en 1501. Nic. Saulnier, Châtelain de Charolles & Garde-Scel, 1551.

GUILLAUME DES AUTELS, Gentilhomme, Poète françois & latin, né à Charolles, non à Montcenis, comme ledit Niceron après la Croix du Maine, parent de Pontus de Thiard, mort vers 1580. Sa vie a été écrite parmi celle des Poètes françois, par Colletet. L'Abbé Papillon donne une longue lifte de fes Ouvrages, maintenant oubliés. Sa famille fubfifte encore.

LEONARD DE LA VILLE, habile Maître d'Ecole, né à Charolles, vivoit fous Charles IX. L'Abbé Papillon cite quatre Ouvrages de fa façon, imprimés en 1567 ; c'eft tout ce qu'on en fait.

PIERRE DE LA GRANGE OU GRANDJEAN, Avocat du Roi au Bailliage de Charolles, a compofé deux Ouvrages latins fur le Droit : le fécond qui parut in-8° Lyon, 1585, eft dédié au Parlement de Dijon. Dans fon Épitre dédicatoire, l'Auteur dit qu'il vient d'achever un Traité fur les contrats & les teftamens, en 2 vol. ; Mais ces Ouvrages font perdus. Il étoit en fi grande réputation de fcience & de probité, qu'on le confultoit à Charolles depuis Dijon, où jadis il avoit brillé au Barreau. Il étoit en commerce de lettres avec Jacques Guijon, Lieutenant Criminel à Autun. Il ne laiffa qu'une fille, morte à l'âge de 103 ans, mariée à N. Bertrand, Bourgeois, dont les defcendans conservent le portrait de cet habile Jurifconfulte.

NICOLAS GUINET, Profeffeur en Droit à Pont-à-Mouffon en 1608, Auteur de plufieurs Ouvrages & d'un Panégyrique de Charles III, Duc de Lorraine.

EMMANUEL-PHILIBERT DE RYMON, Lieutenant Général du Comté du Charolois en 1606, fur la réfignation de Cl. de Ganay mort en 1627, après avoir remis fon Office à Jacques Quarré en 1614, a compofé deux Traités eftimés fur la Jurifdiction royale, & les droits de fouveraineté du Roi dont nous avons parlé, in-8°. 1619. L'Abbé Gouget traite Rymon d'homme d'efprit, & qui cultivoit les Lettres avec foin.

CLAUDE DE LA BELIERE, Sieur de la Niole, Aumônier du Roi, a fait imprimer en 1664 la Phyfionomie raifonnée.

Dom FRANÇOIS PERNOT, Bibliothécaire de Saint-Martin-des-Champs, né à Poiffon, mais originaire de Charolles, mort en 1768. Il fut regretté comme un bon Religieux & un Savant. Il a laiffé de très bons & amples Mémoires fur les annales de l'Ordre de Cluni. Sa partie dominante étoit la connoiffance des anciennes chartes. On a de lui une collection qui comprend plus de 200 portefeuilles in-fol. Chacun regarde une ou deux Provinces du Royaume depuis le XIIIe fiècle. Il feroit à fouhaiter qu'on connût ici les pièces concernant la Bourgogne, car l'Auteur n'aura pas oublié fa Patrie. Si MM. les Élus vouloient me donner l'ordre de les examiner, je me chargerois volontiers de cette commiffion, utile à la Patrie & à mon Ouvrage. Voy. l'éloge de D. Pernot, par l'Abbé Carlier, au Journal de Verdun, Juillet 1768. Il a un neveu Avocat à Charolles.

JEAN-BAP. GEOFFROY, né à Charolles en 1704, Profeffeur de Rhétorique au Collège de Louis-le-Grand pendant 20 ans, vit retiré à Semur en Brionnois. Nous avons de lui plufieurs harangues latines imprimées, dont celle de l'Amour de la Patrie, prononcée en 1744, traduite en français par un de fes Ecoliers (M. de Puligneux, auj. Ier Préfident à Montauban), fut fort goûtée, ainfi que celle fur le rang qu'on doit donner à l'Homme de Lettres parmi les Citoyens, en 1756. Son Plaidoyer français fur la prife de Port-Mahon, lui fit beaucoup d'honneur. Cet Auteur feptuagénaire fait encore les délices de la fociété.

Les anciennes familles font les de Ganay dont un Chancelier de France ; Saulnier, des Autels, Motin, Quarré, Dagoneau, Beleriant, dont un Confeiller au Parlement en 1526 ; Baudinot de Selore, auffi Confeiller en 1641, trois fois Maire de Dijon ; les de Saint-Antôt, dont Nicolas, Seigneur de Corcelles, étoit Juge & Garde-Scel du Charolois en 1509, Maître des Requêtes de l'Archiducheffe Marguerite, en 1513 ; fit la convocation du ban & arrière-ban de tous les Vaffaux du Roi, en 1523. Son fils Antoine Seigneur de Mazoncle, Confeiller à Dijon, en 1540, devint Ier Préfident du Parlement de Rouen. Cette famille paroît originaire de Montcenis.

Les armoiries de la Ville font de gueules, au lion, la tête contournée d'or, armé & lampaffé d'azur.

À 2 lieues de Parai, 4 de Marcigni, 12 de Chalon, 12 d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 25' 31". L. 1° 57' 28".

BAILLIAGE DE CHAROLLES

Les lieux qu'on va décrire, font de la Recette, Subdélégation, Archiprêtré de Charolles, du Diocèfe d'Autun, à l'exception de quelques-uns de celui de Chalon ou de Mâcon qu'on indiquera, avec les différens Archiprêtrés autres que celui de Charolles : on n'indiquera plus les longitudes & latitudes que des principaux endroits, pour ne pas alonger. On prie d'obferver que la longueur fe prend du méridien de Paris.

AUTEFOND

Altus Fons, Par. voc. St. Martin ; Collateur l'Évêque d'Autun ; le clocher & partie du Village font de la Juftice de Lugni : le refte dépend de celle de Parai.

37 feux, 220 Commun. Les dépend. font Boyer, avec Tuilerie, à M. Thouvant, Gouverneur de Parai : la rue Mazoncle qu'Expilli défigure par Maufonée. Tuilerie près du grand chemin. Belle carrière de pierre rouge, veinée de noir ; on en tire pour les cheminées, les Autels. J. de Cypierre, en prenant l'habit de Religieux à Marcigni en 1103, donne au Prieuré le meix de Caffanole en la Paroiffe d'Autefond.

Pays fauvage, dans les bois, entre Nochize, Lugni, Parai & Chanleci.

À 1 lieue ¼ de Charolles, ¼ de Parai, 14 d'Autun.

BALORE

Balora, Par. voc. S. Denis ; Patr. l'Abbeffe de St. Jean d'Autun. Marie de Balore, fille de Philippe, dernière de fa Maifon, porta cette Terre à Jean de Rabutin d'Epiri, fon époux, en 1366. Bénigne Rabutin, Baron de Chantal, père de Made. de Sévigné, en defcendoit. Cyprien de Rabutin, Seigneur, en 1494 ; Louis fur lequel la Terre fut confifquée en 1578, & adjugée à Léonore Chabot Charni. Sa veuve déclara que les titres avoient été pillés ou brûlés par les Reîtres en 1576. Melchior de Monteffus, Seigneur, en 1598 ; aujourd. N. Bernard de Rully. 4 Seigneurs font inhumés en l'Églife ; Jean de Balore, en 1212 ; Gui Suido, en 1311 ; Chriftine de Rabutin, en 1493 ; Marie d'Eftainville, en 1526 ; Cyprien de Rabutin, en 1543 ; Caffien de Balore étoit Capitaine de Bourbon, en 1544. Dépend. Augy, les Claux, la Vernette, Euruge, Chintry, Savry, Viaudet, Pallot, la Franchife de la Corvée, Vaugaud : Balore n'a que 3 maifons & le Château. Le domaine Veftis ou Vêtus, du nom d'une ancienne famille Vêtus qui le poffédoit dès 1466, felon une Sentence du Bailli de Mâcon, a été déclaré main-mortable, par Arrêt de 1773.

En tout 40 f. (31 Hab. impof. en 1751).

À 3 l. du Mont-Saint-Vincent, & 3 de Charolles.

BARON

Barum, Baronum, Par. voc. St. Nizier ; Patron l'Abbé de Cluni, Seignr. en partie, & l'autre partie avec le clocher dépendent de Chanleci. Guille Gaulois reprit de fief du Château de Baron, en 1367. Environ 250 Com. Pierre-Amaffée, altern. avec Grand-Vaux, Lavela, Chamoges, Plomb, Fief au Seigneur de Champvigy, Barnot, Pringues & autres dom. En tout 66 f. 51 Hab. impof. en 1751, 46 en 1670. Le Comte Eccard donna en 850 au Prieuré de Perreci un meix avec prés, vignes, & un bois à Baron & à Plomb. Dans le finage font les plaines de Silla. M. Motin, Curé, pofféde un Recueil in.-fol. de 37 cayers fur le Charolois : monument précieux pour les familles.

À 1 l. ¼ de Charolles.

BAUBERY OU BAUBRY

Balberiacum, Par. voc. la Vierge (15 Août) à la collation de l'Évêque d'Autun, Archiprêtré du Bois-Ste-Marie. L'Églife fut pillée par l'Amiral de Coligni, & le Village incendié en 1569 : Seigneur, Louis-Marie de Fautrières, filleul de Louis XV & de la Reine, Chevalier de S. Louis, ancien Capitaine de Cavalerie.

Terrain graveleux, rougeâtre & ftérile, couvert de taillis en plufieurs endroits. Les navets font renommés. 2 moulins. 530 Com. 109 Habit. impof. en 1751, 172 en 1679.

Dépend. Quiertz avec moulin & étang confid. aux Cluniftes, & Motte entourée de foffés ; Vefvre, Givry, Charnoi, Chapandi, Carette, la Roiche, Courcheval ; anc. Chât. poffédé depuis 1230 par les Fautrières : (V. ce Village ci-après). Il fuffit de dire ici que le Seigneur actuel a compofé un Cabinet d'hiftoire naturelle, le plus curieux & le plus complet que je connoiffe en Bourgogne, après celui d'Agey. La collection de 200 oifeaux du pays & des rives de la Loire, eft fort agréable, ainfi que celle des oifeaux étrangers & des poiffons des 2 Mers. J'y ai vu 7 plants de bled qui ont produit, l'un 37 épis, un autre 52, un 44. Un feul grain a donné 2640 grains ; ils ont été recueillis dans une terre préparée très fimplement, dont on efpère, pour l'avantage du pays, que M. de Fautrières voudra bien indiquer la méthode.

Débris de la fortereffe d'Artus, dont on ne voit plus que deux pans de murailles, appellées les cornes d'Artus. J. de Chanfery en étoit Capitaine en 1520. La Châtellenie, dont le terrier eft de 1444, fignée de Thefiaco, a été unie à celle de Charolles. Artus a donné le nom à d'anciens Seigneurs ; Louis d'Artus, Seigneur de Courcheval en 1483, paroît être le dernier de fa Maifon, n'ayant point eu d'enfans de fa femme, Louife de Rochefort qui fe remaria à Louis Chou, d'où Louife Chou, femme de Franç. Digoine du Palais.

Anc. Chât. de la Salle détruit, à ¼ de l. de Baubry : on en trouve des reprifes de fief en 1366 & 1386.

À 2 lieues de Charolles.

BRAGNY

Braniacum, Par. voc. St. Martin, Archip. de Perreci, Patronage du Prieur de Bragny ; le clocher & partie de la Paroiffe font de fa Juftice ; le refte dépend des Juftices de Perreci, Chaffy & Cleffy. Marie de Levis Coufan, fœur du Cardinal d'Arles, Dame de Bragny, avoit époufé Guillaume Rolin, fils du Chancelier, Seigneur de Beauchamp ; leur fille Marguerite fut mariée à Gafpard de Talaru de Chalmazel en 1493 , dont deux fils. Anc. Prieuré de Bénéd. Dépend. de St. Martin d'Autun, fondé, dit-on, par le Roi Raoul : du moins on voit par fa charte de 929 qu'il confirme à cette Abbaye la poffeffion de Bragny. (Gal. Chr., tom. IV, pag. 71, pr.) Le Prieur avoit droit d'être élu du Clergé aux États du Charolois. Ce Prieuré étoit de la garde du Comté & Baronnie du Charolois, auquel il devoit 7 liv. mon. forte, de Cluni, payables au Prévôt de Charolles en 1232 : le Duc Hugues céda ces 7 liv. à l'Abbé de St. Martin en 1244. « Les hommes du Monaftere demeurans au cimetiere, ou la cloifon de Bragny, iront en l'armée du Comte de Chalon ; les autres, hors de la cloifon, n'iront point, finon quand il y aura clameur, & que tout le Comté ira. Le Prieur eft tenu une fois de fournir tout le charroi de fa Terre pour la conduite des vins du Comté, & non hors le. Comté. La Juftice refte au Prieur, fors 4 cas. » (Titre de 1232).

58 feux, 48 en 1750 : de 300 Comm. en 1709, il n'en refta que 19. Dép. Meunot, Fief à M. Mayneaud de Bifefranc ; Boulai, les Sauvages, Eterne, Chez Jean Déraffe, la Grenouilliere, Champeau, Ufigni, la Rofiere, 3 Rentes nobles en moyenne & baffe Juftice, que le Chapitre de la Prée-fous-Bourbon vendit à Paul Damas de Cleffy, qui les remit en 1629 pour 450 liv. à Pierre Defclaux, Bourgeois de Parai, de qui Antoine de la Baille, Secrétaire du Roi, les acquit : Gregaine, Maréchal, les Potains & Chevafot, tons fitués à mi-côte. Des deux côtés de l'Oudrache, au milieu des bois du Seigneur au nord, font les foffés de l'ancien Château du Roffignol, dont la place porte le nom. Il en eft parlé dans de vieux titres qui font mention de 3 Seigneurs. Bonne carrière. 3 moulins.

À 2 lieues de Parai, 1 ½ de Precy, 2 ½ de Charolles.

Lat. 46° 30' 8". L. 1° 48' 8".

BUSSEUL

Buxolium, Par. voc. St. Maurice, à la collat. de l'Évêque d'Autun ; Seigneur M. de Vauban, qui a fon Château à Moulins fur l'Arconce. 8 f. à Buffeul, où Expilly en met 190. 70 Commun. Tuilerie. Le Chât. des anc. Seigneurs du nom de Buffeul, eft fi ruiné, que fon emplacement fur une motte eft en terres labourables, environnées de foffés. Chapelle rur. de N. D. au bas du Presbytère, qui étoit l'ancienne Églife Paroiffiale avec 2 Chapelains réduits à 1, fondée en 1427 par Jacques de Buffeul, Seigneur de Moulins, Ier. Maître d'Hôtel du Duc. Anc. Chapelle de St. George-de-l'Ifle au delà de l'Arconce. Artaud de Buffeul figne en 1110 une charte pour Cluni. Girard, Bienfaiteur de cette Abbaye où il fut inhumé. Hugues fit des dons au Pr. de Marcigni en 1160, & fe fit Moine à Cluni. Godin, Chevalier, Seigneur de Saint-Sernain, en 1287. Jean , Gouverneur de Montcenis, 1382. Jean, Capitaine du Château de Sanvigne, en 1401, Bailli d'Autun en 1420. Charles, Chevalier des Ordres, Bailli de Mâcon. Claude de la Cour étoit Seigr. de Moulins en 1560.

Buffeul fur une éminence à 2 lieues ½ de Charolles, 14 d'Autun, 3 de Marcigni.

CÉE OU SEEZ-SUR-LOIRE

Villa Cifa, Par. voc. St. Denis, à la coll. de l'Évêque d'Autun, Arch. de Pierre-Fite ; Seigr. M. Paris de Brunois pour le clocher & la partie du Bourbonnois, & l'Abbé de Cluni, Prieur de Parai pour celle du Charolois. Les Moines ont deffervi ce Bénéfice.

Une des cloches fut achetée par le Curé vers 1656, de Soldats qui l'avoient enlevée en Franche-Comté, & la tranfportoient fur la Loire. Par un titre du XVIe. fiècle, la Meunière doit le jour de S. Laurent un dîner au Curé, à fes Valets, à fes chiens, & fon oifeau de proie. Vulfrade donne fes fonds de Cée au Prieur de Perreci en 890. La branche de la voie romaine d'Avrilly paffoit à Cée, enfuite à Etrée, Via Strata. Chriftine, Reine de Suéde, au retour de Fontainebleau coucha dans ce Village, d'où l'on a une belle vue.

55 f. dont 20 en Bourgogne. 220 Comm. 2 ports, à Becheron & à la Baume-Morouin. Chap. rurale de Ste. Magdeleine, fondée à Givardon. 1 moulin. 2 Ham. en Charolois. 20 Domaines dans la partie du Bourbonnois. L'Églife, ainfi que le Presbytère, arbitrairement du Charolois. Grenier à Sel de Parai, & à 2 lieues, 4 de Charolles, 1 ¼ de Digoin, 13 ¼ d'Autun, 22 de Dijon.

Lat. 46° 23' 33". L. 1° 38' 40".

CHAMPVENT OU CHANVENT

Campus a ventis, Par. voc. S. Symphorien ; Patr. le Prieur de Saint-Sernin-des-Bois, relevant de Dondin. Seigr. le Roi. Pierre de Maffi, Seigr. de la Maifon-forte de Champvent en 1372 ; Guillaume de Corgeron & de Chaumont l'acheta de J. de Virizet en 1404. Elle étoit encore en 1433 tenable, fpacieufe, & défendable contre les ennemis du Duc qui couroient le pays, & Gir. de la Guiche fit décider que les Habitans de Chintri y devoient guet & garde. 600 Comm. avec les dépendances. Chintri, triennal avec Mornay & Balore. Mont-de-Mard & Crofe, 1 an de la Paroiffe & 2 de Saint-Bonnet : Vaux & la Troche altern. avec Saint-Bonnet. Les Janniots ou Janneaux de 3 f. & l'Abergement de 2, altern. avec St. Martin de Salency ; Chanvenot, Seigne. du Baille. de Mâcon ; Grizelis ou Grivegris, Chatelard, Chaffignole : Louis de Glorienne, Sgr. en 1470. La Forêt 10 f. Ce Fief fut faifi par Jocerand de Cirey, Bailli du Charolois en 1401, « à caufe des torts & violences faites par les Officiers de la Dame de la Guiche. Quatre-vents 1 f. Pierre-Champ : Marguerite Choux de Fautrieres reconnoît tenir en Fief de Gui de Chaumont fes fonds à Pierre-Champ & à Champvent, en 1329. On voit Guillemette de Pierre-Champ en 1346. Monceau 2 feux, la Treche 2, Bruere 1, le Breuil 4, Bafferet 4, Vaux 5 ; Petitjean, l'Abergement partie en Charolois, partie en Mâconnois ; Chintri, Chanvenot, les Rebas, les Janniots font de la Recette de Semur en Brionn. Grenier à Sel de Charolles ou du Mont-St.-Vincent : tous ces Hameaux ne font prefque compofés que de cabanes. Pays pauvre, dans un bas, fur l'Arconce. Bois. Terre à feigle, pommes de terre. Tuilerie & four à chaux au bas de Chaumont, près de l'étang. 3 moulins. 7 à 8 étangs. Châtillon, Fief à M. de Gouvenin.

À 3 l. de Charolles, 3 du Mont-Saint-Vincent, 9 de Mâcon, 10 d'Autun.

LA GUICHE

Guichia, du Bailliage de Mâcon, étant de la Paroiffe de Champvent, de la Recette de Semur, on en parlera ici. C'eft un Village de 46 feux, compris Velle. Couvent de Minimes fondé en 1614 par Antoinette d'Aillon du Lude, veuve de Philibert de la Guiche, mère de Henriette de la Guiche, époufe de Louis d'Angoulême, dernier des Valois, dont on voit le beau maufolée en marbre blanc fait à Gènes ; fa figure frappante par le naturel, annonce un homme gros & court. Il mourut à Paris le 13 Nov. 1643. Il étoit fils de Charles d'Angoulême & de Charlotte de Montmorenci, Colonel Général de la Cavalerie légère, Gouverneur de Provence, également célèbre, dit font épitaphe, fous les titres de Comte d'Alais & de Duc d'Angoulême. À côté eft le monument de Pierre de la Guiche qui fe distingua par fon mérite & fes exploits fous 4 Rois, laiffa 7 fils & 3 filles à fa mort arrivée en 1543 à 90 ans, inhumé en cette Églife, où il avoit conftruit fa Chapelle.

On remarque à la Bibliothèque des Minimes de précieux manufcrits ; entr'autres, la Cité de Dieu, de Saint Auguftin, traduite par Raoul de Prefles pour le Roi Charles V, en deux gros volumes in-folio bien reliés ; le Roman de Lancelot du Lac grand in-fol. avec vignettes ; la Toifon d'Or, par Guillaume de Tournai, Abbé de Saint Bertin, Chancelier de l'Ordre, 2 vol. in-f°. dédiés au Duc Charles, 1468 ; la Légende dorée, de Voragine, tranflatée en français par ordre de Made. Jehanne de Bourgogne, Reine de France, en 3 vol. in-fol. de vélin fuperbe, ornés de belles vignettes ; ce livre appartenoit à Antoine de Chabanne, Seigr. I de la Palice : Chroniques de France, 3 gros vol. in-fol. auffi en beau vélin : Mémoires de Tavanes, en 2 vol. in-fol.

Le vieux Château ruiné pendant la Ligue, a donné le nom à des Seigneurs illuftres dans notre Hiftoire. Leur cri de guerre étoit, au plus haut ; emblème relatif à la fituation élevée du Donjon. Renaud reprit de fief de fa Maifon-forte en 1209. Hydran fit hommage au Duc de fa Terre, excepté de fa fortereffe qui ne relevoit de perfonne ; Jofferand cependant en fit hommage en 1327. Elle fut efcaladée & pillée en 1379 par Hugues de Grantfon, parce que J. de la Guiche avoit pris le parti de Jacq. de Vergy & de Guille de Covignon fes ennemis, & qu'ainfi Grantfon lui avoit fait juftement la guerre, fuivant la coutume du Charolois. Le procès fut porté devant le Duc, qui ordonna provifion à la Guiche, & défendit à Grantfon de fortir de Dijon jufqu'à ce qu'il eût fatisfait l'offenfé ; Le Chancelier Nicolas de Tolon condamna l'agreffeur à 1500 l. de reftitution & à 1000 l. de dépens ; ce qui fut confirmé par Arrêt du Parlem. de Paris, qui condamna Grantfon à 1000 liv. d'amende au Roi, en 1381.

Marie de l'Epinaffe de la Guiche fe plaint au Duc en 1406, « de ce qu'on mettoit en fes Terres des mangeurs, batours, garnifon, quoiqu'elle fût prête de fubir jurifdiction devant le Bailli. »

Girard de la Guiche acquit des Corgenon & des Toulongeon la moitié de la Terre de Chaumont & de Sigy, dont fa mère avoit acheté l'autre. À la revue de Beauvais, en 1417, il avoit dans fa Compagnie 3 Chevaliers Bacheliers, 158 Ecuyers, 2 Trompettes & 2 Ménétriers.

Claude, fon fils, ayant pris le parti de Marie de Bourgogne, fut détenu un an prifonnier à Blois ; fon Château fut pillé & faccagé pour la 2e fois, avec difperfion des titres, en 1478. Pierre fon héritier, dont on a parlé plus haut, s'attacha à Charles VIII qu'il fuivit à Naples, fut Ambaffadeur de Louis XII, & Bailli de Mâcon.

Claude fon fils, Évêque de Mirepoix, fut Ambaffadeur du Roi au Concile de Trente, enfuite à Rome où il mourut en 1555, emportant les regrets de tous les gens de bien. Gabriel de la Guiche, Bailli de Mâcon, empêcha l'exécution de la S. Barthelemi dans le Mâconnois, & doit être ajouté au petit nombre des Gouverneurs amis de l'humanité, qui n'exécutèrent point les ordres cruels de Charles IX. C'eft étonnant que le Préfident Hénault l'ait oublié.

Son fils Philibert de la Guiche, Grand-Maître de l'Artillerie de France en 1578, Seigr. de Chaumont, mort à Lyon en 1607, étoit fi attaché à Henri III, que ce Prince difoit : fi j'étois la Guiche, fi la Guiche étoit Roi, je ferois fur d'être auffi aimé de lui quil l'eft de moi. Ayant fait la grande porte de l'Arfenal en face du quai des Céleftins, il y mit cette belle infcription qui pouvoit faire allufion aux complots de la Ligue :

Etna hec Henrico vulcania tela miniftrat, Tela giganteos debellatura farores. Phil. de la Guiche, G. M. de l'Art. de Fr, M. D. LXXXIV.

Il ne fut pas moins aimé de Henri IV, & contribua à l'heureux fuccès des batailles d'Arc & d'Ivry.

Quand une Ville affiégée a laiffé tirer le canon, & qu'elle eft obligée de fe rendre, toutes fes cloches appartiennent au Grand-Maître de l'Artillerie, & les Habitans font obligés de les racheter par une fomme d'argent ; la Guiche la donnoit à la veuve ou à la fille de l'Officier qui avoit été tué le premier au fiège.

J. Fr. de la Guiche, Comte de la Palice, Seignr. de Saint-Geran, reçut le Bâton de Maréchal de France en 1619, & mourut à la Palice en 1632, âgé de 63 ans. Cette branche a fini en une Religieufe du Val-de-Grace, morte en 1775. Jean de la Guiche, Lieut. Gén. des Armées, père de Charles-Amable, Marquis de la Guiche actuel, étoit Commandant en Bourgogne en 1763, mort à Paris en 1769.

CHANGY

Par. voc. S. Paul ; Patr. le Chapitre de S. Paul de Lyon ; Seigr. M. le Comte de Levis, Baron du Lugny, Colonel du Régiment de Picardie.

Chapelle de St. André, fondée en 1382 par Jean de Blois, Curé de Changy, & Chanoine de Mâcon.

76 f. 340 Comm. (280 en 1750) avec les dépend. Monteffus, Chât. & Seigneurie au Marquis de Rully, fut porté dans fa famille par le mariage de Jeanne Sarrazin avec Edme Bernard, de Montcenis, en 1420 : cependant on voit au contrat de mariage de Philippe de Bazas de Montot & de Jeanne de l'Epinaffe,fait au Château du Terreau en 1483, pour témoins, Louis d'Artus & Jean Sarrazin, Ecuyer, Seigr. de Monteffus. Vilaines, Fief à M. Dagoneau des Barzes : les Huguenots y avoient un prêche où le Miniftre Viridey baptifoit les enfans de Parai en 1646. Ouze, Fief à M. Mayneau de Collanges. Epinacy, ou Efpinaffi, Commanderie réunie à celle de Mâcon ; Piniere, la Vernelle, Naudin, Tourny, Rabutin, autrefois Village de 22 f. réduit à 2. C'eft le berceau des Seigrs. de ce nom, qui poffédoient Monteffus, Balore, Epiry, Buffi, Chazeu, &c. Mayeul Rabutin, un des principaux Vaffaux de Guillaume, Comte du Mâconnois, paroît dans un acte de 1147. De cette Maifon étoit Roger de Rabutin, Comte de Buffi, fi fameux par fon efprit, fes ouvrages & fes difgrâces, inhumé à N. D. d'Autun en 1693. Son fils, Évêque de Luçon, mort en 1737, a été le dernier de ce nom. On voit au Château de Buffi-le-Grand les tableaux de fes ancêtres, & au Château de Sevignon 1 vol. in-4°. Mff. de leur généalogie, compofé par Meffire Roger, avec les preuves.

Il y avoit à Rabutin un Couvent de Bénédictines, qui, ayant été ruiné pendant les troubles, fut réuni à l'Abbaye de Lanchare. Il ne relie plus de veftiges de l'ancien Château, non plus que de celui d'Aubin. Des Hiftoriens placent près de Changy le lieu de la bataille par le Roi Raoul fur les Hongres & Normands, en 929.

Ce Vill. fitué dans un fond, eft fur l'Arconce, rivière poiffonneufe. La route de Charolles à la Clayette & à Paray paffe fur le finage. Le Seigr, par les foins du Curé, a fait tracer une branche de chemin qui joint celui de la Clayette. Le nourriffage du bétail eft le principal commerce. Bons prés fur l'Arconce, fujets aux inondations. François Ier établit 49 Notaires Royaux en Charolois en 1542 : Jean Saulnier l'étoit à Changi.

Pour donner une idée de la manière de décrire de M. Expilli, qu'on life fon article de Changi en 11 lignes, où parmi les Hameaux il cite Lormy, Grinay, Onzé, Rabitin ; qui reconnoîtroit là Tourny, Ouze, Rabutin ?

À ½ l. de Charolles, 12 ½ d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 23' 7". L. 1° 55' 8".

CHAMPLECY OU CHANLECY

Campus levatus, Campliciacus ; Par. voc. la Vierge (15 Août), à la collat. de l'Évêque d'Autun. En l'Églife eft l'épitaphe de Jean de Chanlecy, Écuyer, Seignr. de Saillant, fils de N. de Tremolles & de Denife de la Magdelaine, époux de Françoife de Thiard de Biffi, dont il eut Jean, mort à 80 ans en 1585 ; de Jean Boyer, Seigr. de Chanlecy & de Tremolles, mort en 1581. J. de Chanlecy étoit Capitaine du Château d'Artus en 1520. ( V. fur les Chanlecy l'article de Pluvault, Bailliage d'Auxone, t. 3). Les titres de cette Maifon ont été perdus en 1562 & 1592, lors de la prife du Château par les Ligueurs, & dans celle de Pluvault par Galas en 1636. Jean Boyer obtint en 1602 des Lettres de commutation du nom de Boyer en celui de Chanlecy.

Château à la moderne bâti par le dr. Sgr. du nom de Chanlecy, Confeiller au Parlement de Metz : il appartient aujourd'hui au Duc de Coffé, Baron de la Motte-St.-Jean.

250 Com. avec les dépendances. Châtel-Vilain, Seigne. à M. Perrin de Cypierre, triennal avec Volêvre & Autefond ; Lavau, Vallis, altern. avec Volêvre ; St. Juft avec Chap. rur. du Patr. du Chap. de Tournus ; Marcilli-fous-Buffière, Marfilffon, Savigni & la Tour Seigne, Pian, la Nole. 28 Domaines. Pays de bois. Quelques vignes.

À 1 l. de Charolles.

CHASSENARD

Par. voc. St. Georges, à la collation de l'Évêque d'Autun, Archipr. de Pierrefîte ; Sgr. le Commandeur de Beugnay ; la Beugnerie ou Beugneraye (de l'abondance des eaux) Fief à M. de Contenfon ; les Colins, Fief ; Chapelle de St. Claude près l'Églife, fondée en 1675 par Claude Gay, Curé, du Patronage de fes parens.

50 feux, 250 Commun. Dépend. la Rofiere 8 f. & 17 dom. Beugnay, Commanderie de l'Ordre de Malte ; du Grand-Prieuré d'Auvergne, avec ancien Château & Chapelle de St. Jean. 10 maifons du Bailliage de Charolles ; le refte de celui de Semur ; des 2 Subdélég. Grenier à Sel de Parai. Contrôle de Digoin. Bons pâturages ; terres fortes ; feigle; chanvre.

Ce lieu, le dernier du Brionnois, eft en belle fituation, près de la Loire, entre St. Léger-des-Brueres, Varenne, Cée & Digoin.

À 2 l. ½ de Parai, 4 de Charolles, 5 de Semur, 11 d'Autun.

CHASSY

Caciacum, Par. voc. St. Pierre-ès-Liens ; Patron le Prieur de Bragni, Archiprêtré de Perreci. Anc. Chât. à M. Duprat de Barbanfon, héritier du Maréchal de la Tour-Maubourg. Les Baudouin, de Digoin, ont poffédé cette Terre. Sylvain-Raphaël de Baudouin, Brigadier des Armées, Capitaine aux Gardes-Françaifes, qui pofféde à Paris un très riche cabinet de tableaux, la vendit à Hugues Mayneaud de Bifefranc, qui l'a revendue à M. de Barbanfon. 300 Commun. Dépend. Chaume, les Fichotz, le Monceau, le Moulin-Meffet, les Places, les Brûlés ; Fontenailles, Fief à M. Mayneaud de Colanges. Le Comte Eccard y donne un meix avec des ferfs & des vignes au Prieuré de Pereci, en 840. Il eft auffi parlé de Chaffy dans cette même charte.

Ce Village, dans un vallon, a des terres fortes, appellées terres de bois. 1 moulin. On voit un Pierre de Chaffy, époux d'Alix de Buffeul, qui fe fit Religieufe à Marcigni après la mort de fon mari, affaffiné au XIIe. f. Hugues de Jantes fait foi & hommage au Comte de Charolois de fa maifon de Chaci, en 1315.

À 2 lieues de Parai, 1 ½ de Perreci, 4 de Charolles.

CHAUMONT, V. ST.-BONNET-DE-JOUX

CHIDE

Annexe de Precy-fous-Dondain, en Mâconnois. Voy. Precy ou Preffy-fous-Dondain.

CIRY-LE-NOBLE

Ciriacum, Cirenfis Villa, Par. voc. S. Barnabé ; Patrone l'Abbeffe de St. Andoche, Dame du lieu : il lui fut donné par le Comte Eccard en 840, Le clocher & partie de la Paroiffe font de fa Juftice ; le refte dépend de celle du Prieur de Perreci, & de la Châtellenie de Sauvement. 26 Ham. ou Dom. en dépendent. Les Lourdins, Lacroix, les Ligerots, Montbouton, Champlong, Beffy-Ia-Chapelle, le Fevre, le Devant, le Four, les Ruaux, les Billebeau, le Perrier, les Filiatres, les Gonots, la Goutte, les Tronillards, Perrière, Villars, l'Abergement, &c. Limant, Fief & Château à M. de Brancion, aujourd. à M. d'Efcorailles ; la Chaffagne, Cafauna, Caffana. Le Comte Eccard y donné 2 meix au Prieuré de Perreci. Sauvement, Salvamentum, une des 5 Châtell. du Charolois, en 1237, anc. Château à Made. de Parabere. Emart de Buffeul étoit Capitaine de la Tour de Sauvement en 1447, à 10 l. de gage. On voit un Henri de Sauvement, Ecuyer du Duc, Châtelain de Gray, en 1395. Le terrier de la Châtellenie fut fait en 1443.

En tout 88 Habitans impof. en 1751, autant en 1670, & 700 Commun. 1 moulin fur la Bourbince.

À 1 lieue de Perreci, 4 de Charolles, 3 de Toulon, 9 d'Autun.

CYPIERRE, VOY. CI-APRES VOLESVRE

CLESSY

Cacifellum, Claffiacum, Par. voc. St. Roch, Archiprêtré de Perreci ; Patr. le Prieur de Bragni ; Seigneurie à M. du Prat de Barbanfon : elle comprend Cleffy & Vigny, partie des Paroiffes de Bragni, Oudri, St. Vincent, Geugnon & Rigni, mouvance du Comté de Charolois. Il eft parlé du fief de Claiffy en 1279 : (Per. pag. 346). Agnès d'Arci, Dame de Cleffy & de Chaffy, fait hommage au Comte de Charolois, du Château de Claffy, en 1316. Guillaume de Bourbon en reprit de fief en 1367. Franç. Damas en étoit Seigneur en 1522 ; Antoine Damas en 1577 ; il affranchit alors le fief de Champ-Jacob, & le vendit. On voit un Paganus de Claziaco, qui, avec Maieul de Rabutin, figne un accord entre le Comte de Mâcon & Pierre le Vénérable, en 1147. (Bibl. Cluni)

45 Hab. impof. en 1751, 35 en 1670, 200 Commun. main-mort. chargés de redevances. Dép. Ancrede, les Camus, le Barat & la Rue du Bois. Pluf. étangs.

Carrière de pierre jaunâtre ; Geugnon en eft bâti, & Septfonts en partie, ainfi que Digoin. Grais bon pour les contrefoyers des forges, 1 tuilerie.

À 2 l. ¼ de Parai & 4 de Charolles.

COLONGES

Colonia, Par. voc. St. Etienne (3 Août), Diocèfe de Mâcon, à la coll. de l'Évêque, Archip. du Rouffet, de la Baronnie de Joncy, 80 feux, 300 Commun. Ham. ou Dom. Bas de Colonges, les Anfes, Lavaux, Montvoifin, Parat, Thomerie ou Thomery, jadis Ham. confid. où il y a eu des Religieufes Bénédictines, maintenant fimple grange ou métairie. 3 moulins qui chomment la moitié de l'année, fur le ruiffeau de Bédoule, qui tombe dans la Guye. Bois com. & au Seigr. Château de Montvoifin à M. de S. Micault. À l'Églife tombe de Claude de Corde, Sgr de la Crotte & Maulvoifon, & de Touffaine de Lugny fa femme, 1600.

À 1 lieue du Mont-St.-Vincent & Grenier à Sel, 9 de Mâcon, 5 de Cluni, 7 de Charolles.

COURCHEVAL, VOY. FAUTRIERES

DIGOIN, Bourg

Denegontium, Digonium, app. Digoinum en 1170 : (Per. pag. 244). Par. voc. St. George, Archipr. de Semur ; Patronage de l'Abbé de Cluni depuis 1025, que l'Évêque Helmuin le lui accorda. Bailliage de Semur pour une partie de la Baronnie de la Motte-St.-Jean, au Duc de Coffé ; & pour les 2 tiers du Bailliage de Charolles, & de la Juftice de Parai ; des 2 Recettes ; Grenier à Sel de Parai ; Subdél. de Charolles ; Juftice d'Entrepôts de fel ; Bureau des Traites. Chapelle de la Vierge attenante au cimetière. 1 maifon eft du Bailliage d'Autun.

Par tranfaction paffée en 1312 entre Henri, Prieur de Parai, & Guillaume, Chevalier, Seigneur de Morillon, il eft convenu « que la Haute Juftice en débat appartiendra au Sire de Morillon dans les Villages de Digoin & de la Brierette ; les Moines fe réfervant la baffe & le tiers dans les profits des marchés & des foires de Saint George & de St. Martin. Ledit Seigneur donnera les mefures de fel & de vin, & jouira du droit de banvin pendant un mois. » Ce concordat fut approuvé par Henri de Fautrières, Abbé de Cluni.

Les Moines de Parai exercent encore la Haute-Juftice fur une partie de Digoin. Des 2 anc. foires, il ne refte plus que celle de St. George qui fe tient 3 jours avant la Fête ; mais les marchés du mercredi n'ont plus lieu, quoique très néceffaires.

250 feux, environ 1400 Commun. 800 feulement en 1750. On y bâtit tous les jours, 4 gr. routes y aboutiffent ; celle d'Autun par Toulon, celles de Charolles & de Marcigni, & une tracée jufqu'à Bourbon ; mais ce qui favorife le plus le commerce, c'eft l'Arroux navigable depuis Toulon, & furtout la Loire qui forme un port très fréquenté : il le fera davantage quand l'Arroux fera rendu navigable depuis Autun.

Digoin eft l'entrepôt des vins du Chalonnois & du Mâconnois, qu'on embarque pour Paris, Orléans, Nantes : l'Arroux amene les bois de charpente de marine, les belles pierres de taille tirées de Cleffy, des bafcules chargées de poiffons. On tirera bientôt de Sanvigne du charbon de terre. Un radeau, chargé de bois, porte 1800 pieds quarrés, 26 toiles en longueur, 26 pieds de largeur. Un feul homme pour 200 liv. les conduit à Nantes (160 lieues). Guy de Saint-Barain reprit de fief du port de Digoin en 1376.

5 foires. Manufacture de faïance, établie par Arrêt du Confeil en 1776, a déjà de la réputation, & occupe plus de 100 bras.

Chizeul, fief à M. Maublanc de Martenet ; le Péage, autre fief au delà de la Loire, à M. d'Efcrots, Seigneur d'Etrée ; & 50 domaines dépendent de la Paroiffe.

Carrière de moellon à la Rochette : la taille fe prend à Cleffy : on bâtit communément en cailloux de l'Arroux.

Ce Bourg eft très ancien ; une branche de la voie romaine d'Autun à Toulon y aboutiffoit : au delà de la Loire eft le Village d'Etrée, Via Strata. Pépin, victorieux de Guaifre, Comte d'Auvergne, rentra dans l'Autunois par Digoin en 765.

Pendant la guerre des Armagnacs avec les Bourguignons, ce Bourg fouffrit beaucoup des incurfions des premiers, & durant la ligue il fut pris & repris plufieurs fois. La Grange, Lieutenant d'Efpiard Royalifte, abandonna Digoin, après en avoir ruiné les fortifications. D'Ornaifon, Ligueur, Lieutenant de Morland à Parai, croyant cette place en bon état, vint l'occuper pour contenir la garnifon de Bourbon ; mais la trouvant fans défenfe, il s'empara du lieu appellé la Tour. Le Baron de Saligny & d'Amanzé, Royaliftes, l'y inveftirent, le forcèrent & mirent le feu, où d'Ornaifon périt le 22 Juillet 1593.

Les Seigneurs de Morillon avoient un Château ou Hôtel, rebâti à la moderne par M. Laligant, Médecin.

Jofeph Baudoin a laiffé 250 liv. de rente aux pauvres.

Hugues Mayneaud de Bifefranc, dans le temps de la famine 1771, fit venir d'Orléans des bleds pour 20000 liv. & s'acquit le furnom de père nourricier de fes Concitoyens. Une telle action eût mérité, au jugement des Seigneurs voifins qui me l'ont racontée, d'être gravée fur une colonne au bord de la Loire.

À 4 l. de Charolles, 2 de Parai, 5 de Marcigni, 4 de Bourbon, 12 d'Autun.

Lat. 46° 27' 8". L. 1° 38' 32".

DIGOINE

Une des 4 anc. Baronnies du Charolois: (Voy. Palinges ci-après & Suin, art. du Sevignon).

DOMPIERRE-SOUS-SANVIGNE

Domni Petra, Par. voc. St. Pierre-ès-Liens, Patr. le Prieur de Perreci ; Seigneur, & de l'Archiprêtré : 100 Commun. La Paroiffe eft coupée en 11 domaines & 8 locateries. 20 autres dom. & pluf. locat. font altern. avec Perreci & Sanvigne. Quelques petits étangs. 1 moulin. Pays de bois où il y a beaucoup de pins & de bouleaux. Les héritages du Prieuré de Perreci lui ont été donnés par le Seigneur de Sanvigne en 1223.

À 1 l. de Perreci, 1 ½ de Toulon, 8 d'Autun, 5 de Charolles.

DONDAIN, Voy. PRESSY

FAUTRIÈRES

Falteriœ, Faltreria, Par. voc. la Vierge (8 Septembre), Patr. le Prieur de Perreci depuis 896 ; le clocher & partie de la Par. font de fa Juftice, le refte de la Baronnie de Digoine. Hugues Boivin de Digoine, Chevalier, fe défifte de fes prétentions de Juftice fur la Seigneurie de Fautrières, en faveur du Prieur, en 1273. Rolin d'Allenai la difpute en 1340, & la cède par accord. Le Curé reconnoît en 1456 le droit de Patronage en faveur du Chevecier de Perreci. Dépend. Lafin, la Ferrière, St. Eloy, Favery, Aubois, Corcelles, tous dans des fonds couronnés de bois. 20 Habit. impof. en 1751, 17 en 1670.

Ce Village fitué entre l'Oudrache & la Bourbince, Oudry & Palinge, a donné le nom à des Seigneurs connus dès le XIe. fiècle. Anfelme de Fautrières foufcrivit à la fondation du Doyenné de Blanzy en 1060, faite par Gérard de Brancion. Marie fa fille fut une des 1ere Religieufes de Marcigni en 1080. Girard fon fils fit le voyage de la Terre-Sainte avec Jofferand de Brancion, Girard d'Amanzé, Jofferand de Lugny, fous Godefroi de Bouillon, & furent tous inhumés à Cluni : Henri de Fautrieres en étoit Abbé en 1308, mort Évêque de Flour en 1359. On voit fon portrait au Château de Courcheval. Cl. de Fautrieres fut Élu des États du Charolois pendant trois triennalités fous Louis XIV. Michel, Lieut. de Roi en Charolois, eut treize oncles tués à la guerre fous ce Prince.

Cette Maifon poffédoit 14 Châteaux où étoient fes armes, & depuis 500 ans celui de Courcheval. Jeanne d'Urfé, femme de Matthieu de Fautrières abfent, fit hommage au Duc Philippe le Hardi de fes Terres, à l'exception de la Tour quarrée de Courcheval, qu'elle ne tiens que de Dieu & de fon mari. Leur devife étoit, tendre & fidèle. (V. ci-devant Baubery).

Fautr. écrit ancienn. Feautrières, eft dit dans une charte de Cluni de 1480, in Matifconenfi, feu ut alii volunt, in Quadrellefi pago : c'eft bien réellement en Charolois.

À 1 l. ¼ de Parai, 1 l. ¼ de Perreci, 4 de Charolles.

Lat. 46° 32' L. 1° 51'31".

FONTENAI

Fonteneium, petite Paroiffe, voc. S. Laurent, à la coll. de l'Évêque d'Autun, jadis du Prieur de la Magdeleine. Chât. ci-devant à M. de Charolles, maintenant à N. Lorrain. 4 Domaines & 5 locateries, en tout 66 Habitans. À 1 l. de Charolles.

GENELARD

Geniolacum, Genelaium, Par. voc. S. Pierre ès Liens ; Patr. de la Cathéd. d'Autun, qui lui fut donné par l'Évêque Henri en 1170. Tombe de Jean de Buffeul, Seigr. de Moloin (Moulin fur l'Arconce) 1556, pofée par Antoine de Buffeul fon petit-fils, Chevalier, en 1602.

La dîme fut cédée au Prieur de Perreci par Giraud de Chape en 1381. Le Prieur y avoit acquis des fonds de J. Fourcher, en 1349. Guillaume de Parai, Curé de Genelard, étoit Garde du Scel commun du Comté en 1304 à 1321.

Le clocher eft de la Châtellenie de Charolles ; une partie de la Paroiffe forme la Seigneurie de la Tour, à François-Gafpard Mayneaud de Collanges, Meftre-de-Camp de Dragons, & Maréchal gén. des Logis de l'armée, avec château à la moderne, bâti en 1744 par Paul-Etienne Mayneaud de la Tour, mort fous-Doyen de la Grand'Chambre du Parlement de Paris en 1776 : le refte dépend de la Juftice de Perrecy & de Digoine.

71 Habit. impof. en 1751, 62 en 1670. 500 Comm. avec les dépend. Fautrenne, Champierot, les Champs, Laugere où étoit un anc. Chât. détruit, qui appartenoit aux d'Amanzé, aux Buffeul, auj. à M. Mayneaud. Monteguillon, Velfraize, Givri, Chancerot, Montchanin, Chavannes, Villars-Limant, Limania en 890, qui fait maintenant une Communauté féparée, étoit imposée avec Genelard en 1670 ; l'Abergement, l'Ecart, Bonin-Bonot & Vernizy. Prés. Pont fur la Bourbince. Moulin, Tuilerie. Bonne foire le 10 Mars. À ½ l. de Perreci.

À 3 l. de Charolles, 2 de Parai, 4 de Digoin, 9 d'Autun.

GENOUILLY-SUR-GUIE

Genuliacum, Par. voc. S. Pierre, Dioc. De Mâcon, à la collat. de l'Évêque ; Arch. de Rouffet. Varin, Comte de Mâcon, échangea la Terre de Genouilly pour celle de Cluni avec l'Évêque Iflebaudus ; ce qui fut approuvé par l'Empereur Louis le Débonn. en 826. Aimé de Tenay étoit seigr. de la Cour de Genouilly en 1544.

Partie de la Par. dépend de la Juftice indivife entre le Comte de Charolois (le Roi) & de Henri-B. Rover de Saint-Micault, Sgr. de St. Germain-au-Bois ; une autre partie reconnoit fa Juftice provenant de Chamilli ; une autre dépend de celle du Curé, Cofeigneur ; le tout en Charolois : la partie qui eft en Mâconnois forme la Juftice & Seige. de St. Jean-de-l'Hôpital, dépendant de la Commanderie d'Epinacy, Membre de celle de Mâcon. Cette partie comprend les Hameaux de l'Hôpital (autrefois aux Hofpitaliers), Praye, les Rigoulots, Corcenier & portion de Santagni : les moulins, les Volarids, Fontabon, les Galliers, Charmée & Verpras, font du Charolois. Vernoble, Fief à N. Bonamour, appartenoit en 1550 au Poète Guillaume des Autels, qui le qualifie de Château non tant riche que noble. Chap. de St. Jean à la Commanderie de l'Epinacy, en mauvais état, quoique riche, étoit jadis une Léproferie.

120 f. 400 Comm. 60 Hab. impofables en 1751, 50 en 1670. Il eft parlé du Fief de Genouilly en 1279 (Per. pag. 546). Vaux-Après, Vallis in pratis, Annexe, vocable la Vierge (15 Août). 53 f. 137 Comm. Dioc. & Bailliage de Mâcon.

À 2 l. du Mont-Saint-Vincent, 1 ¼ de S. Gengoux, 5 de Chalon, 7 de Charolles, 18 de Digoin, 5 de Cluni, 9 de Mâcon.

GOURDON, ancienn. GORDON

Gurdunum, Gurthonenfe Monafterium ; Par. voc. la Vierge (15 Août), Dioc. de Chalon, Archip. du Mont-Saint-Vincent, Patr. le Prévôt de la Cathédrale du Puy en Vélay, à laquelle a été réuni le Prieuré. Belle Églife voûtée à 2 nefs. Anc. Prieuré de Bénédictins qui ont quitté depuis 2 fiéc. On voit encore fur la croix du cimetière, faite en 1474, la ftatue d'un Prieur. Fameufe image de la Ste. Vierge, avec apport. Chap. rur. bâtie par N. de Théfut qui avoit fervi fur mer, aïeul de J. Marie de Théfut de Gourdon. Ce Village fur une hauteur, autref. confidérable, réduit à 20 f., eft très ancien. S. Defiré ou Didier y vivoit reclus en 534, & y fut inhumé en 579. Dans la fuite S. Agricole, Évêque de Chalon, fit transférer fes reliques à la Léproferie de Saint-Jean-des-Vignes, où fon corps fut retrouvé en 874. Grégoire de Tours parle de ce S. Solitaire, & dit l'avoir vu : liv. de gloria Confeff. ch. 86.

500 Comm. avec les dépend. 20 Ham. ou Domaines. Les Puys, Fief à N. de Pomier, avec Chât. à la moderne. Marmorat, Chât. & Fief à Charles-Antoine, Comté de Raguet-Brancion, Colonel d'Infanterie, Chevalier de St. Louis, anc. Alcade de la Nobleffe (V. fur cette ancienne & illuftre Maifon, Brancion en Chalonnois). Les Gris, les Serperées, Monfroux, Monteuchot, Montmartin, les Grivots, Culize, les Bertaux, les Simonot, les Maillard, Chavannes, les Croux ou Creux, les Perrons, les Paradiots, le Moulin-Neuf, le Moulin-des-Puys, Clevigni , Cerle, &c. Deux foires établies en 1470. 12 étangs. Un feul puits dans le Bourg. François Ier y établit en 1542 deux Notaires, dont l'un étoit Jean Gacon, famille ancienne dans le pays.

Léonard de Thefut, Archidiacre de Mâcon & Official en 1723, ancien Curé de Gourdon, donna des ornemens à cette Églife. Dans le finage & celui des Paroiffes de St. Valier & de Blanzy eft une forêt confidér. appellée les Bois Francs, toujours reftée dans l'indivifion. Il y a procès depuis 15 ans entre 4 Seigneurs & 18 familles, appellées les Francs des Bois Francs qui avoient droit à ces bois, fuivant un accord fait entre eux en 1272. (V. Blanzy, Baill. de Montcenis). 85 Hab. impof. en 1751, 96 en 1679.

Grenier à Sel & Châtellenie du Mont-Saint-Vincent à ¼ de l.

À 5 l. de Char. 7 de Chalon & d'Autun.

Lat. 46° 37'34". L. 2° 7' 35".

GRANDVAUX

Grandis-Vallis, Par. voc. S. Antoine, Coll. L'Évêque d'Autun, Seigr. Ant. Louis Defchamps de la Villeneuve.

30 f. 25 en 1751, 19 en 1670.

Dépend. la Valliere, Lonperrier Domaine alternat. avec St.-Bonnet de Vieille-Vigne, Laval altern. avec St.-Aubin.

Ce Village fitué dans un fond, eft à 1 l. ½ de Charolles.

LA GUICHE : V. CI-DEVANT CHAMVENT

JONCY

Jonciacum, Jonceium ; Par. voc. S. Didier, Dioc. de Mâcon, à la collat. de l'Évêque, Archipr. du Rouffet ; partie du Bailliage de Charolles, partie de celui de Mâcon, féparée par la Guye. Ham. en Charol. Garandeau, la Vellette, Ballas, Crozot, Couffole, Bellevelle, la petite Buffiere ; Marnant, où Charles-Léonard Febvre, Maire du Mont-Saint-Vincent, a une belle maifon de campagne, avec Chapelle, bâtie en 1773. Vignes : excellens fruits : carrière. Le Fief de Rains à Henri-Bernard de Saint-Micault, eft en Mâconnois, fur lequel le Seignr. de Joncy a la haute Juftice. Jean de Maiffey en étoit Seignr. en 1553.

Joncy, une des 4 anc. Baronnies du Charolois, dont les dépendances générales font 4 Paroiffes & 13 Hameaux, a été longtemps poffédé par les Comtes de Chalon, enfuite par les Clermont-Mont-Saint-Jean au XIIIe. fiècle, & par les Palatins de Dyo : elle paffa aux Rochebaron par le mariage de Guie d'Anglure, veuve de Pierre de Dyo, avec Cl. de Rochebaron, Echanfon du Duc, père de François de Rochebaron, inhumé aux Jacobins de Mâcon.

Jean de Rochebaron, Chevalier, étoit Baron de Joncy en 1551 ; depuis les d'Aumont en 1619, defquels Octave Cottin de la Barre, père d'un des plus refpectables Magiftrats du Parlement, mort en 1766, & aïeul du Seigneur actuel, l'acquit en 1740.

Le Fief de Joncy fut cédé à Robert de Clermont, Comte de Charolois, par le Duc Robert II en 1279.

Hugues de Concoreau, Chevalier, fit hommage au Comte de Charolois de la Grange de Joncy en 1315. Roland de Semur reprit de fief de Joncy en 1400. Anc. Chât. qualifié Maifon-forte, rétabli à la moderne.

Saulx-Vantoux battit en 1562 les Huguenots au pont de Joncy, reprit Marcigni, S. Gengoux & Mâcon.

4 foires, dont 3 très anc. Boîte pour les lettres qu'on tire de Chalon.

2 gr. routes à Tournus par St.-Gengoux, & de Charolles à Chagni, ouvertes en 1753.

200 f. 630 Comm. 110 Hab. en 1670.

À 6 l. de Charolles, 6 de Chalon, 16 de Mâcon, 19 de Dijon.

Lat. 46° 36' 1" L. 2° 14' 39".

LE PULEY

Puellare, Pulleium, Par. v. S. Chriftophe ; Patron. de l'Abbeffe de Lanchare, qui y avoit jadis un Prieuré fondé au XIIe fiècle. Elle obtint la Juftice du Duc Hugues IV en 1263. L'Égl. paroiffiale étoit celle des Religieufes dont on voit encore les formes : (Voy. ci-après Chalon, Abbaye de Lanchare ). Thomas, curé du Puley, fit des dons au Prieuré de Perrecy en 1394. C'eft un ancien démembrement de la Baronnie du Mont-St.-Vincent, dont le Roi eft Seigr. Haut-Jufticier, & l'Abbeffe a la Juftice moy. & baffe entre les 4 bornes feulement. 17 f. et 70 Commun. Fief des Autels à Palamede Gonthier en 1632, à P. de la Chaume en 1656, à P. Thomaffet en 1696 ; aujourd. à fon petit-fils P. Thomaffet de Cheffy.

Pays de mont. Bois. Froment & feigle ; quelques vignes.

À 2 l. du Mont-Saint-Vincent, 8 de Charolles, 6 de Chalon.

LUGNY

Luniacum, Par. Voc. St. Martin, Patron. du Chap. d'Autun ; Églife propre. Tombe de Marc-Antoine de Levis, 1767, père du Sgr. actuel, Claude-Marc-Antoine de Levis, Colonel du Régiment de Picardie. Chapelle fondée en 1312.

Une des 4 anc. Baronnies du Charolois qui entra au XVe. f. dans la Maifon de Levis par alliance avec Alix Damas de Coufan, fille de Hugues Damas de Lugny, dont vint Philippe de Levis, Archev. d'Arles, nommé Cardinal en 1473 ; Euftache fon frère & fon fucceffeur, Jean qui tefta en 1494, & Guy chef de la branche de Quelus. On voit leurs defçendans Claude & Jean, Chevaliers de l'Ordre.

Magn. Château bâti en 1771. Manufcrits précieux en la bibliothèque, tels que le beau Miffel en vélin avec des vignettes dorées, le Pontifical & le Bréviaire du Cardinal d'Arles, mort à Rome en 1473.

60 f. non 90 comme l'écrit Expilli ; il y en avoit 102 avec 30 Laboureurs en 1670. 260 Comm. Prefque toutes les maifons apartiennent au Seigneur, ainfi que la forêt. Dépendanc. Orfilli, Rouffi, Bizi, Lebreuil, bois du Palais, les Prêchons ou Perchons, Lucenay, les Terte, les Davot, Levernet.

Un moulin fur l'Arconce. Excellens prés, bon nourriffage. 4 nouv. Foires. Branche de chemin qui joint celui de Parai à la Clayte.

À 1 l. de Charolles, 1 ½ de Parai, 14 d'Autun, 25 de Dijon.

Lat. 46° 23' 16". L. 1° 53' 19".

LUNEAU

Par. voc. S. Pierre ; Col. L'Év. d'Autun, Arch. de Pierrefite ; Seigr. N. Larcher d'Arci pour la partie de Bourgogne ; l'autre eft en Bourbonnois. 5 Ham. en Charolois, la rue haute ou le Bourg où eft l'Églife, les Marguilliers, les Motets, Labori, Bonan, les Colletets. Bonan eft fur la Loire ; les autres fur la hauteur. Agnès de Bonan fait hommage à Robert, Comte de Charolois, des Fiefs de Bonan, Graviers, Garenne, en 1287. Les débordemens de la Loire ont fi considérablement endommagé cette Paroiffe, qu'au lieu de 700 Commun. dont elle étoit compofée autrefois, à peine en refte-t-il 200, & 50 f. Les meilleures terres font couvertes de gravier & de cailloux.

Ce Village fur la Vouzaine eft à 5 l. de Charolles.

LURCY, anciennement LOURCY

Lurciacum, Par. voc. St. Mayeul ; Patron l'abbé de Cluni, Archip. de Pierrefite ; Sgr Haut-Jufticier Denis-Jofeph de Paroi, anc. Gendarme de la Garde. Les Savari & Duryer ont eu cette Terre. Chriftophe Duryer, Gentilhomme de la Chambre en 1659 ; Antoine, Jean-François, Lieuten. Colonel de Navarre, Lieutenant-de-Roi aux Ifles d'Oléron, où il mourut fans enfans en 1701.

14 f. 19 en 1751, 26 en 1670. 80 Com. 1 moulin, 7 étangs, dont l'un s'empoiffonne de 10 à 12 milliers : près de la Loire qui quelquefois endommage beaucoup le finage. Bac pour la Paroiffe qui eft fur une éminence d'où l'on jouit d'une belle vue.

À 4 l. de Charolles, 14 d'Autun, 27 de Dijon.

MARCILLY-LA-GUEURCHE, OU LES (Lès) CHAROLLES

Marcilliacum, Par. voc. St. Laurent, à la collat. de l'Év. d'Autun ; Seigr. l'héritier de N. d'Aousteine, Lyonnois : jadis aux Dagoneau. On voit un Girard Dagoneau, Bachelier ès Loix, Garde du Scel commun, en 1452. (Voy. fur cette famille l'Hôpital de Charolles).

Marcilli a été poffédé par des Seigneurs du nom de Gulces ou Geurche, d'où le furnom de ce Village, dit Saint-Julien ; enfuite par Pierre Dubreuil qui époufa une fille de Saint-Amour, héritière de la Maifon de Cypierre, dont vint Philibert de Marcilli-Cypierre, Gouverneur de Charles IX, fon frère l'Évêque d'Autun, un 3e. fils Doyen de cette Cathédrale, & un Chevalier de Malte. D'autres difent que le mot Geurche vient d'une forêt voifine.

Chât. & Fief de Terzé. Guillaume de la Roche, Bailli du Charolois, donne en 1370 une fauve-garde, à noble Agnez de Terzé & à Jean de Montfaulcon fon fils, Chevalier. Château de Moulin-la-Cour à N. de Monteffus. Claude de la Cour en étoit Seigr. en 1560. Françoife de la Cour a fondé un lit à l'Hôpital de Charolles pour les malades de Moulins. N. de Lucenai, Curé de Marcilli, a de même fondé un lit pour les pauvres de fa Paroiffe. Guillaume de l'Eftang, Curé, étoit Garde du Scel commun en 1329. Deux moulins fur un ruiffeau qui tombe dans l'Arconce au bas de Monteffus. Quelques vignes.

60 f. 200 Commun. Dépend. Verneuil, Terzé, Saint-Bonin. Sur la montagne de St. Firmin étoit une anc. Chapelle, détruite : en défrichant aux environs, on a trouvé environ 30 tombeaux de pierre de grais, fans armes, ni monnoies. Dans un champ voifin reftes de ruines.

À 1 l. de Charolles, 14 d'Autun.

MARIGNI

Marigneium, Par. voc. St. Symphorien, Dioc. de Chalon, Archip. du Mont-Saint-Vincent, Patr. de l'Abbé de Cluni, cédé par Guillaume du Blé en 1300. Seigr. Pierre-Marie Naturel de Valetine, Chevalier de St. Louis. Cette Terre a eu des Seigneurs du nom. Guillaume de Rabutin époufa Jeanne de Marigni ; enfuite les de Vichy au XVe fiècle ; la Menue, Giroud, Jacques de Sayve par sa femme Barbe Giroud, les Siry qui ont vendu en 1759. Le Château fut ruiné en 1583 : il n'y a plus qu'une tour quarrée à 3 étages, & voûtée.

200 Commun. 54 f. 66 en 1670. Terre à feigle. Dépend. 11 Ham. ou Domaines, Urfinge, les Effarts, Tramaille, Paneffot, les Buiffons, Donvent, Boucanfault, les Gris, &c. Ragy a donné le nom à une branche des Théfut, dont plusieurs Confeillers au Parlement : (V. Mont-Saint-Vincent).

Ifabelle, fille de Guyot d'Ocles, porta en 1375 cette Terre à Girard de Théfut : Louis de Théfut, fon petit-fils, en fit hommage au Duc Charles en 1473 ; aujourd. à Cl. de Théfut d'Aumont.

Les Buiffons, Fief en toute Juftice à Jule-Philippe de Mayftre de Rochemont. La ferme de Montmeurcy, fituée en Mâconnois, paie taille & prend fon fel à Saint-Gengoux.

À 1 l. du Mont-St.-Vincent, 7 de Charolles.

MARIZY

Par. voc. St. Bonnet, Patr. du Prieur de Perreci, Seignr. M. le Duc de Coffé. Eudes de Montaigu, de la Maifon de Bourgogne, en étoit Seignr. en 1314, ainfi que Guillaume fon fils pleige pour le Duc envers les Anglois en 1359. Guillaume Dubois, mari d'Agnès de Comune, reprit de fief pour Comune & Marizy en 1368. On voit un Hug. du Brouillard, époux de Marge. de Marizy en 1317, inh. à Marizy en 1333. Agnès du Brouillard eut la Terre de Marizy, fur laquelle fa dot de 600 florins étoit affignée, en 1388. Jean de Marizy, Confeiller du Duc en 1387. Ce Village dans un fond, Prévôté, a 30 f. 700 Comm. avec les dépend. Le Pont, Montboin Fief, Le Trambly, les Badets, Montfront, Brouillard avec Château ; Arfeuille, Artoria dont il eft fait mention dans une charte du IXe fiècle, & autres Domaines, En 1666 il y avoit 112 cotes, dont 11 Propriétaires, le refte pauvres journaliers, felon l'état de l'Intendant Bouchu, & 102 Hab. impof. en 1640 & 1751.

Pays de bois, feigle, partie en plaine, partie en monticules ; affez bons prés ; foires ; forêt de chaume, où les Habitans ont droit de champoyer leur bétail. Ils y furent maintenus contre Louife de Chabannes par Sentence de 1486, après avoir fait entendre plufieurs témoins âgés de 100 ans.

À 3 l. de Char. 2 ½ de Joncy, 9 d'Autun.

MARLY-SUR-ARROUX

Marliacum, Par. voc. S. Symphorien, Pat. l'Abbé de Cluni, Archip. de Perreci, Sgr. N. de la Villeneuve, qui a fon Château à Mazoncle, Village de la Par. d'Oudry. Le clocher & partie de la Paroiffe de la Juftice de Toulon en Charolois, le refte dépend de la Juftice de Mazoncle & de Perreci, excepté le Village de la petite Faye qui eft de celle de la Cathédrale d'Autun ; Recette de cette Ville, & Bailliage de Montcenis. 300 Comm. Dép. 9 Ham. ou Dom. fort écartés ; Montchatel, la Colonge, Garnay, Grand-Faye, Grande Fagia ou Grans Fala, donné au Prieuré de Perreci en 964 ; Chaume, les Mafiles, Malgagia ; les Rues, Buiffon, Mazoncle, Maziuncula, dont il eft fait mention dans une charte du Comte Eccard en 840. Guillaume de Mazoncle reprit de fief de fa Maifon-forte en 1366. Hugues de Mazoncle fit une fondation à Perreci en 1398. J. Dubois de la Rochette, Elu de la Nobleffe du Charolois, Sgr. de Mazoncle en 1698. Pays de feigle ; bois ; quelques vignes ; bel étang à double queue, au Seigneur. Marly à 1 l. de l'Arroux, ainfi appellé pour le diftinguer de Marli-fous-Iffi, entre les bois de Perreci & de Beaumont.

À 4 l. de Charolles, 1 de Perreci.

MARRI

Par. voc. St. André, Dioc. de Mâcon, à la collat. de l'Évêque, Archip. de Rouffet. Le clocher & partie de la Par. relèvent de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent, & le Marquis de la Guiche en eft Seigneur, le refte dépend de la Juftice de Cercy-Boraffe, de celle d'Aumont & de Montmurger. Seigne. d'Aumont & Chât. à Cl. de Thétut, Chev. de S. Louis. Pierrette Leclerc porta Aumont à Nic. de Théfut fon mari en 1644. Bofquet de beaux pins fur la montagne. Henri de Montmurger fait foi au Comte de Charolois de Montmurgier en 1316 : il eft aux de Théfut depuis 1450. Bouraffe, Fief à M. de Montperoux en 1680. 60 f. 48 en 1670. 200 Comm. Dépend. les Rentes, Molaife, Charoft, Aumont, le Monceau, Bouraffe, Montmurger, Feuilloufe ; ce dernier, de 4 feux, eft du Mâconnois. Le Hameau de Boil, hors une maifon, dépend de la Baronnie de Joncy, eft altern. du Mont-St.-Vincent. Terres fablonneufes qui repofent 2 ans. Prés médiocres, fujets a être couverts de fable par les eaux qui descendent des montagnes voifines dans le temps d'orage : celui du 14 Août 1751 en perdit le tiers, & y forma des ravines profondes.

À ½ l.: du Mont-Saint-Vincent, 6 de Charolles.

MARTIGNI-LE-COMTE

Martiacum, Par. voc. Ste. Euphemie (16 Septembre) ; à la collat. de l'Évêq. d'Autun. Seigr. le Duc de Coffé ; ancienn. les de la Guiche & de Chanlecy.

132 Habit. impof. en 1751, 138 en 1670. 850 Comm. avec les dépend. le grand & petit Baronais, avec 2 étangs confidér. les Minots, les Barauts, Bronteau, Bourdeaux, Lavarenne, Monteuchot, Fontenaille, la Chape, Orgeries, Lachaux, &c. Comune. Guill. de Comune, Chevalier, reprit de fief de fon Château en 1316 ; la femme d'Etienne de Comune lègue 20 f. au Prieuré de Perreci en 1357. 3 Chât. en la Par. à Martigni, fouterrein, Comune, jadis à 3 Seigneurs, depuis réunis par les la Guiche de Sevignon ; aujourd. au Duc de Coffé, avec le Fief de la Corbière ; celui du Butet près le Verderat, à M. de la Guiche, ainfi que le vieux Chât. du Verderat, détruit. Guy de Chaumont vend en 1344 fon Fief de Verderat à Guill. de Montfaulcon, Sénéchal du Périgord. Gérard de la Guiche acquit la Maifon forte du Verderat en 1464. Il fut faifi par le Duc Philippe, & rendu. Merci-les-Foffes, Fief avec Chât. démoli. L'Echeriole eft une Prévôté réunie à la Cure, fuivant un terrier fort ancien ; ce qui donnoit droit au Curé d'entrer aux États du Charolois, & quelques Curés ont été Élus du Clergé : cette qualité de Prévôt vient d'une Société éteinte depuis 100 ans, dont le Curé étoit le Chef ; elle étoit ancienne, puifqu'on voit une charte de la Comteffe Béatrix en 1205, fignée par Robert, Chapelain de Martigni. La Forge de Verderat, conftruite en 1607, eft de la Paroiffe de Martigni ; le fourneau de celle de Mornai, féparée par l'Arconce. À la queue du bel étang étoit l'anc. Chât. du Verderat. À Martigni Chapelle de Ste. Marguerite fondée par Benjamin Fyot, Lieutenant de Régiment, il y a 150 ans, aïeul de Nic. Fyot, Médecin au Mont-Saint-Vincent, & des Fyot de Martigni. Charles VII, en reconnoiffance du Traité d'Arras, donna en 1435 au Chancelier Rolin la Terre de Martigni, alors aux héritiers d'Oudard de Chazeron ; celles de la Perrière, de Lugni, les Preffin & de Bragni, appart. au Sgr. de Luffan. Mais il paroit que le Chancelier remit Martigni aux Chazeron, puifque Claude de la Guiche, marié en 1455 à Claudine de la Baume, acquit vers 1470 de N. de Chazeron de Martigni, le Château, comme le marque Saint Julien de Baleure, pag. 333. Les Habitans ont droit d'ufage & de chauffage dans les bois du Seigneur ; ils furent affranchis en 1283 par Etienne de Mont-Saint-Jean. Deux moulins ; une huilerie ; bons près ; terre à froment ; beaucoup de défrichemens depuis 50 ans. Plaines de Silla.

À 2 l. de Charolles, 11 d'Autun.

MONT-SAINT-VINCENT, BOURG.

Caftrum Montis S. Vincentii, ainfi appellé en 1279 (V. Per. p. 547) ; Archip. & Par. du Dioc. de Chalon, Patr. de l'Abbé de Cluni, qui avoit là un Prieuré dont les Moines fe font retirés vers 1506. Le Prieur obtint de Louis XII en 1501 des Lettres de garde-gardienne pour les droits de langue de bœuf dont il jouit encore, de coponage de bled (aboli depuis), lides, cens, fervis ; mais les langues de bête bovine, dit un titre, qui fe tuent ou fe débitent les jours fériés, appartiennent au Seigneur ou à fes Officiers, & ceux du Roi les perçoivent ces jours-là.

L'Églife autrefois fous le voc. de la Croix, Ecclejia de Monte Sanctae Crucis, humide, quoique fituée fur une haute montagne, fut dédiée par André de Poupet, Évêque de Chalon, en 1484. Beau chœur neuf rebâti en 1775 pour 3000 liv. payées par l'Abbé de Cluni, décimateur, qui l'a orné d'un bel Autel à la Romaine ; huit Mépartiftes au XVIe f. Sous le portail, tombe de Charles le Clerc, Curé du lieu, l'exemple des Pafteurs, le père des pauvres, mort le 28 Décembre 1681 ; il a laiffé un domaine rendant 300 liv, & a fondé une bourfe de 50 écus au Séminaire. Chambre de charité, due en partie aux bienfaits de ce Curé. En l'Églife étoit jadis la tombe d'Ifabelle Rabutin, femme de Robert, Comte de Charolois, au XIIIe. f. felon Palliot qui l'avoit copiée en 1660.

Eudes IV ayant acquis par échange le Comté de Chalon & la Baronnie du Charolois en 1237, fit hommage à Louis IX de Charolles, du Mont-St.-Vincent & de leurs Châtellenies ; ces deux places font appellées Villes murées en 1390, lorfque les Armagnacs vendirent le Charolois au Duc Philippe. La 2e. étoit la première des quatre Baronnies de ce Comté, unie à la Couronne en 1477, & depuis 1765 Châtellenie Royale dont la Juftice reffortit au Bailliage de Charolles.

Il y avoit jadis un Bailli auquel reffortiffoient par appel les Caufes des Juftices feigneuriales, & furtout les moyens & bas-Jufticiers qui relevoient de cette Baronnie. Mlle de Sens obligea encore, il y a 18 ans, les héritiers Sauroy à reprendre de fief au Mont-Saint-Vincent pour la Terre de Saint-Vallier.

Anc. Jeu d'Arquebufe compofé d'env. 40 Chevaliers ; ils rendirent le grand prix en 1722 ; ceux de Marcigni, Charolles, Toulon, Perreci, Montcenis y affiftèrent. La première Ville remporta le prix qu'elle rendit, & c'eft au Mont-Saint-Vincent à le rendre à fon tour.

Le Régiffeur du Roi pour tout le Comté de Charolois, eft établi en ce lieu depuis 1761 ; le Bureau de fa Pofte eft à Joncy : mais il n'y a point de Meffager piéton de là au Mont-Saint-Vincent, quoique les Régiffeurs des Poftes en aient établi à Charolles pour porter les Lettres à Parai, à Toulon & Perreci, & un autre pour Montcenis.

Ce Bourg fitué fur une des plus hautes montagnes de la Province, avoit une fortereffe qui fut affiégée & démantelée par Louis VII en 1161, pour punir Guillaume, Comte de Chalon, qui s'y étoit réfugié, de fes ravages fur les terres de Cluni. La place fut livrée aux flammes pour avoir ofé réfifter à une Armée royale : elle fut prife par les Orléanois, ennemis du Duc, en 1433, reprife l'année fuivante par les foins de la Ducheffe ; elle eut depuis 1237 les mêmes Seigneurs que le Charolois dont on a parlé au long dans le coup d'œil fur ce Comté. Louis XV en fit l'acquifition de Mademoiselle de Sens, pour la Terre de Palaifeau en 1761. S. M. par Edit de 1765 a fupprimé la Baronnie & confervé la Châtellenie, qui comprend 4 clochers & la Prévôté de Marizy.

L'emplacement de l'ancien Château fitué fur la pointe de la montagne au fud, a été acquis du Roi par Ant. Febvre, Commiffaire à terrier, qui a fait conftruire une belle maifon. La Léproferie étoit au bas du Bourg à 400 pas au nord, dans un champ encore appelle la Maladière, & dont il n'y a plus de veftiges.

De 400 Com. en 1709, la famine en enleva 200 : de 12 métairies 6 furent abandonnées : actuellement 500 Com. & 100 feux, 637 âmes, 131 Habitans impofables en 1679, 115 en 1751. Les dépend. de 30 f. font Bourgueil, autrefois Annexe, Fief à Phil. Febvre, Notaire, poffédé par J. de Monfaulcon en 1430 ; Maumont, Fief à Cl. de Théfut, d'Aumont ; Crufol, appellé maint. Chéfretin ; le Brouillat, les Places, la Vernée, le Bois haut de 12 feux, alternatif avec Mari, du Dioc. de Mâcon ; Montmartin qui fut affranchi en 1555 pour 18 liv. 5 f. les Jufticiables de la Baronnie le furent par Henri II en 1554, malgré la Dame de Vaudrey ; le Bourg, clos de murs avec 4 portes, étoit franc : il devoit être alors bien peuplé, puisqu'on y comptoit 14 Bouchers.

Il a 220 toifes de long du nord au fud, & 100 de l'eft à l'oueft, & la montagne du midi au nord a 330 toifes en longueur, & 120 en largeur.

Mairie pour les affaires économiques, depuis 1693. Le premier Maire fut Philibert Febvre, Bailli en même temps ; fon fils Lazare lui a fuccédé ; fon petit-fils Charles Léonard, Maire actuel depuis 1752, eft auffi Châtelain ; il entre aux États alternativement avec Parai & Perreci : c'étoit à fon tour en 1778.

Ce Bourg députoit aux États du Charolois avant leur réunion à ceux du Duché en 1751, & le Curé avoit droit d'y entrer. Grenier à Sel du temps des Ducs, dont dépendent 43 Paroiffes ou Hameaux de la direction de Chalon. Entrepôt de tabac. Subdélégation & Recette de Charolles.

Six foires, dont deux très anciennes, puifqu'il en eft fait mention au XIe. f. dans le faec. bened. t. IV ; un marché le Samedi depuis 1768. Il eft étonnant qu'aucun chemin public n'aboutiffe à cette montagne ; il feroit bien avantageux qu'une branche tirée de Joncy paffât aux pieds, d'où elle tendroit à Perreci & à Toulon, par Genelard : c'eft le feul Bourg du Charolois qui foit privé de cet avantage. Le chemin feroit facile à faire, le terrain étant fabloneux & la pierre commune. À peine faudroit-il un feul pont : une route rendroit ce Bourg l'entrepôt du Charolois, du Chalonnois & du Mâconnois, étant entre les trois Provinces.

On eft encore plus étonné de trouver fur cette éminence ifolée, plus de 40 puits, & de voir fortir de fes flancs quantité de fources qui en rendent l'accès très difficile. Le terrain fpongieux eft abrevé par les neiges & les brouillards. Une terre graffe & marneufe à une certaine profondeur, retient l'eau qui fournit les puits & les fontaines.

Le Fief de Théfut avec terrier à Jacques Calard de Chalon depuis 20 ans, a donné le nom à une ancienne famille, dont plusieurs Magiftrats diftingués à Dijon, & un Conseiller d'État fous la Régence. Elle eft partagée en 4 branches. Antoine Maletefte, dans fa Defcription du Charolois, dit : Familia Thefufiorum femper habuit bonos & illuftres viros ; & fait l'éloge de Louis & Jean de Théfut qui vivoient de fon temps ( 1570).

Louis de Théfut-Ragi fonda une Chapelle aux Carmes de Chalon, où il fut inhumé en 1489 ; Jacques de Théfut, depuis Capitaine-Châtelain du Mont-Saint-Vincent, en 1475 ; Jean fon fils, en 1526 ; Jean, fils de celui-ci, Capitaine-Gouverneur de Joncy, par Arrêt du Parlement en 1556.

Les anciennes familles font les Chofflet, le Clerc, Denis, Thomaffet dont Louis étoit Bailli en 1560 ; les Febvre, originaires de St. Micault, où on les voit au XIVe fiècle ; les Bonamour, les Calard qui fortent de Montcenis & poffédent depuis 1510 le Fief de Montfarin ; les Thomaffin d'une bonne Nobleffe du Comté, dont les ancêtres étoient Capitaines du Château, Baillis du lieu, d'où fort Etienne de Thomaffin, Écuyer, dont le fils unique eft Garde du Roi. Philippe de Thomaffin, Élu de la Nobleffe aux États du Charolois en 1700, eft l'aïeul de Guillaume Thomaffin, ancien Officier, établi à Nuys. On voit Jean Thomaffin, Confeiller du Duc, en 1403 ; un autre du même nom, Préfident au Parlement de Dole, en 1603, Ambaffadeur du Roi Cath. en Suiffe, mort en 1631. (Voy. Dunod, tom. 3, pag. 294).

Etienne du Mont-St.-Vincent étoit Garde-Scel du Comte de Clermont en 1299 ; Jean Mathey en 1358 ; Jean de Clugni, Lieut. du Bailli du Charolois, tint les Affifes au Mont-Saint-Vincent en 1398 : J. de St.-Juft étoit Châtelain en 1410.

À 5 lieues de Cluni, 6 de Charolles, 7 de Chalon, 9 d'Autun, 4 de Montcenis, 18 de Dijon, 1 de Joncy, Bureau de la pofte.

Lat. 46° 37' 3"'. L. 2° 9' 38".

MORNAI

Mornaium, Par. voc. St. Jean-Baptifte, à la collat. de l'Évêque d'Autun, Sgr. le Marquis de la Guiche. 5 feux au chef-lieu, fitué dans un fond ; 60 feux en toute la Par. 44 Hab. en 1670 & 1771, 250 Commun. 15 Dom. Lavigne, Merlaux, Viandet, Roche, 5 f. avec moulin ; l'Epinai 10, Jandoux 10, les Mazoyers 4 , Genat 2 : autour de la tour d'Avaife 10 barraques, &c. De cette Par. dep. le Ham. de Chintry, franc-aleu, du Bailliage de Mâcon, Recette du Brionnois, triennal avec Chanvent & Balore. Chapelle Saint Nicolas de Tolentin. Le lieu appellé Terre-Noire, où il n'y a plus que des mafures, étoit un anc. Village de 40 feux, felon de vieux titres : auj. tout ruiné. En 1362 Pierre de Fougère & Jacq. de Ruffins donnent le dénombrement de leurs Maifons-fortes à Mornai ; celle du Ier s'appelloit la tour de l'Ane, & on en nomme les reftes la tour de Mornai ; celle des Ruffins eft auj. la tour d'Avaize ; ces 2 Seigneuries font réunies à Chaumont. On voit en 1311 un Ruffins de Mornai, Damoifeau ; Gui de Mornai 1369; Agnès d'Alenai, veuve de Rolet de Semur, Sgr. de l'Etang, vend en 1419 à Girard de la Guiche, Chapendi, Tillai, Boft, jadis poffédé par Guy Moreau. Moulin de Bertrat avec huilerie fur l'Arconce. Bonne tuilerie de l'Epinai & four à chaux. Le fourneau du Verderat eft de la Paroiffe. Mine féconde. Vafte étang qui eft comme la fource de l'Arconce. Fameufe forêt d'Aveze ou Avoize où eft une tour antique, refte du Château, dont le voifinage étoit habité. Pays de bois. Quelques bons prés.

À 2 lieues de Charolles, 12 d'Autun.

NOCHIZE

Nochizia, Par. voc. St. Michel, Patron le Doyen de Parai, jolie Églife, avoit ancien. un Mépart, de la Baronnie de Lugni. Jean & Hugues de Marcilli reprennent de fief de Chevignes (Chevenizet), Nochize, Lagni, Buffeul, en 1367. 20 feux, 130 Commun. Les dépend. Panfemont avec Chap. rur. de St. Jofeph, fondée par Jofeph Baudouin de Digoin ; le moulin Champrond, Tronci, Vilaines, la Colanges ; Chevenizet fur la hauteur avec Chât. à M. de Levis, & jolie Chapelle, voc. N. D. de Lorette, fondée par Antoine de Vichy, Seigneur du lieu, en 1422, dont le Curé de Buffeul eft Chapelain né. La mémoire d'Etienne Larcher, bon Curé, mort en 1773, fera longtemps en bénédiction. Plus de vignes depuis 60 ans.

Nochize dans un fond à 2 lieues de Charolles, 1 ½ de Parai & du Grenier à Sel.

OUDRY

Olderiacum, Uldracum, Par. voc. S. Martin, Archipr. de Perreci, Collateur l'Évêque d'Autun ; M. Defchamps de Villeneuve & M. Mayneaud de Colanges, Cofeigneurs, le Curé pour une partie qui lui tient lieu de portion congrue : partie de la Paroiffe dép. des Juftices de Perreci & de Cleffy. 70 feux 66 en 1670 & 1671 ; 400 Commun. avec les dép. Chatuzot, Lacroix, les Hues, la Salette, Somilly, le Monceau Fief, la Beluze, la Vernée, les Bardots, Auge, Beaubernard, Velette & Montot Fief avec Chât. Mazoncle Fief & Chât. altern. avec Marli. Quelques clos de vignes, 3 moulins, 10 étangs. Bons prés, fouvent gâtés par la rivière & la mine qu'on y lave pour les forges de Perreci & de Geugnon. 2 tours & mur. de 300 pieds, reftes d'un ancien Monaftère de Filles, dites Dames Blanches, fur un lieu élevé, au fud-eft d'Oudry & à ¼ de l. Un champ voifin eft encore nommé le Portail de St. Catherine.

Guillaume de Digoine, Sire de la Perrière, Chevalier, fait hommage au Comte de Charolois du Châtelet & portion d'Oudry, en 1310.

Ce Village femble avoir donné le nom à l'Oudrache, Uldraca, qui fort de l'étang de Perreci. Mefure de Toulon de 33 livres.

À 3 l. ½ de Charolles, 3 de Parai, 3 de Digoin & de Toulon, 10 d'Autun, 1 ¼ de Perreci.

OZOLE

Paroiffe du Brionnois, dont 6 Hameaux font du Charolois : (Voy. le Baill. de Semur en Brionnois).

PALINGE

Palingia, oublié dans Expilli ; Par. voc. la Vierge (15 Août), Archip. de Perreci, à la collat. de l'Évêque d'Autun, de la Baronnie de Digoine.

119 Habit. en 1751, 65 en 1679, environ 300 Commun. Dépend. Le Cartier, Aubefeigne, Beauregard, Varenne, Morigny, Thielay, le Montet Fief, & Digoine, Digonia, Baronnie jadis à l'illuftre & ancienne Maifon de ce nom. On voit un Liebaut Digonenfis, en 1116 : (Gal. Chr. tom. IV, pag. 389). Hugues de Digoine fait foi & hommage au Duc Hugues, en 1242 ; Guillaume & fon fils furent tués à la bataille de Poitiers. Jean, Chambellan du Duc en 1407, étoit Bailli d'Auxois en 1424. Cath. de Bourbon, Dame de Digoine, fonde en fa Chap. une Meffe quot. en 1439 pour 48 liv. affignée fur fa Terre de Beauregard. Anne de Digoine, fille unique de Chrétien de Digoine, Chevalier de la Toifon d'Or, porta tous les biens de cette branche aînée à Jean Damas de Marcilli, Chevalier de la Toifon d'Or en 1460. Louis XI fit couper la tête à Chrétien de Digoine, qui avoit pris le parti de Marie de Bourgogne en 1481. Ce nom fubfifte dans la branche de Digoine du Palais, dont le Chef fut Jean de Digoine, qui époufa Guiette de Pouilli, Dame du Palais, en 1359.

Digoine avec beau Chât. à la moderne, eft à N. Frottier de la Côte, gendre de François de Reclefne des Regards, dont le père Eléonor acheta cette Terre en 1700. Il y avoit des Picpuces fondés en 1609 par Théophile Damas de Digoine, fupprimés en 1774, & réunis à ceux de Charolles. En la Chapelle feigneuriale font inhumés Françoife-Louife de Damas, fille d'Antoine, Chevalier, Baron de Digoine, 1644. Moulin Chipot dép. de la Baronnie.

À 1 l. de Perreci, 2 de Charolles.

PARAI, Ville

Ancienn. Pareid (1), Paré, Pareu ou Paroi, comme l'écrit à la gauloife le nouvel Hiftorien d'Autun en 1774, Paredum, & dans une charte du Roi Philippe de 1274, rapportée par Perard, pag. 546, Parareium & Pareriacum ; 2e. Ville du Charolois fur la Bourbince, Par. voc. la Vierge (15 Août). Églife très ancienne prefqu'en ruine, hors du lieu fur une éminence ; la Succurfale eft Saint Nicolas dans la Ville, bâtie en 1535, deffervie par une Société de Prêtres, établis au XIIIe. fiècle. Lilard Liquoquant fit, en 1328, une fondation au profit des Sociétaires, qui jouiffent des dîmes de Verfaugues en entier, & de partie de celles de St. Yan, Lhopital & Varennes-Reuillon, par différentes conceffions. Le Cardinal Rolin approuva leurs Statuts en 1451 ; ils étoient alors 26, & ne font plus que 7, qui doivent être nés dans l'endroit. Rymon rapporte des Lettres de Garde, accordées aux Curé & Chapelains de Parai par le Bailli de Mâcon, en 1433 & 1461.

(1) La Martinière, édit. de 1768, en 6 vol. in-fol., en fait 2 articles ; l'un fous le nom de Parai, l'autre de Parcia-l'Abbaye ; ce dernier eft plein de bévues.

MISSION fondée tous les dix ans par N. Chalon, Sœur Hofpitalière qui donna 1000 liv. en 1756.

Les VISITANDINES établies en 1626 par des Sœurs de Lyon, avoient 45 Religieuses de Chœur en 1680 : elles ont eu la pieufe Marie Alacoque dont la vie écrite in-4° en 1729 nous tranfporte dans les temps d'ignorance & de crédulité, & femble plutôt l'ouvrage de Jacques Voragine, que d'un Prélat Français du XVIIIe. f. C'eft à cette Religieufe que la dévotion au S. Cœur doit fa naiffance ; & c'eft du Monaftère de Parai qu'elle s'eft répandue dans le Royaume.

Les URSULINES, tirées d'Autun, ont eu pour Ire. Supérieure Antoinette de Toulongeon, en 1644 : elles étoient 40 en 1680. Le Cardinal de Bouillon pofa la première pierre de leur nouvelle maifon vers 1701.

L'HÔPITAL eft dû aux libéralités des bons Citoyens, tels que Baudinot de Selore, Roffelin, Thouvant & autres. 20 lits, 8 Filles de piété, quoique les Let. Pat. les fixent à 5 ; elles font fucceffibles, jouiffent de leurs biens, & ne font point de vœux. L'Abbé Jofeph d'Amanzé, infigne Bienfaiteur, a fondé le Chapelain à la nomin. de fes parens : il y fut enterré en 1724.

Le COLLÈGE fut établi par Eléonor de la Magdelaine de Ragny, Chevalier des Ordres, & Hypolitte de Gondi fa femme, qui y appellerent 3 Jéf. en 1618 ; ils donnèrent pour leur entretien 200 liv. de rente, & N. Thouvant, Doyen de Luçon & Aumônier du Roi, légua 100 liv. de rente ; la maifon où eft auj. le Collège fut acquife des deniers de Jean Roffelin, Avocat, par Fr. Thouvant, frère du Doyen, & N. Bauderon. Les Jéf. logèrent d'abord à l'Hôtel de la Magdelaine qui appartient auj. à M. de Boyer, Gouverneur ; enfuite ils furent transférés au lieu où font les Vifitandines ; enfin placés dans la grand'rue ; ce Collège ne fut en régle qu'en 1651 ; la Ville donna 1600 liv. Les différens Citoyens qui contribuèrent à cet établiffement, fpécifierent en 1632, qu'en cas que les Jéfuites fuffent renvoyés, les fonds retourneroient à leurs héritiers. Ce Collège, depuis la fuppreffion des Jéf. en 1763, eft tenu par des Éccléf. on y enfeigne jufqu'à la Rhét. Les Sieur & Dame Bouillet fondèrent la Chapelle en 1671 ; les États de 1685 accordèrent aux Jéf. 600 liv. pour bâtir leur Églife, où l'on ne voit que des tableaux de Jéf, au nombre de 9, nul d'aucun autre Saint.

Cl. de la Colombière, célèbre Prédicateur Jéf. à la Cour du Roi Jacques, dont on a publié les Sermons en 6 vol. in-8°. mourut à Parai à 41 ans en 1682, non à Pavie, comme il eft marqué dans le Dict. des Hommes illuftres en 6 vol. 3 e. éd. 1772 ; c'eft lui qui a donné une forme à la célébration de la Fête du Sacré Cœur, & qui en a compofé l'Office ; il laiffa des Mém. qui ont fervi à compofer la vie de Marie Alacoque, dont il étoit Directeur.

PRIEURÉ

Le riche Prieuré de l'Ordre de S. Benoît, fous le voc. de N. D. & de St. Jean-Baptifte, fut fondé en 973 par Lambert, Comte de Chalon, dans fon propre fonds fur le penchant d'une colline, en un lieu appelle Vallis Aurea, auj. Orvaul ou Orval, près de la Ville & d'une ancienne Églife, juxta templum antiquiffimum, dit le titre ; ce qui prouve que Parai exiftoit longtemps auparavant, puifqu'il y avoit une Églife Paroiffiale.

L'Orval, couvert alors de buiffons, avoit été autrefois habité ; car on y trouva, en creufant, quantité de vieille chaux & des pierres propres à bâtir.

Le Comte fenfible aux fervices des Habitans qui l'avoient aidé dans plufieurs expéditions militaires, leur accorda en 990 une charte, par laquelle il exempta pour jamais la Ville & les environs, jufqu'à l'étendue de fept ftades, de toutes fortes de redevances, devoirs, prestations, &c. érigea le territoire en pur Fief, fous la charge unique de la foi, refervata fide, qu'il ftipula devoir être prêtée par ces 4 Édiles, à chaque mutation de Comte : nouvelle preuve que Parai fubfiftoit & étoit peuplé longtemps avant le Prieuré.

Lambert, ami de S. Mayeul de Cluni, époux de la Comteffe Adélais, appellé dans les chroniques, très illuftre, très noble & très chrétien, voulut décorer fort nouveau Monaftère des Reliques de St. Grat, Évêque de Chalon, inhumé au Prieuré de St. Laurent en 652 : il les fit tranfporter en 977 à Parai, dans une châffe d'argent, pillée par les Huguenots en 1562. Ce pieux Fondateur fut enterré au Prieuré en 990, non 970 comme dit Perri, ni en 988 comme le marque Dom Plancher, puifqu'il donna une charte en 990.

Son fils Hugues, Comte de Chalon, Évêque d'Auxerre, voyant que les premiers Moines ou Hermites avoient peine à subfifter, leur fit donation de tout ce qu'il poffédoit dans la contrée, & unit le Monaftère à l'Abbaye de Cluni fous S. Odilon en 999 (non 989 comme l'écrit Saulnier dans fon Autun Chrétien) en préfence du Roi Robert. Perard, pag. 166, & Perri, pag. 35, pr., rapportent l'acte d'union paffé à S. Marcel-lès-Chalon, figné du Duc Henri Ier, de 4 Comtes, du Vicomte Robert, de plufieurs Évêques & Abbés ; ce qui fut confirmé par le Duc Hugues IV en 1443. Depuis ce temps l'Abbé de Cluni eft Patron de la Cure & Seigneur du lieu. On croit que le Comte Hugues (1) fit tranfporter & rebâtir à neuf le Monaftère aux portes de la Ville, & conftruire une belle Bafilique, confacrée l'an 1004, le 9 Décembre.

(1) Hugues ne fe fit point Moine à Parai, comme l'écrit la Martinière, fuppofant qu'il reçut l'Habit des mains de Saint Germain, qui lui fuccéda dans l'Évêché d'Auxerre : autant de fautes que de mots. Hugues mourut en 1039 à St. Germain d'Auxerre, où 4 jours avant fa mort il avoit pris des mains de l'Abbé Odon l'habit de Religieux. Il fut inhumé en cette Abbaye, & eut Heribert pour fucceffeur.

Une Relique de S. Blaife y attire un concours de peuple le 3 Février.

Dans une Chapelle eft le tombeau de J. Damas-Digoine, Seigneur de Cleffy, Chevalier de la Toifon d'Or, en 1468, qui avoit époufé Chrétienne de Digoine, héritière de la branche aînée. Tombes de Louis de Tenarre, 1528 ; d'Ifaac Baudinot, Seignr. de Selore, 1666.

Pafcal II dans fes Lettres de 1109, & Louis le Gros dans un privilège de 1119, comptent Parai parmi les Prieurés dépendans de Cluni. Les Moines, felon la Bibliothèque de Cluni, imp. in-fol. 1615, p. 1706, doivent dire trois Meffes à note, & faire l'aumône trois fois la femaine, & tous les jours en Carême & en Avent : cette aumône monte a 1200 boiffeaux. En 1310 ils devoient être 25 Religieux, ils ne font plus que 9.

Le Décanat de Parai fut uni à Cluni en 1344. La réforme y fut établie en 1671 par délibération du Chapitre général, du confentement de l'Abbé, le Cardinal d'Eft. Le Prieur a droit d'entrée aux États. Pierre de Saint-Seigre, Chevalier, Bailli de Montcenis, fit acte de faifie du revenu de Paroi en Ion, & eut Hugues II pour fucceffeur. Le Comte Guy de Thiers confirma en 1080 aux Habitans leurs libertés, immunités & bonnes coutumes, reprouvant tous mauvais ufages & toutes exactions. Le violent Comte Guillaume tourmenta fes Vaffaux qui portèrent leurs plaintes à Philippe-Augufte & à l'Abbé de Cluni. Par un accord paffé en 1180 à Lourdon près de Cluni, Guillaume renonça à toutes exactions qui avoient tourné en mauvaifes coutumes, & reconnut que Parai ne lui devoit ni tailles, ni tributs fur les porcs, porcellagium ; ni fur les moiffons, meffionagium ; ni fur les denrées, annonagium ; ni fur les voitures, carredum : on voit par ces termes combien les hauts Barons fouloient leurs Vaffaux. Beatrix, Comteffe de Chalon, ratifia en 1205 l'accord fait en 1180 par fon père Guillaume. Jean, Comte de Chalon, à l'exemple de fes prédéceffeurs, jura fur l'Évangile, à Parai en 1218, de ne point toucher aux exemptions accoutumées de cette Ville, & de maintenir les franchifes de fes foires & marchés, fous peine d'amende à chaque contravention.

En 1287 on confina de nouveau le territoire de 7 ftades, marqué par des bornes ou Croix, pour les rendre plus refpectables, du temps même du C. Lambert ; ce qui fut renouvellé en 1407. Les Habitans furent troublés dans leurs franchifes ; mais un Arrêt du Grand-Confeil a confervé leurs droits.

La pefte qui, en 1347, ravagea la France, fembla s'être concentrée dans la Bourgogne, qu'elle dépeupla : (voy. 1er vol. pag. 210). Parai en fut vivement affligé. L'Abbé Hugues s'enfuit à Avignon, & la chronique rapporte que de cent perfonnes attaquées, à peine en réchappoit-il douze.

On voit par un concordat entre l'Abbé Raimond de Lardoine & les Habitans de Parai en 1407, qu'on y recueilloit du chanvre, lin, fafran, raves & panets, qui ne doivent point de dîme ; mais l'étranger payoit 15 deniers pour chaque pièce de terre labourée ; ce qui fut appelle la dîmerie de l'Aventurier : le territoire étoit tenu en pur Fief fans danger ni confifcation.

Par ce concordat, le Doyen de Parai charge les Procureurs & Gouverneurs des Habitans d'accompagner le Guet de l'Abbé le jour des foires, & auffi les Officiers de Juftice, lors de l'exécution des criminels.

Perrin de Semur, fils de Girard, Chevalier, vend au Duc Hugues la 3e partie des péages de Parai, 80 liv. en 1217 : l'acte eft dans Perard, pag. 521. Il y avoit un Prévôt perpétuel, nommé Guillaume de Blancherole, en 1400.

Cette Ville fut choifie par le Duc pour y traiter de la fufpenfion d'armes entre le Charolois & le Bourbonnois, en 1413. Girard de Bourbon, Bailli de Chalon ; Jacques de Buffeul, Bailli d'Autun ; Lordin de Saligny ; Guichard de Ganay, Confeiller du Duc, Juge du Charolois, y furent les Députés de Philippe le Bon.

Ce Pays fut expofé aux courfes & aux brigandages d'Antoine de Chabanes, Capitaine des Écorcheurs, qui parut autour de Parai en grande puiffance, difent les Mémoires du temps, en 1439.

Il ne fouffrit pas moins pendant les troubles qui fuivirent la mort de Charles le Guerrier en 1477 ; mais fes plus grands malheurs arrivèrent durant les guerres de Religion, en Juin 1562. Ponfenart & St. Aubin, deux Chefs des Calviniftes, excités car ceux de Parai, forcèrent la place, pillèrent les Églifes, & vendirent à l'encan toutes les dépouilles du Prieuré.

Les Huguenots avoient un Temple à la porte du Poirier, détruit en 1686 ; l'emplacement même s'appelle encore le Temple. Au deffus de la porte d'une maifon où logeoit le Miniftre, eft une fleur de lys pour marque de fauve-garde. Le fameux Dumoulin y a demeuré. Théodofe de Beze y a paffé. Ils avoient un autre prêche au Bronchet, Hameau de la Paroiffe de Saint Léger, dont le Miniftre réfidoit à la Nocle chez le célèbre de la Noue. Après la révocation de l'Edit de Nantes, les Calviniftes alloient faire la cène à Nocle chez Dupuy-Montbrun. Leur prêche à Parai fut interdit par Arrêt du Confeil en 1634, rendu à l'inftigation du Cardinal de Richelieu, Abbé de Cluni ; & il leur fut défendu d'enterrer leurs morts au cimetière de l'Hôpital. Ils faifoient valoir une manufacture renommée d'étoffes & de toiles fines, qui a difparu depuis leur expulsion en 1685. 300 Chefs de famille & ouvriers quittèrent leur patrie, & portèrent leur industrie à Genève, en Suiffe & en Allemagne. Il refte une petite manufacture de fil & de toile fous la direction de N. Thiroux & N. de Grondville, qui a le fecret de préparer le chanvre, & d'en tirer un fil prefqu'auffi fin que la foie ; elle eft encouragée par les États.

4 Tanneurs, 3 ou 4 Drapiers, plufieurs Tifferands ; une poterie depuis 7 ans ; 6 foires.

Parai eft fitué dans une plaine agréable, arrofée par la Bourbince, qui va fe perdre dans l'Arroux au Verdier. Terrain fablonneux. Quelques vignes. 400 feux. 1800 Comm. 24 Dom. dépend. de la Paroiffe. Grand chemin percé par les États en 1753, de Charoles à Digoin, & à Marcigni en 1769. 3 moulins. Belle fontaine à Romay (Romera) avec Chapelle de N. D. fameufe par fes apports, où l'on vient de 15 lieues. 3 portes. Mairie pour les affaires économiques. Grenier à Sel de la Direction de Chalon, qui eft ancien, puifque P. Baillet en étoit Grenetier en 1424. Recette de Charolles. Entrepôt de tabac. Cours d'une porte à l'autre, planté d'arbres. Belle prairie. Juftice de l'Abbé, Seigneur, fur Parai, fur partie de Bautefond, Baron, Chaffenard, Digoin, Rigny, Varenne-Reuillon & Volevre.

Les armes font d'argent au paon rouant d'azur, bêgué & patte de gueules.

HOMMES ILLUSTRES

Cette Ville a produit quelques Hommes illuftres. Guy de Paré ou Parai, de Paredo, du lieu de fa naiffance, parvint, par un mérite éminent, aux premières Places de l'Églife ; il fut élu Abbé de Cifteaux en 1187, créé Cardinal par Céleftin III en 1191, Évêque de Paleftine en 1199, Archevêque de Rheims en 1204, mort à Gand de la pefte en 1206 : fon corps fut porté à Cifteaux, où on lui dreffa cette épitaphe :
Nobis donatus de culmine Pontificatus Remis tranflatus, jacet hic vir Guido Beatus.
(Voy. ce que j'ai dit de fa légation en Allemagne, tom. 3, art. de Cifteaux, pag. 172). Il a laiffé plufieurs Ouvrages, monumens de fon érudition.

ANTOINE MALTESTE, né en 1520, nommé Lieutenant général du Baill. Rur. par Henri II en 1557, & du Comté par Philippe II ; Charge qu'il exerça avec tant d'intégrité, que fa mémoire eft encore en vénération dans tout le Pays, où il maintint la Religion catholique & la fidélité due au Roi. Il fut fort maltraité par les Huguenots, qui le firent 2 fois prifonnier. Les maux de fa prifon & l'étude affidue abrégèrent fes jours, qu'il finit à 54 ans. Il a laiffé en mff. latin la Description du Charolois en 25 pages in-4° 1573. Ses defcendans ont occupé les premières Places en Charolois, & ont donné des Magiftrats au Parlement, un Doyen de la Ste Chapelle en 1651, un Curé d'Arnai qui a fondé 2 bourfes au Séminaire, &c. Claude fon fils fut 50 ans Élu du Charolois, & affifta 2 fois aux États Généraux du Royaume en 1588 & 1614 : il fut toute fa vie l'Arbitre général de fon Pays, & fort eftimé des Seigneurs voifins.

BRICE BAUDERON, né en 1539, Docteur en Médecine, un des plus habiles Praticiens de fon temps, acquit, avec une grande réputation, des biens confidérables, entr'autres la Terre de Senecey. Ayant été pris par les Ligueurs, il paya une forte rançon, qui lui coûta une partie de fon bien. Sa Pharmacopée eft fon principal ouvrage. Son petit-fils, Antoine Bauderon, achetant des drogues chez un Apothicaire de Paris, fut reconnu à fon cachet pour un defcendant de Brice ; l'Apothicaire auffitôt l'embraffe, lui offre fes drogues gratis, l'invite à manger chez lui, en lui difant : Je fuis trop charmé de connoître le petit-fils de l'un des plus habiles fucceffeurs de Gallien. Gratien Bauderon, fils de Brice, exerça avec diftinction la Profeffion de fon père à Mâcon. On voit aux Cordeliers de cette Ville l'épitaphe de cette famille fur une table de marbre.

FRANÇOIS VAVASSEUR, né en 1605, mort au Collège des Jéfuites à Paris en 1681, Interprête de l'Ecriture Sainte pendant 30 ans, s'eft diftingué, fur le Parnaffe latin, par fes pièces de vers ; mais il eft plus recommandable par l'élégance & la pureté du ftyle, que par la vivacité des images & l'élévation des penfées. Le P. Lucas publia le Recueil de fes Poéfies en 1683, avec l'éloge de l'Auteur. Ses autres Ouvrages ont été imprimés à Amfterdam in-fol. 1709. On trouve bien des puérilités dans fa Differtation fur la beauté de J. C. Sa critique de la Poétique du P. Rapin, eft pleine d'humeur ; fon Traité de l'Epigramme eft plus eftimé. M. Titon du Tillet a placé le P. Vavaffeur dans fon Parnaffe françois, pag. 360 : (Voy. la lifte de fes nombreux Ouvrages dans la Bibliothèque des Aut. de Bourgogne. pag. 343).

JEAN VIRIDET, Médecin, fils d'un Notaire de Parai, fe retira à Genève en 1690, & s'établit à Morges au Pays de Vaux, étant de la Religion P. R. On a de lui trois Ouvrages de Médecine : on ne fait pas le temps de fa mort.

Les plus anciennes familles de Parai font, au jugement d'Antoine Maltefte qui écrivoit en 1570, les Corberi, les Quarre, les Bouleri, les Roffelin ; on peut ajouter les Bauderon, dont un Médecin en 1300, les Colin, Maltefle, Bouillet, dont Cl. Bouillet, Maire, qui fut tué en 1581, les armes à la main, pour la défenfe de fa Patrie : on voit fon maufolée dans une Chapelle de la Paroiffe avec fon épitaphe, qui commence par cette belle fentence : Pro patria mori pulcherrimum. Son petit-fils Guillaume Bouillet, Seigneur de Boiffières, s'établit à Dijon en 1608, fut Maître aux Comptes en 1617, & mourut en 1649. Un de fes defcendans Guillaume-Benigne Bouillet, Procureur Gén. de la Chambre des Comptes, Chancelier de l'Académie, eft mort fort regretté en 1776, âgé de 77 ans. M. Maret a prononcé fon éloge dont on trouve la fubftance dans les affiches de Bourgogne, année 1776, pag. 147.

Les Baillet, dont plufieurs Préfidens à la Chambre des Comptes & au Parlement, des Capitaines illuftres, tels que J. Baillet de Vaugrenant, Gouverneur de Saint-Jean-de-Lône pendant la ligue, font originaires de cette Ville : le Confeil du Duc confia une commiffion importante pour le Charolois à Pierre Baillet, en 1417.

MM. Gravier de Vergenne qui ont donné des Préfidens à la Chambre des Comptes, un Ambaffadeur en Suiffe & à Venife, un Miniftre des affaires étrangères, fortent auffi de Parai ; ainfi que les Quarré, dont J. Quarré fut ennobli pour fes fervices par le Duc Jean, en 1412, & dont les defcendans fe font diftingués dans la Robe, dans l'Épée & dans les Lettres : on en a parlé dans le 1er & le 2d. vol. Les autres Quarré reftés en Charolois, y ont occupé les premières Places. Edouard Quarré de Parai étoit, en 1506, Lieutenant Général de la Chancellerie d'Autun, où deux branches fe font établies.

Du temps d'Antoine Maltefte, les 3 plus belles Maifons de Parai étoient à Pe. Jayet, Alex. Thibaut & Marc Chapuis : familles éteintes. La façade de la maifon Jayet, occupée par M. Ribalier, Receveur, neveu du Syndic de Sorbonne, eft ornée de plus de 30 figures d'affez bon goût & de médaillons de nos Rois, jufqu'à François Ier.

Parai, la 2e Ville des États particuliers du Charolois, eft actuellement la 37e des États Généraux. C'eft la Ire. des 4 Villes de ce Comté qui nomme l'Alcade : (elle le nomma en 1769). Ces 4 Villes enfemble ne repréfentent que la 15e & dernière Ville de la petite Roue des Etas Généraux. Antoine Durand, Maire dans la difette de 1770, procura à fa Patrie une quantité de farine : on fit alors 6 vers, dont voici les 2 derniers.

Jam fatis, ô Cives, lacrymarum : ponite luctus : Alter adetf Jofeph : pellitur atra fames.

Les 6000 toifes de chemin de Parai à Digoin, commencé en 1753, ont coûté de travail aux corvéables au moins 20 livres la toife ; ce qui fait 120000 livres ; l'entretien revient auj. à ces mêmes corvéables au moins 10 fols la toife, ou 3000 liv. par an, qui font la repréfentation d'un fonds de 60000 l.

La conftruction de la route coûte donc au peuple 180000 livres, ou, ce qui revient au même, à l'équivalent de 9000 liv. par chaque année.

Si la Province, au lieu de faire ce chemin, eût rendu la Bourbince navigable depuis Parai, la dépenfe auroit été au plus à 60000 liv. que même elle auroit pu recouvrer par des droits légers fur la navigation, & le commerce auroit gagné 40 f. par queue de vin, que l'on paie pour la voiture de Parai à Digoin. Ce dernier article feroit par an un bénéfice de 40000 livres au moins, comme on feroit en état de le prouver.

L'on foumet ces réflexions patriotiques aux lumières fupérieures de l'adminiftration actuelle, qui pèfe les inconvéniens réfultans de la conftruction des routes que l'on peut éviter ou diminuer confidérablement, au moyen des eaux navigables dont la Providence femble offrir les fecours favorables dans prefque toute la Bourgogne.

La mefure de bled pèfe 30 liv. celle de feigle 25.

À 2 l. de Charolles, 2 de Digoin & de la Loire, 7 de Gluni, 12 d'Autun, 12 de Moulins & de Mâcon, 26 de Dijon.

Lat. 46° 26' 15", L. 1° 47' 32".

PERRECI

Qu'on prononce Perci, Bourg, autrefois 5e Ville qui députoit aux États du Charolois. Patriciacum, Perreciacum : Adrien de Valois fait venir ce vieux mot latin à Patricio, comme Paterniacum a Paterno, d'un nom Romain. Par. voc. St. Pierre, Patron le Prieur Commende. Archiprêtré comprenant 17 Paroiffes. L'anc. Églife paroiffiale étant ruinée, on fait l'Office au Prieuré. 750 Commun. compris 22 Domaines & les Hameaux de Joux & Labouri, alternat. avec Dompierre.

Bel étang de 4000 pas de long, dont l'eau eft jaunâtre l'été & qu'on empoiffonne de douze milliers : c'eft la fource de l'Oudrache, Uldracha, qui tombe dans l'Arroux après un cours de fix lieues.

Forges à deux feux & fourneau établis en 1634 par permiffion des États du Charolois.

Les marchés font anciens ; ils furent rétablis le Mercredi, par Lettres du Duc en 1448. La création des foires le Mercredi de chaque femaine depuis Quafimodo à la Saint Martin, eft de 1707 ; mais il ne s'en tient plus que le 21 Mars, 16 Juin, 11 Juillet, 29 Octobre & 9 Décembre : 2 autres foires depuis 1730.

Perreci fut donné en 839 par Pépin, 1er Roi d'Aquitaine, de l'agrément de Louis le Débonnaire, au Comte Eccard (Aicardus), qui en 840 y fonda le Prieuré de S. Benoît, de l'étroite obfervance. Dans le titre de fondation, rapporté par Perard pag. 22, il fe qualifie Comte par le don de Dieu, fans dire de quel pays : il ajoute que fon père s'appelloit Childebrand, fa mère Donnane, fon frère Théodoric, fa Ire femme Albegonde, & fa 2e. Richilde. Il y parle de l'Églife pare de S. Pierre ; ce qui marque que Perreci eft bien plus ancien que le Prieuré qu'il fournit à l'Abbaye de Fleuri-fur-Loire : c'étoit le 3e. des 25 Prieurés dépendans de cette Abbaye. On peut voir dans Perard, pag. 25 les legs précieux d'Eccard à différentes Églifes & à de grands Seigneurs. On remarque entr'autres un livre de l'agriculture & des pronoftics, donné à l'Archevêque Anfegife, à Saint Martin de Tours un Calice d'or, un Miffel, des Évangiles, Antiphoniers, &c. ... à un autre les Geftes des Lombards, & la Chronique de S. Grégoire de Tours ; ce qui prouve le goût de ce Comte pour les Lettres dans un fiècle d'ignorance.

Il enrichit fon Prieuré de plufieurs Terres & Domaines, tant dans l'Autunois que dans le Mâconnois & le Charolois, d'où l'on préfume qu'il étoit Comte de ces cantons. Je ne citerai que les Domaines aux environs de Perreci qui ferviront à faire connoître l'antiquité de ces lieux du Charolois, dépendans alors en grande partie du canton Autunois ; Curdin, Rion, Chardonnet, Beffi, Romagne, Villenoux, Verfigni St. Bonnet de Vielle-Vigne, Pont, Ciry, Joux, &c. Il y en a plufieurs autres dont je n'ai pu, malgré mes recherches, découvrir le nom moderne ; tels que Lamiciacum, Satiniacum, Galbardo, Sinciniacus, Colonias, Mercuria, Vicoria, Malomifin, Afporia, Villa Fabricarum, Cormedifta, Cafauna Hifpagenfis, Marmariaca, Torfinga.

D'autres Seigneurs au Xe fiècle firent don au Prieuré de dix Terres ou gros Domaines. L'Abbé de S. Martin échangea avec le Prieur de Perreci la Chapelle de St. Quentin en Mâconnois pour celle de S. Didier & Baugy-fut-Loire, en 900.

La garde du Prieuré fut confirmée à J. d'Armagnac, époux de Beatrix de Clermont, Dame du Charolois, par Philippe, fils du Roi de France, Duc de Touraine, & fon Lieut. au Duché de Bourgogne, en 1363, déclarant que la garde & le reffort de Perreci font du Duché de Bourgogne, & que c'eft aux Officiers de ce Duché qu'en appartient le plein exercice.

Comme cette Maifon dépendoit de Saint Benoît-fur-Loire, l'Abbé l'a vifitée en 1458. La renonciation d'union fut faite en 1727. Louis Berrier, Confeiller-Clerc au Parlem. de Paris, Grand-Chantre de N. D., Prieur de Perreci, réfolut d'y mettre la réforme à l'inftar de celle de Septfons. Avant fa Profeffion en 1698, il donna quatre Domaines, les fubftituant à l'Hôpital de Dijon , en cas de fuppreffion de la conventualité. La réputation de régularité y attira jufqu'à trente Religieux fous ce fage Réformateur ; mais étant mort au Collège de Cluni à Paris en 1738, la Maifon eft tombée prefqu'en décadence. Des procès odieux l'ont ruinée, & le Roi par Arrêt de fon Confeil d'Etat en 1776, fupprime la conventualité, accorde 1000 livres de penfion aux 4 Religieux qui reftent, & réunit la manfe monachale au petit Séminaire d'Autun, après les informations ordonnées du commodo & incommodo.

Il s'y faifoit depuis le XIVe. fiècle une aumône confidérable, qui fera fans doute confervée pour l'avantage des pauvres du lieu & des environs.

Chapelle de St. Laurent fondée en 1377. On voit dans la vafte Églife 3 monumens mutilés d'anciens Prieurs. Le tombeau du Comte Eccard qui étoit dans une Chapelle bâtie par Jacques d'Amboife, a été tranfféré en l'Églife en 1758 : on trouva fes os entiers, qui annonçoient un homme d'une taille avantageufe.

En 1500 les titres du Prieuré furent brûlés avec grande partie des bâtimens qui formoient une efpèce de citadelle. Le plus ancien terrier eft de 1491 ; un autre de 1507 fait par Jacques d'Amboife, Abbé de Cluni & Prieur Commendataire de Perreci ; le 3e eft de 1667, fous André Hameau, Prieur, Curé de St. Paul à Paris.

Les Prieurés de Fontaine en Nivernois, Dioc. d'Autun, établi en 1182, & de Saint Nicolas de Sigi en celui de Mâcon, Bailliage de Chalon, dépendent de celui de Perreci.

Les Cures à fa nomination (mainten. à celle de l'Évêque Dioc.) font Perreci, Dompierre, Fautrières, Detté, Salornai, Saint-Eugène dont l'Évêque d'Autun confirma le droit de patronage au Prieur, en 1130.

Les Habitans de Saint-Romain devoient guet & garde au château du Prieuré, dont ils furent affranchis en 1568 : ceux de Perreci de toute ancienneté font francs, & pouvoient acquérir des biens dans la Seigneurie, fans être obligés de mettre en main habile, comme il eft porté dans le titre de 1633, approuvé par une Bulle d'Urbain IV en 1644.

Le commerce eft en bois, bétail. 1 moulin ; une tuilerie ; vafte forêt ; bois comm. Chambre pour le Sel qui s'ouvre tous les quinze jours.

À 9 l. d'Autun, 4 de Parai, 4 de Charolles, 20 de Dijon.

Lat. 46° 35' 31". L. 1° 53' 9".

POISSON

Paroiffe qui s'étend en Mâconnois & Brionnois, & pour la plus grande partie en Charolois ; voc. S. Jean-Baptifte ; Pat. le Grand Doyen de Parai ; Arch. de Semur ; Sgr du clocher, M. de Vauban, qui a encore la Seigne. de Moulins-fur-l'Arconce. Les Villages de Selore & de Sermaize dépendent d'autres Seigneurs, & font du Bailliage de Mâcon. À Selore Chap. rur. de St. Maurie avec Chât.

500 Comm. Dép. Sermaize, Selore, Bornat, Martigni, la Broffe, les Moquets, Manche, Fay, Villeret. Je ne fais où Expilly a pris que la Paroiffe étoit à Sermaize.

Pays de bois, affez pauvre, fituation fauvage, prefque inabordable en hiver & en temps de pluie, fur les confins du Charolois & du Mâconnois. Entre Moquets & Sermaize coule le ruiffeau d'Oyé appellé Trambouze, qui tombe dans l'Arconce.

À 3 l. de Semur, 2 ½ de Charolles.

POUILLOUX

Par. voc. Ste Magdeleine ; à la collat. de l'Évêq. d'Autun, Archip. de Blanzy ; Sgr. le Roi. 74 Habit. en 1751 (52 en 1670) ; 350 Comm. compris les Domaines ou Hameaux. Le Perley, les Murs, Champouffot, Fief à N. Guillier de Chalon, de la Châtellenie de Sauvement ; les Autels, l'Effart, Exardum, dont une charte du Prieuré de Parai fait mention au IXe fiècle ; le Martrat, les Villets, les Crochers & la Forêt. Les Domaines font en plaine, Pouilloux fur la hauteur. Pays de buiffons, bois, monticules. Les Habitans, pauvres, ont droit de champoyer dans les bois de Marizy, de la Chaume & Thomaffe, felon l'Intendant Bouchu dans fa defcription 1666 : ils ont même joui de ces bois depuis 1272 avec Marizy & Champvent ; mais on difpute leurs droits. 1 moulin.

À 4 l. de Charolles, 4 de Montcenis, 8 d'Autun.

PRECY OU PRESSY-SOUS-DONDAIN

Prifciacum, Prifcium, Par. voc. S. Pierre ; Dioc. de Mâcon; Sgr. le Comte de Chambonat. Guillaume du Blé en reprit de Fief en 1315 ; Guillaume de Marchefeuil en 1362 ; Claude Dufrefne en 1415 ; Cl. de Fautrières en 1459. 41 f. du Bailliage de Mâcon, 57 de celui de Charolles. 400 Commun. avec les dépendances, Marchifeuil, les Panais, les Combres où eft le Fief de Montfond, les Henris, les Angelins, le Domaine des Garoux ; Chides l'Annexe, de 25 f. Seigr. M. le Marquis de la Guiche. Dondain, fur la hauteur, avec un anc. Château ruiné, dont le fiège en 1593, par le Duc de Mayenne, fit tant de bruit, qu'il en courut une relation dont parle Philibert de la Mare. Philibert de Chantemerle, Ecuyer Tranchant du Duc, en étoit Châtelain en 1400. Dondain étoit une des 5 anc. Châtellenies du Charolois. Le terrier eft de 1454, & un 2e de 1558.

Henri du Blé fait hommage au Comte de Charolois, de Precy-fous-Dondain en 1313. Trois foires à Dondain. Mont. Pays de bois. Beaucoup de vignes.

À 3 l. de Cluni, 4 de Charolles.

ROZIERE : V. Baille. de Montcenis.

SAINT-AUBIN

Par. Collat. l'Év. D'Autun. Sgr. M. de la Cote de Digoine. Une charte de la Comteffe Beatrix, en faveur de Parai, de l'an 1205, eft foufcrite par Richard de St.-Albine. 100 f. 300 Comm. Dépend. Monceau avec Château ; Bourvilain, Beffe, Moulin, Tilly, la Forge, Jugny, Ufigny, Colonnes, autrefois Colongnes, Colonia, lieu très ancien où l'on a découvert plufieurs médailles d'Adrien en argent & en bronze, une urne ou amphore bouchée, des tuiles à la romaine, & d'autres ruines. On y remarque des veftiges d'un anc. chemin qui vient de Baron & tend à Digoine. Il ne fubfifte plus qu'une vieille tour du Château, où l'on voit un tronc d'arbre pétrifié, de 6 pieds de long. Bois, brouffailles ; pluf. étangs. Seigle. Droit d'ufage dans les bois du Seigneur.

Ce Village dans un fond, entre 2 ruiffeaux & la Bourbince, qui fouvent endommage le finage, eft à ¼ de l. de Charolles.

SAINT-BERAIN OU BRIN-SOUS-SANVIGNE

Dont l'Églife eft en Charolois, & la plus grande partie du Bailliage de Montcenis. (V. ce Bailliage).

SAINT-BONNET-DE-JOUX

S. Bonitas de Jugo ; Par. voc. St. Bonnet (19 Janvier), à la collat. de l'Évêq. d'Autun, autrefois du Prieur de la Magdelaine.

250 f. 135 Habit. impof. en 1751 (113 en 1679). 880 Comm. avec les dépend. Chaumont de 30 f. Saint-Branchey altern. avec Vandeneffe. Chap. inv. 100 Commun. les 4 Vents de 3 f. altern. avec Champvent, dont un feu eft toujours de Saint-Bonnet ; Vaux-fous-Chaumont, auffi alternatif, ainfi que la Trêche ; la Saule, Fief à M. le Marquis de la Guiche, Seignr. de la Paroiffe. Chatelar & Sainte-Colombe, Paroiffe de St. Martin en Mâconnois, tirent à la milice avec St.-Bonnet, mais ne font pas de la Paroiffe.

Availly, anc. Château & Fief en toute Juftice à Cl. Franç. Maritain, Commiffaire de la capitation, & Alcade aux États de 1764. La Terre eft compofée de 4 Domaines & 5 étangs, avec Chap. domeftiq. La Croix d'Availly, 25 loges. Le Château ci-devant de la Paroiffe de Suin ; actuellement , par accord, de celle de Saint-Bonnet.

Availly avoit autrefois 25 f. C'eft un pays pauvre, fans commerce, fans communication : les terres reftent quelquefois 10 ans incultes. Seigle & pommes de terre. Ce Fief eft aux Maritain depuis 160 ans. Georges Maritain d'Availly, petit-fils de Ferdinand, Commiffaire de l'Artillerie, Capitaine d'une Compagnie de gens de pied, fe trouva à la bataille d'Ivry, comme Gendarme de la Compagnie de cent hommes d'armes du Marquis de la Guiche.

Chaumont, Calvus Mons, magnif. Chât. bâti fous Louis XII, embelli par Louis, Duc d'Angouleme, époux de Henriette de la Guiche, en 1650. On voit fa ftatue équeftre au deffus des écuries qui font fuperbes, dont la voûte eft foutenue par deux rangs de 28 colonnes chacun, ayant 65 pas de long & 4 degrés doubles pour monter au deffus.

La groffe tour, app. d'Amboife, a été bâtie en 1505 par Jacques d'Amboife, Abbé de Cluni, oncle de Cather. de Chazeron, fille d'Antoine de Chazeron & d'Anne d'Amboife, femme, en 1495, de Pierre de la Guiche, Chambellan de Louis XII, fon Ambaffadeur à Rome, à Vienne, à Londres, Bailli de Mâcon. Il fit bâtir le corps de logis au devant du Château de Chaumont. L'aîle droite de la cour, ornée de mille figures, a été conftruite en 1684. On y lit ces mots : le monde eft renverfé.

Cette belle maifon, qui a un air impofant & majeftueux, bien digne des illuftres Seigneurs qui l'habitoient, Après être fortie des mains des de la Guiche, & avoir paffé en celles des Rohan-Guimenée par le mariage d'Armande de Rhomberg, fille d'Anne de la Guiche, y eft rentrée depuis 17 ans. Le Seigneur actuel fe difpofe à la rétablir à la moderne. Ce Château fut pris par les ennemis du Duc en 1434. L'Amiral de Coligni lui accorda une fauve-garde en 1570.

Il a donné le nom à d'anciens Seigneurs. Pierre de Chaumont, Bailli du Charolois en 1170. Bernard approuve en 1205 une charte de la Comteffe Beatrix en faveur de Parai. Guy de Chaumont en 1263. Cl. de la Guiche acquit Chaumont en 1425 : c'était alors une Châtellenie, avec droit de marché à la porte du Château. Philibert, Archiduc d'Autriche, Comte du Charolois, accorde en 1502, à Pierre de la Guiche, 4 foires franches, qui fe tiennent à Saint-Bonnet.

Il y avoit autrefois un Château à Joux, Jugum Jovum, & une Juftice dont il eft parlé dans un titre de 1296. C'eft de ce lieu que Saint-Bonnet a pris le furnom de Joux : ce n'eft plus qu'un Domaine.

On a découvert dans les ruines de l'ancien Château de la Saule, en 1774, à 15 pieds de profondeur, auprès du grand chemin, un coffre quarré qui renfermoit de la vaiffelle d'argent & de la monnoie. Il y a eu d'anc. Seigneurs de ce nom. Les Bullioni, famille d'Italie, établie en France fous François Ier, dont plufieurs Prévôts des Marchands à Lyon, & un Élu de la Nobleffe du Charolois, ont eu ce Château : maintenant à M. de la Guiche.

Anc. Chât. de la Valette, détruit. Guichard de Cypierre en fit hommage à Etienne de Chaumont en 1307.

Les Habitans de Saint-Bonnet ont droit de pâcage, avec le bois-mort & mort-bois dans la vafte forêt d'Avaize. 7 foires ; commerce en bétail, grains. Joux boîte pour les lettres. Grand'route de Charolles à Givry.

À 2 l. de Charolles, 11 d'Autun, 9 de Mâcon & de Chalon, 3 ½ de Joncy, 5 de Parai, 21 ½ de Dijon.

SAINT-BONNET-DE-VIELLE-VIGNE

Villa Vetula Vinea en une charte du IXe fiècle (V, Perard, p. 31) ; & S. Bonitus de Vetula Vinea dans le IVe. faec. Bened. p.421, où Torturiers rapporte qu'un Habitant de ce lieu & un autre de Palinge, furent guéris par l'invocation de St. Benoît au Xe. fiècle. L'Églife & le Vill. furent donnés au Prieuré de Perreci par le Comte Eccard en 840. Par. voc. St. Bonnet, Archip. de Perreci, du patronage du Prieur, de la Baronnie de Digoine ; partie dépend du Château de Champvigy, à Made. Quarré de Charolles, qui eft dans la Paroiffe. Jacq. Damas de Champvigy achète en 1296, de Hugues de la Guiche, la Terre du Magni. Jean de Digoine échangea la Terre de Suin avec le fils aîné du Comte de Charolois, pour celle de Saint-Bonnet, en 1311.

63 Habit. en 1751, env. 260 Commun. avec les dépend. Velle, Fitreche, Champrenaud, Frechard, alternatifs avec Grandvaux, Fougère ; Champvigy, Fief : Guillaume Sachet, Chambellan du Duc, Bailli d'Autun & duCharolois, en étoit Seigneur en 1407 ; la Garenne, Pont-Morlange. Ce Village dans un fond eft à 3 l. de Parai, 2 de Charolles.

Lat. 46° 31' 2".L. 1° 56' 27".

SAINT-EUSEBE-DES-BOIS

Par. Archip. de Blanzy, des Bailliages de Charolles & de Montcenis, des Recettes de Charolles & d'Autun. Le clocher & partie de la Paroiffe forment une Seigne. à Pierre-Marie Naturel de Valetine, Seignr. de Marigni : une autre partie comprend le Chât. & Sge de la Motte-des-Bois, à M. Bouhier de Verfailleu. Guy de Germolle, Sgr. de Saint-Eufèbe en 1316, Montchanin & autres Villages de la Châtellenie du Mont-Saint-Vincent : ce qui dépend de Montcenis eft le Village de Bourgogne, partie de celui de Chaumont-le-Roi ; le refte eft du Mâconnois & de la Châtellenie de Saint-Gengoux. Le Gratoux eft l'Annexe de Saint-Eufèbe. Le Duc Hugues IV échangea en 1252 la Juftice de Sathenai pour la Ville de Grateur, avec l'Abbé de Cluni. Les autres Ham. ou Dom. font les Moran, la Favée, Parifenot, Ragni, la Rochette, le Mornai Fief, le Mefplier, la Feauté, Bois-Borton, & Granges de la Dame de Trant. 50 f. 300 Comm. 41 Hab. imp. en 1751 (48 en 1679).

À 6 l. de Charolles, 2 du Mont-Saint-Vincent, 2 ¼ de Montcenis.

(Manquent pages 142-143)

Diocèfes, où quelques Curés de Diocèfes différens fe font réunis pour la collation. Serigni, dont reprit de fief Jean de St. Julien, mari de Jeanne, fille de Henri de Vifel & d'Yolande, fille d'Arches de Serigni, en 1363. Ce Fief avec Chât. à N. Guillier de Chalon, de 8 f. Chaillot, Beaumont, Gelyonvre, le Monceau, la Toppe, les Moulins de 12 f. Gaubourdon, la Belufe, le Perroy, Vauzelles, Corcelles de 5 f. Courjobin & autres Métairies.
Ruiffeau qui tombe dans la Bourbince à Saint-Valier, ayant fa fource au bas d'Azu. Ance carrière de pierre meulière dans les chetifs bois, qu'on n'exploite plus depuis 27 ans : autre aux bois francs, qu'on exploite. 2 moulins. Pays de feigle. Le terrier de la Prévôté de Saint-Romain fait en 1435, en 492 feuillets, figné de Thufiaco, en la Chambre des Comptes de Dijon.

À 4 l. de Charolles, 1 ¼ du Mont-Saint-Vincent, 8 de Chalon & d'Autun.

SAINT-ROMAIN-SOUS-VERSIGNY

Par. voc. S. Jacques, à la collat. de l'Év. d'Autun ; Archip. de Perreci ; Sgr. le Prieur : cette Terre lui fut donnée par le Comte Eccard, Fondateur, en 840. Franç. Maublanc de Martenet, Cofeignr. 200 Comm. compris 20 Dom. & 10 Locat. Martenet, Seigneurie à M. Maublanc, avec Chât. & Chap. Guillaume de Digoine poffédoit Martenai en 1261. Fief du Chardonnet à Jean-Louis Bernigaut de Granges, Lieut. Gén. du Bailliage de Chalon. Il en eft parlé fous le nom de Cardonenfis Villa dans une charte du Comte Eccard en 840. On en voit des reprifes de fief dès le XIIIe fiècle.

Tuilerie. Bonne carrière de grais pour aiguifer. Moulin fur un étang. Ruiffeau qui coule dans l'Oudrache.

À 1 l. de Perreci, 1 de Toulon, 5 de Charolles, 8 d'Autun.

SAINT-SYMPHORIEN-LES-CHAROLLES

Par. Collateur l'Évêque d'Autun ; Seignr. Franç. Defchamps de la Villeneuve. Brèche, Fief : Henri de Brèche reprit de fief de fa Maifon-forte en 1366, réunie à la Seigne.

60 f. 220 Comm. avec les dépend. Corcelles, Fief à Blaife Quarré du Pleffis ; jadis aux Motin & aux Laifon. Guillaume de Corcelles, fils de Hugues, fit en 1272 un traité pour la pêche dans l'Arconce. Les Pougeaux, Pezy, Mormot, les Provins en partie & le Verdier.

À ¼ de l. de Charolles.

SAINT-VALLIER

Par. voc. St. Valere, à la collat. de l'Év. d'Autun. Archip. de Blanzi ; Seigr. le Duc de Coffé, autref. au Préfid. Melchior Cochet, dont on peut voir l'éloge tom. 2 , pag. 616. La Prévôté de Saint-Valier fut aliénée par le Prieur de Perreci, Pierre de la Rivière, à M. Cochet, & confirmée par Arrêt. Pierre de laTour, Curé, étoit Garde du Scel commun en 1349. Renaud de Montmort fit montre à Saint-Valier de fa Compagnie, composée de 41 Écuyers, en 1418. 500 Com. avec les dépend. 21 Ham. ou Domaines. La Grange, Fief, à Melchior-Benigne Cochet du Magny, Confeiller-Clerc au Parlement ; l'Effertaut, ancienn. Château-fort, détruit, appartenoit aux d'Amanzé, maintenant à N. Mayneaud de la Tour ; Chaubuiffon, Fief, à Nic. Gacon ; le Vernoy, Lavernée, les Broffes, Luci, Saint-Boil où une Chapelle fut fondée au XVe fiècle. Saint-Valier, dans un vallon à ½ l. de la Bourbince, eft fur 2 ruiffeaux, la Lineaffe & le Plain-Joly, entre Blanzy, Gourdon, Saint-Romain, Pouilloux & Sanvigne.

À 5 lieues de Charolles, 9 d'Autun, 3 de Montcenis.

SAINT-VINCENT-LES-BRAGNI

Par. Voc. St. Vincent, Patr. de la Cathéd. de Chalon ; Archip. de Perreci, Sgr. M. de la Côte de Digoine. Fief de la Chevalée, à N. Bouillet de Sivri ; Fief des Bouvot, à N. de Boyer. La petite rivière de la Varenne (1) paffe fur une partie de la Paroiffe, coule à Saint-Léger, & fe jette dans la Bourbince au deffous de Parai. Pays de feigle, de bois. Prés fouvent inondés par l'Oudrache. Carrière de pierre de taille. 44 Hab. impof. en 1751 (50 en 1679) ; actuellement 67 f. bons ou mauvais. 250 Comm. 5 Ham. ou Dom.

À 1 l. ½ de Parai, 3 ½ de Charolles.

(1) Ainfi nommée du Fief de la Varenne, donné par Guy de Chaumont à Jean Damas, Seigneur de Colanges, en 1351.

SANVIGNE

Par. voc. S. Symphorien ; Archiprêtré de Blanzy ; Patr. de la Cathéd. d'Autun ; Sgr le Roi. Le terrier de la Châtellenie eft de 1446, en 256 feuillets, à la Chamb. des C. de Dijon, Henri de Brancion vendit cette Terre au Duc Hugues 6000 livres en 1253. Guillaume Bataille étoit Capitaine du Châtel en 1396. 3 Fiefs ; le Magny, Curtis Magnenfis, ainfi appellé au IXe. fièc. dans une charte pour Perreci, à Melchior-Benigne du Magny, Confeiller-Clerc au Parlement, avec Chât. ancien ; Montbugi avec la tour, à N. de Montagu de Couches, altern. avec Dompierre ; Uxeau, Uxatellum, à M. Carrelet de Loify, Confeiller au Parlement ; Chât. de Sanvigne fur la pointe d'une haute montagne, dont il ne refte que des pans de murailles avec de larges foffés, d'où l'on a une vue fort étendue. 100 f. 600 Commun. avec les dépend. Ornan, la Faye, la Tour où le Comte Eccard donne 4 meix au Prieur de Perreci en 840, &c. en tout 38 Domaines, 70 Locat. La Paroiffe a 6 lieues de tour, & depuis 30 ans a augmenté de 160 Comm. 15 étangs, 2 moulins. 1 tuilerie. Commerce en bétail, tonneaux. On a découvert une mine de charbon de terre, qui fe tranfporte aifément par l'Arroux & la Loire. Autrefois foire le lundi gras.

Entre Saint-Brin, Blanzy, Saint-Valier & Perreci. À 5 l. de Charoles, 1 ½ de Perreci, 5 de Montcenis, 6 de Couches, 7 d'Autun, 9 de Dijon.

SAVIANGE

App. dans une charte du Comte Eccard de 840, Savianga Villa : il y donne un meix au Prieuré de Perreci. Par. voc. St. Reverien ; Dioc. de Chalon, à la collat. de l'Év. L'Églife, autref. Succurfale de Germagni, fut érigée en Cure, il y a 130 ans, par Jean de Maupeou. Sgr. M. de Thiard de Biffy, de I'Acad. Fr., Lieut. Gén. des Armées du Roi, Gouverneur d'Auxone ; auparavant Nic. de Sandaucourt. Anc. Chât. près de l'Églife qui étoit la Chapelle caftrale.

40 f. 144 Commun. Ham. Quintry, Fief franc, à Claude de Théfut d'Aumont, avec Chât. les Guillarts, la Métairie de la Barjelaine, le moulin de l'Etang & le Moulin des Bucherot. Belle fontaine au bas du Presbytère. Quelques vignes. Bois au Seigneur. 3 moulins. Bons prés fur la Guye, mais fujets à fes inondations. Près de la route de Chalon à Charolles.

À 8 l. de Charolles, 2 ½ du Mont-Saint-Vincent, 5 de Chalon, 18 de Dijon.

SUIN

Sedunum, dernière Paroiffe du Charolois & du Diocèfe d'Autun, à l'eft du côté du Mâconnois ; Par. voc. la Vierge (15 Août), à la collat. de l'Évêque d'Autun : le clocher paroît du IXe fiècle.

Cette groffe Paroiffe, autrefois dans les bois, fur une des plus hautes montagnes de la Province, a 7 l. de tour, & compofée de 9 Hameaux, non compris celui de Saint-Branché, triennal avec St.-Bonnet-de-Joux & Vandreffe, peut avoir 220 f. 800 Com. & 400 enfans. Dépend. Tillay, où étoit jadis une Chapelle de St. Euphemie, l'Ecoufferie, dont une partie dite l'Ecoufferie d'en haut, s'appelloit Charnot ; c'eft dans ce dernier lieu que fe rend la Juftice du Comté de Sevignon. Les deux foires de Suin fe tiennent à l'Ecoufferie. Mont au fud, Charantigny & Yaufelle à l'oueft, les Gurfins & Ruere au nord, Vaux à l'eft, où étoit jadis un Château poffédé par N. de Villars-Vaux : c'eft un beau domaine relevant de Sevignon. Guy de Vaux fit hommage de fes Seigneuries en 1373.

Sevignon a une Chapelle & un Château qui appartenoit à l'ancienne Maifon de l'Efpinaffe. Jean, Sire de l'Efpinaffe, commanmandant 4 Bacheliers & 65 Ecuyers, paroit à la montre de 1386. Cette Terre paffa à P. de la Guiche par le don que lui en fit Remond de l'Efpinaffe, Prieur de St. Pierre de Mâcon, le dernier de fa famille. Georges de la Guiche, Chevalier de l'Ordre en hérita de fon père & a commencé la branche de Sevignon : il fut Élu de la Nobleffe du Mâconnois en 1549.

On voit au fallon 28 tableaux des la Guiche, dont j'ai parlé à l'article de Champvent & la Guiche. Marie de la Guiche fut Ducheffe de Ventadour, & Henriette époufa Louis, Duc d'Angoulême. J'ai remarqué dans la bibliothèque de précieux mff. bien écrits ; entr'autres les différens ouvrages de Roger de Rabutin de Buffi, en 7 vol. in-4°. fuperbement reliés avec les armes de Rabutin ; le vol. de la généalogie de la Maifon de Rabutin, avec les preuves, écrit de la main du fameux Roger, & le feul qui ne foit pas imprimé ; 2 gros vol. in-fol. des Mémoires de l'Intendant Bouchu fur la Breffe, 1666 ; Mémoires hiftor. fur la Fronde depuis 1642 à 1652 ; magnifique édition de Céfar, Londres, gros in-fol. avec fig. dédiée an Prince Eugène.

Sevignon eft appellé dans les vieux titres Civignon. Beau chemin neuf, fait en circulant depuis le Château, coupant la voie romaine au deffus de Monceau, & tirant du fud-oueft à la route de Mâcon à Charolles, l'efpace de ¾ de l. percé aux dépens du Seigneur en 1775 : il doit tirer au nord, par S. Bonnet au Chât. de Chaumont, & par un autre embranchement à l'eft, tendre à Cluni, 2 l. de Sevignon.

On voit à Comble le refte d'un ancien Caftel. Availfy avec Chât. (V. ci-devant S. Bonnet-de-Joux).

Il y avoit un Château-fort fur le fommet de la montagne de Suin, brûlé du temps de la Ligue. En fouillant, on trouva en 1772 & 1776 beaucoup de marques d'incendie, des fers à cheval, une agraffe antique, deux pièces de monnoie, dont l'une étoit de Philippe le Bon. Il paroit par des décombres que la montagne étoit habitée. On a déterré autour des médailles gauloifes, des romaines de Domitien, d'Aurelien, des urnes, un morceau de colonne de 3 pieds 2 pouces de circonférence, plufieurs tombeaux de grais avec des offemens, une molette d'éperon, un fer de coutelas, un talifman en corne, qui eft dans le cabinet de M. d'Availly, Sacriftain de l'Abbaye de Savigny, Dioc. de Lyon ; un petit bas-relief & repréfentant 2 guerriers.

Tous ces monumens & les veftiges d'une voie romaine bien marquée au bas de la montagne, annoncent que Suin étoit autrefois une ftation romaine. Son nom celtique, Sedunum, marque affez fa haute antiquité.

Il a donné le nom à d'anciens Seigneurs. Beatrix de Suin, fille de Guichard, Chevalier, femme de Guille. Autrichat, reconnoît en 1307 tenir en fief d'Etienne de Chaumont fa maison & tour de Tillay ; J. de Suin, 1321 ; Bernard de Suin, 1356 ; Beraud de Suin, Sgr de Villars, dont le frère étoit Chantre de Chalon, en 1422. J. de Digoine échangea la Terre de Suin avec le fils aîné du Comte de Clermont & de Charolois, pour celle de Saint-Bonnet-de-Joux, en 1311. Elle appartient depuis longtemps à la Maifon de la Guiche. Pluf. étangs ; puits au deffus de la montagne, où l'on voit de gros rochers renverfés à fens inégal, marque d'un éboulement ou d'un violent tremblement de terre. Terroir fablonneux ; pays de feigle, affez pauvre. Il y vient des châtaignes & des navets excellens. Il y a eu beaucoup de défrichement, & la population a bien augmenté depuis 50 ans ; puifqu'en 1708 il n'y avoit que 225 Communians, dont il ne refta que 95 après la famine de 1709, & qu'il y en a maintenant plus de 700. Les Paroiffes de Suin, Verovre, Dompierre, fourniffent des pierres taillées à facette qui font des diamans faux : on en envoie à Lyon pour Genève. Madame Defprez, fille du Comte de Tavannes, en avoit un collier, des pendans d'oreilles & garniture de montre. On y trouve auffi des nautilles & des ourfins : le cabinet du Docteur Ganiare à Beaune en a plufieurs, envoyés pour le Curé de Suin (M. Bifmand) ; celui-ci a fu fe procurer une bibliothèque choifie de plus de 3000 vol. dont 150 in-fol & 300 in-4° avec des éditions rares, telle qu'une Bible lat. de 1479, un Tite-Live in-fol. de 1552, avec des notes marginales du docte Saumaife.

Trois moulins fur des ruiffeaux qui tombent dans la Guye, & delà dans la Grône. Un ruiffeau au fud tombe dans la Semence, qui à Charolles s'unit à l'Arconce & fe jette en la Loire : ainfi les eaux de Suin vont aux deux Mers.

Suin eft fur la grand'route de Charolles à Mâcon, qui longe la Paroiffe pendant deux lieues : entre Buffière, Verovre, Baubry & Saint-Bonnet.

À 3 l. de Charolles, 12 d'Autun, 10 de Chalon, 7 de Mâcon, 3 de Cluni, 3 de la Clayte, 24 de Dijon.

Lat. 46° 24' 41". L. 9' 43".

TOULON-SUR-ARROUX

V. dans l'Autunois où il a été mal placé, tom. 3, pag. 629.

VANDENESSE-LES-CHAROLLES

Par. Voc. S. Denis ; à la coll. de l'Évêque d'Autun. Le Curé entroit aux États du Charolois. En 1178 Hugues Dumay, Chevalier, fit don à Cluni du cimetière & de l'Églife. 1000 Commun. compris les Ham. Colanges avec Chât. à N. Mayneaud , Comteffe de Pons-Saint-Maurice. J. Dubiez en étoit Sgr. en 1466 ; Hugues de Laye en 1500 ; Le Grand Prieur de Cluni, J. de la Magdelaine, acquit Colanges en 1500, pour fon neveu Girard de Ragny, dont le fils fit rebâtir le Château où font leurs armoiries, d'où il paffa au Duc de l'Efdiguière. Plain-Chaffagne, Chapandy, alternat. avec Baubery ; Saint-Branché dans les bois, alternat. avec Saint-Bonnet-de-Joux, Chapelle de S. Pancrace ; il y avoit une foire fameufe, transférée à Charolles depuis 14 ans ; Château-Renard ou Chatonard, Chogne, les Landes, Sermaize, la Fourche, dont trois auberges fur le grand chemin de Charolles à Mâcon ; Bierre, Fief au Chevalier de la Guiche : Jean de Bierre, dit la Moiche, Ecuyer du Duc Jean, étoit Bailli du Charolois en 1419. Pomier, Jean de Chemilli, Seigr. de Pomier, dont la fille Marguerite époufa noble Jean Verfon de Charolles en 1529. 5 moulins; plufieurs étangs. Beaucoup de pétrifications, furtout en belemnites & cornes d'ammon. À Chogne ruiffeau qui fe perd au deffus du Village, & reparoît plus bas fous les rochers, & tombe dans la Semence. À 1 l. de Charolles.

VANDENESSE-SUR-ARROUX

Voy. ce Village au Bailliage de Montcenis.

VAUX-APRES, ANNEXE DE GENOUILLY : V. GENOUILLY

VAUX-DE-BARIER ou BARIERES

Vallis de Beria, Par. voc. S. Antoine ; Pat. l'Abbé de Cluni ; Archip. de Charolles ; Sgr. N. de Théfut, comme Seign. de Moleron, où eft un vieux Château. Les Religieufes du Prieuré de Beaulieu, Ordre de Fontevrau, étoient Dames de Vaux-de-Barier il y a 100 ans ; Montot, la Couture, Barieres, Vauzelle & Moleron : ces Hameaux forment en tout 50 f. 200 Commun. 2 moulins fur un ruiffeau qui defcend à Terzé ; une teinturerie, un foulon, une huilerie, & fcie à eau. Carrières de grais propres à faire des meules à aiguifer, égales en bonté à celles de St. Romain près Perreci. Jeanne de Priezat, Dame de Moleron, a fondé un lit à l'Hôpital de Charolles pour les malades de fa Terre. Aimar de Digoine en étoit Seigneur en 1444.

À 1 l. de Charolles, 13 d'Autun.

VEROVRE

Par. voc. S. Bonnet, Archip. du Bois-Ste-Marie ; Pat. L'Abbé de Cluni ; M. de la Roche-Talon, Sgr Haut-Jufticier. La famille des Auducs y eft très ancienne ; elle a des teftamens de 200 ans ; un, entr'autres, fubftitue le bien à l'aîné, mais à condition qu'il ne fera ni d'Églife, ni de Guerre, ni de Pratique ; & le cas arrivant, le bien doit retourner au puîné : jufqu'à préfent ils ont continué la culture de leurs domaines.

450 Comm. avec les dépend. Montot, les Bruieres où fe fait un dépôt de vin, avec 6 foires par an ; Laveau, les Jannot, l'Effertine, les Pierres ; les Ducs, Dromvent, Prieuré dépend. de l'Abbaye de Lanchare. Le Prieur entroit aux États du Charolois. On a trouvé au cimetière de belles tombes. Ces quatre derniers endroits font de la Recette de Semur en Brionnois, du Bailliage de Mâcon. Hautecourt où eft née la pieufe Marie Alacoque, fille d'un Notaire (voy. Parai) ; Chavanes : Jean de Syon, Écuyer, fait hommage du Fief de Chavanes au Comte de Charolois, en 1320.

Le Marquis Defprez eft Sgr de Verovre, en ce qui eft du Charolois. Son Château du Terreau étoit anciennement aux de l'Efpinaffe : une fille de cette Maifon le porta à J. Prifia d'Andelot, dont l'héritiere époufa N. Leroux-Poitevin, & fes héritiers l'ont poffédé longtemps. 1 moulin. Terrein fablonneux.

À 3 l. de Charolles, 1 de Suin, 12 d'Autun.

VIGNI

Par. voc. S. Martin ; Collat. L'Év. d'Autun. Seignr le Doyen de Parai. Env. 40 f. 150 Comm. Sur le ruiffeau Verdelin qui tombe dans l'Oudrache. Ham. la Villeneuve, le Bois-Bouillet dans la plaine, Verniffe, le pet. & le gr. Mardeaugue, la Treiche fur le coteau. Terres à feigle. Quelques vignes.

À 1 l ¼ de Parai.

VILLORBAINE

Villa Orbana, Par. voc. St. Martin, à la coll. de l'Évêq. d'Autun, & anciennement de l'Archiprêtré de Charolles. NN. de Veigny & Baudinot, Cofeigneurs. 1 moulin avec huilerie. 3 Domaines forment la Paroiffe de 22 Comm. & 80 quand elle à Plain-Chaffagne-Bas altern. avec Viry : au deffus 3 Dom. & 8 Barraques fituées dans un fond fur l'Arconce. Terre à 2 tiers de feigle, 1 de from.

À 1 l. ½ de Charolles.

Bern. de Villorbaine, Chevalier, témoin d'une charte pour Marcigni en 1089. Le Château d'Arnier, dont on trouve un dénombrement fourni en 1364, eft détruit.

Lat. 48° 28' 2". L. 2° 1' 59".

VIRY

Viriacus, Par. voc. S. Barthelemi ; Patr. de la Cathéd. d'Autun ; Archip. de Charolles ; Sgr M. le Chev. de la Guiche, réfidant en fon Château de Saillant. 580 Comm. 150 f. avec les dépend. Chechi, Chaux, Tremolle, anc. Fief que poffédoit Philippe de Rymon, depuis à N. de Martignac & à N. Lorain ; Fief de la Combe, à N. Aubri ; Fief des Broffes, au Sr. Lagrange, jadis à Philippe de Rymon, & à Guillaume des Broffes en 1372 ; Fief de Jucheau, longtemps poffédé par les Théfut & les Dagonneau, à préfent à N. Fricault ; & 30 Dom. Plain-Chaffagne-Bas altern. avec Villorbaine.

Saillant avec Chât. Jeanne de Damas, veuve de Gérard de Chivri, reprend de Fief de fa Maifon-forte de Saillant en 1399. Le Chancelier Guillaume Hugonet rebâtit le Château où demeuroit fa femme Louife de Laye, quand les Gantois lui coupèrent la tête en 1478. Sa fille Louife de Saillant époufa Philibert de Roche-Baron. Son frère, Évêque de Mâcon, mourut Cardinal à Rome en 1484. Gafpard de Saillant & Charles fon fils furent Seigneurs de Saillant. Ifabeau porta cette Terre à Jean de la Borderie fon mari. Jean Boyer, gendre de Jean de Thiard de Biffy, Lieut. Gén. à Mâcon, fut Seigneur de Tremolle, Champlecy & Saillant, vers 1562 ; depuis aux la Salle, aujourd. au Chevalier de la Guiche.

On voit au grand vitrail de l'Églife de Viry, les figures de Charles de Saillant au pied de St. Charlemagne, & celle de Marguerite de Saligfly, fa femme, devant Ste Marguerite, tenant un cierge allumé que le diable tâche d'éteindre avec un foufflet. Cette peinture eft de bon goût & bien confervée. La devife eft, non plus. Il y avoit un ancien Mépart, encore compofé en 1545 de 6 Chapelains, dont le Curé étoit le Chef, & avoit droit d'entrer aux États du Charolois. Chapelle rurale de St. Léger. 4 foires, dont celle du 18 Octobre principalement pour les cochons & le gros bétail, eft très fréquentée. 3 moulins. Bois, pâcages. Prés fur l'Arconce. Ruiffeau, appellé Sonnette, qui vient de Martigni.

Le Curé (N. Legoux d'Autun) a formé une bonne collection de livres & un cabinet curieux d'hiftoire naturelle.

À 1 l. ½ de Charolles.

VITRY

Vitriacus, Vertiacum, Par. voc. S. Thibault ; Archipr. de Semur ; Pat. l'Abbé de Cluni, Sgr comme Doyen de Parai. La Dame Ricendis lègue au Prieuré de Perreci des fonds & des vignes à Vitry en 922, & Odilo en 931. (V. Per. pag. 29).

32 Habit. en 1679 (25 en 1751). Dép. les Quares, Chaumaz, Pont, Lemont, Pouilly, les Beffons, les Loges, &c. les maifons en pifay, bois & torchis, peu en pierre, prefque toutes couvertes de paille. Prés de mauvaife nature. Terres mortes, app. terres de bois, qu'on ne peut faire valoir que par le moyen des foffés & des faignées. Terrain fablonneux & de peu de valeur.

À 3 l. de Charolles.

VOLESVRE

Volabra, Par. voc. St. Jean-Baptifte, à la collation de l'Évêq. d'Autun ; Seigr M. de Cypierre, Intendant d'Orléans.

100 f. 300 Commun. 44 Habit. impof. en 1751 (51 en 1679) dont 28 Laboureurs & 3 Meuniers. Dépend. Villaines, Villana, Fief aux Urfulines de Parai ; le Seuil, Fief à N. Bouillet, Avocat à Parai ; jadis aux Quarré ; Vaux, Vallis, Fief à N. Mayneau de Bizefranc ; les Halliers, les Chevannes, à 1 l. ¼ de la Paroifle, & 7 ou 8 Domaines.

Cypierre avec anc. Chât. donna le nom à d'anciens Seigneurs. Guillaume de Cypierre en 1266 : c'eft le berceau des Marcilli de Cypierre, famille éteinte. Charles Damas de Marcilli, Gouverneur d'Autun, en étoit Seigr au XVe fièc. Philibert de Cypierre, Gouverneur de Charles IX, « lui avoit donné, felon l'expreffion de Brantome, une excellente nourriture, mais qui fut gâtée par le Rets italien. La France, dit S. Julien de Baleure, pag. 356, reçut grand dommage, & le Roi perdit un ferviteur très néceffaire, quand Cypierre mourut aux eaux de Spa. » Son frère Pierre de Cypierre, fut Évêque d'Autun en 1558, mort au Château de Lucenai en 1571, & inhumé en fa Cathédrale, entre Philibert de Marcilli Chevalier de l'Ordre, & Philippe Doyen, fes frères. Damas de Cypierre, bon Royalifte, reçut un honneur nouveau à la rentrée du Parlement, revenu de Semur le 20 Juin 1595 ; il y fut décidé, à caufe de fa fidélité, qu'il auroit féance & voix délibérative à la Cour, mais que fa voix ne feroit point partage. Cette Terre étoit au dernier fiècle à N. Boiveau. Chap. rur. fondée. Pont fur la Bourbince, autrefois Hameau donné au Prieuré de Perreci en 840.

3 moulins ; 1 huilerie ; bois, monticules, vallées, chemins impraticables l'hiver.

À ½ de la route de Parai à Charolles, ¾ de l. de Parai, 1 ½ de Charolles, 12 d'Autun, 25 de Dijon

Je ne puis finir le Charolois, fans avertir que l'Abbé Expilli qui écrivoit en 1764, parle, dans fon 2d vol. du gr. Dictionn. Géog. p. 336 & 337, des États du Charolois, comme fubfiftant encore, de la Chambre des Élus, de la Recette des États, & place Charolles à 55 lieues de Paris. Ainfi l'Abbé Compan, qui a donné une nouvelle Géographie en 2 vol. 1771, met encore le Charolois dans la Maifon de Condé, dont il eft forti en 1761. Voilà les erreurs où l'on tombe, quand on décrit un pays à 100 lieues de là, fans l'avoir vu. Pour moi qui l'ai parcouru trois fois, qui ai confulté les voyans de chaque lieu principal, qui ai fouillé tant de titres & de chartes, je tremble encore de tomber dans des erreurs involontaires, pour lesquelles j'implore l'indulgence du Lecteur.

Fin du Charolois

(Abréviations : Archip. Archiprêtré, Coll. Collation, Comm. Communiants, Dioc. Diocèse, f. feux, f. Siècle, Hab. Habitants, Ham. Hameau, l. lieu, Par. Paroisse, Patr. Patronage, Sgr. Seigneur, Voc. Vocable, &c. etc.)

gif